/{ -^z- cj^q'c?// 5Û ANNALES DES SCIENCES NATURELLES. y r ,,,r, -w» ^ s > IMPRIMERIE DE J. TASTU, RUE DE VAUr.lRAllD, N° .'^>n. p< i^a-t^^*^^'* ' - "-^hr* ~> ^^'^^-^ £^£^-^C^ ^-/^i ANN-ALES K SCIENC RELLES^ MM. AUDOUIN, AT). BRONGNIART et DUMAS, COMPRENANT ■?'/ .k VllYblOLOGlE ANIMALE Y.'i VÉGKi'ALK , l'aNATOATIK COMPAtlFE DES DEUX REGM'.S, l.A ZOOIOGIK . I,A BOTA- M<}l!F, . LA MJNÉnALOGlE ET LA céOLOaiE. TOME PREMIER, ACCOMPAGNÉ DE P1.AN< HKS IN-/.' A PARIS, CHEZ !) \\ C H E T .T V. U (\ I-: . I IP.nAIRE Dî- L'ACADÉMIK ROYALi'! V,V. yX.V.VICVSW Pur.E DE l'école de médkllnk, n" 4- 1824. A^^^^!^ INTRODUCTION JL/jîPCis long- temps les hommes qui se livrent à la cul- ture des sciences ont été frappés des secours mutuel qu'elles se prêtent , et lorsqu'on examine avec attentioa l'histoire des savans qui se sont acquis une éclatante cé- lébrité par leurs découvertes , on ne tarde pas à se con- vaincre qu'ils ont tous dirigé leurs études sur plusieurs parties de l'histoire de la nature. C'est à l'heureuse al- liance de la chimie et de la physique , c'est à l'emploi sage et discret des théories mathématiques , qu'il faut attribuer les progrès immenses que font chaque jour ces deux branches des connaissances humaines ; progrès destinés, sans aucun doute , à porter jusqu'aux temps les plus reculés le glorieux souvenir du siècle qui en a élé le témoin , et du pays qui peut s'enorgueillir d'avoir donné le jour aux philosophes dont le génie a su pour- suivre sans relâche l'érection de cet admirable monu- ment intellectuel. Quarante années se sont h peine écou- lées, et déjà les questions les plus importantes ont été résolues. On a pu faire marcher à-la-fois les hautes con- ceptions de la théorie , les détails pratiques les plus mi- nutieux , et des applications tellement variées , d'un in- térêt si général, qu'on a quelque droit de s'attendre à voir bientôt l'existence industrielle des peuples entière- ment changée. Un homme qui sait réunir toutes les con- naissances positives à l'imagination la plus brillante , ua VJ I N T n D U C T I R. honiinc dont la brûlante aclivitc s'est toujours consacrée à pénétrer les secrets de la nature , et h deviner les pou- voirs de l'inlelligence , M. Alexandre de Ilumboldt.. que chacun a déjà reconnu sans doute , nous a révélé, de- puis plusieurs années , quelques-unes des grandes pen- sées que nous pouvons espérer de voir se réaliser de nos jours. En discutant les analyses organiques de MM. Gay- Lussac et Thénard , il a démontré la possibilité d'une opération chimique propre à nous fournir artificiellement les produits que nous retirons du bled lui-même. Ce pro- blême est devenu maintenant l'un des plus simples de la science. La facililé remarquable avec laquelle on est parvenu dernièrement à transformer le bois en gomme et en sucre crystallisable , nous montre assez que la chi- mie ne saurait tarder à résoudre aussi cette grande question d'économie publique, et nous ne pourrions pré- voir les conséquences commerciales et politiques d'une découverte aussi simple en apparence. Mais si la chimie et la physique ont subi des révolu- tions assez complètes pour avoir acquis le droit de dis- cuter avec précision des problêmes aussi délicats , osera- t-on accuser les autres branches de l'histoire de la na- ture , d'être restées stationnaires pendant que celles-ci avançaient à pas de géant dans le sentier de la vérité ? Non , sans doute , et la marche qu'elles ont suivie , quoi- que moins riche en brillans résultats , quoique moins heureuse dans ses applications aux besoins de notre existence , n'en a pourtant été ni moins réelle , ni moins rapide, L'anatomie comparative, le rapprochement phi- losophique des formes propres aux corps organisés , et les lois qui nous permettent d'en dcvinsr les variations , INTRODUCTION. vij la classifîealîon naturelle des animaux et des plantes , leur distribution géographique , l'examen de leurs fonc- tions matérielles , toutes ces parties ont éprouvé des perlectionnemens incontestables; plusieurs d'entr'elles même ont été créées de nos jours. Au milieu de ces car- rières neuves se fait remarquer l'histoire des animaux antédiluviens , si féconde en hautes conséquences , et l'exemple le plus élonnantdeceque peut une imagination vive, lorsqu'un jugement sage en modère les élans , et qu'une puissante capacité intellectuelle en régularise les conceptions. La géologie, revenue de ses anciens égarc- mens , et désormais éclairée par les sciences qu'elle a su intéresser à ses progrès, repose aujourd'hui sur des bases solides , et se trouve bien près d'atteindre le grand but qu'elle a du se proposer. La détermination précise des antiques habitons de notre globe, a contribué pour beaucoup à lui donner une direction plus judicieuse ; mais c'est sur-tout au subit développement des systèmes minéralogiques , que l'on peut attribuer sa, nouvelle im- pulsion.. Examinons de plus près chacune de ces sciences , et nous ne tarderons pas à nous convaincre qu'elles se se- raient épargnées beaucoup de travaux, si, comme la physique et la chimie , elles avaient su s'enrichir par des emprunts réciproques.. Les deux règnes organiques séparés malheureusement dès l'origine des recherches dont ils ont été l'objet , sem- blent aujourd'hui sur le point de se confondre en un seul. Le même esprit dirige les personnes occupées à classer les êtres qui les composent. On commence à s'apercevoir que la même force préside aux opérations par le moyen vitj INTRODUCTION. desquelles les corps organisés peuvent s'assimiler les particules de la matière , et cette seule circonstance nous oblige à réunir toutes les notions physiologiques en un même faisceau. Si cette conviction , fruit heureux d'une longue expé- rience , eût été spontanément acquise par l'observation des faits généraux que l'on avait pu saisir dès le premier âge des sciences naturelles , il est fort probable que leur marche se serait , par cela seul , débarrassée de beau- coup d'entraves. En effet, dans le règne animal , les familles ont été devinées à l'instant où l'on a cherché des bases de classillcalion. Il n'en a pas été de même des végétaux , et la difficulté de trouver des principes réels de rapprochement, a forcé les botanistes è compa- rer un seul système d'organes , et à se servir des diffé- rences qu'ils observaient pour former leurs divisions artificielles. Une telle erreur n'eût jamais été commise, si l'on n'avait pas séparé les deux règnes; on auraitsenti que les bases de la classification devaient être les mêmes dans l'un et dans l'autre , et l'on aurait cherché, par une étude analomique plus délicate des formes végétales , h remplir un but que des observations superficielles ne pouvaient atteindre. Mais si la botanique s'est laissé devancer par la zoolo- gie dans ces premiers temps , elle peut se flatter à son tour de l'avoir précédée sous plus d'un rapport. L'étude attentive des productions hybrides et monstrueuses , si fréquentes dans le règne végétal , avait conduit plusieurs philosophes , et en particulier le célèbre botaniste de Genève , à des considérations très-élevées sur les lois de l'organisation. Plus tard, M. Geoffroy de Saint-Hilaire a INTRODUCTION. ix deviné tout le parti que l'on pourrait tirer dans les rap- prochemens anatomiqués , de l'influence qu'exercent les uns sur les autres tous les organes d'un même système animal. L'activité qu'il a déployée dans ses recherches , les résultats curieux , importans et inattendus qu'il en a déduits , et l'ensemble qu'il a su mettre dans ses tra- vaux , forment aujourd'hui un corps de doctrine impo- sant Lien supérieur aux notions consignées dans les ou- vrages de Botanique. Mais il n'en est pas moins vrai que les premières vues de cet ordre ont été déduites de la comparaison des formes végétales. Ce n'est point là le seul avantage propre à exciter l'é- mulation des zoologistes , et tous les hommes qui s'oc- cupent d'histoire naturelle doivent être frappés d'éton- oement en voyant l'extrême différence qui s'observe entre l'état de la classification des végétaux et celle des ani- maux. Une législation sévère règle tous les travaux des botanistes; un ordre admiiable règne jusques dans les moindres détails de cette science , et le système de no-» menclature dont on y fait usage peut être considéré comme une des plus heureuses combinaisons de la mné- monique. Dans les recherches des zoologistes , on observe , au contraire , une inégalité qui semble résulter de la division forcée du travail. Les ornithologistes , les icthyologistes , les entomologistes , les conchyliologistes , se concen- trent chacun dans le champ qu'ils exploitent , et sem- blent le plus souvent ignorer les principes que leurs voi" sins ont cru devoir adopter. Il se rencontre , à la vérité , des exceptions , et l'une des plus remarquables est , sans contredit , l'arrangement des animaux articulés ea as INTHODUCTIOK. familles natureHes , par M. Latreiile. Toutefois, le i'èg?ic animal, que nous devons à M. Cuvier, est le seul ouvrage dans lequel on ait envisagé, d'une manière phi- losophique , tout l'ensemble des êtres animés , et où l'on ait cherché à les distribuer d'après un système mé- thodique et général. Espérons que les germes précieux qu'il renferme ne tarderont pas à se développer et à pro- duire une classification détaillée des animaux , fondée sur les caractères anatomiques qui les distinguent , et capable de rivaliser avec les meilleurs traités spécifiques que les botanistes possèdent. Les études anatomiques de ces deux règnes présentent aussi quelques différences singulièresqui doivent être attri- buées entièrement au point d'où l'on était parti. Chez les animaux , les fonctions se manifestent parleurs résullafs , et l'on réunit plus facilement et avec plus de certitude des organes qui produisent les mêmes effets. Dans les végétaux, au contraire , si l'on en excepte le système reproducteur , tous les autres sont encore enveloppés d'une obscurité complète. Par cela seul , l'anatomie vé- gétale a dû se. borner à l'étude des formes, tandis que l'anatomie animale repose en entier sur la détermination des fonctions. Dans leur embarras , les botanistes ont essayé diverses combinaisons , et M. de Jussieu leur ayant dévoilé l'importance des caractères de position , ce trait de lumière leur a bientôt ouvert une nouvelle route. Ils ont généralisé celte pensée , et l'ont appliquée avec autant de succès que de bonheur k leurs nouvelles étu- des, d'est beaucoup plus tard encore , et sans doute à cause de la facilité avec laquelle la zoologie pouvait se passer de cet ordre d'observations ; c'est beaucoup plus I N T R 1) l) C T 1 N. xj lard , mais avec an succès bien plusgrand, que M. Geof- froy de Saint-Hilaire est venu découvrir à son tour les lois de position qui exercent maintenant une influence si remarquable dans les recherches d'anatomîe animale. La direction qu'on a suivie dans les observations phy- siologiques , offre des diversités non moins curieuses. En ce qui concerne les animaux , on est parti d'un point de vue entièrement médical, et pour les végétaux on ne s'est laissé guider que par des considérations purement chimiques. Aussi voyons-nous que la physiologie des premiers n'a possédé , pendant fort long-temps, que des observations anatomiques ou pathologiques, toutes les expériences étaient même dirigées dans le seul but d'exa- miner les résultats produits par un trouble accidentel ou volontaire amené dans l'une des fonctions. Les tra- vaux tentés par quelques chimistes étaient mal appré- ciés ou dénaturés dans leurs conséquences , et restaient le plus souvent sans application. Mais, chose remar- quable , c'est que toutes les observations d'anatomie fine , toutes celles de chimie ou de physique , se rapportaient à des fonctions isolées, présentaient, par cela même, un point de vue commun tellement distinct et déterminé , qu'on a dû chercher à les mettre en harmonie , et que des théories physiques plus ou moins justes ont été ima- ginées à l'effet d'expliquer les actions observées dans l'é- conomie animale. Il n'en est point ainsi de la physiologie végétale. Sou origine, toute scientifique, aurait dû la faire aller plus vîle et plus loin ; mais en examinant sa marche, on reconnaît bientôt les causes qui ont arrêté ses progrès. Les observations anatomiques sont restées dans le plus xij 1 1\ 1 U D U C ï I N. parfait isolement , et les recherches chimiques ont eu rarement pour but des fonctions de détail. Les anato- mistes semblent avoir considéré les végétaux comme des cires sans fonctions organiques , et les chimistes parais- sent les avoir envisagés comme des corps identiques dans toutes leurs parties et sans organes distincts. Ils ne se sont, par conséquent, presque jamais appliqués à démê- ler les propriétés particulières à chacun de leurs sys- tèmes, et personne n'a pu parvenir encore à rattacher les faits anatomiques aux faits chimiques ou physiques. Aucune théorie n'a été conçue, et les savans qui se con- sacrent à ce genre d'expériences semblent même s'igno* rer mutuellement. Les phénomènes généraux de la vie tiennent pour- tant à la même cause , quelles que soient la forma , la complication ou la simplicité de l'appareil dans lequel ils se manifestent. Un esprit commun doit animer les observateurs qui veulent percer les nuages dont cette faculté se trouve encore enveloppée , et découvrir les lois qui peuvent servir à classer ses effets. Les belles ex- périences de MM. Magendie , Edwards , etc. ; les ana- lyses animales de MM. Vauquelin , Thénard , Berzé- lius , Chevreul , ont amené des résultats sans doute , et ces résultats ne tarderaient pas à rencontrer d'utiles ap- plications à la physiologie végétale , si les personnes qui s'en occupent s'étaient habituées à en faire l'objet d'une méditation attentive. De même , les recherches si multi- pliées , si exactes de l'infatigable Th. de Saussure , se lieront prochainement , nous osons l'espérer, aux savantes observations anatomiques de M. de Mirbel , et les unes et les autres , convenablement interprétées , fourniront des lois applicables à l'examen des êtres animés,. Introduction. xiij Persuadés qu'une telle fusion est possible , convaincus qu'elle aurait les conséquences les plus avantageuses . nous dirigerons constamment notre entreprise vers ce grand but. Les classificateurs ne sauraient se passer de connaissances anatomiques , et le soin que nous met- trons à réunir toutes les découvertes en ce genre , facili- tera beaucoup leurs travaux. Pour les physiologistes , il est aisé de voir que toutes les notions relatives au règne organique font partie de leur domaine. Si la belle science qu'ils perfectionnent veut dominer toutes les autres , elle doit s'approprier tous leurs résultats, quand ils lui présentent de nouvelles vues ou de nouvelles lois. L'ana- tomie ne s'est éclairée que par des comparaisons soi- gneuses j de même la physiologie n'atteindra la vérité qu'autant qu'elle pourra comprendre , dans ses recher- ches, les systèmes les plus variés. Si elle a pris un essor scientifique dès le moment où elle est devenue expéri- mentale, il est probable qu'elle se metti^a dans son vé- ritable rang lorsqu'elle deviendra comparative. On n'a point assez observé peut-être que le célèbre Spallanzani travaillait dans cette direction , et qu'on trouve en elle la clef de ses plus belles découvertes. Le règne inorganique offre beaucoup plus d'ensemble , et les savans qui se consacrent à son étude sont manifes- tement sous l'empire des mêmes idées. Les minéralo- gistes , qui ont fait faire de véritables progrès à cette science, ont su se servira propos des notions de physique, de chimie, et l'étude des formes dans les corps crystallisés vient de prendre tout d'un coup une impulsion nouvelle qui promet une moisson abondante et riche en résultats philosophiques. La géologie est deveoue l'occupaliou œil> IN TRODUCTION. lavorile des hommes les plus élevés dans les sciences ; elle avance rapidement vers son but, et les révolutions éprouvées par la surface du globe ne tarderont pas à nous être connues avec la plus extrême rigueur. Mais , nous le répétons , le règne inorganique est étudié de tous côlés avec une suite dans les idées., une communauté dans les moyens , qui^rendent les résultats parfaitement comparables , et noire tâche agréable et facile. Il est toutefois un point de vue que nous ne devons pas oublier dans celle esquisse ; c'est l'intime liaison que l'étude des corps organisés fossiles établit entre la zoologie , la Jjolanique et la géologie. Sans ce rapprochement obligé , les deux règnes resteraient entièrement séparés l'un de l'autre; mais la nécessité d'étudier les fossiles entraî- nera toujours les géologues à l'étude des animaux et des végétaux vivans , comme la nécessité de classer les fos- siles a forcé les botanistes et les zoologistes à se livrer à -des études de géologie pur j. >;: L'étendue de notre plan et l'esprit de noire entreprise peuvent maintenant s'apprécier avec facilité. Notre Journal comprendra toutes les branches des sciences naturelles qu'on a coutume de considérer comme scien- tifiques; nous les saisirons au point où elles se trouvent , et nous ferons connaître à nos lecteurs tous les mémoires originaux qu'on voudra bien nous copfier. Nous tradui- rons tous ceux qui nous paraîtront le tnériter , et nous donnerons des autres des extraits suffisans pour repro- duire ce qu'ils pourraient renfermer d'essentiel. La physiologie générale , l'analomie comparée des deux règnes , la zoologie , la botanique , la minéralogie , la géo"" INTDODUCTION. œV logie , ces diverses parlies", qui conslilnenl l'histoire scientifique des deux règnes organique et inorganique , se trouveront réunies dans notre recueil. On conçoit qu'il serait Complètement inutile d'y faire entrer les appHca- lions médicales , agricoles ou métallurgiques , car sous ce rapport les Journaux de médecine , d'agriculture , et l'excellent ouvrage publié par le Conseil des mines , ne laissent rien à souhaiter. Nous espérons que les considérations précédentes au- ront sufïisammen* appris aux personnes qui aiment et cultivent les sciences naturelles , sous quel rapport elles peuvent attendre quelque avantage de cette nouvelle en- treprise. Le plus grand de tous consiste sans doute en ce que nous chercherons à fournir un moyen peu coûteux de généraliser leurs études à ceux d'entre les savaus que leur position obligeait à les rendre spéciales ; et nous devons ajouter que l'intérêt bienveillant qu'on nous a déjà témoigné de toutes parts , est un sûr garant de notre succès et la meilleure preuve de la justesse des vues qui nous dirigent. -«^ 1.^^'" ''"3 - Il nous resterait à montrer aux personnes qui jusqu'à présent sont restées étrangères aux progrès de l'histoire naturelle , que les faits dont elle s'occupe mériteraient une meilleure place dans l'éducation générale. Mais M. Cuvier qui sait envisager , sous un point de vue neuf • et plein de finesse , toutes les questions qui s'offrent à son esprit , nous fournira dans quelques lignes ce que l'on a dit jusqu'à présent de plus remarquable à ce sujet. a Cette habitude , que l'on prend nécessairement en » étudiant l'histoire naturelle , de classer dans son esprit » un très-grand nombre d'idées , est l'un dej avantages œvj INTRODUCTION. » de cette science dont on a le moins parlé , et qui dc- » viendra peut-être le principal lorsqu'elle aura été géné- » ralement introduite dans l'éducation commune ; on » s'exerce par là dans cette partie de la logique qui se » nomme la méthode, à-peu-près comme on s'exerce » par l'étude de la géométrie dans celle qui se nomme le » syllogisme , par la raison que l'histoire naturelle est » la science qui exige les méthodes les plus précises , » comme la géométrie celle qui demande les raisonne- » mens les plus rigoureux. Or , cet art de la méthode , » une fois qu'on le possède bien , s'applique avec un » avantage infini aux études les plus étrangères à l'his- » toire naturelle. Toute discussion qui suppose un classe » ment des faits, toute recherche qui exige une distribu- » tion de matières , se fait d'après les mêmes lois, et tel » jeune homme qui n'avait cru faire de cette science » qu'un objet d'amusement, est surpris lui-même , à » l'essai , de la facilité qu'elle lui a procurée pour défarpuil- » 1er tous les genres d'affaires. » . », *5)'>iia « Elle n'est pas moins utile dans la solitude. Assez éten- j) due pour suffire à l'esprit le plus vaste , assez variée , » assez intéressante pour distraire l'ame la plus agitée , » elle console le malheureux, elle calme les haines. » Une fois élevé à la contemplation de cette harmonie » de la nature , irrésistiblement réglée par la Providence , » que l'on trouve faibles et petits ces ressorts qu'elle a » bien voulu laisser dépendre du libre arbitre des » hommes ! Que l'on s'étonne de voir tant de beaux gé- • nies se consumer si inutilement pour leur bonheur et » pour celui des autres , à la recherche de vaines com- » binaisons dont quelques années suffisent pour faire » disparaître jusqu'aux traces ! » A.NNALES DES SCIENCES NATURELLES. NOUVELLE THÉORIE > DE i.A génération; Par mm. Prévost et Dumas. Ubs les premiers temps historiques des sciences , les phi- losophes qui se sont consacrés à' leur culture ont donné beaucoup d'attention au phénomène de la reproduction des êtres vivans. Ils ont présenté des idées plus ou moins remarquables pour rendre raison des faits dont l'exi- stence avoit été reconnue ; mais ceux-ci se bornant , pour ainsi dire , à l'observation la plus vulgaire , ils ont été entraînés dans de graves erreurs. Aristote , le père de la philosophie naturelle , est peut-être le seul qui se soit fait une notion judicieuse de la nature de ce phé- nomène. Depuis cet homme illustre , chaque école , cha- que secte a discouru sur ce sujet d'une manière plus ou moins ingénieuse , et quoiqu'il se soit exécuté de temps à autre des séries d'observations., il est permis d'avancer 1- » l 2 ) que l'on n'a point encore atteint le but que leurs auteu.s avaient en vue. En entrant dans celte carrière , nous avons considéré avec quelque effroi la réputation , les travaux nombreux et les découvertes importantes de nos devanciers. Plu- sieurs d'entr'eux , pour ne pas dire tous , ont été placés d'une manière éminemment propre à faciliter leurs étu- des. Les uns se sont trouvés h la tête de grandes Acadé- mies, les autres ont possédé la faveur de quelque Prince généreux et ami de la science ; tous ont eu sous la main les matériaux indispensables h des recherches d'un genre aussi délicat. Que ne devions-nous pas redouter de la faiblesse de nos moyens, lorsque nous étions forcés de convenir que le mécanisme de la génération n'avait pas encore été mis en évidence en dépit de ces efforts puis- sans et répétés ? Nous prions le lecteur de ne pas repousser trop vite notre manière d'envisager le phénomène , quand bien même elle serait en opposition avec ses propres vues. S'il lui est possible de faire abstraction des notions qu'il a déjà acquises sur ce sujet , nous sommes persuadés qu'il n'éprouvera pas de répugnance à admettre notre explication avec les restrictions convenables et dans les limites que nous lui avons posées ; car , si nous sommes appelés à combattre des idées généralement reçues , il con\ientde ne pas perdre de vue , qu'il est peu de science où l'erreur soit plus facile à propager que dans ceile-ci. La liaison qui rattache les connaissances physiologiques aux idées que nous nous formons de notre existence ma- térielle rend tous les homqies curieux des résultats obte- nus par les personnes qui se vouent à ce genre d'étude. i (3) Il suit de là , qu'il existe une sorte d'opinion publiqud STir la plupart des questions qui intéressent la vie ani- male. Elle nous habitue à envisager les phénomènes or- ganiques sous un point de vue miraculeux, ou en d'au- tres termes , comme étant le résultat d'un ordre de lois , très-différent de celui que nous montre la nature ina- nimée. Il est cependant de toute évidence qu'il existe dans les animaux deux ordres de phénomènes qu'on ne peut con- fondre en aucune manière. Ceux de l'intellect , dont la manifestation suppose un principe immatériel , sur la na- ture particulière duquel il est impossible de présenter des notions précises. Ceux du corps, quisemblent susceptibles d'une explication purement physique ^ puisque nous ne voyons en eux qu'une élaboration de matériaux déjà existans sans création quelconque , et puisque dans beau- coup de cas , lorsque l'action est d'une nature suffisam- ment simple , on parvient aisément à démontrer la série d'effets chimiques ou physiques qui déterminent ce ré- sultat. Cette conviction nous a donné quelque confiance en nos travaux , et nous a permis d'espérer , qu'au moyen d'une expérimentation délicate , il ne serait pas impos- sible d'arriver à la connaissance des lois naturelles qui cqncoui'entà la production des actes delà vie. Persuadés qu'ils n'ont rien de n>iraculeux, nous nous attachons à étudier toutes leurs circonstances , et nous cherchons à combiner nos observations avec celles des physiologistes qui nous ont précédés. Si nous avançons qu'il n'est pas toujours aisé de les mettre en harmonie , nous ne sur- prendrons guère les personnes qui ont réfléchi à 1 état actuel de la physiologie. On s'aperçoit aisément que cotte [ 4 ) branche dos connaissances hinnainos n'a point encore vérilablcmcnt pris un rang parmi les sciences cxaclcs. Elle manque , il faut l'avouer , d'un corps de doctrine fondé sur l'expérience, auquel on puisse ramener les ques- tions de détail qui font l'objet des recherches particu- lières. C'est un magnifique palais , ponr lequel , depuis bien des siècles, il se prépare de riches matériaux, mais dont l'édification ne pourra commencer que lorsqu'on aura trouvé les pierres qui doivent servir à poser ses fon- dcmens. Dépuis les premières époques de la philosophie , tous les savans qui se sont consacrés aux études analomiques , ou bien à ces brillantes spéculations physiologiques que le public accueille toujours avec tant d'avidité, tous' ont abordé , sous un point de vue quelconque , la question delà génération. Il en est résulté une multitude prodi- gieuse de travaux qui ne demandent qu'à être revus et réunis par un lien commun , pour former un des plus beaux monumens que le génie humain ait encore eu le pouvoir d'élever. Beaucoup de considérations dé détail ont été vivement débattues et amenées à ce point de clarté, qui laisse peu de chose h souhaiter; mais d'un commun accord , tons les bons'esprits de notre époque , regardent le phénomène général comme étant enveloppé du voile le plus épais. Les uns envisagent comme une chose probable que le nouvel être se forme de toutes pièces au moment delà fécondation; mais où, quand et comment , c'est ce qu'ils ne peuvent résoudre en aucune manière. Les autres penchent au contraire pour le fa- meux système de l'emboîtement , auquel Charles Bonnet prêta tout le poids de sa logique et qu'il fit adopter h la ( 5 ) 'aande majorité de ses contemporains cl de ses succès seurs. Pour eux , tous les embryons préexistent dans le sein de la mère , et le mâle se borne à leur donner la commotion vitale : on est forcé , dans cette hypothèse , d'admettre que les premiers êtres de la création renfer- maient toutes les générations successives , emboîtées les unes dans les autres. Au premier abord , cette supposi- tion effraie, mais peu-à-peu l'esprit s'y habitue , et bien- tôt il la préfère à toutes les autres. Il semble plus facile de concevoir une époque où la nature en travail donnait , pour ainsi dire , d'un seul coup , naissance à toute la création présente et future , que d'imaginer une activité continuelle qui répugne h notre faiblesse. Nous aimons à nous lier par des rapports de ressemblance avec l'in- telligence suprême qui préside à l'ordre de notre uni- vers. Nous voulons qu'elle se repose, par cela même qu'il nous est impossible de nous livrer à une contention d'esprit éternelle. Le célèbre naturaliste Genevois n'a pu s'empêcher de porter dans ses vues métaphysiques , les sentimens re- ligieux qu'il se plaisait à montrer dans toutes les occa- sions. Il a cru voir dans l'épigénèse une espèce de créa- lion spontanée , qui tendait à soustraire les êtres orga- nisés aux lois d'une nature plus relevée , pour les faire rentrer dans la classe des corps bruts. C'est probablc- menl à cette erreur d'une ame véritablement pieuse que l'exagération peu raisonnée des partisans de l'épigénèse rend bien plus facile à concevoir , que nous devons le système de l'emboîtement des germes , suivant lequel , dès l'instant de la création , Dieu ayant communiqué le souille de vie aux êtres orgauifés .. faœnnés par ses imnns ,, (6) celte impulsion primitive propagée d'âge en âge , et ré- partie de génération en génération suffît pour attribuer à chaque être vivant la faculté de se dérober aux lois physiques et mécaniques qui régissent la nature morte. Chaque membre de cette immense famille renferme tous les germes de ses descendans. Ils sont emboîtés de manière à rendre leur développement successif, quoi- qu'ils parlicipent également à l'énergie assimilatrice dont ils furent doués. Ces principes simples , quoiqu'effrayans pour l'imagi- nation , rendent assez bien raison des phénomènes , et cer- tes leur auteur était trop versé dans la science de l'analyse pour les admettre , s'il ne les eût pas trouvés en har- monie avec les conditions connues du problème. Appuyé de la démonstration hallérienne, fort des expériences de Spallanzani sur le têtard , et se fiant aux lois de l'ana- logie , qui lui permettaient de déduire la préexistence du germe dans les animaux , de l'organisation connue de l'ovaire des plantes , il n'a pas craint de donner à sa théorie toute l'extensionpossible et de l'appliquer aux diTerses circonstances de la génération. Il devient inu- tile de le suivre dans ces divers détails , puisque les bases sur lesquelles il avait établi tous ses raisonnemens sont évidemment fausses. Son idée fondamentale reste sans preuve, et devient par conséquent une hypothèse gra- tuite , qui n'offre d'intérêt que sous le rapport histo- rique. Quoique de toutes parts les découvertes anatomiques sur la formation du fétus viennent sapper sa théorie , il n en est pas moins vrai qu'elle conserve encore beaucoup (le partisans. L'épigénèsc qu'on avait abandonnée re- (7) prend quelque faveur ; mais cette explication vague se prête si facilement aux vues particulières et aux désirs de chacun des savans qui la préfère , qu'on en trouve bien rarement deux qui soient d'accord sur les faits prin- cipaux. C'est dans cet état d'une fluctuation pénible que nous avons essayé de discuter , par une méthode pure- ment expérimentale , les principales circonstances du phé- nomène de la génération. Jetons maintenant sur elles un coup-d'œil général , et après les avoir comparées , nous essaierons de ilxer la marche que nous devons préférer pour les étudier avec succès. Deux êires animés , l'un mâle , l'autre femelle , pris à leur naissance , commencent dès leur entrée dans le monde à exécuter toutes les fonctions qui caractérisent le règne auquel ils appartiennent. Leur sang circule , ils respirent, digèrent, sentent, se meuvent et si l'on pé- nètre dans l'intérieur de leur organisation , on ne tarde pas à s'apercevoir qu'ils possèdent aussi la faculté de produire plusieurs transformations sécrétoires ; cepen- dant , ils sont encore inhabiles à la génération. Les or- ganes que l'exercice de cette fonction exige ne manquent pourtant pas ; mais ils se montrent sous une forme ru- dimentaire . bien suffisante pour indiquer la nullité de leur emploi. A une époque déterminée , ces appareils ss développent d'une manière brusque , et atteignent en peu de temps le degré de perfection nécessaire à l'objet qu'ils ont à remplir. Celui du mâle produit un liquide d'une nature particulière qui est mis en réserve dans des cavi- tés appropriées. Dans beaucoup de cas même , sa pré- sence ne se manifeste qu'au moment où il devient utile , ( î^ ) et iilors l'appareil do la géuératiou plus simple, mauquo civlifcremont de réservoir. La lemelle crée des ovules. Ce sont des corps parliculiers sécrétés par les ovaires , et qui se composent généralement d'un,e matière liquide ou pul- peuse renfermée dans un sac membraneux déforme sphé- rique ou allongée., Lorsque ces préparatifs sont terminés de part et d'au- tre les deux êtres sont devenus capables d'en produire un troisième , et si l'acte par lequel ils arriveront à ce résultat varie beaucoup pour la forme , il est toujours le même quant h sa principale circonstance. Celle-ci con- siste en ce que , d'une manière quelconque , la liqueur fournie par le mâle arrive au contact de l'œuf produit parla femelle. Ce petit corps devient , dès4ors , suscep- tible d'un développement ultérieur, et se transforme par degrés , pourvu qu'il se trouve dans des conditions con- venables de nutrition, en un jeune animal de même espèce que le père et la mère desquels il provient. Tel est le phénomène de la génération réduit h son expression la plus générale. Il se compose donc essentiel- lement de trois temps principaux qu'il importe de sé- parer pour établir quelque clarté dans notre examen. Nous devons , en premier lieu , acquérir une bonne définition de la liqueur prolifique , apprendre comment elle se forme , étudier ses divers élémens et en apprécier l'importance. L'œuf fixex-a notre attention ensuite , et nous essaierons, s'il est possible , d'aualyser sa structure de manière à assigner l'emploi des diverses parties dont il est formé. Après avoir acquis ces données , nous serons bien mieux en état de saisir les phénomènes qui arrivent au moment où l'œuf et la liqueur prolifique entrent en (9) rapport , sous les coudilions nécessaires à la féconda- lion, et nous suivrons avec plus de profit les changeiuetts divers qu'il éprouve après cette époque, jusqu'au mo- ment où nous auroos établi l'existence de tous les organes du nouvel être. Après avoir exécuté les expériences que nous allons rapporter , nous ayons senti que nous contractions l'en- gagement de mettre notre théorie dans la plus entière évidence. Nous avons donc étendu notre plan et nous le poursuivons avec ardeur , de manière à pouvoir publier dans les années qui vont suivre des monographies ren- fermant l'histoire complète de la génération et du déve- loppement du fétus dans diverses espèces d'animaux. Nous avons eu soin de les choisir parmi les mammifèi^es , les oiseaux , les batraciens et les reptiles. Nous nous occu- perons ensuite des poissons , des mollusques , des insec- tes , et enfin de ces êtres équivoques , placés par les natu- ralistes sur les limites des deux règnes organisés. Il était pourtant nécessaire que nos idées fussent con- nues du public , afin qu'elles fussent soumises à une discussion dont nous espérons tirer parti pour donner une plus grande perfection à notre travail. Mais à pré- sent que notre théorie va se trouver établie d'une ma- nière ^suffisante , nons pourrons nous livrer aux rechcr- chjes lentes et pénibles que nous avons déjàcommencées. Nous ne craindrons plus de faire usage des ressources nombreuses que nous ofi're celte ville , qui voit briller toutes les sciences d'un éclat si vif et si pur. il nous sera permis de mettre à profit les dispositions bienveillanlos des hommes célèbres à qui la direction desétablissemcns publics se trouve confiée. Nous avons été déjà l'objet de ( »o ) leurs bontés en maintes occasions , et nous les prions de vouloir bien agréer l'expression sincère de noire re- connaissance. Enfin , nous espérons ou pour mieux dire nous sommes certains d'avance que beaucoup de questions particulières encore obscures ne tarderont pas à s'éclair- cir, grâce à la curiosité ardente et active qui caractérise la jeunesse laborieuse au milieu de laquelle nous avons le bonheur de vivre. PREMikBE PARTIE. Observations relatives à l'appareil générateur des ani- maux mâles ; examen des liquides renfermés dans les diverses glandes qui peuvent « j rencontrer ; histoire et description des animalcules spermatiques. En étudiant la physiologie , on ne voit au premier abord qu'une immense quantité de faits isolés les uns des autres , quelquefois même contradictoires en appa- rence , et l'esprit rencontre rarement une loi bien déter- mmée sur laquelle il puisse se reposer du soin de réunir tant de détails et de les rappeler lorsqu'ils deviennent nécessaires. Les théories qui devraient être ici , comme dans toutes les sciences physiques, l'expression rigou- reuse et générale des phénomènes connus; ces théories ont été conçues malheureusement à des époques recu- lées , elles ont presque toujours devancé l'observation des faits qu'elles prétendaient expliquer , elles se sont mul- tipliées à l'infini et l'histoire de la science nous les mon- tre semblables à ces rêves ingénieux , dont une imagina- tion enfantine se plaît h récréer ses loisirs. Mais depuis ( ïl ) quelques années le génie expérimental s'est emparé de la physiologie , on a senti qu'il était nécessaire de coordon- ner d'abord des faits bien constatés , pour en tirer ensuite des conclusions légitimes. C'est en suivant cette marche heureuse, que nous pouvons espérer de voir un jour la science de la vie , élevée au rang que son importance lui assigne. On y parviendra , sans doute , en rassemblant les actions particulières sous des lois nettes et bien arrê- tées , et en se servant ensuite de celles-ci , pour inven- ter de nouvelles combinaisons susceptibles d'accroître la série des faits qu'il nous est permis d'apprécier. Dès l'in- stant où la chimie a suivi celte route , elle a , pour ainsi dire , été créée toute entière. Les lois particulières se sont multipliées , les lois générales se sont laissé pres- sentir , et dans l'espace d'un demi-siècle elle a fait plus de progrès que la physiologie depuis l'époque de sa créa- tion ; mais dans l'étude de la vie , il semblait , avant ces derniers temps, qne Ton n'expliquaitrien si on n'expliquait pas tout , et comme il est très-rare d'arriver du premier coup à des notions d'un ordre très-élevé , l'on se croyait obligé de suppléer^aux faits dont on manquait , par une hypothèse qui comblait l'espace vide qu'on aurait été forcé de laisser çn arrière. Les Mémoires que nous avons l'honneur de soumettre au jugement de l'Académie , ont pour objet l'Histoire de la génération et serviront mieux que de simples raison- nemens h développer et préciser notre pensée. On verra comment nous sommes parvenus à établir sur tous les points de cette fonction des lois particulières , propres h représenter certaines parties du phénomène général. Si nous avons eu le courage d'aborder l'ensemble de notre ( 12 ) siijiïl , ce n'est qu'après avoir acquis toutes ces uolious locales , et nous avons éprouvé la salisfaclion la plus vive, en voyant qu'elles pouvaient se réunir, au moyeu d'une proposition simple, rigoureuse et susceptible des'élcu- drc à la plus grande partie du règne animal. Etudiée de cette manière , la physiologie possédera sans doute un jour des bases rationnelles , et la partie de la vie animale qui se rapporte aux phénomènes maié- riels se trouvera ainsi ramenée à des conditions chimi- ques , physiques ou mécaniques. Nous avons déjh fait voir que l'irrilabililé musculaire se représentait facile- ment et dans ses moindres détails, au moyen d'une action électrique bien connue : nous allons montrer maintenant quelles sont les conditions matérielles , et pour ainsi dire mécaniques de la génération , et bientôt nous aurons l'honneur de communiquer à l'Académie nos expérien- ces nouvelles louchant le phénomène important des sécrétions. Eu suivant nos divers résultats , on ne verra pas , sans quelque étonnement , que les lois deviennent plus simples à mesure qu'on approfondit davantage les faits sur lesquels elles reposent , et l'on partagera peut- être l'espoir dontnous sommes animés, relativement au perfectionnement futur de la belle science , qui s'occupe du plus beau phénomène de la création. L'histoire de la génération comprend plusieurs par- lies bien distinctes , et nous avons eu la précaution de les traiter toutes séparément avec le plus grand soin et d'en isoler les divers résultats. Notre ouvrage se compo- sera donc de faits et de lois. Si ces dernières sont bien établies , elles amèneront bientôt des découvertes de la plus haute importance; mais si par cas elles se trou ( »5 ) valent erronées, la science n'en aurait pas moins acquî* un grand nombre de faits constatés avec la plus scru- puleuse attention. Ils serviront toujours de point de départ et de base de raisonnement , et chacun en tirera les conséquences qui lui sembleront les plus judicieuses. Nous allons parcourir aujourd'hui les observations que avons recueillies sur les fonctions du mâle. Mais avant de passer à l'énumération des expériences que nous avons tentées sur ce sujet , nous dirons quelques mots des or- ganes préparateurs de la semence. On peut distingtiet" jusqu'à cinq sièges de sécrétion , qui semblent tous con- courir au résultat. II nous importe donc de les connaître et d'en discuter l'emploi particulier. Le premier , le plus général de tous , est le testicule , organe ovoïde et binaire dans les animaux vertébrés ; mais dont la forme et le nombre varient dans les autres classes. Nous nous occuperons seulement des premiers dans ce moment et nous renverrons à chaque cas parti- culier le peu que nous savons sur les autres. Chez les mammifères , les testicules consistent , comme on sait , en une masse de vaisseaux spermatiques entortillés, liésen- tr'eux par un tissu cellulaire parenchymateux, au milieu duquel viennent se répandre les vaisseaux sanguins. Ils percent en petit nombre la membrane albuginée , et se réunissent en un conduit unique , connu sous le nom d'épididyme , qui se continue lui-même avec le canal dé- férent. Celui-ci amène dans l'urètre le liquide fourni par le testicule , et le verse dans la partie connue des anà- tomistes sous le nom de vérumontanum. Cette cavité reçoit aussi les aboutissans de divers or- ganes sécréteurs. L'un des plus remarquables , que l'on a ( lA) pourtant considéré jusqu'îi ce jour comme un sîmple lieu de dépôt pour la liqueur fournie par le testicule , porte le nom de vésicule séminale , par analogie avec la vési- cule du foie à laquelle on la compare d'ordinaire. Nous verrons qu'il est peut-être convenable d'établir quelques restrictions aux fonctions qu'on lui attribue généralement. D'ailleurs , un grand nombre de mammifères se trouve privé de ce réservoir , quel que soit son emploi. La prostate verse dans le même lieu le liquide qu elle sépare du sang. Cette glande , que peu d'animaux possè- dent , ne se trouve pas dans certaines espèces très-rap- prochées par le reste de leur organisation de celles qui en sont munies. Enfin , on a distingué dernièrement un appareil vési- culeux plutôt que glandulaire , qu'on a considéré comme l'adjuvant des vésicules séminales , et auquel, en con- séquence , on a donné le nom de vésicule accessoire. Il existe fort rarement. C'est surtout aux travaux de M. Cuvier que nous de- vons l'avantage de pouvoir ainsi caractériser et désigner nettement chacune de ces parties. Leur.classification de- venait très-importante dans une étude délicate comme celle à laquelle nous allons nous livrer , et seule elle a pu nous permettre de fixer suffisamment le rôle particulier à chacun de ces organes , qui semblent , au premier abord, concourir tous à-la-fols et participer également à la pro- duction du liquide spermatique. L'urètre recevrait , en effet , les matières que chacun d'eux est habile à pro- duire , s'il était possible que leur existence fut simulta- née ; mais les trois derniers manquent trop fréquemment pour qu'on puisse imaginer que leur coopération soit né- ( i5 ) cessaire à la production de l'agent fécondateur. La vé- sicule séminale elle-même peut être éliminée avec faci- lité , soit qu*on ne voie en elle qu'un simple lieu de dépôt , soit qu'on lui accorde le rôle d'organe sécréteur. Dans l'une et l'autre suppositions , son absence fréquente démontre assez qu'elle ne joue qu'un rôle secondaire. Le testicule paraît donc l'organe essentiel à cette for- mation , et rien ne confirme mieux la vérité d'une telle conclusion , que l'exemple d'une foule d'animaux qui n'en possèdent pas d'autre. Les oiseaux , beaucoup d'a- nimaux à sang froid, n'ont réellement que des testicules dont le liquide est porté jusques au lieu de l'émission par un canal droit ou fréquemment replié sur lui-même. Passons maintenant à l'étude de la liqueur sperma- tique , et cherchons à fixer les idées des personnes que la physiologie intéresse , sur un sujet qu'on regarde au- jourd'hui comme fort obscur, d'autant que la plupart des auteurs qui ont écrit sur cette science ont manifesté des opinions vagues ou douteuses sur ce point important. L'abus étrange que les amis des hypothèses hasardeuses ont fait du microscope à cette occasion , justifie assez la répugnance que les esprits positifs éprouvent à discu- ter des observations faites avec un instrument décevant pour tous ceux qu'une longue habitude n'a pas rendus maîtres de son emploi. Personne n'ignore cependant que plusieurs natura- listes du plus grand mérite ont signalé et confirmé l'exis- tence de certains êtres agités de mouvemens spontanés dans les liquides séminaux de presque tous les animaux. Leur petitesse les avait dérobés aux recherches , jusques vers l'an 1077. A cette époque, ils furent découverts par ( »6) JI»m et Leewcnhoeck , d'un çôlé , et par Ilartsrcker de l'autre , sans qa'i'l soit possible d'établir entr'eux la prio- rité d'une manière bien précise. Leewenhocck décrivit ItiS animalcules qui lui furent offerts par les semences de divers animaux, et constata des différences assez nota- bles entr'eux. Mais les idées hypothétiques qu'il mit en avant jetèrent beaucoup de discrédit sur les résultats de ses travaux , sur tout à l'époque où le système de l'em- boltement prit faveur. On en était resté là pendant un temps assez long , lors- que l'attention des observateurs fut de nouveau rappelée shv ce point par lés recherches de M. Needham , dont les dissertations sont trop connues pour qu'il soit utile de les rappeler ici. M. de Buffon s'en occupa beaucoup aussi vers la même époque , et nous examinerons plus tard ses résultats , qui sont trop peu nombreux pour justifier la hardiesse des conclusions qu'il en avait déduites. Il pa- raît, en outre, que son instrument n'était pas favorable h de telles recherches , et qu'il était lui même peu fami- liarisé avec l'emploi du microscope. Spallanzani fixa aussi son attention sur la même question, il la traita d'une manière plus positive et avec la sagacité qu'on admire dans tous les ouvrages dont il a enrichi la physiologie. II examina et décrivit les animalcules d'un très-grand nombre d'animaux , el remarqua toujours le plus parfait accord eutre ses propres observations el celles de Leewcn- hoeck ; mais il envisagea le sujet sous un point de vue particulier, qui lui fut suggéré par ses propres travaux sur les infusoires , et parles idées de Bonnet , qui occu- paient alors toute l'Europe savante. M. de Gleichen , na- turaliste allemand, nous a donné des résultats analogues ( i7 ) et M. Bory-Sainl-Vinccnt , que la lecture de notre pre- mier essai sur les animalcules engagea dans une série d'observations semblables , a trouvé la plus grande har- monie entre nos descriptions et les siennes. L'existence des animalcules^ la constance de leur forme, et leur similitude dans tous les individus d'une même espèce , se trouve donc confirmée par les recher- ches de LeeAvenhoeck, Hartsœker , De Gleichen , Spal- lanzani, les nôtres , «elles de M. Bory-Saint-Vincent , et aussi par des essais moins complets publiés acciden- tellement dans les écrits de beaucoup d'autres natura- listes. Parcourons maintenant quelques- unes de nos expé- riences , et nous verrons qu'il est facile de donner une description comparable des animalcules , et sur-tout de prouver qu'ils sont le produit d'une véritable sécrétion. Afin de procéder, dans cette étude, d'une manière lo- gique , nous allons envisager d'abord l'appareil généra- teur sous sa forme la plus simple , et nous examine- rons ensuite les divers degrés de complication qu'il est susceptible de nous offrir. Cette méthode a le double défaut de s'écarteK considérablement des classifications zoologiques et de considérer comme nuls des organes qu'on retrouverait probablement sous une forme rudi- menta're ; mais dans l'esprit de cet ouvrage , elle uouse oCre l'avantage précieux d'amener progressivement I lecteur à la conception facile des dispositions secrétoi- res les plus complexes. Putois. Nous commencerons la série par les mammi- e ères , et parmi ceux-ci nous choisirons le putois , à a use de l'extrême simplicité de son appareil généra- 1. 2 (18) ieur. Nous n'y voyons en effet que deux lesliculcs ovales, ;i-pcu-prcs de la grosseur d'une noisette, dont les ca- naux déférons viennent s'unir dans l'urètre , à quelques li"-nes seulement au-dessous du col de la vessie. Arrivé dans cet endroit , le liquide spermalique suit la direc- tion du canal, et s'échappe à l'état de pureté par l'ori- fice du gland , au moment de l'éjaculation. Le pénis de cet animal renferme un os long de deux pouces , légère- ment recourbé, et dont l'extrémité extérieure, qui est plate , se trouve percée d'un trou ovale. Si l'on examine au microscope le liquide éjaculé , on y remavque une foule d'animalcules en mouvement , parfaitement sem- blables entr'eux pour la forme , la grandeur et le mode de locomotion. Leur extrémité antérieure est renflée , circulaire , mais rapplatie , en sorte que lorsqu'ils se placent sur le côté , on ne la distingue plus du reste de l'animalcule. La queue est longue , susceptible de Ilexion , et c'est à l'aide des mouvemens qu'elle exécute , que le petit être devient capable de locomotion. En général , la manière dont ces animaux nagent se rapproche beaucoup de l'allure des petits têtards de grenouille dont ils ont en effet la forme et la vivacité. Dans le canal déférent, on rencontre un liquide lai- teux , épais , qui renferme une masse si considérable d'animalcules , qu'il serait impossible d'y rien distinguer si l'on n'avait soin de le délayer avec un peu d'eau pure ou de salive. Il est très-vraisemblable , comme le pen- sait Leewenhoeck , que dans cet état la semence contient plus d'animalcules que du véhicule liquide, en sorte qu'ils se trouvent entassés les uns sur les autres, et à peine humectés. Us ressemblent d'ailleurs en tous points ( 19 ) à ceux que nous avons trouvés dans le liquide éjaculé. Ils ont la même forme, les mêmes dimensions, et se meuvent de la môme manière. Comme eux, ils ne sont mêlés d'aucune matière or^janique étrangère. L'épidi- dyme donne lieu à des remarques semblables. Si l'on prend le testicule et qu'on en coupe des tran- ches , soit à sa surface , soit à sa partie centrale , près de l'insertion de l'épididyme ou à . l'extrémité opposée , qu'on délaye dans un peu d'eau le liquide qui s'en écoule , et qu'on l'examine au microscope , on le trouvera tou- jours abondamment chargé d'animalcules semblables enlr'euxet identiques avec les précédons. Seulement ils seront mélangés de globules graisseux et de petits frag- mens de tissu cellulaire ou parenchymateux. Ces corps étrangers sont dus à la facilité avec laquelle se déchire et se brise la masse du lesliculc dont ils proviennent évidemment. ' La faculté locomotrice des animalcules cesse très -ra- pidement lorsqu'on les extrait ainsi des organes après la mort de l'animal , mais elle dure davantage dans la li- queur obtenue par éjaculation. Elle se prolonge encore plus lorsqu'on laisse le liquide dans les vaisseaux. Ainsi quelques portions du canal déférent délayées dans un peu d'eau ou de salive, chargent ces véhicules d'une foule d'animalcules en mouvement, mais au bout de quinze h vingt minutes on les trouve tous morts. Ils vivent ou se meuvent pendant deux ou trois heures, sous les mêmes circonstances , si l'on fait usage de liqueur éjaculéc. En- im , si l'on extrait l'appareil générateur du corps de l'a- nimal , et qu'on le conserve dans un linge humecté , on peut en obtenir des animalcules vivans quinze ii dix-huit 2.> ( 20 ) lieures oprès l'opt^ration , soit qu'on les prenne dans les canaux déférons , soit qu'on les relire des Icsliculcseux mêmes. Leur mort n'arrive pas d'une manière brusque. En eflet , lorsque les animalcules sont bien vivans , on remarque en eux des flexions rapides et alternatives de la queue , qui ne permettent pas de chercher ailleurs la cause de leur mouvement progressif. Presque toujours ils se dirigent en avant; jamais on ne les voit rétrograder, mais bien souvent ils ne semblent avoir aucun but déter- miné , et s'agitent pendant long-temps sans changer de place d'une manière appréciable. Dans tous ces cas , on observe une dégradation manifeste de vélocité depuis l'instant où on les a extraits de l'organe, jusques à celui qui marque le terme de leur faculté locomotrice. L'éten- due de leurs mouvemens décroît progressivement , l'am- plitude de leurs oscillations diminue peu-à-peu , et bien- tôt ils se montrent sans vie et floltans au gré du liquide dans lequel ils sont immergés. Nous donnerons plus loin un tableau dans lequel se - ront comparés divers animalcules sous le rapport de leur longueur réelle. Pour s'en former une idée juste , il suf- fira de remarquer que , dans nos planches , le grossisse- ment est toujours de mille diamètres. Chien. — C'est l'animal qui nous offre , après le putois , les organes sécréteurs les moins nombreux. On n'y trouve, en effet, que les testicules et la prostate. Les testicules possèdent un corps d'hygmore et sont revêtus d'une membrane albuginée, forte et fibreuse. Lorsqu'on veut les dépouiller , elle s'enlève aisément et laisse à découvert un parenchyme tuberculeux et ondulé , presqu'enlièrement composé de vaisseaux sper- ( 21 ) maliques. Ceux-ci sont susceptibles d'être isolés les uns des autres, et possèdent un diamètre de | de millimè- tre , lorsqu'ils sont gorgés de semence. Ils se contrac- tent un peu après l'évacuation. Ils sont repliés sur eux- mêmes en forme d'anse et produisent ainsi des faisceaux parallèles. En essayant de les suivre pendant un trajet de plusieurs pieds de longueur , on les voit toujours con- tinus , sans divisions ni anastomoses , et si l'on examine avec attention leur embouchure dans l'épididyme , ou voit très-bien qu'ils y parviennent en petit nombre. Comme h l'ordinaire, celui-ci consiste en un simple con- duit replié sur lui-même et présente un corps alongé , légèrement bosselé , placé le long du testicule. Le canal déférent auquel il aboutit possède des parois d'une épais- seur extraordinaire relativement à sa caviié, qui est Ji peine d'un tiers de millimètre et qui se dessine on blanc laiteux au travers des membranes , lorsqu'il est gorgé de semence. Les déférons arrivent dans l'urètre, très-près du col de la vessie. Ils y versent leur liquide au moyen de deux petites ouvertures placées sur les côtés d'une espèce de papille légère qui en marque la situation. C'est précisément dans cet endroit que se trouve la prostate. Elle est h-peu -près de la grosseur d'une fève , mais ar- rondie et partagée en deux lobes principaux , ce qui lui donne la forme d'un cœur renversé. Si on la divise , on voit qu'elle est composée d'un grand nombre de petits ca- naux parallèles enlr'eux et repliés dans l'endroit où ils at- teignent la surface de la glande. Il serait diflicile d'en sé- parer nettement une portion un peu longue ; mais il est bien probable que si l'on pouvait y parvenir , on trou- verait que la prostate ,commclc testicule , consiste en uq, ( ^2 ) pu plusieurs tubes simples et fort longs. Quoiqu'il en soit , le liquide qu'il* séparent du sang vient se rendre dans le canal de l'urèlrc , sur les côtés du petit tubercule qui porte les ouvertures des déférons. C'est Ih que se mê- lent les deux liquides, et ils passent ensuite , sans éprou- ver d'autre addition de matière organique jusques à l'ex- Irémilé de la verge, et s'écoulent goutte à goutte d'une manière uniforme à l'instant du coït. Les corps caverneux présentent une disposition parti- culière chez cet animal. Ils consistent , comme h l'ordi- naire , en deux cylindres de substance fibro-car tilagineuse , épaisse et élastique , dont l'intérieur est traversé par un grand nombre de petites brides fibreuses , perpendiculai- res il l'axe. Entre celles-ci se trouve le tissu spongieux , érectile , qui s'engorge de sang dans le temps de l'érec- tion. Vers la partie moyenne de l'os pénial , les corps ca- verneux se renflent beaucoup et produisent ces deux hémi- sphères qui servent à retenir la verge dans le vagin pen- dant l'acte delà copulation. Cette condition est indispen- sable à la fécondation j à cause de la lenteur avec laquelle la semence est émise , et qui semble montrer une sécré- tion continue, mais peu considérable dans ce moment. L'os pénial est fixé en arrière sur les corps caverneux. Il se termine en avant , par un petit cartilage conoïde , assez effilé , et la surface inférieure est creusée longitudi- ijalcment par une gouttière étroite et profonde qui va en diminuant, à mesure qu'elle approche de l'extrémité an- térieure , et finit par s'effacer entièrement. Examinons maintenant le liquide spermatique lui-mê- me , en faisant usage des notions que nous venons d'ac- quérir surla structure des organes chargés de le sécréler. ( '-^3) Il est (ividenl que le canal déférent elles coaduils do la prostate amènent dans le vérumontanum des liquides dis- tincts, et que leur mélange produit la liqueur qu'on voit s'écouler du pénisà l'instantdel'éjaculation. Danslesdé- férens , nous trouvons en abondance un liquide épais, blanc et rempli d'auimalcules fort agiles. Ils sont plus petits que ceux du putois , mais d'une forme analogue, lis existent aussi dans l'épididyaie et se présentent dans l'un et l'autre cas parfaitement distincts et dégagés de toute matière hétérogène. Que l'on prenne des tranches du testicule en divers endroits , qu'on délaye le liquide qu'elles laissent échapper , et celui-ci montrera de même une foule d'animalcules en mouvement, semblables eu tout point aux précédents. Ils seront toutefois mélangés de graisse et de débris que nous savons être dûs à la des- truction du tissu de l'organe : ainsi , le testicule du chien , comme celui du putois , émet des animalcules et seule- ment des animalcules , il les transmet à son canal défé- rent , et celui-ci les transporte dans le canal de l'u-^ rètre. Passons h la prostate. Elle sécrète aussi un liquide opalin , blanchâtre , qu'il est facile de se procurer à l'état de pureté , soit en prenant des tranches de cet organe et recevant sur une plaque de vexTe le liquide qu'on en fait sortir , au moyen d'une compression graduée, soit en obtenant de la même manière celui qui Iranssude de» canaux excréteurs delà glande. Ou peut encore , comme nous l'avons pratiqué fréquemment , laver l'intérieur du vérumontanum , comprimer l'organe et se servir de I» liqueur qui est venue s'y rassembler. Dans toutes ces circonstances , on ne remarquera rien d'analogue aux. ( 24 ) aniiualculcs. Des globules nombreux semblables à ceux du lait flotteront dans le liquide , mais ils ne manifeste- ront aucune facullé locomotrice quelconque , seront tou- jours dépourvus de queue , et l'œil le moins exercé pourra , dès le premier essai , distinguer les liquides fournis par les canaux déférens, de ceux que l'on aurait obtenus de la glande prostate. Mais pourtant ces deux produits se mêlent dans l'u- rètre , et il était possible que le microscope pût saisir quelque action entr'eux. Nous avons pris une goutte de l'un et une goutte de l'autre ; celle qui provenait du ca- nal déférent fourmillait d'animalcules pleins de vie , l'au- Ire ne contenait que des globules inertes. Leur mélange exécuté sous le microscope lui-même a été sans résultat ; les animalcules ont continué leurs mouvemcns , sans qu'il fût possible d'apercevoir aucune accélération ni aucun ralentissement. Quant aux globules , ils flottaient dans la liqueur comme auparavant , et ne changeaient de place qu'au moment où ils éprouvaient quelque choc de la part d'un de leurs agiles compagnons. Ces circonstances représentaient-elles, bien la nature , et cette expérience pouvait-elle nous permettre de pro- noncer relativement aux phénomènes possibles , lorsque le mélange s'opère dans les organes eux-mêmes ? Quelle que fut notre opinion à cet égard , nous avons dû cher- cher d'autres moyens. L'examen de la liqueur sperma- tique éjaculée nous a d'abord oflert les animalcules et les globules très-distincts et faciles à reconnaître. Les uns nageaient vivement , les autres restaient immobiles toutes les fois qu'ils n'étaient pas heurtés. Nous avons craint qu'il ne fût déjà trop tard; nous avons sacrilié de suite ( 25 ) l'animal qu'on venait de séparer de sa iemcile , cl qui fournissait sa liqueur fécondante goutte à goutte d'une manière continue. On a ouvert le vérumontanum , et le liquide qu'il renfermait a été transporté sous le micros- cope. On a observé les mêmes phénomènes. II paraît donc que les produits de ces deux glandes se mêlent sans agir l'un sur l'autre , et que celui de la prostate, plus fluide , sert à diluer simplement celui qui provient du canal déféren!, qui est fort épais. Nous avions déjà remarqué anciennement que la liqueur éjaculée était presque aussi liquide que l'eau pure , et qu'elle avait , à très-peu de chose près , la même densité. Nous avions fait observer en même temps que les matières provenant du testicule étaient très -consistantes, et qu'il en était de même de celles qu'on retirait de la prostate. Nous de- mandions alors où était la source de la sécrétion liquide , et nous avions laissé cette question indécise. Aujourd'hui nous pensons , d'après l'observation dont nous venons de faire l'histoire , qu'elle provient de la glande prostate qui fournit en effet une sécrétion très-liquide à l'instant de la copulation , bien que dans l'état ordinaire, on la trouve gorgée d'une liqueur épaisse. Cette différence de produit n'a rien d'extraordinaire , et rentre dans les accidens de sécrétion les plus familiers à la vie animale. Nous possédons maintenant les élémens d'une impor- tante discussion et nous ne la renverrons pas plus loin , afin d'empêcher le lecteur de se livrer à des préventions mal fondées. Leewenhoeck a cru , et a publié dans plu- sieurs occasions , qu'il existait des animalcules sperma- tiques de forme et de taille diverses, et ces difiérenccs lui semblaient provenir de leur étal d'accroissement. ( 26 ) Dans une de ses lettres U Bocrhaave, il cite une expé- rience que nous allons examiner avec attention. Il prend les parties de la génération d'un bélier , et décrit les ani malcules trouvés dans les canaux délérens avec beaucoup d'exactitude ; mais il affirme ensuite n'avoir rien vu de semblable dans les testicules , et nous savons déjà très- positivement le contraire. Il paraît que Leewenhoeck avait négligé de délayer son liquide , ce qui a nécessai- rement dénaturé le résultat. Il soumet ensuite l'épidi- dyme h la même investigation , mais après un temps assez long , puisqu'il est question de quelques jours , et il trouve alors des animalcules avec des queues et des animalcules sans queues ; ces derniers sont pour lui des adultes et les autres des adolesccns. Cette distinction serait sans doute fort heureuse ; mais il suffit d'un séjour bien plus court dans l'eau , pour qu'une matière animale ^quelcon- que se transforme en globules mouvans. Ce fait est vul- gaire aujourd'hui, tous les naturalistes le connaissent parfaitement. Quand Leewenhoeck lui même a fait des observations sur les parties fraîches , il n'a jamais décrit de semblables choses. M. de BufTon a commis une er- reur analogue , bien que les travaux de son ami M. Née- dham eussent dû l'en garantir; mais de plus , il est tombé dans une autre illusion , lorsqu'il a pris des liqueurs sémi- nales éjaculées soit dans le chien, soit dans l'homme, et qu'il a confondu les globules fournis par la prostate avec de véritables animalcules. Pour nous, il nous semble évident que les animal- cules sperraatiques n'ont aucun intermédiaire entre l'état parfait et la uon-existence. Dès l'instant où on les aper- çoit , ils se raoulrent tels qu'ils doivent être lou ( 27 ) jours, et dans le testicule lui-même, ils présenlenl les dimensions et la forme qu'on leur retrouve après l'éja- culation. Lapin. — Les testicules de cet animal sont assez vo- lumineux et d'une forme alongée qui se présente rare- ment. La poche qui les renferme les fait remonter quel- quefois jusques dans l'anneau , de telle sorte qu'ils se trouvent entièrement dissimulés. Ils sont enveloppés des mêmes membranes qu'à l'ordinaire , et privés de corps d'hygmore. Les vaisseaux spermaliques ont \ de milli- mètre de diamètre , sont disposés en faisceaux et liés par un tissu cellulaire au milieu duquel circulent les vais- seaux sanguins. Ceux-ci serpentent à-peu-près dans un sens perpendiculaire à l'axe du testicule et se ramifient peu. Nous n'avons pu saisir le passagedos vaisseaux sper- maliques dans l'épididyme avec assez de netteté pour les compter; mais il est digne de remarque , que les ca- naux de celui-ci sont presque aussi déliés que ceux du testicule lui-même. Les déférens ne nous offrent rien de particulier , et viennent en se rapprochant , aboutir au- dessous du col de la vessie. Leur embouchure est cachée par une poche de forme carrée , dont les angles supérieurs tendent souvent à se prolonger en cornes : c'est la vési- cule séminale. Elfe possède des parois épaisses , assez souples^ et ressemblant , par leur texture , à celles de la vessie urinalre. L'intérieur est revêtu d'une membrane muqueuse et présente une cavité simple- Sur sa paroi postérieure , on remarque un renflement glanduleux qui n'atteint pas le sommet de la vésicule , et se termine à- peu-près aux trois quarts de sa hauteur. Son apparence est granuleuse , ce qui proviojit des petits culs-dc-sac ( 28 ) dont il est compose , cl qui se Irouvant placés les uns à côté des autres , ne laissent voir que leur sommité. M. Cuvier considère cet appareil comme la prostate , et nous verrons que l'examen de la liqueur qu'il sécrète , confirme celle opinion , que le célèbre auteur del'Ana- tomie comparée n'avait offerte qu'avec l'apparence de quelque doute. Si l'on fend longiludinalement l'urètre à sa partie an- térieure , on met à nu une pclite languette mobile , sous laquelle se trouve une protubérance charnue , cor- diformc. C'est entr'elles deux que viennent s'ouvrir les canaux déférens en avant par deux orifices distincts , et la vésicule séminale dans le fond , au moyen d'une seule ouverture. A la même hauteur , mais sur le tranchant de la languette , on observe à droite et à gauche cinq ou six fentes très-fines , qui servent de passage au liquide fourni par la prostate. Dans le testicule , l'épididymeet les canaux déférens , on trouve une liqueur blanche , épaisse qui renferme une foule d'animalcules plus longs que ceux du chien. La rapidité de leurs mouvemens est extraordinaire , et c'est peut-être de tous les mammifères celui qui possède les animalcules les plus remarquables sous ce rapport. La prostate contient un liquide blanc , laiteux , dans lequel on trouve beaucoup de globules analogues à ceux du lait pour la forme et la grosseur, mais qui ne présentent jamais d'animalcules. Enfin , dans l'intérieur de la vésicule séminale , on ren- contre un liquide gris-jaunûlre , dans lequel on distin gue une foule d'animalcules en mouvement, ils sont mê- Jés de quelques corps étrangers très-gros, sphéroïdaux ( 29 ) <^'l gloLulcux , comme loules les parcelles de mucus qui se dctachcnldes membranes muqueuses. On n'a pas be- soin d'ajouler aucun véhicule pour voir les animalcules distincts et séparés , et lorsqu'on examine la liqueur avec attention , on reconnaît qu'ils sont accompagnes de pe- tits globules semblables à ceux qu'on trouve dans la prostate. ^ Le jeu de ces diverses parties devient facile à suivre au moyeu de toutes ces notions. Les testicules fournis- sent des animalcules, et les canaux déférons les amènent dans le vérumontanum. La prostate secrète des globules qu'elle verse dans le même lieu , et la vésicule séminale , qui ne produit rien , s'ouvre pour recevoir le mélange des deux liquides qu'elle conserve jusqu'au moment où son émission peut devenir utile. Malgré l'existence de ce troisième organe , la liqueur éjaculée ne se trouve donc pas plus complexe que dans le chien , qui n'en possède que deux. ( La suite au prochain Numéro, ) Orserv AXIONS sur les genres Cytinus et Nepenthes ; Par M. Ad. Brojjgniart. M. Rob. Brown, dans son savant Mémoire surle genre Rajjlcsia (i) , en traitant des affinités de cette plante singulière , indique une division de la famille des Aristo- lochiées , telle qu'elle avait été établie parM. de Jussieu, (i) Trans. Linn. , vol, XUI , p. ( 3o ) on deux nouvelles familles ou en deux tribus ; l'une , sous le nom d'AsAuiNÉEs , paraît devoir renfermer les genres Asarum , Tkottca , Aristolockia et Bragantia ; l'autre , qu'il désigne par le nom de cytinjèes , compren- drait le genre Cjtinus , le Rafjlesia , encore imparfuile- mcnl connu , puisqu'on n'a pu en étudier que l'individu mule , cl le genre ]Scpcnthcs , qui s'éloigne cependant de celte famille par son ovaire libre. Ce rapprochement curieux d'un genre jusqu'alors laissé parmi les plantes dont la position était la plus in- certaine dans la méthode naturelle, la manière incom- plète ou même inexacte dont les genres Nepentlies et Cy- iinus n\onl paru décrits jusqu'ici , m'ont engagé à les examiner avec soin ; malheureusement un des points les plus importans à éclaircir a échappé à toutes mes re- cherches ; je veux parler de la structure de la graine du Cytinus ; il m'a été impossible de me procurer des fruits mûrs de cette plante , et MM. De Candolle et Delisle , qui ont pu l'étudier sur le vivant , m'ont dit les avoir toujours Irouvces stériles et sans trace d'embryons. Le Cytinus , très-voisin des Aristolochiées proprement dites , par la structure de ses fleurs mâles , en diffère par la séparation des sexes dans des fleurs particulières , et sur-tout par son ovaire uniloculaire à placentas parié- taux; enfin, par le nombre quaternaire de toutes les parties de la fleur , nombre qui est ternaire dans toutes les véritables Aristolochiées. Le Nepenthes se rapproche du C'jtinicspar la sépara- tion des sexes dans les fleurs dift'érentes , par le nombre également quaternaire des divers organes de la fleur , par la sUuclurc presqu'idenlique de ses étamiiies j enfin , ( 5' ) quoique son ovaire soit divisé en quatre loges , le modo de placcnlalion de ses graines peut être regardé comme le même , puisqu'elles sont insérées également aux deux côtés de placentas pariétaux qui ne différent des placentas du Cjlinus qu'en ce qu'ils sont beaucoup plus saillants et divisent complètement le fruit en quatre loges. Ces deux genres et le Rafflesla se ressemblent encore par leur préfloraison imbriquée , tandis que les Asari- nées de M. Rob. Brown , ou Aristolochiées proprement dites , ont la préfleuraison valvaire. Le Nepenthes ne diffère essentiellement du Cjtinus que par son ovaire supérieur, par son fruit déhiscent, ce qu'on peut regarder comme une conséquence du carac- tère précédent , et par son stigmate sessile. Quant à la grande différence qui existe entre le port de ces deux genres , on doit y donner peu d'importance si on se rappelle que presque toujours les plantes parasites sont dépourvues de feuilles et de couleurs brillantes , quoi- que plusieurs d'entr'elles appartiennent à des familles de plantes ornées du feuillage le plus beau. Ainsi la diffé- rence d'aspect n'empêche pas de placer la Cuscute parmi les Convolvulacées , les Orobanches auprès des Rhinan- thacées,les Cassylhes auprès desLauriers. Parmi les Or- chidées, beaucoup de plantes parasites et aphylles se trouvent rangées à côté des espèces dont la végétation est la plus riche ; ces exemples suffisent pour rappeler le peu de cas qu'on doit faire du port, sur-tout lorsqu'il dépend seulement du plus ou moins grand développe- ment de certains organes , et non de leur insertion ou de leur structure. Le mode de végétation et la slruclure de la fleur ( 32 ) niâlo (lu Hdfjlcsta , la seule qu'on connaisse , ont , comme l'a parfaitement fait sentir M. llob. Brown , de grandes analogies avec l'organisation du Cjtinus ; ces deux plantes sontéi;alomenl parasites sur les racines , et couvertes d'é- caillcs imbriquées ; leur périanthe , en partie tubuleux , a son limbe divisé en lobes profonds , arrondis , et imbriqués pendant la préfleuraison ; la position des étamines est la même , et les cornes nombreuses qui surmontent la co- lonne centrale du /?«y^/esja , rappellent les huit tuber- cules coniques qui terminent la colonne staminifcre du Cjtinus , et qui paraissent des vestiges des huit lobes du stigmate de la fleur femelle ; les principales différences consistent dans le grand nombre d'étamines qui existent dansh B a Ijlcs ia , dans la singulière structure de ces éta- mines que leur état peu développé n'a peut-être pas bien permis d'observer ; dans le nombre considérable des appendices qui surmontent la colonne centrale, et qui en les supposant analogues h ceux du Cjtinus , indi- queraient un ovaire h placentas très-nombreux ; enfin , dans la division quinquennairc du limbe du périanthe. Les trois genres Cjtinus , lîa/flcsia et Nepenthes , pa- raissent donc s'accorder par un assez grand nombre de caractères , pour mériter de former un groupe particu- lier , différant des vraies Arislolochiées , principalement parla séparation des sexes , par le nombre quaternaire ou quinquennairc des parties de la fleur, et par leur préfleu- raison imbriquée ; on pourra regarder ce groupe très- voisin des Aristolochiées , soit comme une simple sec- lion de celte famille , soit comme une famille particulière. Peut-être lorsque r^-/^/ïj^ct« sera mieux connu, vien- dra-t-il se ranger auprès de ces mêmes genres ;.sa ma- (55 ) iKcre de croître sur les racines d'autres plantes, sa forme générale , tout parait le rapprocher du Cjtinus et du Ba/flesta , mais il est connu trop imparfaitement pour qu'on puisse rien fixer d'une manière certaine sur ses affinités. Le nombre ternaire des diverses parties de la fleur pourrait porter à le regarder comme monocotylé- doné, on comme plus voisin des Aristolochiées , sur-tout s'il est réellement hermaphrodite : mais on peut élever quelques doutes à cet égard , quand on voit que jusqu'à ces derniers temps le Cytinus a été décrit comme her- maphrodite , et que Linnée et tous les anciens auteurs ont attribué le même caractère au Nepenthes , tandis que l'un et l'autre ont les fleurs unisexuelles. C'est dans le Gênera de M. de Jussieu et dans celui de Schreber , ouvrages publiés à la même époque , qu'on trouve les premières descriptions exactes du Nepenthes ; cependant la structure de la graine n'est décrite avec détail dans aucun de ces ouvrages , et on verra qu'elle présente plu- sieurs faits assez curieux. Gsertner, qui l'a examinée le premier , nous paraît S'être trompé à plusieurs égards ; il ne dit rien delà structure singulière des tégumens qui l'enveloppent; il a bien observé l'endosperme et l'em- bryon dans son centre , mais il a indiqué ce dernier comme monocotylédoné (i) ; malgré son extrême peti- tesse , je l'ai toujours vu divisé en deux cotylédons linéaires appliqués l'un contre l'autre; sa radicule, dans les graines des deux espèces que nous avons observées, est dirigée vers le point d'attache extérieur de la graine (i) M. Richard a le premier indiqué cette erreur dans son admirable opuscule de V Analyse du fruit, p. 46, 82. ( 34 ) au placenta; mais , comme on le verra bientôt, elle est opposée au point par lequel les vaisseaux nourriciers ar- rivent h la surface même de celle graine : en effet , Va- maudc , de forme oblongue , composée de l'embryon et de l'endosperme qui l'entoure , est recouverte par un pre- mier légument membraneux, mais assez dense et comme pluchoux h sa surface. Ce tégument est terminé à ses deux extrémités par deux pointes plus ou moins longues , l'una inférieure est la plus mince et libre, du moins dans la graine mûre (1)5 l'autre , supérieure , est for- mée d'un cordon vasculaire assez fort , et va s'insérer au sommet de la cavité d'une sorte de coiffe membra- neuse, tubuleuse ^ qui enveloppe la graine de toute part sans lui adhérer dans le N. inadagascariensis , et qui adhère à la partie moyenne de la graine dans le N. in~ dica ; celte enveloppe membraneuse , qui ressemble assez par sa forme à la coiffe tiès-alongée de certaines mousses , se prolonge supérieurement en une extrémité (1) Cette pointe qui, dans \ej}fepcnthes indica,sG prolonge en un filament assez long, mais très-grêle^ di- rigé vers le bile , qui , dans le N. madagascaricnsîs , est beaucoup plus courte, et ne se prolonge pas tout-à- fiiit jusqu'au point où le cordon ombilical se détacbe de l'enveloppe membraneuse de la graine , ne pourrait-elle pas être considérée comme le reste d'un second faisceau vasctilaire formé par les vaisseaux fécondan? qui se seraient détruits après la fleuraisonPCe fait s'accorderait avec plu* sieurs autres , pour faire présumer que dans beaucoup de cas où la railicule^ est opposée au bile, elle est dirigée vers le point d'insertion des vaisseaux fécondaus qui se- raient distincts dans ces piaules des vaisseaux nourri- ciers, et qui se seraient détruits pendant la maturation. ( 55 ) subulée et spongieuse à l'intérieur , landis qu'Inférieu- rement elle forme une sorte de tube rétréci à sa base , et ouvert par un pore oblique ; la graine est suspendue , comme on l'a vu , par un cordon vasculaire au sommet fermé de cette enveloppe tubuleuse ; si on suit ce cordon depuis son insertion au tégument intérieur de la graine jusqu'au placenta , on voit qu'après avoir atteint le fond de celte sorte de coiffe , il se réfléchit et redescend dans ses parois membraneuses qu'il parcourt sous la forme d'une nervure vasculaire Irès-facile à dis- lin2;ucr avec une forte lonpe , à cause de la ténuité de la membrane ; il suit alors deux marches différentes dans les deux espèces que j'ai eu occasion d'obsefver. Dans le N. indica , il reste dans les parois de l'enveloppe ex- térieure jusqu'auprès de son orifice inférieur , son extré- mité fnrme le hile , et les graines paraissent ainsi ses- siles sur le placenta, quoique les vaisseaux qui sortent de cet organe pour se porter dans la graine parcourent un espace assez grand avant de l'atteindre. Dans le N. madagascariensis , le faisceau vasculaire arrivé à-peu-près à moitié de l'espace compris entre le sommet de la graine et l'extrémité inférieure de son enveloppe mem- braneuse , s'isole de cette enveloppe et forme un court pédicellc qui va s'insérer au placenta ; mais ce n'est pas la seule singularité que présente cette graine ; à sa malu - rite, ce pédicelle, qui se trouve ainsi obh'que sur la di- rection de la graine , se continue presque toujours, dans cette même direction , sous la forme d'un filet sélacé libre qui traverse obliquement la coiffe membraneuse , la perce du côté opposé à celui par lequel il était entré , et se prolonge en dehors en continuant la direction du 5.. ( 56 ) péilicelle inséré au placenta : la graine , ou plutôt son enveloppe lubulcusc, paraît ainsi travcrstle obliquement par un petit filament noirâtre , vasculaire dans la partie qui correspond au placenta, et celluleux dans son ex- trémité libre. Ce prolongement subulé ne paraît se développer que pendant la maluralion des graines, car il n'existe pas dans les ovules , dans les graines avortées et même quel- quefois dans les graines fertiles; on peut le comparer au crochet qui embrasse en partie la graine des Acanthacées et qui n'est également qu'un prolongement du podo- sperme développé pendant la maturation de la graine. La graine d'une autre espèce (i) , analysée par M. Ri- chard, et dont son fds a bien voulu me communiquer le dessin et la des cription , lui ont présenté quelques diffé- rences de structure importantes à remarquer : l'endo- sperme et la forme de l'embryon sont, à peu de chose près, les mêmes dans cette espèce et dans celles que j'ai exami- nées; mais M. Richard indique la radicule comme supé- rieure, tandis que je l'ai toujours trouvée inférieure. L'exac- titude de cet habile observateur ne doit laisser presqu'au- cun doute sur ce qu'il a vu ; le soin que j'ai mis à répéter les observalions que^'avais déjà faites , me permet de croire que je ne me suis pas trompé. Serait-il donc possible que dans ce genre , quelques espèces eussent la radicule supé- (i) Les échantillons conservés par M. Richard , ne con- sistaut qu'en fleurs et fruits détachés , je n'ai pu détermi- ner s'ils provenaient du N. cristata ou de quelqu'cspèce nouvelle. Il m'a été impossible de vérifier l'observation que je rapporîe, toutes les graines qui restaient dans l'her- bier de M. Richard s'étant trouvées stériles. ( 3?) rieure , tandis que d'autres l'ont inférieure et la forme différente des té^umens de ces graines ne peut-elle pas ex- pliquer cette différence de position ; dans les deux espèces que i'ai observées , la graine proprement dite , ou l'a- mande , est suspendue à l'extrémité d'un cordon ombilical recourbé ; le point supérieur est donc celui qui corres- pond au hile ou à l'insertion des vaisseaux nourriciers ; dans la graine décrite et figurée par M. Richard [pL 5 , flg. 3 ) , on ne voit aucun indice de cette suspension ; la graine , au contraire , paraît droite dans son enveloppe membraneuse , et recouverte par un seul tégument. En admettant ce fait, on voit que les embryons de ces di- verses espèces auraient la même position dans la graine , qu'ils seraient toujours inverses; tandis qu'en fixant leur position par rapport h l'axe du fruit , ou même d'après le point d'insertion extérieur des graines, la radicule serait tantôt dirigée vers le hile , et tantôt opposée h ce point , anomalie qu'il paraît difficile d'admettre dans un genre aussi naturel. Il était impossible d'étudier le genre JSepcnlhcs , sans fixer quelques momens son attention sur les urnes si re- marquables qui terminent ses feuilles , cl qui ont causé l'admiration de tous les voyageurs; suivant les observa- tions des naturalistes qui ont observé ces plantes dans leur pays natal , ces urnes ne se remplissent pas seule- ment h la suite des pluies ou par l'effet de la rosée , mais elles sont le siège d'une véritable sécrétion d'eau parfai- tement limpide et très-bonne à boire ; le peu d'étendue de la surface exposée au rayonnement du ciel , dans ces urnes étroites et profondes , s'opposait h ce qu'on pût ad- mettre qu'elles se remplissaient par l'effet seul de la ro- ( 38 ) sce : aussi tous les voyageurs disent que l'eau que ces urnes contiennent , est le résultat d'une exhalation de leurs parois; mais aucun n'a indiqué si cette surface pré- sentait quelque modification de structure qui pût expli- quer un phénomène aussi singulier : j'ai examiné avec soin la surlace intérieure des urnes des trois espèces qui exislenldiins les herbiers de Paris , et j'ai toujours trouvé celle sur/cice couverte , soit complètement , soit en par- tie, de petites glandes ou tubercules noirs , saillans , très- - nombreux et irhs-servés.Dansle Nepentliesniadagasca- riensis, ces glandes couvrent toute la surface interne des urnes depuis l'orifice jusqu'au fond , elles sont noires , arrondies et déprimées ; dans les Nepenthes indlca et crlstata , elles n'occupent que la moitié inférieure de l'urne, elles sont plus petites , plus saillantes , d'un brun foncé, et très-serrées; elles cessent brusquement à la moi- tié de l'urne , dont la surface intérieure devient unie et est couverte d'une poussière glauque ou plutôt bleuâtre ou violacée, du moins sur les échantillons secs. Il est dif- ijcile de ne pas admettre que ces glandes , qui ne se re- trouvent sur aucune autre partie de ces plantes , sont des- tinées à la sécrétion du liquide abondant qui remplit ces urnes; malgré le degré de probabilité qu'il nous paraît y avoir en faveur de cette opinion , il faudrait la vérifier par des expériences directes sur la plante vivante. JepasseactucUementà la description détaillée des genres et des espèces qui composent le groupe des Cytinées ; on verra que j'ai indiqué sous le nom de Nepenthes cristata , une espèce qui me paraît nouvelle et bien dis- tincte de trois autres espèces connues, quoique je n'en pie vu que des individus dépourvus de fleurs etde fruits. (39 ) CYTINE/E. Flores monoici vcl dioici ; Perianthium superum ( in Nepenthe inferum.) 4 - 5 partitum: pre floratio imhriC3ii.a (i). Stamina 8 , i6 vel numeroslora , columnoB centrali inserta , extrorsa. OfaWMmadhœrensvelliberum uni vel quadriloculare; placentœ 4 v. 8 pariétales. Stylus cylîndricus vel nullus. Stlgma lobatum, lobis numéro placentarum aequalibus. Semina numerosa ; endospermum carnosum ; embrjo reclus axilis , dicotyledoneus. I. RAFFLESIA. R. Brown. trans. Llnn. T. XIII, p. 207. Flores dioici. Perianthium monophyllum coloratuin , tubo ventri- ■ coso , coronâ fauci annulari indivisâ ; lirabo qumque parlito aequali. Masc. Columna (inclusa) limbo apîcis reclinato , sub- tus simpllci série polyandro ; disco processibus concen- tricis tecto ; antherœ sessiles , subglobosa; , cellulosse , poro apicis déhiscentes. (i) J'emploie ici le mot de préfloraison imbriquée ,dans le sens général que M. R. Brown me paraît lui avoir donné , c'est-à-dire, pour désigner une disposition des diverses parties des enveloppes florales, telle que une ou plusieurs des divisions de cette enveloppe , recouvrent entièrement ou en partie les autres divisions, sans être recouvertes par elles. Les divers modes de préfloraison désignés par M. De CandoUe, sous les noms d'imbriquée, dequincon- ciale et d'alternative, ne me paraissent que des variétés de ce mode général de préfloraison. ( 4o ) Fem. (ignota.) 1. Rafflesia Arnoldi. Br. 1. c. Planta subacaulis super radiées , Cissi angusUfolic parasilica , carnosa , bracleis maximis obliisis inbrica- lis oblecta ; llos maximus , terminalis. IIar. Java. 2. Rafflesia HoRNSFiELDi. R. Br. 1. c. Spccies vix nota , flore multo minori. Hab. Java. II. GYTINUS. L. Flores monoici. Perianlhtum superum tubuloso- campanulatum , limbo 4-ficlo. Masc. Columna centralis anlherifera apice tuberculi'i! conicis circiter 8 ( Stigmalum rudimenlis ) coronala ; antherœ 8 , circum columnae apicem sessUes , bilocu- lares , loculis distinclis linearibus rima longitudiuali de- hiscenlibus. Fem. Ovarium inferum , uniloculare ; placenlœ 8 pariétales longitudinales ; ovula numerosissima. Stylus cylindricus simplex. Stigma capitatum , crassum , octo- sulcatum. Semlna 1. Gytinus HYPociSTis. Linn. Cytinus hypocistis Lin. , Syst. veget. , et om7iium auctorum recentiorum. Asaruni hypocistis. Lînn. spec. , p, 633. Hypocistis. C. B. Tourn. coroll. , p. 4^ , t. 477- f^ar. a. Gaule magis elongato , squamis oblongisfusco- flavescentibus , floribus numerosioribus inajoribus. Var. fi. Gaule brevissimo paucifloro , squamis ovalis purpurescentibus .floribus minoribus 3-5, sub capitatis. Hab. la Qalliâ australi , Italiâ , Hispaniâ , Lusitaniâ , ( 4i ) Greciû , Barbarià , Asià niînori , super radiées Clstoruni parasitica ( v. s. s. ) CaiiUs brev'is, erectus , simplex , radicibus Clstorum affixus , squamis oblongis vel ovatis , imbricalis , undiquc tectus. /'Voresspicati, sub capitati , raonoici , feminei in- feriores , masculi superîores , utrique tribracteati ; brac- teà Infcriori latiori', oblongâ, cauli oppositâ , duobus su- perioribus laleralibus, oppositis ,li n^aribus , in floribus femineis ad basini ovarii insertis, omnibus margine ci- liatis. Flos mascolus. Pcrianthium basi lubulosum , limbo 4 parlîto sub patente , laciniis ovatooblongis externe granuloso-hirsulis , margine cilialis; tubo interiùset cx- leriùs hirsuto , membranis quatuor septiformibus , laci- niis perianthii alternis et ab ejus parietibus ad colum- nam centralem extensis , in quatuor foraminibus lubu- losis , superiùs apertis, divise. Prefloratio imbricata alter- nativa , (laciniis duobus opposilis exterioribus , alternis interioribus. ) Columna centralis , (stylus florum feminorum ?) car- nosa , crassa , erecta , parte nudâ tubum perianthii vix superante , superiùs incrassata , antheris lecta et apice producta in coruicula oclo , carnosa , difformia , sub- conica, ( siigmatum rudimtnta ?). Antherœ octo sessiles, circa partem superiorem columna? centralis annulum cy- liudricumefîbrmantes,biloculares;loculisdiscrelis,linea- ribus , approximalis , rima longitudinal! dehiscentibus. ( Ovarii indicium nullum , pedicellum brève carnosuni cavitate nuUâ cxcavalum. ) Flos femineus. Perianthium ut in flore masculo. Ovarium inferum , sphœricum , diamclro lubi pcs (45 ) rianlliii multb majus , duobus bractcis opposilis ohlongo- linearibus, illius basi adnalis , stipalum, supernè hispi- dulum , unilocularc, succo gomoioso (succo hypocisli ) replcluni. Placcntœ pariétales octo , ab apice ovarii fcrù usquc ad cjus basim extensœ, lincâ angustâ ovarii pa- rieti allixa) et in menibranam sublilem, planam , ovarii parieli appressam , nec illi adhœrentem , expansaj. Ovula lenuissiina et numerosissima , cuique pla- cenla; par lotam superflciein int'ernam membrana; pla- cenlalis affîxa , ovoidea , superficici subreticulatâ. Stylus e l'iindo perianthii et vertice ovarii nascens , cylindricus , crassus , mcinbrauis quatuor septiformibus , calycis tubo adhœrens (ut columna centralis floris mas- culi ) , faucem tubi calycis magis superans quani co- lumna anlherifera. Stigma subsphairicum , profundo octo-costalum, superficiei granulosâ; vasculis conducto- ribus in octo fasciculis dispositis , parlera mediam cujus- que costai stigmalis percurrenlibus. Seinina III. NEPENTHES. L. Flores dioici. Periantlilum'mkv\im, patens profunde quadriparlitum. Masc. Columna centralis antherifera cylindrica, infer- iiè uuda , apice autheris circiter 16, in capitulum sub- sphaîricum agglomeralis , tecta. Antherœ sessiles approxi- mala; , biloculares , loculis linearibus rima longitudinali dehiscentibus. Fem. Ovarium subtetragonum , quadriloculare. Stj- lus 0. Stigma sessile quadrangulare subquadrilobuai. Capsula quadrilocularis , 4-valvis , placenlis quatuor e wedio valvarum cnalis parlita. Scmina numerosa , sela ( 43 ) cea , seplorum lateribus inserta , tegumento duplici , exteriori raembranaceo subulato , involula. 1. Nepenthiïs indica.. Lamk. Foliis lanceolatis basi angustatis sessilibus , scyphls sub cyiindrlcis levibus ; floribus paniculatis, Badura vel Bandura. Planta Zeylanica in follorumex- Iremo folliciirum peniformein expansum habens. Herm. Mus. Zeyl. , p. ï6 et 37. ( Ex ejus herbario) et apud JBrejn, , Prbd. i , p. 18. Utricaria vegetabilis Zeylanensium , Bandura Cinga- libus dicla. Pluk. Plijt. , t. 237. Nepenthes Zeylanicuni flore minore. Brcjn. , Prod. 2 , p. 75. Bandura Zeylanica. Biirm. Thés. Zeyl. , p. l\'i , t. 17. (Plant, masc. ) Nepenthes distillatoria. Linn. Ilort. Cllff. l^'hi. Spec. Plant. i354. Flor. ZejL Sai. Burmann , Fi. Ind. 190. Willd. , Spec. , pi. IV, p. 873. Nepenthes indica. Lamark et Poiret. , Encjcl. , IV , p. 458. Hab. in Ceylan fllermann , Burmann, Lechenatdt. ) In India ( Macé. ) (v. s. sp. in IJerb, Hcrmanni cl Burmanni nunc in Miiseo Lessertiano repositis , in Herb. Musei Parisiensis. ) Catilis ereclns siinplex , crassus. Folia alterna glaber- rima , lanceolata , inferiùs angustata semi-aniplexicau- lia , nervo medio cfasso apice in cirrhum desinente , late- ralibus 4-5 nervo medio parallelis apice confluentibus , alteris nervulis , e nervo medio oblique nascentibus , cru- cialis. Cirrhus longus arcuatus , sœpiùs spiraliter torlus , apice vix incrassatus iii scyphum dilata tus. Seyphus sub' ( 44 ) cylindricus , mediâ parte paiiU) angusliore , superficie cxternâ in junioribus pilis ruiis obteclâ , in adullis gla - brâ, nervis longitudinalibus et transversalibus clathrala; nervis 5 longitudinalibus aliis multô niajoribus , luio posteriore usque ad inscrlionemopcrculi extenso, duobus alteris antcrioribus approximatis ; superficies interna >5uppriùs pruinosa , pulvere violaceo inspersa , inferlùS' glandulis minutis sessilibus numcrosis tecta ; orificium coarclatum , annulo angusto interius reflexo transvcrsim striato marginatuni. Operculwn subrotundum supcriùs reliculatum , posticc ad punctum inserlionis brève mu- cronalum , inferiùs glandulis cupulalis vel foveolis minu- tis numerosis atris notatum. i^/orcç paniculati ,paniculà florescente terminali, fruc lifcrâ laterali ; pedunculis in plantis masculis 5-5 floris , in femineis 2-5 floris. Flos masculus. Perianthium païens, profunde quadri- partitum , laciniis ovato-subrotuudis obtusis , margine ci- liatis , exlùs ferruginco-pilosis , interius foveolis oblongis nigris punctulatis. Prefloralio imbricata , alternaliva ( laciniis duobus oppositis exterioribus , alternis interio- ribus. ) Stamina iGcolumnaj centrali versus apicem inscrla , sessilia , capitulum subsphfericum GÏ^ovaidcaûdi. Anthera: sessiles , extrorsœ , biloculares , loculis l incaribus sub- undulatis parallelis, rima longitudinali dehiscentibus. Flos femineus. Pcrianlhium inferum profunde quadri- partitum , laciniis ovato-oblongis obtusis , exteriùs fcr- rugineo pilosis, interius foveolis minutis notalis. Ot'armm ovatum 4-costatura, externe ferrugineo-se- riccum, 4-Iocularc , placenlis septiformibus medio val- ( 45 ) varum affixis. Ovula nunierosa duoLus lalcrihusscptorum inserla, ascendenlla et cxteriùs versus parietes capsuLe inflexa. Stjlus nuUus. Stigma sessile disciforme carno- sum nigruin 4-lobum , loLis placenlis alternis et suturaj valvarum respondentibus. Capsula oblongo-telragona , truncala , exteriùs pu- bescens , stigmate atro corouata , 4-valvis , suturis angu - lis respondentibus, 4-locularis , i>Iacenlis quatuor sepli- formibus e medio valvarum enatis partila. Semina minuta asccndentia , dupiici legumcnto tecla j exteriùs membrauaceum tenuissime strialum fusiforme, inferiùs tubulosum et poro versus basim aperlum , supe- riùs cellulosum , mcdià parte nucleumtegumento proprio involutum continens , eique adhaerens , vasorum nutri- liorum fasciculo percursum , ab hilo (margini aperturac inferioris nolato) , usquc ad parlem superiorem nuclei extenso, ejusque apiciaffixoj m^ertwsnucleo ponCorme , superiùs acuminatum et fasciculo vasorum nutritiorum aflîxum , medià parte legumenlo exteriori adhœrens , inferiùs in filamenlo tenui libero pendulo (an vasorum fe- cundatorum vesligio ? ) produclum. Nucleus ovato-oblon- ^yis.Endospermum carnosum album, embryonem omnin6 involvens. Embryo axilis rectus subcylindricus vel fusi- formisdicolyledoneus ,cotyledonibuslinearibus. Radicula ovato conica infera , versus hilum externum spectms, sed inserlioni vasorum in nucleum opposita. 2. Nepentoes madagascariensis. Poir. Foliis oblongis basi anguslatis semi-amplexicaulibns scyphis infundibuliformibus levibus; floribus panicu- lalis, Ponga , Madaàascariensium. (46) Atnramatico , Flacourt , Hist. Madag. , p. 1 5o j fig. 43. Nepcnlhcs Madagascnrien^is. Poiret, Encyci. IV , p. 459. WUd. , spec. IV, p. 873. Hab. in Madagascar [Commerson) , (v. s. sp. in Herb. musei Parisiensls , de Jusslcu, Delessert.) CauUs erectus simplex , glaber , crassus. Folia al- terna , oblongabasi anguslala semi-aniplexicaulia elabra, margine in junioribus pubcscente , nervo medio crasso apice in cirrhum desincnle , nervis lateralibus vix dîstinc- lis.- Cirrlnis in foliis junioribus rufo-viilosus , foliis bre- vior, arcualus , apice incrassalus el in scyphum dilataUis. Scjpktis infundibuliformis , oblicjuus , glaber , exleriùs venis reliculalus, levis , interiùsglandulisnigris sessilibus deprcssis versus fundura majoribus dislinclus. Orifîcium haud conlractum annulo lato inleriùs réflexe , transver- sim strialo, marginatum. Operculum rotundum vel sub- reniformc , superiùs venosum , inferiiis glandulis rolun- dis depressis ornalum. Flores paniculali , panicula florescente sublerminali , fruclifera laterali axillari , pedunculis in plantis mascu- lis multifloris (inferioribus 8-12 floris) subumbellatîs , in femineis 5-6 floris , ferrugineo-viîlosissimis, Flos masculus. Perianthium païens profunde 4 parli- lum , laciniis ovalis oblusis, exleriùs pilis ferrugineis sericeis dense oblecluni , inleriùs foveolis minulissimis iiolalum ; prcfloraiio imbricala alternaliva , laciniis ex- lerioribus paulo majoribus. .S/«mmrt circilcri G columnœ centrali versus apicem inserta , exlrorsa , scssilia , capitulum subsphcTricum eflor- mantia. Anihcrœ sessiles biloculares , loculis oblons^is (47 ) approximatis parallells, sulco longUudînali nolalls et rima dehiscenlibus. Flos femineus. Perianthium inferura profunde 4-par- litum laciniis obovalo oblongis oLtusis , exteriùs ferrugi- neo sericeuru , interius foveolis minutis distinctum ; preflorallo imbricata allernativa ; ovarium oblongote- Iragonum truncatura , externe pilis ferrugineis longiori- bus sericeis nitentibus simplicibus arliculatis dense ap- pressis tectura , quadriloculare , placentis septiformibus medio valvarum afBxis. Ovula numerosa utrique parieti septorum duplici série inserta , ascendentia. Stylus nuJlus. Stigina sessile carnosinn crassum ni^rum sub-quadrilo- hum. Capsula fusiformis tetragona , apice tçuncata , stig- mate atro coronala , exteriùs antematuritatem ftrrugineo- pubescens , deinde glaberrima cinerea , quadrivalvis , suturis angulis respondentibus , quadrilocularis placentis medio valvarum enatis , margine inleriore axim è atlin- gentibus sed non inler se adhaerentibus, partita. Scmina fusiformia tegumento duplicc lecta ; exteriùs membranaceumtenuissimum,eleganlerstriislongitudina- libus et transversalibus cancellatum, sub calyptraeforme , inferne lubulosum, poroadbasim apertum , siiperne cel- lulosum , nucleum legumenlo propio tectum et ad apicem cavitatis tegumentis exterioris affixum involvens nec ei adhaîrens , vasorum nutritiorum fasciculo , ab apice nuclei usque ad mediam partem tegumenli externi extenso per- cursunn , et podospermo obliquo , vasis nutriliis continuo et in filamentum setaceura cellulosum rigidura ssepiùs producto , transfîxum ; interius nucleo conforme , supe- riùs fasciculo vasorum nutritiorum affixum , inferiùs acu- minalura. Nncleus ovato-oblongus. Endospcrmum car- (48 ) nosum albidum embryoucm omninc) involvens. Embrjo iixilis reclus subfusiformis dicolylcdoneus , cotylcdonibus Ihiearibus, radlculâ hllum speclantc (vasculorum nulri- liorum inserlioni opposilâ) dupiolongioribus. Obs. lu phiribus speciniinibus Madagascaricis , pani- Gulam uuibellulis llorum numerosioiibus , el flores laci- niis perianlhii ovatis aculis observavi , in aliis scmina podospermo non Iransfixa vidi ; an sint divcrsae species ex insula Madagascariensi allalœ , follis et scyphis sub- siinilcs , alque siib nomine Nepcnthe Madagascariensi confusse dubilo; elenim specimina fera omnia , ab anli- (juioribus bolanicis collecta , locis nalalibus accurale iiiscriplis deslitiita sunt , uec sœpius collecliones plantas masculas(ït femineas simul et in eodemloco lectas conti- nent, unde cvenit ut difllcilius species plantarum dioica- rum et vesetatione aflinium certis nolis discernantur. o O. NliPEKTHES niYLLAMPnORA , Willd. Foliis lanceolalis petiolalis ; scyphis subventricosis Icvibus, floribun racemosis. Ciiy nàp âm , Cocliinchinensium. Phyilainphora mirabilis, Lotir. , Flor. Coch. II, p. 7^4. Canlharifera , Bumph. , Amb. V , p. 1 2 1 , t. Sg , fig. a. Nepcnthes phyllamphora , Willd., spec. IV, p. 87^. 4. Nepenthes cristata. Foliis oblongo-lanceolalis seini-amplcxicaulibus; scy- phis basi ventricosis , anlice menibranis duobus crislalis ornalis ; floribus IIak. Madagascar { Commerson); Mauban in insulis Philippinis {Nce) , (v. s. sp. sine floribus in herb. Dclcsscrt , de J ussi£H , Richard.) (49) Catilis simplex erectus brevis ; folia alterna oblon"-o- lanceolata basi anguslala , semi-amplexicaulia ^ glaber- rima , nervis reliculalis apice inflexis et margini sub parallelis , nervo medio crasso in cirrhum desinente ,* ctV- rhus folio brevior, arcuatus nec spiralitertortus;5cro/iM5 subcylindricus inferne ventricosus , superne angustatus ; superficie externâ reticulatâ, nervis tribus majoribus lon- gitudinalibus percursâ, posleriore nudo, duobus ante- rioribus cristâ' membranaceâ , vis duobus lineîs proémi- nente , margine laceratâ , ornatis ; superficie interna , inferne glandub's nigris minutis distincte , superne prui- noso-glaucâ ; orificium annuloangusto transversimstriato marginatum ; operculum sub rotundum inferiùs glandu- lis nolatum. Obs. I. a Nepenthe indtcâ difîert magnituaine mi- nori , et scyphis inferne ventricosis cristatisja Nepenthe pkjUampliord foliis sessilibus et scyphis cristatis. Obs. II. Alleraî specîei? folia disjuncta vidi in her- barîo cel. de Jussieu , foliis praîcedentis speciei sub sinii- lia , sed mullî> majora , oblonga , basi magis angustata , scypho ampliori , cristis mcmbranaceis latioribus or^ nato , prœdita , à Clar. Poivre collecta. An species dis- tinota ? Obs. III. Accuratissimus Richardius dîversœ speciei flores et fruclus maturos sejunctos, originisque ignotai possidebat, cujus semina descripsit et icône illustravil; hujus celeberrimi observatoris descriptionem et iconem amicissimo Ach. Richardio dcbeo et hùc rtfero ; an ad 1 1. 4 ( 5o) N. phyllamphoram , vel ad praecedenlera , vel etiam ad novam speciem pertinent dubito (i). A seminibu» priorum specierum , radlculâ superâ mullb differt , scd embryonis inversio , in his speciebus , suspensioni nuclei ad apicem cavilalis tegumenli externi altribuenda videtur. Explication des planches. PL 4. Cytinbs hypocistis. A. Fleur mâle. — B. La même coupée longitudinalement et considérablement grossie. — C. Fleur femelle. — D. La même coupée longitudinalement et considérable- (1) Semina assurgentia seu ascendentia setaceo fusi- formia. Nucieus fere ad mediam longitudinem positus , infé- rions tamen extremitatis constanter paulô propinquior obovoideo-oblongU9,alleriuslateris seu marginis vicinior, rufidulus. Tegumen proprium dilute stramineo-pallens , utrin- que suprà infrùque nucleum , cul adhaeret , longissime pro- duclum; sub microscopio venis longitudiualibus venulis- que transversis eleganter cancellatis. Albumen sordide pallenti-exalbidum earnosum cylin-* draceo-oblongum, ad apicem inferiorem tantisper atte-i nuatum. Embryo candidus undiquc inclusus , rectiusculu^ priori subconformis , et fere ejusdem longitudinis inver- sas , paulô ultra mcdijum fissusin 2 coly loues appressos. (ôl ) ment grossie ; o. ovaire ; p. placcnlas parlélaux. — E. Stigmate coupe longitudinaleinent et liansversale- ment. — F. Placenta coupé horizontalement ; o. pa- rois de l'ovaire ; m. membrane placentale ; g. ovules. — G. Ovule grossie. — A*. Coupe d'un boulon pour montrer le mode de préfloraison. PI. 5, flg. \. NePENTHES INDIGA. a. Fleurs mâles de grandeur naturelle. — A. Un boulon. -^.A*. Sa coupe transversale pour montrer son mode de préfloraison. — B. Fleur mâle grossie. — C. Eta- mincs. — D. Une anthère avant sa déhiscence. — E. La même ouverte. — f. Fleurs femelles de grandeur naturelle. — G. Fleur femelle grossie. — H. Coupe de l'ovaire montrant les ovules et leurs points d'inser- tion aux cloisons. — I. Capsule. — K. Une valve de la capsule portant les graines. — I. Graines de gran- deur naturelle. — L. Graine vue au microscope ; h. le hile. — M. La même coupée longitudinalement ; t. tégument externe ; n. tégument interne ; v. vaisseaux nourriciers de la graine; r. endospermej e. embryon. — N. Graine dépouillée de son enveloppe externe , et recouverte seulement par son tégument propre. — O. Amande. — P. Lq même coupée longitudinalement ; t. endosperme ; e. embryon. — - Q. Embryon isolé. Fig. 2. Graine du Nepentk.es Madagascariensis. V. Graines de grandeur naturelle. — L'. , Les mêmes grossies. — M". Une graine coupée longiludina;l&- ment; t'. tégument externe; n'. téguqaent interne ; V. vaisseaux nourriciers; li'. podospertnie.; ï.:JSQH''extpé- 4.. ( 5a ) mité cclluleusc cl sétacéc ; y. son point d'insertion au placenta. N'. C.roino dépouillée de son enveloppe externe , et recouverte par son tégument propre. — P'. La même coupée longitudinalement ; r'. endo- sperme ; e'. embr)'on. Fi": 5. Graine d'une espèce indéterminée de Nepenthes décrite par M. Richard , et copiée d'après son dessin. 1". Graines de grandeur naturelle. — L". Graine grossie. ]\1". La même coupée longitudinalement ; t". tégu- ment celluleux } r". ; endosperme; e". embryon. Observations sur te genre Couma , d'Aublet. Pau m. Ach. Richard. Plxjsieijbs tles genres mentionnés par Aublet dans ses plantes de la Guyane , sont restés jusqu'à présent en- veloppés d'une obscurité profonde , qui n'a pas permis aux botanistes de bien apprécier leurs rapports et leurs affinités naturelles. En effet , les descriptions de cet au- teur, quoique souvent fort détaillées , sont par fois très- incomplètes , surçtout dans les organes de la reproduc- tion , qui commfi chacun sait, offrent les caractères les plus importans dans la coordination naturelle des végé- taux. Aussi plusieurs des genres de cette contrée, dont la végétation est si riche et si variée . sont-ils encore aujourd'hui très-peu connus. Possesseur d'un herbier de plus de trois milles plantes , recueillies par mon père aux Antilles, à Gayenne et dans toute la Guyannc , pen- ( 53 ) dant un séjour de huit années, je me propose d'écîai- rer successivement ceux des genres d'AuLlet , sur lesquels on n'a encore que des notions imparfaites , et de compléter ainsi, autant que possible ,1a connaissance des espèces qui composent la Flore de la Guyane. Parmi les genres obscurs décrits par Aublet , nous nous arrêterons aujourd'hui sur celui dont il a parlé dans son supplément , ( pag. 56. ) sous le nom de Couma. Il ne se compose que d'une seule espèce , le Couma Gujan- nensts , Aubl. , Guy. suppl. , pag. 36 , t. 392. C'est un grand arbre originaire des forêts de la Guyane , et dont on n'a connu jusqu'à présent que les fruits. Les fleurs n'avaient point encore été observées , et la description du fruit donnée par Aublet est tellement incomplète , que M. de Jussieu n'ayant pu reconnaître les aflinilés de ce genre , ni indiquer sa place .n'en a fait aucune mention même dans sa classe déjà si nombreuse des Incertœ sedis. I^es échantillons très-bien conservés de cette plante que nous possédons , nous mettent à même de compléter son histoire et d'indiquer avec certitude l'ox'- dre naturel auquel elle appartient. La tige du Goumier de la Guyane peut s'élever à une hauteur de trente pieds et mêmç au-delà, sur un dia- mètre de deux pieds. C'est un des arbres les plus élégans qui décorent les forêts de cette partie de l'Amérique. Son écorce est épaisse, grisâtre et laisse écouler en abondance par les incisions qu'on y pratique, un suc laiteux et blanchâtre , qui se durcit à l'air , et prend une teinte grise. Les jeunes rameaux sont triangulaires et glabres. Les feuilles sont verticillées par trois; les fleurs sont roses , assez semblables à celles du jasmin à grandes (54 ) fleurs pour la forme et la grandeur. Elles sont disposées en paniculcs axillaires , dont les pédoncules sont fa- meux et Irichotomes. Leur calice monosépale se divisa en cinq lobes lancéolés et profonds ; leur corolle est monopéliilc , régulière, lubuleuse et infundibuliforme. Son limbe , qui est un peu oblique , offre cinq lanières étroi- tes , d'abord tordues en spirale avant leur épanouisse- ment , puis étalées et un peu réfléchies. Dans l'intérieur du tube de la corolle sont insérées cinq étamines , très- courtes , dont les anthères sont sagittées. L'ovaire est globuleux , un peu déprimé , enveloppé dans la moitié de sa hauteur par un disque hypogyne assez mince ; coupé en travers , cet ovaire m'a constamment pré- senté une seule loge , aux parois de laquelle sont ii>- sérés deux tropliosmespermes longitudinaux, recouvert d'une très-grande quantité d'ovules fort petits. Le style est simple et se termine par un stigmate bifide. Les fruits , d'après Aublet , sont charnus, aiTondi'*, de la grosseur d'une noix verte, recouverte de son brouj leur peau est fine et roussâtre ; leur choir est de la même couleur , fondante et un peu pâteuse , mais d'un goût fort agréable. Avant leur maturité , ils sont remplis d'un suc acre et laiteux. Ils contiennent de trois à cinq graines un peu aplaties. D'après la description succincte que nous venons de Irocer du Covma de la Guyane , il n'est aucun botaniste qui n'y reconnaisse facilement une plante de la famille des Apocynées. C'est en cfTot dans celte famille que ce genre doit être placé , tout près des genres Carissa>^ Ambelanta , Pacouria et Cerbera. Il se distingue des trois premiers , qui probobicincnt doivent cire réunis ( 55 ) par son ovaire el son fruit uniloculaires , el du dernier par l'absence de ce noyau comprimé à deux loges disper- mes , qui forme l'un des caractères essentiels du genre Cerbera. Cependant, ces caractères ont besoin d'être de nouveau examinés avec soin , avant de rien prononcer sur l'existence de ces divers gpnres , qui ontentr'eux de s. grands rapports. Dans un fort bel Ouvrage , récemment publié en An- gleterre , par M. Rudge , sous le titre de Icônes plan- taruin Guyanœ rariorum; le CownaGuyanensis d'Au- blet , se trouve décrit et figuré sous le nom de Cerbera trtphjlla, p. 3i , t. 48; mais le botaniste anglais n'a pas reconnu la plante d'Aublet , et donne son Cerbera tri- pkjlla comme un végétal entièrement nouveau. Cepen- dant , il est impossible de méconnaître leur identité , soit d'après la figure , soit d'après la description donnée par Aublet et par M. Rudge. Le nom de C*rb&ra iri- plijlla ne saurait donc être adopté , puisque celui de Couma est plus ancien , et que d'ailleurs cette plante ne peut en aucune manière être rapportée au genre Cerbera. Le nom donné par M. Rudge devra donc être cité seulement comme un synonyme du Coumier de la Guyane. Quoiqu'appartenant avec la plus grande certitude à une famille composée de végétaux lactescens , acres et très-vénéneux , le Coumier s'en éloigne par les qualités do son fruit. En effet , dit Aublet , les Nègres portent ce fruit dans les marchés de Cayenne , et les Créoles le placent parmi les meilleurs fruits du pays. On l'y dé- signe vulgairement sous les noms de Couma ou de Poirier. ( .^6 ) Mous Icroiis observer , en lcriniii;inl celle noU; , que Molro but n'a été qiio de liiiio coniiaîlrc la planlo dési- goco par Aublet sous bî nom de Couina Gmanncnsls , ot d'indiquer l'ordre nalurel dans lequel clic vient se ranger ; mais jusqu'à quel point le genre Couma et les deux genres AnibcUmui cl Pacouria du même auteur, dillerenl-ils , soit enlr'eux , soit des autres genres do la même scclion , et en particulier du Carissa ; c'est ce que nous nous proposons d'examiner en détail dans un travail que nous avons cjilrepris sur les genres do la famille des Apocynéosquionl le fruit simple et cbarnu. Nous allons maiulenant donner une description dé- taillée du Couma Cujanncnsis. Couma Cuyancnsis , Aublet , Guyan. suppl. , Sq , t. 39a. Ccrhcra tripliyUa , lludge , Icon. pi. Guy. i , p. 5i , t. 48. Arbar oo pedes alla cortico cineroo , crasso , sucr cura lacloscenlem cmiitcnle ; ramis eroctis ; ramulis sublrigonis glabris. Folia ternalo-verlicillata , laie ovali-acuminala , intc- gcrrima, glabra , supra nigro-viridia , sublus pallidiora , ncrvosa , basi in peliolum brovcnj , mcmbranaceum , cannliculatum , crecluui desiueulia , peliolis iuvicem scse involvenlibus. Folia 4-0 pollices looga , 5-/j lata, facillime cadunl , i(a ut suprcma lautuai pars ramorum foliis ornelur. Flores rose i cleganlissimi magniludinc forma que Jasmino grandilloro consimilcs , in ijaniculâ axillari |)c- (luuculalû foliis brcviori , ramosà dispositi. Pcdunculo , i ( 57 ) pedicellisquo glabris apicc lantum subpulverulcnlis , ar- liculatls , subtrigonis , raultoties ramoso-lrichotomis , ad basim semper totidem bracteolis caducis stipitalis. Caljx monosepalas persistens turbinato-campanulatus exlus pulverulentus , quinqueparlitus, laciaiis ereclis lanceolalo-aculis sequalibus. CoroUa lubulosa subiufundibuliformis ; tubo cylin- drico , mediâ parte subinflato , calyce quadruple lon- giori; limbo quinquepartito subobliquo ; laciniis patulo- deflexis , angusto-lanceolatis aculis , tubi longltudine , exlus pulveruleniis ; fanx pilis appressis suboccluditur. Stamina quinque medio coroUa) tubo afïlxa inclusa ; erecta ; fdamentis brevissimis subpilosis ; antheris in- trorsis bilocularibus , cordato-sagittatis. Ovariuni, globoso-depressum stria tum , dis<;o annu- lari sinuoso usque ad médium allitudinis cinctum ; uni- loculare , Irophospermiis duobus parietalibus oppositis longitudinaîibus , utroque ovulis numerosis , minimis onusto. Stjlus subulatus simplex usque ad stamina altiugens , glaber. Stlgma terminale oblongumbiparlitum , appen- dice squammiformi obtuso , basi cinctum. Fruetus ( a me non visus ) ex Aublelio , pomiformis , nucis communis magnitudine , inlus pulposus semina 5-5-orbicuIato-oblonga planiuscula in ordinale includens. Çrescil in Guyanâ. I>. ( 58 ) Nouvelles observations sur le terrain tjui contient , en Normandie [département de l'Orne ) , le bots fossile à odeur de truffes; Par m. J. Desnoîbrs. Lorsque j'essayai de décrire (i) le corps organisé fossile , désigné par les naturalistes Italiens , sous Ic nom de Tartufftte, et long-temps regardé comme un Madrépore , bien qu'il ne soit réellement qu'un végétal fos- sile à tige creuse, converti en chaux carbonatée acicu laire , conservant un principe bitumineux odorant que le frottement manifeste , j'indiquai son existence sur plu- s-ieurs points de la Normandie , en outre des localités du Vicentin , jusqu'alors les seules connues. Je parlai même de sa position géognostique avec quelques détails pour deux localités que je connaissais davantage , Croi- silles et Curcy dans le canton d'Evrecy (Calvados). Ces observations montraient que ce fossile paraissait ap- partenir aux parties moyennes de la formation du Jura , et surtout à la série des couches calcaires et argileuses de celte formation , que les géologues de Caen ont nom- mée calcaire d'Evrccy. Mais celte portion inférieure d'un des terrains secondaires dont les limites sont le plus écartées , se compose elle-même de plusieurs ensembles de couches qui se remplacent mutuellement et sont assess distincts, pour que d'excellens observateurs, MM. Buc^ (») M^m. de la Société d'hist. nat. d& Paris y t. 1. ( 59 ) kland, Prévost et Boue les aient nettement séparés. C'est h deux de ces dépôts équlvalens à peu-près pour l'âge et différons pour la composition minérale et organique qu'ap- partient également la ïartuffite. Toutefois elle est plus abondante , mieux caractérisée et plus parfaitement ana- logue aux échantillons du Yicenlin , dans les deux nou- velles localités que je vais décrire ( Ecouché et Frenay-le- Buffard , arrondissement d'Argentan , département de l'Orne). Ces motifs m'ont engagé à revenir sur ce fait géologique. Les couches de ces localités, ainsi que celles de Croisilles et de Curcy, très-probablement superposées au calcaire Lias à gr^yliées arquées ^ sont évidemment inférieures à celui sur lequel et aux dépens duquel est construite la ville de Caen , et que les géologues de cette ville ont nommé calcaire de Caen. Cette der- nière roche est reconnaissable par sa blancheur, Tho- mogénéilé de sa texture et la finesse de son grain qui la rendent comme le calcaire parisien , d'un emploi si usuel en architecture, par l'odeur légèrement bitumi- neuse qu'elle exhale lorsqu'on la frotte ou bien qu'on la scie , par les plaquettes et nodules de silex corné alter- nant en lits, souvent épais de plusieurs pieds, avec lès bancs calcaires , enfin par les fossiles qu'elle contient. Infiniment plus rares que ceux des couches qu'elle re- couvre , ou dont elle est recouverte , ces corps sont néan- moins assez caractéristiques. On y rencontre en effet , outre des débris abondans de crocodiles , beaucoup de coquilles particulières parmi lesquelles on remarque une espèce voisine pour la forme et la structure du genre Pinne , une ç.u deux autres: très - alongées approchant des Pernes ». {6o ) uneModiolc striée , un petit Peigne , plusieurs Térébra- tulcs, dont une Epineuse , une petite coquille bivalve dont lofacies annonce une Lucioe ou une Cythérée; point de gryphées et très-rarement des Ammonites et des Bélem- niles , caractère négatif qui n'est point à négliger ; on y voit enfin une petite coquille turriculée qui pourrait bien être un cérilhe , et dont M. Prévost a , je crois , parlé le premier. . Je sens combien de pareilles déterminations seraient insuffîsanles et incomplètes , si elles étaient données pour elles-mêmes et servaient h décrire spécialement une roche, mais je ne rappelle ces principaux caractères que pour montrer l'exactitude d'un rapprochenjent entre elle et des couches calcaires non déterminées encore. Considéré sous un autre point de vue , ce calcaire pourrait recevoir un nom emprunté à la géographie phy- sique , aussi convenable , peut-être , que celui qu'il doit à la géographie politique ; en le nommant calcaire des plaines de la fot'niat ion jurassique, on rappellerait un fait assez général dans les départcmens du Calvados et de l'Orne , c'est que les plaines de ces départemens , comprises dans les terrains secondaires , sont habituellement à ce ni- veau. Il ne faudrait pas, toutefois , ftiire de celle déno- mination une application trop rigoureuse; car, on trou- verait que les couches à polypiers , les couches oolithi- qucs blanches uniformes , forment çà et là , à des étages supérieur et inférieur , des espaces de plusieurs heues sans inégalités sensibles , comme ailleurs la craie , le calcaire grossier , les marnes d'eau douce , les allu^ vions , etc. Je ne donne ce fait que comme un résultat habituel , et j'indique d'abord la grande plaine de Caen , ( 6. ) la mieux connue, qui s'étend h l'O. vers Bayeux, au S. E. vers St.-Pierre, sur Dives , Coulibœuf, etc. , et surtout au S. vers Falaise. Autour de cette dernière ville on observe des vallons multipliés , de nombreuses proéminences des terrains intermédiaires {grès pourpré et schistes ardoîsiers , Thonschieffer) ,qui perçant à tra- vers les couches horizontales secondaires , semblent t3rminer cette première plaine , mais ne font que l'inter- rompre. En effet , après avoir traversé les îles de grès (i) de Martigny , la Hoguette , Cordey , Neuvy , Maison- Rouge , etc. ; on découvre une plaine nouvelle qui s'é- tend vers Trun , Argentan , Ecouché , et n'est que la continuation de la première , si l'on en juge par sa po^ sition et sa nature. Userait facile d'en indiquer d'autres prolongemens au-delà d'Argentan , vers Seez et même jusqu'auprès d'Alençon , où la découverte d'ossemens de crocodiles (a) nous rappelle un des fossiles les plus caractéristiques de cette époque. Ces plaines, extrême- ment fertiles , semblent avoir été d'anciens bassins , se communiquant par des gorges plus ou moins évasées au fond desquels les eaux marines déposaient leurs sédi- mens, au pied des terrains anciens qui les bordent ou les traversent. (i) M. Desmarest père a décrit quelques-unes de ces Ues de {'ancienne terre, ainsi qu'il les nommait ; si l'on peut ajouter à ses descriptions, du moins il n'y a rien à en retrancher. (Voy. Encyciopêdie méth. , part. Gcogr. physigucy art. Argentan, ancienne terre, etc.) (2) M. Cuvier, Ossçmcns fossiles, t. V. ( G'i ) En s'élevant au dessus de leur niveau hatilucl , on rencontre quelques-unes de ces îles dont nous venons de parler , ou bien l'une des couches variées de la for- mation oolithique supérieure , telles qu'un conglomérai formé de grains calcaires et de coquilles brisées et arron- dies entre Caen et la mer , etc. , des amas considéra- bles de Polypiers , 'sur beaucoup de points du départe- ment du Calvados et dans celui do l'Orne , à Ocagaes Qu N* , et h Montmerrey au S. d'Argentan. Si l'on descend dans les vallons qui traversent çh et là ces plaines , ou bien si l'on se dirige vers leurs extrémités , on trouve un calcaire oolithique blanc; mais plus ordinaire- ment cette réunion de bancs argileux, calcaires, sili- ceux, la plupart très-coquilliers , qu'on a désignés sous le nom de calcaire d'Evrecj , et dont j'ai décrit deux localités qui m'avaient offert la Tartufllte, comme à l'O. et au S. 0. de Caen , sur les bords des terrains anciens du Bocage. On remarque encore en se dirigeant plus au midi , vers Falaise et Argentan , des assisses d'un sable à grains le plus souvent très-fms, accompagné quelquefois de galets quartzeux , et dont les parties supérieures , liées par un ciment calcaire , forment des bancs durs et très- cohérens. Ce sont précisément les parties solides de ce dépôt que j'ai d'abord indiquées comme l'équivalent probable du calcaire d'Evrecy , que je désirais faire connaître en raison de la grande abondance deïarluflilc que j'y ai rencontrée , il me reste à donner sa des- cription géographique , après avoir assigné sa place géo- gnoslîque. Il me suffira , à cet effet , d'expliquer rapide- ment la coupe jointe à ces observations (pi. 6). Cette coupedu point (a) aupoint (g-) .comprend une (G5 ) (^lendue de irois lieues environ , resserrée du S. au N. , entre la vallée de l'Orne au moulin de Sérans , à l'O. d'Ecouchéet delà chaîne ancienne deNeuvy (i). On voit qu'il n'y a aucuneproportion entre les diverses dimensions de celte coupe, et que l'épaisseur figurée des strates ne correspond aucunement à leur étendue en superficie. Au point de départ {a) sur les bords de l'Orne , la rivière n'est point encore encaissée , comme un peu plus loin , dans des roches schisteuses ou granitiques ; elle est seulement bornée , sur sa rive droite , par des sables gé- néralement colorés en jaune, épais de 25 à 5o pieds , et que l'on prendrait pour une alluvion récente si l'on n'y découvrait d'anciennes coquilles , telles que des térébra- tules , des bélemnites , etc. , si l'on ne les voyait , s'en- durcissant peu-à-peu dans leur partie supérieure , for- mer des bancs solides d'un aggrégat de sable quarl- zeux et de chaux carbonatée. Ceux-ci renferment plus abondamment les mêmes fossiles, et, entre au- tres, de petits tufs sinueux très-remarquables, sépa- rés par des articulations , qui rappellent la forme des Isis , et des fragmens de tiges de Tartuffite entièrement analogues à celles du Vicentin. Il ne reste plus , enfin , aucun doute sur l'ancienneté relative de ces sables fria- bles ou cohérens, lorsqu'on les voit, peu après, recou- (i) J'ai eu le plaisir de visiter ces lieux avec M- Her- vieu, principal du Collège de Falaise, dont les connais- sances variées et l'obligeance m'ont été très-utiles dans mes recherches au milieu d'un pays qu'il observe lui- même depuis long-temps sous le point de vue de la géo- graphie physique. (64) verts par la nappe calcaira qui constitue en (b) la plaine au milieu do laquelle est situé le bourg d'Ecou- ché , plaine qui s'étend assez loin au midi et va rejoindre celle d'Argentan à l'est. Des excavations nombreuses, par exemple au N. le bois de Sérans , Bourg-Loquin , le Ménil ; au S. Joué, du Plain et Aveines, facilitent l'observation de ce terrain , qui se compose de bancs alternatifs d'un calcaire blanc et grenu ; il est exploité , lorsqu'il est un peu dur, comme pierre à chaux et pierre à bâtir. Plus tondre, il fournit une marne fréquemment employée en agriculture dans la partie montueuse , et bien moins fertile , des cantons de Briouzc et de Rânes. Ces dilFé- rens bancs sont séparés par quatre ou. cinq alternatives de silex corné, disposées absolument comme dans le calcaire de la plaine de Caen. Outre les fossiles habituels à cette roche, on voit ici très-abondamment les petites coquilles dont j'ai déjà parlé, semblables, les unes à des Cérithes , les autres li des Cy thérées , et qui , réunies sur le même morceau , le rendent difficile h distinguer d'un échantillon du calcaire parisien , bien plus mo- derne. En s'avançant toujours au Nord, on traverse en (c) à Montgaroult , une proéminence de roches anciennes formée, sur ce point, de schistes argileux , gris et ver- dâtres , durs ou décomposés , qui semblent presque verticaux , mais tellement tourmentés que leur direc- tion est difficile à saisir. Plus loin (rf) la colline dite le mont Vloger, présente, à un niveau bien supérieur à celui du moulin de Serrans , des sables et grès calcarifères tout-à-fait analogues pour leur nature et leurs fossilles. On sait combien souvent ( 65 ) les niveaux géognostiques . sont peu en rapport avec les niveaux physiques, et, pour un fait si ordinaire il n'est pas besoin de rappeler les Fis et les Diablerets. Après quelques inégalités de terrain produites par cette île et par ces dunes , recommence une plaine cal- caire (e) tout-à-fait analogue à la précédente, et qui n'est plus interrompue qu'au vallon ïitaé avant Fre- nay {a). C'est ici'que la même superposition de couches, c'est-à-dire, le calcaire blanc (xx) sur le sable et le grès calcarifère , nous montre de nouveau dans cette dernière les mêmes fossiles , et particulièrement les tio-es de TartufEte les plus entières , accompagnées , comme dansle Vicentin , de polypiers aslroïtes co^vertis en spalh calcaire saccharoïde , et de petites étoiles d'Encrinites qui m'avaient paru ressembler à des crystaux d'arra"-o- nite ; on y voit aussi des fragmens de schiste intermé- diaire Irès-altérés. La plaine calcaire (/") conlinuejusqu'au vallon de Rouf- figny , où elle s'arrête au pied de la chaîne escarpée [c.g) de Neuvy , Corday , Fourneaux , etc. , formée de schis- tes et de marbre , et en plus grande partie , sur-tout vers les sommets , de grès pourpre intermédiaire (i). Au-delà de ces terrains anciens , on retrouve le sable et le grès calcaire à Tartuffite , avec tous ses caractères , (i) Je crois que ce nom de grès pourpré a été proposé d'abord par M. Menard , pour désigner l'ancien grès rouge anglais , alternant avec les Grauwackes, et le dis- tinguer de l'ancien grès rouge allemand , contemporain de la houille , et du grès higarrù qui contient les plus grands dépôts de sel gemme. 1. 5 ( GG ) la môme position , et des fossiles plus variés , c'est aux environs de Falaise {h GuLbray, Ilougcmont , etc.) , oïl il repose sur une argile avec lignites , qui pourrait répondre h l'une de celles du Lias. Si dans la série des couches calcaires et argileuses d'Evrccy , il en est une qui puisse ctvrrespondro assez exactement h ce grès calcarifère , ce serait la couche n." 8 de la prcmit-re coupe, qui contient aussi la Tartuffitc, mais accompagnée de la Grjpliœa cjmbium , que nous no voyons point ici. Pour la structure minérale , le con"'lomérat de sohlc et de calcaire qui repose immédia- Icmcnl (Croisilles) sur une assise épaisse de "sable et de galets quarizeux offrirait aussi quelque rapprochement. Depuis mes premières observations sur la Tartuf- lile , j'ai eu connaissance d'un lait nouveau relatif aux principes organiques conservés dans certains végétaux lapidifiés. M. Mcnard possède dans sa riche collection de fossiles , im fragment de bois montrant les fibres les plus déliées , converti en fer oxydé brunâtre , et empâté dans un grès également ferruginciix. Ce bois ferrifère , recueilli dans une gabloniére â trois-quarts de lieue de Rochcfort , sur la route de La Rochelle , par M. Dela- veaux , alors professeur d'histoire naturelle Ji Saintes , est remarquable par la propriété que lui a reconnue M. Mcnard , de manifester, quand on le frotte, une odeur voisine de celle de l'acide muria tique. Je dois h l'obligeance de M. Boue , la connaissance d'un autre fait qui se lie bien plus particulièrement à l'objet de ces recherches : c'est l'existence , dans les environs d'Oxford , en Angleterre , d'un fossile entière- ' (<57) «aent analogue par sa forme , sa structure , sa conversioo en chaux carbouatée fibreuse , enfin , par son odeur, aux bois calcarifiés et odorans du Vicentin et de Normandie. J'ai vu dans la collection de M. Boue , plusieurs échan- tillonsqu'il serait impossible de distinguer de ceux des deux autres pays. Ils ont été recueillis dans un terrain infé- rieur à la craiç; c'est le sable ferrugineux {Iron-sand) , ou peut être l'Oxford claj , qui dépend de la formation jurassique. La similitude de gissement se réunit , comme on voit , à tous les autres caractères , pour prouver l'i- dentité de ce fossile. J'ai rencontré chez ce même na- turaliste des échantillons d'un Rétinite noir , qui , par le choc, exhalent une odeur de Irufies peu différente de celle de tous ces bois fossiles , mais pourtant sans qu'il se voie aucune trace d'organisation. Mémoire sur une larve qui dévore les hélix nemora- Lis , et sur l'insecte auquel elle donne naissance ; Par le Comte Ignace Mïelzinskt , Membre-honoraire de la Société helvétique, correspon- dant du Musée, et membre de la Société de philoso- phie à fienève. Si l'on considère d'une manière générale les êtres de la nature , on en trouvera peu qui n'aient des ennemis assez redoutables pour les détruire ou du moins pour _les incommoder vivement dans le but de se fournir à .leurs dépens un moyen de subsistance. La larve que je me propose de décrire est un exemple 5.. CG8 ) tiès-remarquable de ce que je viens d'avancer. En m'occupant des escargots sous le rapport de leur phy- siologie , je trouvai un hélice qui était retiré dans sa coquille , dont l'intérieur contenait aussi une larve. Ce fait m'intéressa beaucoup , et je cherchai à recon- naître l'individu établi avec l'hélice. Pour cet effet , je m'adressai à plusieurs naturalistes , je consultai quel- ques ouvrages , mais nulle pact je ne trouvai de quoi satisfaire ma curiosité ; car la larve dont il s'agissait était-inconnue. Je me déterminai dès-lors à en faire une étude particulière , et ce sont les résultats succincts de cette étude , faite encore très-imparfaitement, que je viens présenter ici. II est en général peu 'e larVes, qui offrent, au moins aux yeux du naturaliste , un, aspect aussi agréable que celle-là. Elle est jaunâtre , et a 8 à 9 lignes de long sur 4 à 5 de large. (1) Sa tête munie de deux mandibu- les bifides trè?-forte8 , porte h sa partie supérieure deux antennes brunes, composées de deux articulations; cha- cune de ces antennes est supportée , en outre , par une espèce de prolongement membraneux et blanchâtre. A la partie inférieure de la tête et au-dessous des mandi- bules , sont situés sur un même plan horizontal , quatre palpes , dont les deux externes sont légèrement épatés et toujours en mouvement , et les deux internes plus minces et moins mobiles. (i) L'on ne peut guère connaître les dimensions pré- cises de cette larve , car elles varient selon la position , l'âge et le degré d'embonpoint que ces animaux ont ac- quis : on peut en dire autant de l'insecte parfait qui en provient. (69) Le corps de la larve est divisé en douze articulations ou anneaux, dont les trois antérieurs portent six pattes fortes et bien conformées ; ces articulations n'ont que peu de poils parsemés çà et là , sans aucun ordre. Les huit arti- culations suivantes portent inférieurement chacune deux fausses pattes et supérieurement deux houppes de poils de chaque côté. Ces poils sont placés sur une espèce de pro- longement de l'épiderme , en partie vide en dedans , et qui fait de fortes saillies sur le côlé de chaque articu- lation. Enfin , la 12.° articulation porte l'anus et deux houppes de poils terminales , formées de la même ma- nière , mais plus grosses que toutes les autres. L'anus de cette larve offre ceci de très-remarquable , c'est que non-seulement il lui sert pour l'émission d'excrémens li- quides et peu abondans , mais encore qu'il contient dans son intérieuç une espèce de pied cartilagineux que l'animal peut sortir et rentrer à volonté , et dont il se sert pour marcher. Ce pied est un peu évasé à son ex- trémité , et légèrement enduit d'une humeur visqueuse, ensorteque le point d'appui qu'il doit offrir est très-fort, La larve s'en sert beaucoup pour marcher ; mais le mo- ment où cet organe lui est d'un plus grand usage , c'est sans contredit lorsqu'elle est eu train de tuer un escargot; alors elle a besoin de beaucoup de force pour s'enfoncer dans la coquille , malgré la résistance de sa victime. Des deux côtés du corps de la larve, entre les deux ran- gées de hpuppes de poils , se trouve aussi une rangée de points saillans , glanduleux et noirâtres : ce sont là probablement ses trachées ; j'ai lieu de supposer que ses trachées sont en communication avec les houppes de ( /o ) poils en question , et que dans l'état ordinaire des cho- ses , celles-ci étant en contact avec l'air par une grande surface , le pompent , le transmettent aux trachées et favorisent ainsi la respiration do l'animal. Mais lorsque la larve s'est enfoncée dans la vase formée par la putré- faction de l'escargot tué , les trachées ne peuvent plus remplir leurs fonctions ordinaires; ne pourrait-on pas supposer que , dans celte position , l'animal respire au moyen des houppes de poils dont il a été question plus haut , et dont on aperçoit toujours au moins les deux terminales. De cette manière, les trachées communi- queraient par les houppes avec l'âir extérieur. Je ne présente ceci que comme une hypothèse et non point comme un fait bien constaté. Pour terminer ce que j'ai à dire de l'extérieur de ta larve, j'ajouterai qu'elle a sur le dos deux rangées de ta- ches brunes, séparées par une bande blanchâtre qui tra- verse tout son corps, c'est son vaisseau dorsal. J'entre maintenant dans quelques détails sur les moeurs de cette larve. La voracité est sans contredit le carac- tère qui doit le plus appeler notre attention. Cette dis- position est en effet telle chez cet animal , qu'aucun escar- got ne peut lui échapper une fois qu'il a commencé son attaque. Lorsqu'elle est affamée, elle se met à la recherche d'un hélice proportionné à sa taille , et quand elle en trouve un, elle ne le quitte pas qu'elle ne l'ait entière- ment dévoré. Si au moment où la larve rencontre l'escar- got ^ il se trouve hors de sa coquille, elle ne l'attaque pas , mais elle grimpe dessus et l'accompagne ainsi jus- q«j'au moment où le malheureux mollusque rentre dans sa detneiire ; ce n'fest'qn'alors qu'elle s'approche du flanc ( 7» ) droit de l'escargot , y plonge sa tête et l'enfonce avec force, à l'aide du pied dont j'ai parlé plus haut , quel- quefois jusqu'à la seconde spire de la coquille. L'escar- got parvient encore depuis ce moment , en faisant des contorsions très-grandes , signe de la souffrance qu'il éprouve , à ressortir l'extrémité de son pied ou de sa tête ; mais au bout de peu de temps , il est obligé de se résigner et de rentrer dans sa coquille pour n'en plus ressortir. La seule circonstance qui puisse encore sau- ver l'escargot de celte position fâcheuse , c'est de ren- contrer, en faisant ses contorsions, un corps saillant , contre lequel il puisse coller son ennemi , enduit de l'humeur visqueuse dont il l'avait entouré; ceci ne sau- rait nullement être attribué à linstinct de l'hélice, mais seulement au hasard. Toutes les recherches que j'ai faites , dans le but de découvrir le moyen employé par la larve pour donner à sa proie une mort aussi prompte ont été inutiles , et l'on ne peut savoir , en effet, ce qui se passe entr'eux dans l'intérieur de la coquille ; tout ce que je sais , c'est que je suis parvenu h faire tuer dans une journée trois escar- gots par la même larve. C'est ce que j'ai fait, eu la privant de sa proie , dès que j'ai pu juger que le mollusque ne pouvait survivre aux meurtrissures qu'il avait éprouvées. Par cette expérience , j'ai voulu m'assurer si la larve ne se servirait point d'un venin pour faire périr sa victime ; mais le corps de l'hélice , gardé pendant quelques jours après sa mort , ne m'a rien présenté qui pût me faire soupçonner l'existence d'aucun liquide vénéneux quel- conque. Ces larves se trouvent surtout dans les ruisseaux des- ( 72 ) séchés situés au-dessous des haies. Lorsqu'on voit une coquille fraîchement tombée , renversée , propre en de- dans , et que l'escargot n'est pas visible à l'extérieur , en cassant la première spire de la coquille , on est presque sûr d'y trouver une larve occupée à le dévorer. On en trouve de différentes grosseurs , les petites se lo- gent dans les petites coquilles et les grandes attaquent les grands escargots. Lorsqu'une petite larve a mangé un escargot, elle grossit, change de peau, et s'en va chercher un mol- lusque plus grand. Je ne saurais indiquer combien de fois cette opération se répète ; car je n'ai pu prendre encore de ces larves à la sortie de leurs œufs. Bès que la larve a acquis sa grandeur naturelle , elle attaque un dernier escargot et le mange complètement , en n'y laissant rien , si ce n'est qu'elle rejette , avec force , vers la fin de son opération , une quantité assez notable de matière en décomposition et à demi-liquide^ en sorte que le dedans de la coquille reste toujours propre (i). Quand une fois la larve a vidé tout ce qui était con- (i) Quand la larve a presque fini de manger son escar- got , ce qui se fait dans l'espace de quinze jours environ , tout-à-coup l'on voit la coquille souillée extérieurement par une espèce de matière noire et très-fétide, et en con- sidérant son intérieur on la trouve parfaitement propre , et la laive y est enfoncée très-profondément. De quel procédé se sert-elle pour faire cette émission ? C'est ce que j'ignore encore complètement ; mais ce qui est très- remarquable , c'est que malgré la viscosité de la matière, cette émission peut cependant se faire sans qu'il reste rien dans son intérieur j ce phénomène est constant. ( 73 y tenu dans la coquille , qu'elle est devenue très grosse , plus blanche et plus brillante , elle reste en cet élat dans l'inaction pendant un temps plus ou moins long, jusqu'à ce qu'elle change encore de peau; mais il faut observer que celte mue est très-différente de celles dont j'ai parlé plus haut; car ici l'aspect delà larve est entièrement modifié. C'est alors qu'elle passe à l'état de nymphe; elle reste pourtant toujours mobile et conserve encore des houppes de poils , mais moins apparens que celle de la larve. La nymphe reste ainsi tout au fond de la co- quille pendant trois ou quatre mois, puis au commen- cement du printemps, on la voit tout-à-coup blanchir prodigieusement. L'une d'elles, que j'avais à cette époque dehors de sa demeure , m'a offert un phénomène qui m'a paru assez surprenant. Une partie de sa peau est descendue du corps de la nymphe par sa partie postérieure , et elle y est l'cstée adhérente. C'est ce que j'ai voulu rendre plus clair dans la figure 5 , oii j'ai fait donner à la partie postérieure de la peau une teinte un peu plus foncée pour indiquer que cette partie , dont la nymphe se dépouille, doit être distinguée de celle qui recouvrait son corps quelques instans auparavant. Après cette espèce de demi-mue la peau s'est crevée , et l'animal qui en est sorli avait encore un aspect tout différent du précédent. C'était l'insecte parfait , mais dans les premiers momeus il était tout blanc , ses an- neaux étaient ondulés et non point écailleux et imbri- qués comme ils le deviennent peu de jours après. Dans ce même temps les taches et le coloris de la peau se montrent , et c'est ainsi que la nymphe passe à l'état d'in-r ( 74 ) secte parfait. La preuve que c'était bien-là l'insecte par- fait, c'est la ponte d'œufs dont j'ai été témoin. Il faut observer que toutes ces mues et métamorphoses doivent se faire dans l'intérieur de la coquille , et si l'on dérange l'animal de cette position les l'ésultats sont plus ou moins modifiés , ensorte qu'il est très-diiRcile d'en faire une étude bien exacte. Après avoir obtenu l'insecte parfait, la première chose qui devait nécessairement se présenter à mon esprit , c'était de lui assigner une place dans la grande classe des insectes. Or n'ayant eu jusqu'à présent que l'indi- vidu femelle , et n'ayant pas encore suffisamment étudié l'insecte en question , je n'en ai pu déterminer la place précise. Toutefois m'élant assuré qu'il n'était encore mentionné dans aucune classification , je me suis déter- miné à le faire connaître. Afin de rappeler que la larve de cet insecte se nourrit avec une grande avidité , je me suis déterminé à lui donner pour nom générique celui de C ochleoctonus et pour nom d'espèce celui de C ochleoctonus vorax. Genre Cochléoctone. Cockleocionus. Leur corps offre 1 2 anneaux dont les trois premiers por- tent chacun une paire de pattes et le premier des trois forme le corcelet. Les stigmates de l'insecte sont très-distincts ; on en compte neuf de chaque côté du corps , et ils sont por- tés sur une espèce de dentelure qui borde les deux côtés de l'abdomen. La tête est pourvue d'antennes compo- sées de sept articles , et portées sur une espèce de base qui formerait le 8^ article ; à sa partie postérieure et lalé- . valement sont deux yeux lisses. Antérieurement et des- ( 75 ) " sous les antennes , se trouve la bouche armée de deux mandibules bifides très-fortes; au-dessous des mandi- bules sont quatre palpes assez membraneuses ; les deux externes sont plus longs que les deux internes. Cochléoctone vorace. Cochleoctonus vorax. M, Le corps a loh 1 1 lignes de longueur sur trois à- trois et demie de largueur ; il est d'un jaune orangé; les anneaux dont il est composé et qui se recouvrent les uns les au- tres portent supérieurement chacun deux taches noires de forme assez irrégulière, et par dessous les trois premières sont munies des six pattes de l'insecte; les suivantes ont chacune une paire de fausses pattes , excepté la dernière qui porte l'anus. Les pattes de cet insecte sont fortes et terminées par deux crochets assez puissans. Quant aux naœurs des Cochléoctones , j'ai eu trop peu de ces insectes et par conséquent recueilli trop peu de faits sur ce sujet , pour pouvoir encore en donner des détails suffisans. Peu de temps après que la nymphe s'est dépouillée de sa dernière peau , l'insecte parfait sort de la coquille , et j'en ai placé un dans une boîte où j'avais mis d'un côté de la terre sèche et de l'autre une terre humide et recouverte d'herbe en végétation ; do l'un et de l'autre côté j'ai placé des pierres. Tout cet arrange- ment devait m'indiquer le côté vers lequel se dirigerait l'insecte , et jusqu'à un certain point son genre de vie. Comme je lui avais vu des mandibules bifides , j ai placé aussi dans la boîte des fragmens de vers de terro et des escargots , mais l'insecte a regardé avec indiffé- pence tout ce que je lui offrais; et quanta la place, il ne m'a pas paru en avoir fait un choix bien décidé; ce- ( 76 ) pendant il se tenait le plus souvent dans l'herbe. Il se pro- mena ainsi dans cetteLoîle durant quatre à cinq semaines, pondit des œufs , puis périt. Je ne saurais affirmer si celle mort fut naturelle ou si elle fut le résultat du dé- faut de nourriture. J'ai eu deux autres insecles , dont j'ai dû sacrifier un pour le faire peindre avec exactitude , et l'autre a éprouvé un petit accident qui a accéléré sa fin , mais il avait aussi pondu des œufs. J'ai trouvé de plus dans un fossé , une coquille d'escargot qui contenait cet insecte collé contre des œufs par sa partie postérieure età moitié dehors de son domicile; j'espérais que ces œufs seraient féconds comme étant pris dehors , ce qui ne se réalisa point. Les œufs après avoir resté pendant long- temps dans la coquille se moisirent , et je n'en ai pu lirer aucun parti. En rapprochant le peu de caractères que j'ai su dé- couvrir chez l'insecte qui m'occupe, je n'ai pu me dé- terminer d'une manière décisive pour la place qu'il de- vait occuper dans la classification ; cependant je n'ai eu du doute qu'entre l'ordre des Parasites et la tribu des Lampyrides. D'un côté, à cause de ses mâchoires bifides, ses an- tennes à sept articles , ses stigmates autour de son abdo- men et d'autres caractères encore , je serais tenté de croire que mon Cochléoctone doit faire un second genre dans l'ordre des Parasites ; mais alors je conviendrais qu'il faudrait apporter quelques modifications aux ca- ractères de l'ordre* en question, et même qu'il serait, ce me semble , à propos de changer le nom de cet ordre; car le nouveau genre, qui ne paraît pas être parasite, de- manderait celte modification. ,(77) D'un autre côté , l'apparence extérieure , le manque d'un suçoir rétraclile et des deux lèvres membraneuses m'ont fait pencher vers l'idée que ce serait un genre que l'on pourrait placer h côté de celui des Lampyres dans la IriLu des Lampyrides. Je dois faire observer ici que je ne donne ces deux opinions que comme des hypothèses , et que je ne sau- rais soutenir l'une ou l'autre qu'à de certaines condi- tions que je pourrai éclaicir seulement plus tard. Ainsi supposons qu'on vienne à découvrir le mâle , qu'il soit ailé, et que ses caractères aient du rapport avec ceux des mâles des Lampyres, alors j'aurais tout au moins une forte probabilité que mon individu appartient aux Lampyrides. Mais, si au contraire, je découvre que Cette circonstance n'a pas lieu, et qu'il y a du rapport entre ses mœurs et ceux des parasites déjà connus , dans ce cas je serai aussi fortement autorisé à croire que moa insecte appartient à l'ordre des Parasites. En attendant que je puisse, le printemps prochain, saison à laquelle paraît se borner la vie de ces insectes , m'occuper avec plus de détails de cet animal, je suis obligé de laisser ce travail au point où je l'ai amené jusqu'à présent. Explication des figures. Fig, 1 , la larve. Fig, 2 , ici. , vue par dessus et grossie trois fois. Fig. 3 , id. , par dessous même grossisse- ment. Fig. 4 , la nymphe. Fig. 5 , nymphe en méta- morphose. Fig. 6, insecte parfait. Fig. 7 , id. , vu par-dessus et grossi trois fois. Fig. 8 , id. , par des- sous. Fig. 9, antenne. Fig, 10, mandibule. Fig. n , patte. ( ;8) IVoTE sur le Mémoire de M. te Comte Ignace Miel- zinsky , relatif à une larve qui dévore /'hélix NEMOUAtlS ; Par m. La treille. Membre de l'Institut. Aucun naluraliste , à ma connaissance , n'a décnt cette larve d'insectes , ni même de larve qui lui soit ana- logue par la forme de l'abdomen. Ces observations , quoique incomplètes , méritent donc notre reconnais- sance , et nous devons inviter leur auteur à faire , à cet égard , de nouvelles recherches qui lui permettent de remplir ces lacunes. Puisque nous connaissons plusieurs insectes de divers ordres , dont les femelles , et même quelquefois les imâles , sont privés d'ailes , l'absence de ces organes n'est point un caractère exclusivement propre aux in- sectes aptères proprement dits , tels que les thysanourcs , •les parasites et nos suceurs. L'étude des autres caractères , et de l'animal suivi dans ses divers âges , peut seule alors nous éclairer. Or, puisque la larve , qui fait le sujet de ce mémoire , passe à l'état de nymphe , acquiert une nouvelle forme , et qu'elle n'est point parasite , elle n'appartient point à Tordre que nous avons désigné ainsi. D'autres caractères comparatifs l'en excluent encore. D'après la description que M. Micizinsky a donnée de la femelle en état parfait , et d'après les figures qui l'ac- compagnent , on voit que cet insecte a cinq articles à ( 79 ) tous les tarses , dont aucun n'est bilobé ; que ses an- tennes sont filiformes et composées, non de sept arti- cles , comme il le dit dans celte description , mais de dix au moins ( voyez la figure grossie de l'un de ces or- ganes) ; que ses mandibules sont bifides , que la têlc est dépourvue d'yeux lisses , et que le prolhorax sur-* passe-en grandeur les deux segmens suivans. Ces carac- tères , et ceux que nous présente le même insecte dans son premier état , nous déterminent à le placer dans notre famille des Serricornes , qui nous olfre d'ailleurs des exemples de femelles absolument aptères , et des larves pareillement carnassières. Le pénultième article des tarses des Lampyres (i) étant bilobé , les CockUoc- tones s'en éloigneraient sous ce rapport , et avoisine- raient les malachies. D'autres considérations semblent les rapprocher de quelques coléoptères pentamères clavicornes , et parti- culièrement des Boucliers. La larve d'une espèce {lœvigata) de ce genre, grimpe souvent sur diverses plantes , pour se nourrir , ainsi que celle du cocliléoctone vorace , de l'animal de certaines espèces d'escargots. Les nymphes de quelques coléoptères de la même fa- mille sont encore , ainsi que celle de l'insecte précé- dent, plus ou moins engagées dans la dernière dépouille de leurs larves. Nous exhorterons M. Mielzinsky à faire une étude plus détaillée des parties de cet animal , et sur-tout de celjes de la mastication. Les renseignemens qu'il nous (i) Quelques femelles sont totalement aptères, et d'au- tres n'ont que des élytres très-courtes. { 8o ) fournit sont insulTisans , et en admettant le genre qu'il propose , nous pensons néanmoins qu'il n'est pas fondé sur un signalement rigoureux et précis. Espérons qu'il sera assez heureux pour découvrir le mâle de cette es- pèce , et pour compléter ainsi , au moyen de nouvelles X)bservations , son intéressant Mémoire. Considérations et Rapports nouveaux d'anatomie comparée concernant les mammifères à sabots ; Par M. Geoffroy de Saint-Hilaire , Membre tle l'Iuslilut. ( Extrait communiqué d'un Mémoire lu à l'Académie des Sciences, le 1 5 décembrç 1823. ) Art. I. L'auteur revient à ce paragraphe sur un sujet qu'il a déjà traité dans le 9."^ volume des Mémoires da Muséum d'histoire naturelle , sur les matériaux primitifs dont Se composent les apophyses épineuses des huit pre- mières vertèbres dorsales chez un fœtus de vache , en- core très-peu développé. Une apophyse montante de vertèbre , se trouve composée de deux pièces , aussi distinctes que complètement ossifiées , au tiers du déve- loppement total : une seule trouve à s'implanter sur les extrémités conjointes des deux arcs osseux qui en- tourent la moelle épinière , l'aulre est située au-devant ou vers le haut de cclle-lh , et le tout est surmonté d'un cartilage qui ne s'ossifie que chez les adultes. Ainsi J il n'y a qu'un moment favorable pour cette observation ; quelques jours avant on ne voit qu'unemasse cartilagineuse etalongée, et plus lard, qu'un seul os; parce que les ( 8i ) deux élémens qui en font partie , sont promptcment soudés et confondus. Dans le cas de séparation de ces deux élémens, cette époque de développement total correspond à la composition des osselets d'une nageoire dorsale. C'est une formation de même ordre dans la série des dévcloppemens , qui est poursuivie plus loin chez les fœtus des mammifères , mais qui reste stationnaire chez les poissons , sorte de fœtus dans une condition permanente. Chaque espèce de ces matériaux se distin- gue de la même façon dans les deux groupes d'animaux vertébrés ; l'une est une tige également engagée dans les chairs , une apophyse tutrice , comme s'expriment les iclîtyologistes , et l'autre , une partie posée comme sur une quille. S'il ne se fait aucune construction autour de celle-ci , elle s'alonge et reste toujours mobile j tel est en effet le rayon des nageoires dorsales chez les pois- sons. Ainsi se prouve de plus en plus la proposition avan- cée par M. Geoffroy , et énoncée pour la première fois en 1807 , (Annales du Mus. d'hist. nat. ,t. lo , p. 344,) que les poissons dans leur premier' âge sont dans les mêmes conditions, relativement à leur développement fœtal , que les fœtus des mamm,tfères. Art. II. On avait pressenti, mais point établi démon- stralivement la décomposition de l'os du canon des ru- • minans en deux pièces (métacarpiennes ou métatarsien- nes.) M. Geoffroy a présenté une pièce où cette sépara- tion est manifeste. Le fœtus dont il est parlé à l'article précédent a servi de sujet. Art. III. Contre l'opinion commune , favorable à l'i- dée que les animaux ruminans constituent un type abso- lument séparé et caractérisé par l'existence de deux doigts I. 6 ( 8*. ) seulement h chaque pied , M. Geoffroy St. -Ililaire établit que ces animaux sont soumis aux mêmes subdivisions digi- tales que les autres mammifères. Le principe du balance- ment des organes y exerce seulement une plus grande influence. Si les doigts intermédiaires sont plus dévelop- pés , les doigts latéraux le sont moins , et en effet , cela tient si peu aux relations des autres organes , que chez quelques animaux des genres Mosclius et Cervus , cette disproportion de volume est moindre que chez certains mammifères à ongles. Le Chcvrotain et le Musc ont leurs doigts latéraux parfaits à tous égards. Les métatarsiens do ces doigts accompagnent l'os du canon dans toute leur longueur , et les doigts qui y sont suspendus descendent jusqu'à terre, et rendent service dans certaines évolu- tions. Le Renne , le Cerf de Virginie et le Chevreuil ont ces mêmes doigts latéraux forts et assez prolongés; mais surtout ceux-ci n'occupent pas l'arrière partie , et sont au contraire les flancs de l'os du canon ; enfin , les pièces qui leur tiennent Heu de métatarsiens sont en par- tie osseuses et en partie cartilagineuses , arrangement qui réalise au surplus un fait du segment précédent ou de l'avant-bras , auquel les conditions rudimentaires im- posées h l'un des deux os , par le sur-développement de l'autre pièce , (du cubitus , par rapport au radius ou du radius à l'égard du cubitus) procurent une atténuation , un défaut d'ossification remplacé par du cartilage , ou seulement par un ligament. C'était donc se refuser à l'é- vidence des faits , que de nommer ergots ou ongles sur- numéraires , les petits doigts des ruminans , stylets , leurs os métacarpiens : c'était effectivement placer sous le rideau , et comme travestir par des noms bizarres tous ( 85 ) les fa ils scientifiques, tous les rapports de ces matériaux organiques. Note sur le genre Bauhinia de Linné ; Par Chaeles Kunth. Cavanilles fut le premier qui appela l'attention des botanistes sur la grande dijQférence que présentent les diverses espèces de Bauhinia , dans l'organisation de leurs fleurs. Il distingua , sous le nom de Paulctia , les espèces à dix étamines fertiles , et conserva à celles qui n'en ont qu'une seule (comme le Bauhinia Pes caprœ, le B. latifolia , etc. ) le nom de Bauhinia. Dans toutes les es- pèces décrites dans ses ouvrages , l'ovaire est pédicellé et le calice offre une structure analogue , c'est-à-dire , un tube cylindrique persistant , un limbe divisé en cinq parties linéaires , égales , très-longues et caduques. Mais un certain nombre d'espèces, qu'il paraît n'avoir pas connues , peuvent former un troisième groupe. On ob- serve , en effet, dans le Bauhinia scandens de Linné, le Bauhinia glabra de Jacquin , et quelques autres , un calice ventru à cinq dents, divisé en deux lobes, un ovaire sessile et dix étamines fertiles , parfaitement li- bres. Comme cette structure se rencontre dans l'espèce la plus anciennement connue, nous sommes d'avis de conserver au groupe qui la renferme le nom de Bauhinia , en assignant aux Bauhinia de Cavanilles celui de Cas- paria , pour faire allusion à un des frères Bauhin. 6.. ( S4 ) Bauhinia. Bauhiniœ species. Linn. Calyx ventricoso-campanulatus, membranaceus , bi- labiatus , deciduus , labio superiore bi-, inferiore tri- dentato. Petala quinque , fundo calycis inserta , ungui- culata, paulb inœqualia. Stamina lo, ibidem inserta, omnia fertilia et libéra. Ovaritim sessile , uniloculare. Stylus 1 , ascendens. Legumen sessile, siccum, lineari- oblongum , compresso-planum , uniloculare, bivalve, polyspermurii. Arbores , plerumque frutices scandentes et cirrosi , folia alterna, biloba, interdum foliis sub conjugatis in- termixtis. Racemi terminales etaxillares-floresj albi vel flavescentes ; pedicellis basi uni- , medio bibracteatis. Geminœ hujus generis species sunt ; Bauhinia scan- dens , Ltnn. {Lœfl. Jt. éd. germ. p. 283. ) , B. glabra Jacq. et B. heterophylla nob. ; dubiœ : B. Outi-mouta et Gayanensis , Aubl. Pauletia. Cavanilles., Bauhiniœ plerceque auct. Calyx tubo cylindraceo ; limbo quinquepartito , deci- duo ; laciniis longissimis , liberis vel in ligul?e formam sibi invicem adhaerentibus, reflexis. Petala quinque, summo tubo calycis inserta , longe unguiculala , parum inœqualia. Stamina lo , ibidem inserta , ima basi con- nala , alterna breviora , omnia fertilia, rarissime bre- viora sterilia ( antheris effetis vel nullis ) . Ovarimn longe stipitatum. Stylus i , arcuatus. Legumen slipitatum siccum, lineare, corapressum , uniloculare , bivalve j, polyspermum. ( 85 ) Arbores aut frutices , interdum aculeatac. Folia al- terna , magis minusve profunde biloba. Stipulae petio- lares geminœ. Flores racemosi , terminales vel latérales , interdum solitarii-terni oppositifolii ; pedicellis basi uni- , medio bibracteatis. Corollœ albce, luteo-rubentes vel purpurete. Hujus generis sunt , prœler species Gavanillesianas (Pauletia aculeata , et inermis) , Bauhinia aculeata Llnn. Jacq., B. grandiflora Poir. , B. forficata, Link et Otto, B. rufescens , £am. {III. t. 529, fi-), B. Madagas- cariensis, Desv. ( staminibus altérais sterîlibus capilla- ceis ) , B. ramosa Lam. , etc. GASPARtA. Bauhinise Pes capraî , latifolia , subrotundîfolia , Lu- Daria , Cav. le. t. 4o4 . 4o7 î et B- divarioata , Lam., ni. t. 329. /".S. Calyx tubo brevi , cylindraceo , persistente ; limbo quinquepartito , deciduo ; laciniis longissimis , lineari- bus, sibi invieem adhaerentibus. in ligulae formam l'e- flexis. Petala quinque , summo tubo calycis inserta , îonge unguiculata, subsequalia. Stamina \o , ibidem in- serta ; 9 sterilia , parva , inferne connata ; decimum lon- gissimum , fertile , liberum. Ovarium longe stipitatum. Stylus 1 , arcualus. Sti^mahiXohwa (?). Zeg-umen sti- pitatum , siccum, late lineare, compressum , unilocu- lare , bivalve , polyspermum. Arbores aut frutices inermes. Folia alterna, magis minusve profunde biloba. Stipula) petiolares , geminaa^ Hacemi terminales et axillares. Flores albi , rosei vel (86) rubri ; pediccllis basi uni-, supra basim (seiïH>er?} Mbractealis. Note sur les bassins tertiaires , i." de la place Saint- Dominique à Gênes; 2.° de Sestri di Ponenle. Par m. Laurent Pareto , de Gênes. ( Communiquée par M. Bertrand-^esun. ) Les terrains tertiaires assez étendus sur le versant Nord de l'Apennin , ne se montrent, sur son versant Sud en Ligurie, que sur un petit nombre de points , et avec très-peu d'étendue; ils forment une suite de petits bas- sins le long de la rivière du Ponent , placés ordinaire- ment dans le fond de petites vallées ouvertes transversa- lement aux contreforts qui aboutissent à la mer ; on en voit dans Gènes, à Sestri di Ponente , à Arenzano , peut-être à Savone et à Albenga. Parmi ceux-ci , les deux premiers , que j'ai plus particulièremeat viàilés , ne diffèrent point entre eux. Celui de Gènes a un quart de lieue de longueur du S. 0. au N. E. , il s'étend de- puis la place St. -Dominique jusques près de la prome- nade de l'Aqua-sola et des Capucins ; il repose sur les couches de calcaire de transition , (semblable à celui de la Lanterne) qui forment le cap delà Caya,et est com- posé dans sa partie inférieure d'une masse d'argile blewa coquilière , semblable h celle de Castel-arcuato. Elle a jusqu'à 4o pieds de puissance^ et contient des Ostrea pleuronectes , Br. , des Pinna nohilis , des Ampullaires des Miu'cx , des Gènes , des Qmires , dies Cariophylliics ( 8? ) et en général les mêmes coquilles qu'on retrouve dans les argiles des collines sub-Apennines dans le Plaisantin et le Parmesan ; on y voit encore des fragmens de bois bituminisé et des fruits de plantes conifères. Cette ar- gile est assez plastique , un peu micacée , faisant un peu d'elTervescence avec les acides. Les sables jaunes recou- vrent cette formation ; mais on ne peut pas bien mesu- rer leur puissance , ni voir si dans leur partie inférieure ils alternent avec les argiles bleus , parce que toute la colline est encombrée de maisons. Il n'en est pas de même du bassin de Sestri ; celui-ci se trouve dans la petite vallée de Borzoli , et est entouré au Nord , à l'Est et au Sud , par des montagnes ophiolitiques , en quelques endroits schis- lo-talqueuses , et à l'O. par le Gazzo , montagne de cal- caire siliceux', un peu talqueux, assez ancien , qui paraît subordonné dans les masses ophiolitiques de cette chaîne ; il s'étend d'une demi-lieue en longueur dans le sens de la vallée du S. 0. au N. E. , et à l'E. N. E. , et d'une portée de fusil en largeur vers le S. E. Il est composé à partir d'en bas : i." d'une couche d'argile bleue co- quillière , avec Huîtres , Vénus , Pecten Pleuronec- tes , Buccins , etc. , mêlée de petits bancs de cailloux roulés ophiolitiques , et de morceaux d'un calcaire ou alpin ou de transition roulés et percés par des Pholades. Ce banc a 3o à i^o pieds de puissance ; 2.° d'une couche de 3 pieds de sables jaunes coquilliers , avec des Peignes , et en partie les mêmes coquilles qu'on retrouve dans la couche précédente et des petits cailloux roulés d'ophiolite; 3." d'une nouvelle couche d'argile bleue, un peu moins coquillière que la précédente , moins plasti- que , plus sableuse, de 5 à G pieds d'épaisseur; 4." d'une ( 88 ) suite de 4 à 5 allernanccs de sables jaunes coqulllîers , avec cailloux d'ophiolites ,en couches peu puissantes , colorés par l'oxyde de fer, et d'argile bleue très-peu co- quillière ; le tout ayant lo à 12 pieds de puissance ; 5." enfin d'une masse de sables jaunes ophiolitiques avec quelques Peignes et des cailloux roulés. Toutes ces cou- ches sont presque horizontales, et ne se relèvent un peu que vers les bords du bassin ; c'est dans le n.° 1 parti- culièrement , ainsi qu'à Gènes dans l'argile bleue infé- rieure , qu'on a trouvé une Grjphéc dont M. Bertrand Geslin a pris des exemplaires. Enfin , le bassin d'Arenzano n'est qu'un petit amas d'argile bleue avec des Huitres : je n'y ai point vu d'au- tres coquilles. Il résulte de l'examen des deux bassins de Sestri et de Gènes, qu'ils sont de môme époque entre eux,etqu'ils ne difl'èrent de ceux qui sont de l'autre côté de l'Apennin , sur le versant Nord , qu'en ce que les fragmens qui y sont répandus paraissent avoir plus de rapports avec les montagnes qui les avoisinent. Note des corps organises fossiles trouvés dans les bassins décr ci-dessus, d'après la classification de Broechi. Umvalves. Bivalves. Dcntàlium clephantlnum. Solen stn'gilatus? Nerita helidna. • Anomia orhiculala ? Voluta calcarata. Pinna nobiJis. T'oluta slriatula, Ostrca plcuronecles. Conusanicdihwianus, Ostrea edtili's. Buccînuni echinophomtn, Gijphea? ( 89 ) Ukivalves. Bivalves- Strombus Pes peftcanl. Des Vénus et autres co- Murex toratus. quilles en trop mauvais M. furrîcula. état pour être clétermi- 31. longirosler. nées. dl. doliarîs. Des Peignes. BI. oblongus. Un Trochus et d'autres univalvcs , mais en trop mauvais état pour pouvoir être déterminées. Ces coquilles, qui toutes se retrouvent aussi de l'autre côté de l'Apennin , ne laissent point de doute sur l'ana- logie et l'identité de ces terrains tertiaires, (i) (i) 'Note par M. Alexandre Brongniart , membre de l'Institut. La ressemblance de ces terrains, non-seulement dans les débris de corps organisés fossiles qu'ils renferment , mais encore dans la nature , la couleur, la position et la succession des différentes roches d'aggrégation qui les composent , marnes argileuses , sables , cailloux rou- lés, etc. , est un phénomène fort remarquable et d'autant plus , que d'après les observations de M. Brocchi , et d'après celles que j'ai eu occasion de répéter , cette ressemblance, pour ainsi dire minutieuse, s'étend depuis le fond ou l'origine de la grande vallée du Pô, c'est-à- dire, depuis les environs de Turin jusqu'en Calabre ; cette succession, observée dans l'enceinte de Gênes, et décrite par l'auteur delà Notice précédente , se présente avec les mêmes circonstances dans l'enceinte ou au moins sous les murs de Sienne, dans l'enceinte de Rome, etc. J'ai reconnu le même terrain avec les mômes coquilles. (90 ) Note sur le genre Schizopetalon. Sims ,dans le Botanical magazins , n.° 2679 , a figuré sous le nom de Schizopetalon TValkeri , un nouveau genre de Crucifère originaire du Chili , et remarquable par ses pétales pinnalifîdes ; du reste , sa description était si incomplète , qu'on ne pouvait se former une opi- nion exacte sur les affinités de ce genre : deux descrip- tions et deux figures nouvelles de cette plante viennent d'être publiées et ont fait connaître plusieurs caractères singuliers, dont un est jusqu'à présent unique dans toute la famille des Crucifères ; on sait combien , malgré l'é- troite affinité qui les unit, ces plantes varient quant à la structure de leur embryon , et le parti que MM. R. Brown etDecandolle ont tiré de ces caractères pour éta- blir de nouvelles divisions dans cette famille. Le genre Schizopetalon offre une nouvelle modification très-sin- gulière dans cette structure ; mais qui n'est pas exprimé exactement de même par les deux habiles botanistes les mêmes roches , etc. , sur la petite colline de la Costa, au nord de Saint- Remo, par conséquent, sur le revers méridional des Apennins, et à plus de trois cents pieds d'élévation au-dessus du niveau de la mer; il est com- posé d'un sable calcaréo-siliceux jaunâtre, avec des lits d'argile figuUne bleuâtre : les cailloux roulés sont très- gros ; ils sont siliceux et portent la preuve d'un séjour assez long dans la mer , car beaucoup d'entr'eux sont chargés de grosses huîtres qui y sont adhérentes, et qui , par leur mode d'application , prouvent qu'elles ont vécu sur cette base. ( 9» ) auxquels nous en devons la connaissance. M. R. Browa dans le Botanical register , n." 762 , décrit l'embryon de cette plante comme ayant quatre cotylédons verticillés , égaux et roulés en spirales. M. Hooker , dans VExoiio Flora , n." 74, l'indique comme dicotylédoné , mais à cotylédons très-profondément biparlis; la figure analyti- que, parfaitement exécutée , qui accompagne sa descrip- tion, les représente également divisé? presque jusqu'à la base. Ce point reste donc encore à vérifier ; du reste , les deux descriptions que nous venons de citer , sont par- faitement d'accord; nous allons rapporter ici l'excellente description de M. R. Brown. SCHIZOPBTALON. Caljx clausus. Petala pinnatifida ! SUlqua torosa , seminibus uniserialis. Cotjledones quatuor I separatlm contortuplicatae. ScHizoPETALON WALKERI. Hcrba annua ; folia alterna sinuato-pinnatifîda , pubescentia, pube tenui ramosâ. Racemus terminalis foliaceo-bracteatus. Calyx pubes- cens foliolis albo-marginatis , lateralibus altiùs descen- dentibus. Pefa^aalba, unguibus calycem paulo superan- tibus , laminis circumscriptione ovatis, pinnatifidis , laciniis linearibus siccitate (et forsau scslivatione ) invo- lutis. Stamina 6 , filamentis subaequalibus , edentulis , anlheris uniformibus , sagittato - linearibus , introrsis. Glandulœ hypogyna) quatuor , iineares , erectœ , petalis suboppositae , geminatim basibus dilatatis confluentibus , filamenta lateralia stipanles. Stylus brevissimus. Stlg- mata papulosa , connato-approximata , in stylum des- cuceiiUa , basibus solutis , unicuna quasi subextiuclo/- { 92 ) rliforme efformantibus. Siliqua sessilis , bilocularis , an- gusto linearis ,pube ramosâ brevi conspersa , valvis ve- nosis. Scmina sphairico - lenticularia. Embryo vîridis. Radicula albicans , arcuata , 8emine paul5 longior. Co- tylcdones verticillataî cxquales , elongatic , angustala; , semiteretes , separatim subspiraliter involutse. Obs. In ordine cruciferarum genus nulli cDgnito affine et equidem ob numerum figuram , et vernationem coty- ledonum , petala pinnalifida , sligmalis slructuram et stamina subœqualia , tribus distinctoe initium efFormare videtur. NOUVELLES SCIENTIFIQUES. Extrait d' une lettre de M. de Freminville, Lieute- nant de vaisseau ^ etc. M. de Fréminville a fait en 1822 , et dans les six pre- miers mois de iSaS , un voyage sur les côtes occidentales d'Afrique , notamment sur celles du Cap -Vert et du Sénégal , et dans les Antilles françaises. Il a formé pen- dant ce long voyage des collections nombreuses d'his- toire naturelle , qu'il a rapportées à Brest , et il a l'ecueilli des observations qu'il compte publier aussitôt que ses fonctions , comme officier de marine , lui en laisseront le loisir. Nous extraierons quelques passages d'une lettre Irès-détaillée qu'il a écrite h l'un des coopérateurs de ce recueil. M. de Fréminville est parti de Brest vers la fin de février 1822 , et a eu occasion dans sa traversée de Te- ( 9.5 ) nériffe à la côte d'Afrique, d'observer un grand nombre dePhysalides qui doivent être le sujet de quelques unes de ses publications. Quoique les travaux de M. de Fréminvillo aient été constamment dirigés vers la zoologie , il n'a pas né- gligé de recueillir quelques-unes des roches des pa- rages qu'il a visités. On sait que l'île de Corée est ba- saltique ; les échantillons qu'il a rapportés du basalte de Corée montrent que cette roche a une struc- ture crystallîne très-déterminée ; mais ce qui a paru plus remarquable au naturaliste auquel M. Fréminville a adressé sa lettre et ses échantillons , ce sont des roches caverneuses , comme le seraient des laves , mais dont les cavités cylindroïdes s'anastomosaient à la manière des canaux que montrent les buttes des Thermes , s'éloignant par là des véritables làves , dont les cavités huileuses sont en général rondes ou ovoïdes et indépendantes l'une de l'autre. Il est difficile de décrire clairement la partie solide de ces roches caverneuses ; elle ressemble à un basalte altéré, et par conséquent moins dense que le basalte qu'on vient de citer et qu'elles accompa- gnent. Ses cavités sont remplies d'une terre argileuse , ocreuse , très-friable , qui passe au minerai de fer argi- leux, et qui présente des ressemblances bien remar- quables avec certains minerais de fer argileux et no- duleux des environs d'Aarau dans le Jura. D'après ce que soupçonne le rédacteur de cet extrait , ce minerai est toujours supérieur au calcaire du Jura , il pénètre dans ses fissures et dans ses cavités; mais il n'est jamais interposé entre ses couches. Celte singulière ressem- blance , qui peut avoir des conséquences qu'on ne peut ( 94 ) «hivelopper ici , devient encore plus frappante dans une roche ferrugineuse , vrai minerai de fer argileux et no- duleux, recueillie par M. de Fréminville au Cap- Vert , dans le lieu dit la Pointe du Bel -Air. Ces nodules res- semblent à s'y tromper au minerai de fer d'Aarau que nous venons de citer. II ne paraît pas qu'il y ait de corps organisés dans ce minerai , pas plus qu'il n'y en a dans celui du Jura ; du moins , si on peut tirer cette conséquence des re- cherches de M. de Fréminville et des échantillons qu'il a rapportés. Il paraît que depuis l'entrée de Gonzales de Cintra , sur la côte de Barbarie jusqu'au Cap Tagrin à l'entrée de la Sierra Leone , tous les points élevés de cette partie de la côte d'Afrique sont volcanisés. Ainsi les hauteurs du Cap Barbas , celles du Cap-Blanc , le Cap Manuel , le Cap-Vert , le Gap Roxo , enfm Sierra Leone , sont des points volcaniques et présentent des amas considérables de basaltes et de laves. Il est à remarquer que ces points assez éloignés les uns des autres, sont séparés par d'im- menses déserts de sable : on sait que les groupes d'îles voisins de cette étendue de côtes , sont tous reconnues depuis long-temps pour d'anciens volcans. Nous ajouterons à ces rapprochemens , que le minerai de fer rapporté de Foutadyallon , dans l'intérieur de l'A- frique , par M. Mollien , a encore avec le minerai de fer balsatiquc de Corée, beaucoup de points de ressem- blance. M. de Fréminville s'est livré, à la Martinique, 5 l'étude des crustacées , qu'il regarde comme encore peu con- nus , et pouvant présenter , par conséquent , un grand ( 9^ ) nomi)rc d'espèces et même de genres nouveaux. Parmi ceux-ci , il en a décrit un sous le nom de Boscea , il a trouvé cescrustacées à plus de six lieues au large, vivons çtflottans sur l'eau; ils n'approchent jamais des côtes, et offrent des particularités remarquables; M. de Fré- minville dit que ce genre devra être placé entre les Cy- mothoées et les Idothées. M. de Frérainville s'est aussi beaucoup occupé des rep- tiles si communs à la Martinique ; il a rencontré des Vipères fer-de-lance de sept à huit pieds de long, et dont les crochets avait près d'un pouce. Il en a déposé un individu de la plus grande taille au Musée de Brest; cet officier naturaliste dit avoir vérifié sur ces Vipères fer-de- lance, le fait important annoncé par M. Palissot de Beau- vois, concernant la femelle du Crotale Boïquite. 11 assure que , comme cette dernière , celle dufer-de-lancc reçoit dans sa gueule ses petits , qui vont s'y réfugier à l'ap- proche de quelques dangers , et qu'elle les y tient cachés jusqu'à ce que le danger soit passé. Plusieurs arbres des îles de la mer du Sud , sont mainte- nant naturalisés dans le beau jardin botanique royal delà Martinique , les Spondias cjthcrea , Mangifer a indlca , Areca cathecu ,T^\aûenTS, variétés d'Arbres à painy pros^ pèrentet y multiplient aussi bien que dans leur sol natal. M. de Fréminville remarque , comme un fait geologi' que assez intéressant; que les îles des Saintes , placées au milieu d'une longue série d'îles évidemment et même encore actuellement volcaniques , telles que Saint- Vin- cent, Tabago, la Grenade , Ste. -Lucie, la Martinique, la Dominique , la Guadeloupe et Mont-Serrat ne pa- raissent cependant présenter aucun caractère de voica- ( y6 ) néité , ni dans les substances minérales qu'elles contien- nent , ni dans la nature et la configuration de leur ter- rain ; qu'elles ne sont composées que de masses de por- phyre h granits rouge ou verdâtre , ou même de] roches siliceuses. L'îlot appelé la Coche est entièrement formé de celte dernière roche. Ce fait devait en effet frapper M. de Frémiaville , et aurait étonné autrefois les Géolo- o-ues , comme il a étonné les Zoologistes ; mais depuis que M. de Ilumholdt et M. de Buch ont fait remarquer que les terrains porphyritiques accompagnaient presque toujours les terrains volcaniques , et en étaient comme la base , on conçoit très-bien le rapport de structure qu'il y a entre le sol porphyritique des Saintes , et le sol volcanique des îles qui les entourent. Ce porphyre éprouve la décomposition des roches feldspathiques , et donne par cette altération un kaolin impur ou coUyrilc jaunâtre qu'on dit propre à faire de la porcelaine. Le Scarabée Hercule se trouve à la Guadeloupe. M. de Fréminville l'y a recueilli. Il assure qu'on ne le trouve pas sur le continent d'Amérique. IMPRIMERIE DE BUGNERET, RL'E DC DBAGOX, N." 20. RECHERCHES A.NATOMIQUES SUR LE ThOUAX des ANIMALX ARTICULES ET CELUI DES INSECTES HEXAPODES EN PARTICULIER ; Par Victor Audouin. Quo/l in obsenuitione iiidejinilnnt et i'agun. M id in iuJoyDiatione faU.ax et infidiim est. (Bacon , A'of. orq.) Introduction. I jE besoin d'analyser les phénomènes du règne animal pour les connaître , et l'impossibilité d'étudier leur en- semble sans classer préliminairement les détails , dut amener la division de la zoologie en plusieurs branches. Chacune d'elles fut qualifiée du nom de science et fixa l'attention exclusive de quelques observateurs qui , guidés par des vues et un esprit particuliers , lui imprimèrent ûné direction très-différeu te. Les Animaux vertébrés, les Mollusques , les Animaux articulés et les Zoophytes ne furent étudiés ni avec le même soin , ni' avec les mêmes principes; aussi , comparées dans le but qu'elles ont at- teint , et dans le degré de perfectionnement auquel elles sont arrivées , ces sciences offrcat-çlles des résul- tats très-variés ; l'anatomie des insectes , par exemple , n'a presque de commun avec celle des animaux verté- brés , que le grand nombre de faits ôontelle est: Çn*"'- chie ; la partie philosophique lui manque totaîement.. Il est facile de se rendre compte de cet état fâcheux de l'entomologie , en jetant un coup-d'reil ^îtentif sur la marche qu'elle a constamment suivie. On voit alors ( 98 ) que les mélhodisles d'une part et les observateurs de l'autre , ont toujours parcouru des sentiers fort diffé- rens. Les premiers n'ayant d'autre chose en vue que de décrire , avec beaucoup de soin , les êtres , quant à leur» formes extérieures , afin de découvrir entre eux d est née l'importance accordée aux formes, et le penchant bien naturel à admettre comme analogues des parties qui offrent , à quelque chose près , les mêmes caractères, ou à regarder comme tout-à-fait dissemblables celles qui présentent un aspect différent. On vit dès-lors tous les esprits accueillir avec empressement l'idée que chaque être plus ou moins favorisé de la nature , avait seul reçu en partage certains organes refusés complètement à d'autres. L'Abeille obtint , comme arme défensive et offensive , un cruel aiguillon. Privé de cet aiguillon , le Carabe crépitant fut pourvu d'un fluide particulier qu'il lança avec bruit. La Mouche , moins privilégiée que certains autres in- sectes , n'eut que deux aîlesi mais en dédommagement , elle reçut des cuillerons , espèce de tambours , et des balanciers , sortes de baguettes destinées à les frapper et à produire un son remarquable. Le Papillon eut en partage une trompe , etla Punaise un suçoir, appareils particuliers qu'on ns rencontrai^,' plus dans les Crustacés , dans le Scarabé ou dans la Sau- terelle munis de mandibules et de mâchoires. La Cigale posséda un appareil de chant fait sur un plan original , et dont aucun insecte ne présentait de traces. En considérant les diversorganessouscepointde vue,on créait une liste nombreuse de dissemblances , qui augmen- tée chaque, jour contrastait singulièrement avec le plan général d'organisation qu'on ne pouvait méconnaître. Quelques observateurs qui se flattaient déraisonner , si- 7 • { 100 ) gualèrent ces écarts de la nature et celte sorte de discor- dance avec elle-même ; ils dirent : ce sont des Anomalies , dénomination fatale qui devint un nouvel obstacle à la philosophie de la science. On ne chercha plus dès ce mo- ment à classer les différences , l'esprit ne fit plus d'effort pour s'en rendre compte ; le mot anomalie tint lieu de toute interprétation, il passa en habitude, et l'usage repété que l'on en fit, nous explique pourquoi les faits les plus simples , et qui se répétaient le plus souvent , ne condui- sirent à aucune des conclusions qui , désormais , J'es- père , sembleront naturelles. C'est ainsi que depuis long- temps on a signalé l'écusson de certains hémiptères , ( le genre Sculellère de M. Lamarck ) comme une cir- constance bien remarquable à cause de son excessif dé- veloppement, tandis qu'ailleurs il était rudimentaire, ou même ne laissait plus voir aucune trace. Cette observation curieuse fut bientôt négligée, et cependant si elle eut con- duit à apprécier plusieurs faits du même genre , on aurait obtenu sans douto,ce résultat très-important, auquel nous sommes arrivés ; que toutes les différences qu'offrent les insectes, que tous les organes anomaux quils présentent ne sont dus qu'à un développement moindre ou plus fvand de certaines parties , existant généraleme7it chez tous, et dès-lors la philosophie de la science était créée. Qu'on me permette de signaler d'avance cette con- clusion, et de l'ériger en principe. Mes travaux seraient très-peu utiles et fort mal appréciés si on la perdait de vue un instant. Toutefois le but que je me suis, proposé ne serait qu'imparfaitement atteint, et paraîtrait trop exclusif, si je n'embrassais dans la même pensée la série des animaux articulés. Les insectes ne sont pas plus pri- ( 'oi ) viléglés que les crustacés ou les arachnides , et ces deux classes ne le sont pas davantage que les insectes. Les uns et les autres éprouvent l'influence d'une loi particulière , qui préside au développement de telle ou telle partie de leur corps ; de là découlent toutes les différences, qu'on observe entr'eux. Le principe que nous venons de poser pour les insectes , est par conséquent applicable aux crustacés et aux arachnides. Nous croyons en avoir dit assez pour mettre à même de juger de l'esprit qui nous dirige; le travail que nous publions aujourd'hui sur le Thorax, et qui n'est que le premier fragment de notre analyse des parties solides des animaux articulés , les recherches que nous ferons connaître bientôt sur les systèmes digestif, nerveux , générateur , etc. , etc. , ont été entrepris dans cette nou- velle direction. On doit donc s'attendre h trouver dans tous nos travaux et en particulier dans notre anatomie du thorax, un grand nombre de faits , qui jamais ne seront ofEsrt» isolément maïs dont on dévoilera sans cesse les rapports mutuels. L'étude d'une pièce , sa comparaison avec une pièce analogue dans tous les animaux articulés, afin de noter les modifications variées qu'elle éprouve , tant pour le dé- veloppement et la forme que pour les fonctions ; l'in- fluence qu'exerce sa manière d'être sur les pièces voi- sines, sur certains organes et sur l'être tout entier, tels sont les développemens dont nous aecompagnerons le sim- ple exposé anatomique. Il est facile de concevoir qu'un tel examen ne résulte pas de quelques faits isolés , mais bien de la comparaison d'un grand nombre j aussi me suis-je occupé exclusive- ( 102 ) jnent depuis lafin de l'année 1818 .jusqu'au i5 mai 182», époque à laquelle mon travail a été présenté à l'Acadé- mie des sciences , à recueillir un grand nombre d'obser- vations, dans le but de donner à l'anatomie des annelides, des crustacés , des arachnides et des insectes , une direc- tion nouvelle , toute philosophique , et qui fût en harmo- nie avec celle imprimée par M. Cuvier , et dans ces der- niers tems par M. Geoffroy-Saint-Hilaire , à l'anatomie des animaux vertébrés. Je n'aurais pu cependant achever, si promplement , un travail dont les hommes exercés à la recherche des faits , apprécieront les difficultés en jet- tant un coup-d'œil sur les nombreux résultats qu'il a pro- duits ; je n'aurais pu, dis-je, achever sitôt ce travail , sans l'assistance précieuse des mes amis Auguste Odier , et Adolphe Brongniart, qui , très-Jeunes alors, ont acquis depuis un nom distingué dans la science. A l'aide de. leurs secours , j'ai pu observer au moins trois cents espèces différentes , et apporter à l'appui des recherche^que je publie, plus de douze cents pièces ana- tomiques. Il nous resterait maintenant à rappeler les travaux que la science possède sur le squelette des animau?; articu- lés ; car il est naturel de penser qu'avant d'entreprendre les nôtres , nous avons du consulter un grand nombre d'au- teurs , afin d'alléger là tâche que nous nous imposions , en nous servant des connaissances acquises, et en les grouppantpour en faire notre point de départ ; mais nous avons été trompés dans nos espérances. (i)Les auteurs les (1) Un observateur très -distingué, feu Jurine, et dans ces derniers temps, M. Chabrier ( Mém. dn Mus. d'hisi;. ( ic3 ) plus recommandables, el qui font autorité dans la science , ne nous ont fourni que des données plus ou moins vagues et sans cesse contradictoires. Nous avons employé beau- coup de temps à recueillir les définitions que les mé- thodistes ont faites du petit nombre de pièces qu'ils ont entrevues , et ce temps a été perdu , parce que , d'une part, il existe entre eux une discordance complète dans l'emploi ou l'application des termes , et , que de l'autre , aucune des parties qu'ils signalent n'ayantété étudiée isolément et après avoir été préliminairement désunie et désar- ticulée , ils ne sont d'accord ni sur sa forme , ni sur son développement , ni sur ses limites. C'est ainsi que les^ noms de Sternum et d'Ecusson , au lieu d'être donnés à des pièces dont les contours seraient exactement déter- minés , n'ont été appliqués à ces pièces que lorsqu'elles offraient certains caractères accidentels et de convention ; de manière qu'on rencontre à chaque page dans les ou vrages de classification , que tel insecte a un écusson , et que tel autre en est privé , que tel genre offre un ster- num , et qu'il manque dans tel autre. Le fait est que ces pièces existent dans tous les insectes , et qu'on a pris l'ap- parence pour la réalité en appliquant les noms de ster- nat.) ont étudié physiologiquenient le thorax des insectes; mais leurs recherches, entreprises dans un but très-différent des miennes et adaptées à la théorie qu'ils embrassaient , ne peuvent être considérées comme un travail d'anatomie comparative et philosophique; nous aurons cependant soin de citer comme synonimes des termes que nous em- ployons , les dénominations proposées par M. Chabrier, dans son Essai sur le voldes insectes, dont la publication est postérieure à la présentation de notre ouvrage à l'Aca- démie des Sciences. ( io4 ) num et (i'écusson h de simples accidens de formes. Nous avons cependant tâché de mettre h profit tout ce dont on pouvait tirer partie dans ce désordre. Les dénomina-» lions reçues de Thorax, de Sternum , de Scutellum , du Scutum, etc. , ont été religieusement conservées, seule- ment nous les avons définies de telle sorte que les pièces auxquelles nous les appliquons ne puissent jamais être méconnues , quelque développement qu'elles aient , et quelques formes qu'elles affectent. Nous ne saurions terminer ces remarques préliminaires sans adresser nos remerciemens au savant illustre auquel l'anatomie comparée et la zoologie sont redevables de tant de travaux, et qui a contribué d'une manière si efficace aux progrès de la science. M. Geoffroy-Saint- Hilaire a daigné plus d'une fois nous soutenir et nous gui- der dans la roule que nous parcourions , M. Lalreille qui nous honore d'une amitié toute spéciale a bien voulu aussi nous adresser, tant par écrit que verbalement, plusieurs observations qui ont contribué à l'amélioration de notre travail , en nous obligeant à fixer davantage notre attention sur plusieurs points que nous avions d'abord crus suffisamment éclaircis. Enfin j si un sentiment de modestie devaitl'emporter sur un vif senti ment de reconnaissance, et s'il était possible de satisfaire l'un en ne blessant pas l'autre , nous passerions sous silence le rapport honorable que M. le baron Cuvler fit à l'Académie des sciences , dans la séance du 1 9 fé- vrier 1821. La sanction d'un tel maître qui , après avoir approuvé nos débuts , nous encourage journellement dans nos travaux, est une garanlie flatteuse à laquelle nous attachons le plus grand prix. « ( »o5 ) CHAPITRE PREMIER. Observations sur le ■ sjstème solid& des animaux articulés. Lf.s parties dures sont aux insectes ce que le squelette est aux animaux vertébrés; c'est-à-dire , qu'elles sou- tiennent le corps et qu'elles en sont la charpente. Ne prétendant donner au mot squelette , que cette accep- tion très-anciennement admise et adoptée de la plupart des entomologistes, nous l'emploierons de préférence à la dénomination de Système corné extérieur , qui n'est point un nom , mais une phrase exprimant peut-être une comparaison erronnée. L'anatomie transcendante pourrait , il est vrai , envi- sager le squelette sous un tout autre point de vue et dé- terminer à quelle partie du corps des animaux plus élevés il correspond. MM. GeolTroy-St.-Hilaire et de Blainvillc ont abordé cette question; lepremier.cn comparant d une manière directe le système corné des insectes au système osseux des animaux vertébrés , elle second , en établis- sant une comparaison également directe entre ce système corné et la peau. L'opinion de M. de Blainville est l'opi- nion avouée de la plupart des anatomistes tant anciens que modernes : celle de M. GeofFroy^, au contraire , offre les caractères de la nouveauté , et elle en subira proba- blement toutes les conséquences , c'est-à-dire , que sans nier l'exactitude de son observation , on attendra , pour adopter sa théorie , que les faits nombreux qu'elle em- brasse aient éprouvé successivement un sévère examen. Quoiqu'il en soit de ce retard , il n'en est pas moins vrai, que la coafirmation de cette importante découverte ( Jo6 ) profilera à la science, et que la gloire en reviendra tout entière à son auteur. Si cette manière d'envisager le squelette des animaux articulés eut été utile à l'intelligence de notre sujet , nous l'aurions abordée franchement ; mais n'en voyant pas la nécessité absolue , nous nous abstiendrons d'en parler davantage. Nous aurons la même réserve pour ce qui concerne la composition anatomique et chimique des parties dures , et nous garderons le silence sur les ré- sultats obtenus par MM. Robiquet, Chevreul et Odier , nous réservant d'approfondir ces diverses questions dans une autre circonstance. Le système solide est formé par la réunion de plusieurs parties; elles n'ont pas reçu de nom général, et tandis qu'on dit dans les animaux vertébrés que le squelette est formé d'os , on est obligé de dire dans les insectes qu'il est composé de pièces. De plus , chaque os dans les ani- maux vertébrés a reçu un nom spécial , tandis que dans les insectes , la plupart des pièces sont ignorées ou très- incomplètement connues. La connaissance du système solide des animaux arti- culés est donc bien moins parfaite que celle du squelette des animaux vertébrés , et cependant son étude est in- dispensable et de la plus haute importance. Veut-on apprécier le faciès et les différences indivi- duelles que les espèces présentent ? c'est dans les pièces du squelette qu'on en découvrira la cause. Veut-on étudier les organes actifs du mouvement , leur étendue , leurs rapports ? ce sont les pièces du squelette auxquelles les muscles s'insèrent , qu'il faut interroger. Veut-on connaître les organes passifs de la locomo- ( 107 ) tlon terrestre , aquatique ou aérienne , déterminer le jeu des différens leviers ? c'est encore au squelette qu'il faut avoir recours. Veut-on enfin avoir une idée précise des organes des sens , de l'appareil digestif, respiratoire, générateur, etc. ? Ce sont les pièces du squelette auxquelles chacun d'eux correspond et aboutit qu'il faut consulter. Si l'on joint à cette influence générale , celle qu'il exerce en particulier, lorsque certaines pièces venant à se développer dans des rapports différens , entraînent avec elles un ou plusieurs organes , on se fera une idée assez exacte du rôle important qu'il remplit, et on conclura que son étude devait précéder celles des autres sys- tèmes. Toutefois elle a été très-négligée , et aucun observa- teur ne s'est livré spécialement à nous faire connaître les différentes pièces qui entrent dans sa composition. L'entomologie est donc encore au point où en était l'anatomie des vertébrés , avant que la connaissance indi- viduelle du squelette des animaux et de l'homme en par- ticulier , ail été entreprise et achevée; les idées acquises sont plutôt le résultat d'une comparaison éloignée , que le fait d'une observation directe et exclusive. Guidé par le flambeau de l'anatomie humaine , on a recherché dans les insectes des pièces auxquelles on pourrait ap- pliquer les mêmes noms : on y a reconnu une tête, des yeux , des mâchoires , une langue , des rotules , des cuisses , des jambes , des pieds , etc. Des analogies basées sur des apparences ne pouvaient s'étendre très-loin : aussi négligea l-on un grand nom- bre de pièces , qui ne permettaient aucun rapproche- ( ïo8 ) meut fondé sur les formes et les usages , et eu mécon- nût-o» plusieurs , qui , à cause de leur petitesse , écbap- pèrent à ce coup-d'œil général et superficiel. L'insecte aurait été certainement mieux connu, si on l'eût étudié plus inviduellement, et si on n'eût établi des comparaisons éloignées , qu'après avoir acquis une con- naissance parfaite de son organisation. Au lieu de cela , on prit pour point de départ les fonctions les mieux déterminées chez les animaux su- périeurs , et on regarda , comme analogues des pièces qui les remplissent , celles qui présentaient des usages semblables dans les insectes. Il est bien vrai de dire, que dans les insectes comme dans les animaux verlebrés , il y a progression^, vision, manducation , génération , etc. ; ce sont là des attributs plus ou moins généraux de l'être organisé vivant ; mais il n'est pas encore démontré que certaines fonctions soient remplies par les mômes parties , et que les ailes , le sternum, les hanches, les cuisses , les trochanters , les mâchoires , etc. , répon dent aux ailes , au sternum , aux hanches , etc. , des animaux vertébrés. J'en ai dit assez pour faire voir la distance considé- rable qui existe entre les connaissance acquises sur le système solide des insectes , et celles que l'on possède sur le squelette des animaux vertébrés. CHAPITRE II, Considérations générales sur le Squelette îles animaux articulés. Nous avons annoncé ces deux résultats curieux : 1." que le squelette des crustacés et des arachnides ne ( 109 ) différait de celui des insectes que par le mode d'accrois- sement des anneaux qui le composent ; 2,° que ces deux classes d'animaux i et que les insectes eux-mêmes ne différaient enlr'eux que par le plus ou le moins grand développement des parties qui les constituent. Nous pouvons dire maintenant , que c'est aussi au genre particulier de développement des organes , que sont dues les différences observées entre ces derniers êtres à l'état de larve , de nymphe et d'insecte parfait. Les for- mes variées sous lesquelles ils se montrent , et les méta- morphoses singulières qu'ils subissent , résultent en der- nière analyse du plus ou du moins d'accroissement des mêmes parties qui concourent à les former. C'est un fait démontré par les travaux de Swammerdam et de quel- ques modernes sur l'anatomie des chenilles , ainsi que par les belles recherches de M. Savigny , sur la bouche des Lépidoptères comparée à celle de leur premier âge (1). Cette observation est surtout applicable aux parties dures de l'insecte; dans la larve , en effet , chaque seg- ment est resté dans un développement à-peu-près uni- forme, tandis que chez l'insecte parfait .plusieurs ontpris un accroissement prodigieux. Telle est la cause de la différence énorme qu'on observe entre leur enveloppe extérieure à chacun de leurs âges. Ce fait est en harmo- nie avec les découvertes de Swammerdam et de M. Sa- vigny , puisqu'il tend à démontrer que les mêmes par- lies se retrouvent dans la larve et l'insecte , et que ces (1) Mémoirejur les animaux sans v crtchr es , pre- mière partie , f;remier fascicule. Un vol. in 8.° Paris , i8i6. ( no) deux états ne constituent pas deux êtres différens , mais bien deux modifications du même individu. La nymphe ou chrysalide est intermédiaire auxdeux périodes ; elle en est la transition , et est formée , comme la larve , d'anneaux simples , qui cependant n'ont plus enlr'euxla même uniformité. Cette uniformité est d'au- tant moins grande , que l'animal est plus rapproché de l'époque de sa dernière transformation. L'insecte parfait est le terme de ces changemens ; il en est le but. Considéré d'une manière générale , son squelette ne diffère de celui de la larve , que parce que les trois segmens qui suivent la tôle , ont acquis plus de volume , afin de supporter des appendices qui dans le premier âge étaient rudimenlaires et cachés quelquefois à l'intérieur. De cet accroissement, résultent les différences notables qu'il y a entre le thorax et l'ab- domen j différences qui disparaissent à mesure qu'on examine l'animal à une époque plus rapprochée du mo- ment de sa naissance. Les insectes à métamorphose quelconque , se ressemblent donc d'autant moins qu'ils sont plus voisins de leur état parfait; c'est alors seule- ment qu'on observe des modifications classiques , généri- ques et spécifiques , bien tranchées. Car , h l'état de larve , ces caractères ne pouvaient être que très-diffi- cilement saisis. Dans l'insecte parfait , les proportions relatives de certains segmens sont telles , qu'on ne reconnait plus de premier , de second , de troisième anneau , etc. ; mais qu'on distingue une Tête , un Tronc et un Abdo- men qui ont chacun des caractères propres. La tête supporte des mandibules , des mâchoires , ( 111 ) des lèvres , des yeux , des antennes. Le tronc est pourvu d'ailes et de pattes , tandis que l'abdomen offre de sim- ples stigmates. II sera sans doute intéressant de prouver que des par- lies si différentes sont dues au plus ou moins grand dé- veloppement des pièces semblables qui les constituent. Mais avant d'aborder les analogies qu'on pourrait éta- blir entre la tête , le tronc et l'abdomen , nous devons déterminer les pièces qui les composent chacun en par- ticulier , et pour acquérir à cet égard des notions très- exactes , il ne nous suffit pas de les étudier chez un in- dividu ; mais dans la série des insectes Hexapodes , c'est- à-dire , dans un grand nombre de changemens qu'elles éprouvent. Connaissant une pièce de la tête , du tronc ou de l'abdomen , il nous faudra la retrouver dans tous les insectes , ou si elle ne se présente pas , nous devrons en quelque sorte déterminer la cause de cette absence réelle, ou simplement apparente (i). Nous verrons la même pièce passer à des développe- mens, des formes et des usages fort différons. Ainsi, les parties de la bouche, comme l'a démontré M. Savigny , tantôt libres, jouiront de mouvemens et (i) En nous énonçant ainsi , nous entendons parler des relations intimes et constantes qui existent entre les pro- portions des parties; ainsi , le maximum d'accroissement du métathorax est toujours en rapport avec l'état rudi- mentaire du mésothorax; au contraire ^ le développement excessif de celui-ci entraîne constamment l'état rudi- mentaire de l'autre , etc. , etc. C'est un fait qu'il est facile de saisir pour peu qu'on se livre à une anatomie véritablement comparative. ( i'2 ) serviront à la masticaliou ; tantôt rapprochées et alon- gées , fornoeront des trompes ou des suçoirs. Ainsi, les segmens du thorax, en partie désunis ou soudés entr'eux , supporteront tantôt des ailes , tantôt des balanciers , tantôt des élytres , tantôt des épauletles , tantôt des volets , etc. Ainsi l'abdomen, variable dans ses proportions, con- tiendra des aiguillons , des tarières, des vésicules ana- les , un appareil pour le chant. Il supportera des stig- mates , des cocardes , etc. Le travail que nous publions aujourd'hui , et ceux que nous ferons connaître par la suite , démontreront que ces divers organes ne sont pas particuliers à quelques espèces ; mais qu'ils se rencontrent , ou du moins peu- vent se rencontrer dans tous les insectes avec des déve- loppemens , des formes et des usages variés. Tous les faits , d'ailleurs , nous amèneront à concl ure r 1.° que le squelette des animaux articulés est formé d'un nombi'c déterininé de pièces distinctes ou soudées inti- mement entr elles ; 2." que dans plusieurs cas , les unes dim,inuent ou disparaissent réellement , tandis que les autres prennent un développement excessif. 3." Que l'accroissement d\ine pièce semble exercer sur Icspiùces voisines une sorte d'influence qui explique toutes les différences qu'on remarque entre les individus de chaque ordre, de o/iaquc famille, de chaque ge7ire. Cette conséquence générale qui résulte d'observations nombreuses , comprend nécessairement la série incohé- rente des anomalies, qui ne sont réputées telles, qur. parce que jusqu'à présent on n'a pas embrassé dans les travaux anatomiques, la totalité des animaux articulés, et qu'on s'est fort peu occupé d'analyser comparative- m^nt les parties qui entrent dans la composition de leur squelette ; tous ces prétendus écarts de la nature ne sont en effet que des accroissemens variés et insolites de parties qu'on retrouve en général ailleurs, mais avec un volume, une forme et des usages très-divers. L'insecte, comme nous venons de le voir, suivant qu'il est larve, nymphe ou parfait, nous offre des différences notables dans son enveloppe extérieure; mais les deux premiers âges ne sont que des changemens qui se suc- cèdent et doivent amener la formation complète du squelette; c'est aussi ce dernier état que nous devons étudier spécialement ; les autres , ainsi que la manière dont se développe chaque pièce, et les métamorphoses que les parties éprouvent , trouveront naturellement place dans un ouvrage de physiologie. La réunion , c'est-à-dire l'ensemble de toutes les par- ties dures du corps , constitue le squelette. Il est formé lui-même d'un certain nombre de segmens transver- saux, qui tantôt sont mous et tantôt sont durs. Cette différence nous oblige de choisir pour sujet de nos re- cherches , les animaux pourvus de parties dures, afin d'apprécier leur mode de développement. Mais parmi les segmens on en distingue plusieurs qui ont pour carac- tère de supporter des appendices supérieurs, ou ailes, et d'autres qui en sont dépourvus. Le développement des ailes étant en rapport constant avec celui des pièces qui les supportent, nous avons dû commencer l'étude du sque- lette par la classe des insectes hexapodes qui nous offrent cette particularité; il est indispensable, en effet, pour arriver h la connaissance parfaite du système solide des ar- ticulés, de partir du point où les pièces qui le Compoivut ( i'4 ) ont acquis leur plus grand accroissement, parce qu'a- lors, les parties étant bien formées, bien distinctes et dans leur maximum de fonctions, on peut les suivre et les reconnaître dans tous les changemens qu'elles éprouvent , jusqu'à ce qu'elles viennent à disparaître, et alors, se dirigeant d'après certaines lois, on explique encore la cause de leur absence. Mais avant de nous livrer à l'étude curieuse des dé- tails i examinons les caractères essentiels propres au squelette des articulés; prenons une idée de son ensem- ble ; ce premier coup-d'œil, sur ce qu'il offre de général , laissera déjà entrevoir quelques résultats importans. On sait que le squelette des articulés est composé de segmens qm sont eux-mêmes formés par un nombre dé- terminé de pièces; le caractère le plus apparent de cha- cun d'eux est de supporter une paire de pattes et deux ouvertures pour les organes respiratoires. Mais à côté d'un anneau qui offre ces parties, on en voit ordinaire- ment un grand nombre d'autres qui sont privés de l'une d'elles, ou chez lesquels elles manquent toutes. Les segmens en outre diffèrent entr'eux ou se ressembleùt par leurs proportions; plusieurs ont atteint souvent un accroissement excessif; d'autres fois , tous ont pris un ac- croissement semblable. Le squelette alors est formé d'an- neaux d'un même volume, et c'est même le Cas le plus simple du squelette de l'animal articulé. On doit, en effet, regarder comme une circonstance très-simple, celle où chaque pièce, comme chaque segment, présente un développement égal et uniforme, de telle sorte que, con- naître la composition d'un des anneaux et limiter leur ncîTibrô , c'est connaître l'animal tout entier. Mais cet état de simplicité e«t ce qu'on observe le plus rare- [ (115) ment; il est bien plus commun de voir chez le même individu des différences dans la composition et le volume; tel anneau supporte des pattes et des branchies , tel autre n'en offre aucune trace; tel est pourvu d'ailes, tel autre en est privé; celui-ci est très-étendu . celui-là d'un petit volume. Pour apprécier la cause de ces différences et pour s'en rendre compte , il est essentiel de se créer un point de -départ convenable. La Scolopendre est un des articulés les plus simples , en tant que l'on admet comme simple l'animal offrant un squelette uniforme, c'est-à-dire , formé de parties é36 ) Rapport fait à l'A endémie des Sciences, par M. Des- FONTAiNEs , sw un Mémoire de M. Adrien de JussiEu, relatif à la famille des Eupliorl/iacées. { i8 Août 1825. ) Les caractères des Enphorbiacées, entrevus par Lin- neus et imparfaitement exposes par Adanson , ont été enfin fixés dans le Gênera plantarum , où l'on trouve la description de trente genres appartenant à cette famille. Depuis la publication de ce dernier Ouvrage , elle n'a encore subi que de légères modifications ; mais dans ces derniers temps , les recherches des voyageurs ayant con- sidérablement augmenté et même plus que doublé le nombre des genres et des espèces , elle a besoin d'un nouvel examen. Le nom de Tricoccœs donné par Linneus aux Euphor- biacées , et adopté par quelques auteurs , ne doit pas être admis, puisque la plupart n'ont pas le fruit à trois co- ques , et que plusieurs même ont un. fruit sans coques. M. Adrien de Jussieu croit ayec raison , que celu id'Eu- phorbiacées, déjà reçu depuis long-temps et employé dans beaucoup d'ouvrages postérieurs à Linneus , doit être préféré, •Le nombre des espèces d'Euphorbiacées augmente progressivement , en allant des zones glaciales vers l'E- quateur , et l'influence des climats leur imprime .comme aux autres végétaux , une forme particulière et distinc- tive; celles des tropiques sont ligneuses ou charnues , celles des contrées froides ou tempérées sont herbacées et souvent annuelles. ( »57 ) Les Euphorbiacées se distinguent par leurs propriétés excitantes et délétères , qui , réparties assez généralement dans leurs divers organes, sont particulièrement con- centrées dans l'embryon , et cela est si vrai , que quand on l'a séparé des graines du pignon d'Inde , de la noix de Bancoul , de VOmphalea, de L'Hevea , etc. , on peut en manger le périsperme, et l'huile de ricin est un purga- tif doux, lorsqu'avant de l'extraire , on a eu soin d'ôter l'embryon : sans cette précaution , elle dcvient-draslique. Les graines des Euphorbiacées sont toutes huileuses, et l'huile est si abondante dans le Drjandra et dans le Stillingia sebifera, qu'on l'extrait pour la brûler dans les lampes et pour d'autres usages. Le suc de plusieurs espèces contient les élémens de la gomme élastique. A la Guyane , on la relire de Vlievea , et on en retrouve des traces dans le Ricin ,1'Hipponiane , le CastiUoa ,1e Sapium aucupaviuni dont le suc visqueux et gluant sert à prendre les oiseaux. Plusieurs Euphorbiacées , comme le Tournesol , VAr- gjtamnia ,no[re mercuriale vivace , contiennent un prin- cipe colorant, enfin les Croton balsamiferum , aroma- t'iciun , CascariUa , dans lesquels le principe acre et caustique , moins abondant , est uni à un principe aro- matique ,sontemployés comme vulnéraires ,et on en fait usage même intérieurement. Les fleurs des Eupljorbiacées sont unisexuelles ; mais les fleurs mâles de certaines espèces ont des pistils avor- tés. Plusieurs fleurs femelles contiennent aussi des dé- bris d'étamines ; s'il se trouve quelquefois des fleurs hermaphrodites , on doit les regarder comme purement accidentelles , parce qu'elles ne sont jamais qu'en petit ( »58 ) nombre , et que d'autres individus de même espèce en sont enlièrcnient dépourvus. Les Euphorbiacées out-cllcs quelquefois des corolles , ou doit-on regarder comme un double calice les appendice» colorés que l'on remarque dans plusieurs espèces ? Cette dernière opinion, admise par un auteur dont M. Adrien de Jussieu doit à plus d'un titre révérer les décisions , Ini paraît néanmoins devoir être combattue. L'enveloppe intérieure que l'on regarde comme une duplicature du calice , n'offre pas le même tissu que l'extérieure ; elle se flétrit et tombe séparément , et la disposition de ces deux enveloppes n'est pas la même dans le boulon ; d'autre part , si l'on regarde certains appendices qui se trouvent dans la fleur , comme des pétales , on sera forcé d'en admettre un très-grand nom- bre ; car ils y sont souvent très-mullipliés , et ils alter- nent assez fréquemment avec les étamines ; mais lors- qu'une fleur , comme dans diverses espèces de Jatro- pha , a une enveloppe extérieure divisée en plusieurs parties , et en outre une seconde enveloppe intérieure , indépendante de la première , d'un tissu plus mince , et teinte de couleurs plus ou moins brillantes , on sera nécessairement porté à regarder la première comme un calice et la seconde comme une corolle. Or , plus de quinze genres d'Euphorbiacées ont une enveloppe inté- rieure colorée et analogue à celle des Jalroplia ; h la vérité , cette seconde enveloppe existe dans certaines espèces , tandis que d'autres, qui ont beaucoup d'afll- uité avec elles , en sont dépourvues. D'après les faits ex- posés ci-dessus , l'auteur pense que les Euphorbiacées ont quelquefois une corolle ; mais que la corolle n'est pas un organe important dans cette famille. ( i39 ) Les deux enveloppes dont on vienl de parler n'exis- tent pas dans VExcœcaria , le Coinmia et quelques autres , où une simple écaille accompagne les organes de la reproduction. Toutes les autres EuphorLiacées ont un calice ordinairement à cinq divisions , et assez souvent celui de la fleur mâle diffère de celui de la fleur femelle. Les pétales , quand la corolle existe , sont communé- ment en nombre égal aux divisions du calice avec les- quelles ils alternent. Quelquefois ils sont plus nombreux, comme dans VAleurites ; leur nombre le plus commun est de cinq , il n'y en a que quatre dans le seul genre Argytamnia. Enfin , la corolle de quelques Jatropha est monopétale. Les appendices intérieurs des enveloppes florales sont des glandes , des écailles , des membranes distinctes ou soudées en anneau et qui forment quelquefois un cy- lindre autour de l'ovaire. Au reste , les formes variées que présentent ces organes, qui sont souvent autres dans les fleurs mâles que dans les fleurs femelles , doivent rentrer dans la description des genres et des espèces. L'auteur examine la disposition des différentes parties de la fleur avant son épanouissement , et il observe qu'elle n'est pas la même dans tous les genres, et que celle de la corolle diffère presque toujours de celle du calice , lorsque ces deux organes se trouvent réunis. Les élamines dans le bouton se présentent sous deux états différents , tantôt le filet a déjk toute sa lon- gueur , alors il est tordu ou plié sur lui-même : tantôt il est vertical , court ou presque nul , et il ne se déve- loppe qu'après l'épanouissement de la fleur. ( '4o ) Les Euphorbiacées ont deux , trois , cinq ou un plus grand nombre d'étamines , qui n'excède guère celui de dix ; les filets sont libres , monadelphes ou polyadel- phes , et les anthères sont souvent soudées ensemble. Le réceplacle sur lequel s'insèrent les filets , est plane ou cylindrique; leurs formes ainsi que leurs soudures sont très variées, et s'il arrive que ceux qui sont réunis en un seul corps se divisent à différentes hauteurs, alors ils paraissent rameux, le Ricin en offre un exemple. Quelquefois il y a un rudiment de pistil au centre de la fleur mâle , et si l'on voulait réunir les Euphorbiacées aux plantes hermaphrodites et les classer d'après l'in- sertion des étamines , on devrait les regarder comme hypogynes, puisque les fdets sont attachés au réceptacle et au-dessous du rudiment du pistil. La forme et la structure des anthères , décrites impar- faitement et souvent omises par les auteurs , sans doute à cause de leur petitesse , méritent cependant d'être ob- servées. L'auteur a toujours vu que les anthères étaient à deux loges et non à un plus grand nombre de loges , qu'elles s'ouvraient longitudinalement en dehors et non transversalement , comme quelques auteurs l'ont avancé. Elles sont globuleuses , ovales , cylindrirjuos , quelque- fois fléchies en différenssens , soudées ensemble ou dis- tinctes , redressées ou pendantes; les stigmates des fleurs femelles , placées sur l'ovaire ou s;ir les styles , sont glan- duleux , souvent divisés en languettes quelquefois plu meuses. Les styles sont soudés ou distincts , entiers ou bien bifurques une ou plusieurs fois ; mais dans tous les cas , le nombre des styles et de leurs divisions est dans ua rapport constant avec celui des loges do rovaire. ( i4i ) Les stigmates de quelques Euphorbiacées ont une forme particulière qui mérite d'être observée. Celui du DaUc/iampta est évasé et ressemble à un entonnoir ; ceux du Plukenetui et du Hura sont peltés. Le premier a quatre lobes ; l'autre , dont le volume excède celui de l'ovaire, est composé de douze à dix-huit rayons. Le stig- mate du Janlpha se divise en plusieurs lobes , qui par leur réunion , forment une masse sinueuse et sillonnée profondément ; enfin , le Gjnoôn , nouveau genre de M. Adrien de Jussieu , a trois stigmates l'éunis en un corps ovoïde plus gros que l'ovaire , et qui ont chacun la forme d'un segment de sphère , tronqué à sa base. Si l'on coupe transversalement un ovaire ,on y trouve plusieurs loges disposées circulàirement, et séparées les unes des autres par des cloisons. Chaque loge renferme un ou deux ovules suspendus supérieurement à l'an- gle interne des loges ; mais à l'époque de la maturité , ces organes éprouvent des changemens remarquables. On y distingue alors : i.° une enveloppe extérieure, con- nue sous le nom de sarcocarpe; a." un tégument inté- rieur de consistance ferme , qui se replie vers le centre du fruit et en forme les loges , c'est l'endocarpe ; 3." en^ fin,, un axe central , autour duquel les loges sont fixées. Le sarcocarpe, ou enveloppe extérieure du fruit, est mince ou charnu , lisse , ridé , garni de soies , parsemé de tubercules et quelquefois dépeintes semblables à des épines. Les loges , connues sous le nom de coques , ont deux faces, l'une externe , convexe , l'autre interne , formée de deux plans , soudés ensemble sous un angle plus ou moins obtus. Cet angle interne s'applique contre l'axe ( i42 ) central , et vers son sommet se trouve une ouverture pour le passage des vaisseaux qui vont à la graine. Dans quelques genres dont les coques ont des parois épaisses , tels que VAnda du Brésil , elles se greffent et ne for- ment qu'un seul noyau à plusieurs loges. L'axe central a la forme d'une pyramide renversée ou celle d'un prisme ; quelquefois il est ailé , quelque- fois conique , et il n'existe même pas toujours. Les vaisseaux nourriciers du fruit vont les uns à son enveloppe extérieure , les autres à l'axe central , d'où partent des ramifications qui se répandent sur la sur- face interne des loges , et vers leur sommet , d'autres ramificalions sous-divisées en autant de petits faisceaux qu'il y a de loges , se rendent aux ovules dont elles for- ment le cordon ombilical. A l'époque delà maturité , les vaisseaux se dessèchent , leurs adhérences se détruisent , les coques se séparent de l'axe central, qui persiste ; elles s'ouvrent commu- nément par le bord interne en deux valves élastiques , et l'enveloppe extérieure y reste presque toujours adhé- rente ', mais ce qui est assez rare , lorsque l'enveloppe est compacte , comme celle du buis , en s'ouvrant elle entraîne les loges avec elle; quelquefois les coques et leur enveloppe, quand elles sont charnues , se soudent en un seul corps qui ne s'ouvre pas. Le fruit est le plus ordinairement à trois loges , quel- quefois à deux ', d'autres fois elles excèdent le nombre de trois ,ct on en compte quinze à dix-huit dans le Hura. Le Cvotonopsis est le seul genre qui n'en ait qu'une. La graine est suspendue au côté interne et un peu au-des- sous du sommet de chaque loge , le cordon ombilical ( 143 ) est grêle et court , à l'endroit de son union avec la graine il s'élargit en une arille charnue qui la couronne ou la recouvre. L'attache des ovules offre quelques différences remar- quables dans certains genres , tels que le Savia , dont chaque loge est remplie , presque en totalité, par une masse charnue , suspendue à son sommet et qui s'oLlitère aux approches de la malurilé. M. Adrien de Jussieu a encore observé le même organe, mais plus petit dans VAmanoa , et le Leptonema , nouveau genre qu'il a établi. La forme des graines est très-variable j l'auteur en décrit avec beaucoup de soin les tégumens, l'embryon et sa position , les cotylédons ^ le périsperme , et il fait connaître les modificalions qu'offrent ces divers organes dans un grand nombre d'espèces. LesEuphorbiacées sont herbacées , ligneuses ou char- nues; celles-ci ont des côtes saillantes, ou bien elles sont parsemées de tubercules et même garnies d'épines ; leurs feuilles sontsessiles ou peliolées , alternes , rarement op- posées , quelquefois réunies en faisceaux, accompagnées de petites stipules écailleuses et fugaces ; elles sont sim- ples , entières , dentées ou crénelées , quelquefois divisées en lobes; leur surface est lisse , garnie de soies ou d'as- pérités , et l'on remarque souvent une ou deux glandes sur leur pétiole. Les fleurs, surtout les mâles , étant très-petites , leur analyse exige beaucoup d'attention. Leur disposition sur les rameaux mérite d'être observée avec soin , parce qu'elle est presque toujours uniforme dans les genres et même dans les groupes qui ont de l'affinité , et qu'elle ( ï44 ) ' offre de très-bons caractères pour les rapprocheir ou les séparer. Les poils sont simples ou étoiles , quelquefois tuber- culeux à la base et glanduleux à leur sommet. Les glandes sont sessiles, pédonculées, globuleuses, coniques ou ex- cavées en godet. Dans la seconde partie de son Mémoire , l'auteur exa- mine la valeur relative des caractères généraux qu'il vient d'exposer , et il en déduit les règles qu'il a suivies pour former les sections et les genres , et pour les dispo- ser dans l'ordre de leurs afllnités. Les fleurs unisexuelles , la disposition des loges autour d'un axe central , le nombre d'une ou deux graines dans chaque loge suspendues vers le sommet de la loge , un périsperme charnu , les cotylédons planes, la radicule supérieure, sont les caractères généraux et distinctils des Euphorbîacées. L'auteur les divise en deux grouppes , dont l'un comprend celles qui ont deux graines dans chaque loge de l'ovaire , l'autre celles qui n'en ont qu'une. Le premier de ces grouppes se sous -divise en deux sections. La première renferme les Euphorbiacées à deux graines dans chaque logo de l'ovaire , dont les fleurs mâles ont un rudiment de pistil , et dont les étamines sont attachées autour de sa base. Dans la seconde se trouvent celles qui n'ont point de rudiment de pistil , et dont les étamines sont insérées au centre de la fleur. Le second groupe d'Euphorbiacées , h loges monosper- mes , beaucoup plus nombreux que Je premier, et dont les fleurs mâles n'ont point de rudiment de pistil , ne peut être divisé , d'après le même principe , et l'auteur a ( r45 ) été obligé d'employer d'autres caractères pour le par- tager en sections; les genres qui , comme VEaphorbiai le Dalechampia , etc. , ont les fleurs entourées d'un in- volucre , forment la première section du second groupe. Une seconde section réunit les genres dont les fleurg dépourvues d'involucres et accompagnées de feuilles florales , sont rapprochées en petits faisceaux formant un épi sur un axe commun. Le Sapium appartient à cette division. Un troisième se compose des genres qui ont les fléurà également réunies en faisceaux disposés en épi sur un même axe , mais dont les feuilles florales sont très-petites et dépourvues de glandes , tels que la Mercuriale et l'^/-» cornea. Enfin les genres y^rfe/ta , Ricinus, Jatropha, etc. , dont les fleurs en épî , en grappe ou en panîcule , n'offrent aucun des modes d'inflorescence de trois sections pré- cédentes sont compris dans la quatrième. Les caractères variables, tels que la présence ou l'ab- sence de la corolle , le nombre des divisions du calice , celui des étamines , leurs fdets soudés ou distincts , les anthères à loges unies ou séparées, la forme de l'o- vaire et du fruit , sa consistance , le nombre de ses loges , etc. , ne peuvent servir que pour la distinction des genres. Le travail dont nous venons de faire l'analyse , ren- ferme un grand nombre d'observations nouvelles et in- téressantes sur les Euphorbiocées, famille composée au- jourd'hui de plus de mille espèces, et qui bien que naturelle et très-distincte , offre des variations nombreu- ses dans la forme , la structure et la disposition des 1* lO ( »46 ) organes. Un second Mémoire faisant suite à celui dont nous venons de donner l'analyse , contient les descrip- tions de 85 genres d'Euphorbiacées. dont i5 sont nou- veaux ; plusieurs de ceux que l'on connaissait précédem- ment ont été rectifiés, et M. Adrien de Jussieua jointe ses descriptions des dessins de sa propre main , qui re- j présentent fidèlement les caractères distinclifs de chacun de ces "-enres , et qui en facilitent l'intelligence. Ce travail nous paraît très-digne d'être imprimé dans les Mémoires des savans étrangers ; il nous fait espéi'er que son jeune auteur soutiendra la réputation d'un nom depuis long-temps célèbre dans la Botanique. Signée BE LA. BiLLARDi^RE , Desfont.unes, Rapporteurs. La partie descriptive du Mémoire sur les Euphorbia- cées de M. Ad. de Jussieu n'étant pas susceptible de lec- ture , le rapport ci-desîus n'a pu qu'en indiquer les prin- cipaux résultats; mais l'auteur ayant bien voulu nous en communiquer un extrait , nous compléterons l'analyse de ce travail important en ajoutant ici le tableau général des genres de cette famille avec leurs caractères distinclifs, et quelques détails de plus sur ceux fondés par l'auteur. EUPHORBIACE/E. Sect. I. LoeuU z-ovulati , stamina definita, sub pistiUi rudimento centrait , sessili , inserta. DRYPETES , Vahl. Flores diœci , fasciculati ; calix 4.6-partitus. cf* Stamina 4- 6 disco inserta. $ Styli et stig- mata-1-2. Ovarium 1-2 loculare. Fructus drupïeformis, j i-2-spermus. ( i47 ) THECACOmS, Ad. Juss. Flores diœcî?c/*Calix 5-6- partitus. Slamina 5 , in prœfloratione erecla, laciiiiis ca- licinis opposita , sub pistilli rudimeoto obconico inserta ; filamentis flexuosis , quorum apici dilatato utrimque adnexiantherarum loculi distincti ovati. Glandulae 5 sla- minibus alternse. ÇCallx 5-parlltus. Slyli 3 crassiusculi , aplce bifidi. Ovarium disco glanduloso împositum , gla- brum , 3-loculare , Icculis 2-ovuIalis. Fructus Caulis lignosus. Folia alterna, i-sttpulacea , stipu- Its mtnutis , caducis , petiolata , intégra , glabra. Flo- res in raccmis basi bracteatis , axillaribus terminali" busve, solitariis aut geminatis , laxi, breviter peduncu- lati , singuli bracteolati. OBS. Species unica Madagascariensis, quseinherbariis sub Domine Acatypiiœ glabratœ , Vahl. mss. — No- men a loculis anlherarum dislincUs. — Flores diversi sexûs in diversis speciminibus , an et in arboribus? PACHYSAlNDPiA,MiCH. Flores monœci , spicati. Ca- lix 4-sepalus bracteatus. ç/Stamina 4 . filamentatis dila- lalis. Ç Styli etstigmata 3. Capsula 5-cornis , 3-cocca , 6-sperma. BUXUS, L. Flores monœci , glomerati aut (in Tri- CERA ) racemosi. Calix 5-sepalus , braclealus. 5i ) PhjUanthi cernuœ ; genus igitur aut delendum aut re- cognoscendum. PhjUanthus cernua, P. Rhamnoides et qusedam alise vicinae Indicœ aut Timorenses quibusdam ca- racteribus a Phyllanlho discrepant ; an inde novum genus instituendum , médium Phyllanlhum inter et Glochidion ; nonne potiùs , nedùm nova gênera a Phyl- lantho detrahantur , ipsi quaîdam alia consocianda , ut XjlophyUa , Emblica , Kirganelia, Cicca , Menarda, Agjneia. XYLOPHYLLA . Linn. Flores monœci , ad crenulas ramulorum folia simulantium. J* Stamina 2-3 connata. Ç Styli 5. Stigmata lacera. Capsula 3-cocca, 6-sperma. MENARDA, Commers. mss. Flores monœci. Calix magnus persistens , 5 partitus. ^ Stamina 5 , fllamentîs liberis, antheris adnatis ,extrorsisj glandulse 5 calici al- ternée. $ Styli 3 crassi, bipartiti ; ovariiim disco glandu- loso latiori impositum (caetera ut in Phyllantho). Arbuscula , ramis opposîtts alternisve. Folia at- \ terna , aut sœpiùs opposita , stipulacea , intégra, gta~ bra. Flores axillares'f>solitarii, aut pauci fasctculati , fœmtnet masculis mixti, longissimè et tenuissimè pe- dunculati , bracteati. Obs. Species unica Madagascariensis {Herb. Juss. et Mus. ) — Congener \\àet\iT PhjUanthus multiflora. PoiR, quse ex eâdem re[;ione. MICRANTHEA. Desf. Flores monœci cf Calix ô-se- palus. Stamina 3 circà discum glandulosum. $ Calix 6- partitus. Styli et stigmata 3. Capsula Scocca , 6-sperma. AGYNEIA , Linn. Flores monœci. çf Calix 6 partitus , intùs disco membranaçeo 6-lobo vcstitus. Filamentuna ( .152 ) colupinare 3-antherifcruni. Ç Calix 6-parlitus. Styli 3 biûdi. Capsula 3-locularis, G-sperma. ANDRACHNE, Lim- Flores monœci. Calix 5-partî- tus. Petala 5 aut o. çf Stamina 5 couuata in slipileni pls- tilli aborlivi. Ç Slyli 5 Lifidi. Capsula 3-copca ,G-speruîa. CLUYTIA, "NViLLD. Flores diœci. Calix 5-partitus : Petala 5. çf Slamina 5 connala in slipilem pislilli ahor- tivi. $ Slyli 3 bifidi. Capsula 5-locularis 3-sperma. BPiIhDELlA , WiLLD. Flores monœci. Calix 5-fidus, Petala 5 minuta, (f Slamiat» 5-counata in pislilli abortivi stipitem impositura disco basim calicis veslienti. Ç Styli 2 bifidi, Ovarium tubo 5-fido involutum. Fruclus car- nosus, 2locularis, 2-4-spermus. l 1Î5ECT. III. Locidl l'Ovidati. Flores, stamlnibus défini- lis aut indcfinilis , sœpè coroUati, fasciculati , spicati,, raçetnosi aut panicidati. ARGYTHAMNIA, Pat. Bb. Flores monœci, ^ Calix 4-parlitus. Petala 4- Stamina 4 > sub pistilli rudimento îi^frà coalita. 9 Calix 6.-p.arlitus. Petala o. Styli 5 bisbi- fidi. Sligmala lacera. Capsula 3-cocca. D|TAXIS, Vahl. mss. Flores monœci. Calix 5-par- titus; prœfloratio valvata. Petala 5 alterna; praefloratio convolutiva. mais nous avons résolu dès l'instant où nous avons entrepris ces re- cherches de ne point nousen occuper. Il est inutile d'in- sister sur les raisons qui nous ont engagés à prendre une telle détermination ; elles sont de nature à pouvoir être comprises et appréciées parla plus légère réflexion. Nous espérons toutefois que ce sujet fixera l'attention de quel- que anatomiste habile, et qu'on trouvera , surtout à Paris, dans les cadavres des malheureux frappés parla loi , les moyens de remplir une lacune qui n'a pourtant pas beau- coup d'importance. Nous n'ignorons pas , en effet , que l'homme possède aussi des animalcules , puisque c'est sur une telle liqueur qu'ils furent vus par Leewenhoeck pour la première fois. Depuis cette époque, ils ont été fréquemment observés , et nous ne citerons ici que de Gleichen , Buffon et Spallanzani dont les expériences doiventsuflire pour confirmer le témoig^nagc de Leewen- hoeck et d'Hartsœker. Si la semence de l'homme ren- ferme des animalcules , il ne reste donc qu'à fixer leur dimension absolue pour rendre faciles les comparaisons qu'on désirerait établir entre l'espèce humaine et lesmam- ( 18; ) mîfères qui l'a voisinent. Pour donner h de telles expé- riences une utilité réelle et indépendante de la simple curiosité , l'en devrait donc commencer par un examen attentif des animalcules de quelques singes. Si nous en eussions trouvé l'occasion , nous aurions cherché plus soigneusement peut-être à nous procurer des cadavres humains qui fussent propres à ce genre d'expériences i mais dans l'état actuel de la question , on conçoit sans difficulté que l'histoire des animalcules de l'homme n'of- fre qu'un intérêt trop faible pour engager des observa- teurs délicats à surmonter le dégoût qu'inspire une sem- blable investigation. Note sur un nouveau genre de la famille des Nérttflcées (i); Par g. p. Deshayes , Membre de la SociéiL' d'Histoire iialureilede Paris. Dans la famille des Nérilacées de M. Lamarck , for- mée des quatres genres Navicelle [Septaires. Ferussac) , (i) Celte Notice fut communiquée à la Société d'his- toire naturelle, dans sa séance du 19 décembre iSaS. Je proposai de donner au nouveau genre le nom de Tomos- tome (Tomosf orna), mais j'ignorais alorsqueM. Sowerby, dans le Numéro de novembre de son Minerai concfiotogy , en avait donné connaissance sous une autre dénomination. Pour éviter de donner deux noms aux mêmes objets , ce qui occasionne toujours une confusion désagréable pour l'étude , j'ai adopté le nom générique de M. Sowerby , ainsi que les noms spécifiques pour les deux premières es- pèces. Ce mémoire renferme des détails qui avaient C 188 ) Ncritine , Nériteet Natice ,on a sans doute remarqué une- transition assez brusque entre les Navicelles et les Né- ritines ; en effet , les Navicelles sembleraient , d'après leur forme et d'après l'espèce de cloison qui partage leur cavité , appartenir plutôt à la famille des Calyplra- ciens dans laquelle des Conchyliologues distingués les avaient rangés ; mais si nous faisons attention que dans les Crépidules qui s'en rapprochent pour la forme , la coquille est ioujours irrégulière , que le sommet incliné sur le bord ne présente rien de fixe dans sa position , que la lame sepliforme elle-même se ressent de l'irré- gularité générale , et si ensuite nous voyons les animaux qu'elles contiennent vivre comme tous les Calyptraciens, fixés sur les corps sous-marins , dont ils prennent paur ainsi dire , l'empreinte , soit par leurs bords , soit même par leurfoi'me générale ; si nous ajoutons enfin que les Crépidules sont toujours dépourvues d'opercules , 011 sentira mieux les différences essentielles qui doivent éloi- gner les Crépidules des Navicelles , puisque celles-ci sont toujours régulières, operculées comme les Néritines , ce qui donne lieu de penser que leur animal est éloigné du genre de vie propre à celui des Crépidules. Ce qui ajoute une présomption de plus pour les séparer , c'est que les Crépidules vivent dans la mer , les Navicelles au con- traire n'habitent que les eaux douces. On remarque une lacune considérable entre les Na^ vicelles et les Néritines; les premières n'offrent point de spire , sont presque patelliformes , les secondes se mon- échappé à cet observateur, et contient de plus une espèce qu'il n'a pqs connue. i 189 ) tfonl globuleuses et possèdent conslainmcnl une spire: ii était donc à désirer que l'on pût trouver des coquil- lages qui remplissent cet intervalle , qui servissent de transition du premier de ces genres au suivant ; tel est aussi le résultat que l'on peut atteindre au moyen de notre nouveau genre. Nous ne présenterons point de coquilles vivantes , nous n'en connaissons aucune qui puisse se placer dans le nouveau genre. Les espèces que nous allons décrire , sont des coquilles fossiles , aussi intéressantes par le passage qu'elles forment , que par leur gissement. En «ffet, deux d'entr'elles furent trouvées en Angleterre dans rOolite , terrain ancien , qui semble exclure les coquilles littorales dans presque toutes les circonstances , et qui , ici, les montre avec une sorte de profusion. On y rencontre aussi des Cérites, des Turbos , des Toupies , desTérébra- tules, des Polipiers, et d'autres corps qui ont de l'analogie avec des portions d'Encrinites , et ce qui est remarquable , c'est qu'ils offrent tous de nouvelles espèces. Tous ces corps ont été découverts et recueillis par M. Miller, célèbre géo- logue anglais, et m'ont été communiqués par M. Onder- wood. La troisième espèce vient du calcaire grossier des -environs de Paris , de Mouchy-le-Châtel près Beauvais où nous l'avons découverte , et d'où M. Defrance , depuis , en a reçu quelques-unes , et de Houdan , où ■M. Lambotin l'a trouvée le premier. Genre Piléole , Pileolus , coquille patelliforme , ré- ■gulière , elliptique ou circulaire , conique , sommet droit ou légèrement en spirale , incliné en arrière ; face inférieure concave , tranchante sur ses bords ; ouverture entière , petite , à peine du tiers de la face inférieure , ( »90 ) bord columellaire denté ou strié , bord droit lisse. Observations. Il est évident, du moins pour nous, que le genre Piléole fait le passage des Navicelics ou Septaires aux Néritines. Nous voyons en effet le sommet commencer à se relever , à quitter le bord pour devenir subcentral , et même , dans une espèce , montrer un commencement de spire inclinée à droite , ce qui donne une indication pré- cieuse pour placer convenablement ce genre. Ainsi, la famille des Néritacées de M. Lamarck , composée d'a- bord de quatre genres , en renfermera désormais cinq , si les Conchyliologues adoptent le nôtre , ce sera dans l'ordre suivant qu'ils devront être placés pour se trouver dans leurs rapports les plus naturels : i." Navicelle , 2.° Pi- léole, 3." Nériline , 4-° Néritc , 5.» Natice. Lorsque des observations assez bien faites et assez nombreuses auront prouvé d'une manière précise et rigoureuse que les Né- ritines et les Nérites , quoique vivant dans des circonstan- ces différentes , les unes dans les eaux douces , les autres dans les eaux de la mer , sont pourtant d'une seule ori- gine , et sortent d'un même type primitif modifié , sui- vant les causes locales d'habitation , alors seulement , l'un des deux genres étant supprimé , la famille des Né- ritacées restera composée de quatre genres. Il serait im- portant de décider si le genre Piléole est marin ou fluvia- tile ; nous ne nous dissimulons pas la difficulté que nous aurions à le faire : nous pouvons dire pourtant qu'il est bien probable que les espèces trouvées en Angleterre , sont marines , et que celles des environs de Paris, rencon" trées dans des terrains marins , ont dû habiter les mers qui couvraient nos contrées. On peut cependant objec- ter que ces terrains renferment dans un état de mélange I ( 19» ) «t des espèces évidemment fluviatiles et des espèces ma- rines. Cette objection très-juste a dû laisser dans notre esprit une incertitude que des observations ultérieures pourront peut-être détruire. Voici les trois espèces que nous rapporterons à ce genre. i.Piléolelisse,Ptïe d'insectes et de coquilles , une suite pré- cieuse de minéraux et de roches étaient le résultat de son voyage. On n'avait jamais vu peut -être tant de ma- tériaux réunis par un seul homme et en si peu de temps; mais celui qui les avait rassemblés avec un dévouement si généreux , resta sans récompense, et livré à des pri- vations d'autant plus cruelles , que les fatigues d'un long voyage avaient altéré sa santé. Il avait toujours été d'une constitution faible , et il souffrait beaucoup d'une hernie et d'un catharre chronique de la vessie , dont il avait été attaqué pendant son séjour en Amérique. Il sentit le besoin de goûter quelque repos et de s'entourer de soins affectueux, et il se maria en J790. Dès-lors il sembla vouloir se séparer du monde pour ne plus vivre que dans le sein de sa famille. L'indifférence de ses compatriotes et ses infirmités avaient influé d'une ma- nière fâcheuse sur son caractère, et le commerce qu'il entretenait avec les savans se ressentit bientôt de celle ( 207 ) disposition de son ame. Il passa plusieurs années dans un isolement complet , et nous ne possédons aucun tra- vail botanique de quelque importance qui date de cette époque. Il s'occupa beaucoup alors de zoologie. Sa collection de coquilles était une des plus riches et des mieux nommées , et il prétendait que sa méthode de classification avait eu quelque influence sur les idées de quelques auteurs justement célèbres dans cette bran- che de l'histoire naturelle. Il paraît que ce fut dans le même temps qu'il commença l'admirable collection de dessins analytiques , qu'il n'a pas cessé d'augmenter jus- qu'à la fin de sa vie. Les nombreux témoignages d'estime qu'il reçut de la part des savansles plus distingués de l'Europe , la justice qu'on rendit à ses talens , et surtout un âge plus avancé avant rendu à son ame le calme dont il avait été privé pendant plusieurs années ; il n'eut pas do peine à se rap- procher de ceux qui avaient regretté sonéloignement , et n'avaient cessé de reconnaître son mérite. Il fut choisi pour remplir la chaire de botanique à l'Ecole de méde- cine ; quelques années après , il fut élu membre de la première classe de l'Institut , dans la section de zoolo- gie et d'anatomie comparée. La Société royale de Lon- dres l'admit au nombre de ses correspondans , et il fut nommé membre de la Légion d'honneur. La place de professeur à l'École de médecine l'obli- geant à faire toutes les années un cours public de bo- tanique , il remplit cette tâche avec le plus grand succès. Il ne «e contentait pas d'exposer les élémens de la science et les caractères des genres , il donnait encore ( 212 ) des leçons d'analyse. Les plantes à la main , il expo- sait dans les termes les plus simples la structure , les rapports et les diverses modifications des organes. On sentit tellement l'utilité de ces démonstrations, que dés botanistes déjà très instruits , ne craignirent pas de ve- nir se placer parmi les élèves , pour écouter l'illustre professeur. Tous les dimanches Richard faisait une her- borisation dans la campagne. Alors il était entouré de deux ou trois cents élèves qui se pressaient autour de lui : sitôt qu'il croyait pouvoir leur faire trouver une plante intéressante , il s'enfonçait le premier dans les marais , il franchissait les haies et les fossés , il se frayait un chemin à travers les broussailles , il oubliait ses in- firmités; on eût dit qu'il avait retrouvé toute la vigueur de sa jeunesse. Ce ne fut que dans les dernières années de sa vie , et pendant une longue convalescence , qu'il confia le soin de ses élèves 5 son fils Achille Piichard , qu'il avait instruit et qui , par les ouvrages qu'il a pu- bliés depuis , s'est montré digne de le remplacer. Richard était avare de son temps , il redoutait les vi- sites. Pour être bien accueilli de lui , il fallait annoncer le désir de s'instruire. Le travail était son unique jouis- sance , et lorsque les fonctions de sa place l'obligeaient à quitter son cabinet , et qu'un Beau soleil lui parais- sait favorable à ses observations , il s'écriait avec dou- leur : encore un jour perdu pour l'analyse I Ce n'était ni pour sa réputation ni pour augmenter sa fortune qu'il travaillait avec tant d'ardeur ; il aimait la science pour elle-même; son unique but était de mieux connaître l'organisation des plantes, de déterminer leurs ( 20. ) affinités , de découvrir quelque nouvelle îoid'analoraie ou de physiologie végétale. Malgré la gêne qu'il éprouvait quelquefois à cause de sa nombreuse famille, il rejetta toujours avec dédain les propositions qui lui furent faites de s'associer à des entreprises lucratives ; il ne voulait s'occuper que de ses analyses. Il ne put cependant conserver toujours le calme nécessaire pour ses méditations. Blesiéde quelques atta- ques dirigées contre ses écrits , il voulut répondre , et il le fit avec une animosité qui lui attira des répliques dés- agréables. Ces discussions , fâcheuses pour son repos , ont eu cependant un résultat utile , en ce qu'elles ont éclairci des questions importantes , et qu'elles ont donné lieu à la publication de plusieurs Mémoires excellens. En 1818 , les souffrances que Richard avait jusqu'a- lors supportées avec courage et résignation devinrent beaucoup plus violentes , et il fut obligé de renoncer à tout travail suivi. Une obstruction intestinale fit craindre pour ses jours : les soins de sa famille et l'habileté des médecins ne purent lui rendre la santé , mais ils calmèrent ses douleurs et prolongèrent sa vie. Pendant deux ans encore il profila de tous les intervalles de calme pour continuer ses observations. Quelques jours avant sa mort, il recommanda à son fils d'arroser de petites plan- tes dont il voulait faire l'analyse. Ce fut le 7 juin 1821 qu'il fut enlevé aux sciences , à l'âge de 67 ans. Quoique Richard n'ait publié qu'un petit nombre d'ou- vrages , il est certainement l'un des hommes de sou siè- cle qui ont le plus contribué aux progrès de la botani- que ; l'influence qu'il a exercée se fera sentir surtout par les travaux de ceux qui se sont pénétrés de ses prih- 1. i4 ( 2io ) cipcs , et qui marchent sur ses trnccs. Personne n'a poussé plus loin l'art d'observer la nature jusques dans les moindres détails : la difficulté d'une recherche étai t pour lui une raison de s'en occuper : l'organiSïtion la plus compliquée était celle qui Tinléressait le plus : il passait des mois eritieb à suivre une observation , lorsqu'elle lui paraissait devoir répandre quelque lumière sur un point encore obscur. Il possédait au plus haut degré l'art du dessin. Toutes ses figures offrent les détails les plus minutieux, avec une netteté et une exactitude admi râbles ; il savait que c'est seulement par de telles aUa lyses qu'on parvient k faire d'heureux rapprochemcns. Ses écrits sont quelquefois d'un style négligé ; mais il n'en est aucun qui ne contienne des observations neuves et profondes , et le peu d'ouvrages qu'il a laissés suffisent ''pour illustrer son nom. Son analyse du fruit est un tra- *vail absolument neuf, et qui ne laisse rien à désirer. Il a examiné et fait connaître à fond lès familles les plus dilTiciles , telles que les Graminées , les Orchidées , les Mydrochàridées, les Conifères , etc. , et c'est lui qui a ' inspiré à la génération actuelle le goût de cette analyse rigoureuse et de cet examen approfondi , qui caraétéri^e essentiellement l'École française. Richard a laissé un nomhre prodigieux de mâtériàiixi inédits. Gommé il cherchait les lois générales , il avait étû* dié avec le même soin lés pi us petites Cryptogàiiiës et lé» i plantes lés "plus compbs'éès , et plusieurs découvertes! importantes faîtes depuis cîni|Uàùté'âils, Se ti'otlvént dans ses manuscrits. G'èst ainsi qu^il âVait récontiu avaàl Hedwîg la véritable structure des mousses , sàils pour- tant attribuer les mêmes fonctions à leurs organes. Quoique l'Institut , voulant s'attacher Richard , l'eût J '( 1" ) nominch une place vacante dans la section de Zoologie , on ne pensait pas qu'un homme qui avait fait en Ixo-- tanique des travaux si ipipprtaas Çjut eu Je loisir de s'in- struire à fond dans les autres parties de l'histoire natu- relle. On ignorait assez généralement que pendant son séjour en iAmérique , il avait, réuni un grand nombre de matériaux précieux pour laZoologie, l'Anatomie compa- rée et la Géologie. C'est seulement en examinant ses man-uscHts ,.ses. dessins et les préparations conservées dans son cabinet , qu'on a pu se faire une idée de l'é- tendue et de la variété de ses con^aissances ; on a re • connu alors que son siècle a produit peu d'hommes qui puissent lui être comparés (i). Nous possédons de Richard : ^ly •Dictionnaire élémentaive de jBût(in>i(^e , par Bulliard} revu etipfesquo.çpt|ièremçntrefotndu. ,,Am dam, 1800. ' . ...if ' .; — ^ . ' \:[^.lbï\.,-A""^r\ (1) Les Rédacteurs de cet Recueil doivCHfc à l*bbligea»te amitié de M. Achille Richard , les manuscrits de son père , sur la Zoologie et l'Jnatomie comparée. Ih se pvo^o- sent de les publier, successivement, et d'y joindre, les dps- sins nombreux et remarquables qui les, accompagnent. C'est donc à plus d'un titre qu'ils ont youlp, placer ici la notice qu'on vient de lire, et que M., Kunlh ayaif compc- aée pour la Biographie Mmvcrsei/e. Elle, servir^ d'intro- duction aux Mémoires de M. Richard, et. -les Rédacteurs se plaisent à la considérer en même temps comme un té- moignage de leur haute vénératiqn pour nilustre auteur de V Analyse du fruit, et comme un honirhage fendu à sa mémoire, et auquel tous les NaturaliStess'ettipt^sse- ■ A T ^ - .jf. ,; 1 . ront ae souscrire. ' . '•' ■ ^i ( 2Ï2 ) Outre plusieurs articles inlérc^sins , comme Baie , Bulbe , Pré floraison, Arillc , etc. , objets dont Richard a fait le premier connaître la véritable nature ou l'im- portance pour les rapports naturels , cet ouvrage est re- marquable à cause de 1 2 tableanx présentant toutes les modifications des divers organes d'une plante ; c'est le catalogue le plus complet et le plus philosophique des termes techniques. II. Commentatio de Convallaria Japontca. L. , no- Dunt geniis cojistituente : prœmissis nonnullis circa plantas liliaceas observationibus. {Nouv. Journ. de Bot., par Schrader, tom. II. , p. 1. , 1807). III. Mémoire sur les Ujdrocharidécs. (Méni. de l'In- etitut, 1811 , p. 1.). IV. Démonstrations botaniques , ou Analyse du fruit considéré en général, par Richard , publiées par Duval, 8." 1 808. Ouvrage qui , à cause de sa grande concision , de la difficulté de l'objet qu'il traite et delà masse d'observa- tions quis'ytrouventaccumulées, exige plusieurs lectures, même de la part de ceux qui sont versés dans la science des végétaux; mais on est récompensé de cette peine par les idées exactes , les définitions précises et la marche philosophique que l'auteur a introduites pour la première fois dans une des parties les plus difficiles de la botani- que, la connaissance du fruit; et l'ouvrage de Gœrtner fierait bien plus parfait, si son auteur ne l'avait publié qu'après avoir eu connaissance de celui de Richard. Il y a deux traductions de l'Analyse du fruit : l'une en allemand, par M. Voigt, avec les noies de Richard (Leipzig, 1811), et l'autre en anglais, par M. John Lindley (Londres, 1819). Nous allons exposer les idées de l'auteur. Tout fruit ( 2i5 ) est composé de deux parties, du péricarpe, qui en dé- termine extérieurement la forme , et de la graine qui s'y trouve renfermée. Ce qui est en dehors de la graine appartient au péricarpe , et le hile est leur seul point de contact. Le péricarpe est formé par un parenchyme ( sarcocarpe ) revêtu extérieurement d'un épiderme {épiearpe) , et tapissé en dedans par une membrane.. {endocarpe). Quelquefois (daûs les fruits à noyau), la partie interne du sarcocarpe acquiert une consistance osseuse ou ligneuse. La connaissance de l'ovaire doit précéder celle du fruit. Sa cavité est tantôt uniloculaire ,^ tantôt divisée par des cloisons en deux ou plusieurs loges. Les vraies cloisons sont une continuation de l'endocarpe; elles alternent toujours avec les stigmates ou avec leurs lobes, et se distinguent par ces caractères des fausses cloisons. Les graines sont fixées sur des placentas {tro~ phospermes) , par des cordons ombilicaux {podosper- mes). Quelquefois, le sommet du podosperme prend, après la fécondation, une expansion (arille) plus ou moins grande. La base du péricarpe est indiquée par sou point d'attache ; son sommet, par la trace du style ou du stigmate ; ce dernier caractère distingue le péricarpe d'autres enveloppes, auxquelles on a donné impropre- mentcenom. Le péricarpe peut rester clos [indéhiscent) ^ ou se rompre et s'ouvrir de différentes manières , parmi lesquelles la déhiscence valvaire (en deux ou plusieurs valves) est la plus commune. Elle se fait tantôt au milieu des loges [d. loculicide) , tantôt vis-à-vis des cloisons (d. scpticide) , tantôt elle rompt les cloisons, qui alor^, ne tiennent plus aux valves {d. septifrage). A celle oc- casion , Richard indique les moyens pour se garantir des erreurs daus lesquelles peut iiiduiic uue fauss& dchisr ( -^'^ )■ cciicci n est iiécesfe'aiféde savoir distinguer an fruit c&m- posé d'avec un fruit simple; ce dernier doit êlre le pro- dui't d'une Seule fleur* Un seul style., une loge ou la pré- sence des véritables cloisons établissent l'unité du fruit.' Comme l'ovule est toujours révêtu d'un tégument , le p^é^carpe ne peut jamais manquer par conséquent : il n'existe pas de graines nues; celles que l'on a prises pour telles, ont le péricarpe très-mince, ou soudé avec lé té- gument propre de lâ graine. La graine est cette partis du fruit qui, sous une envcr loppe unique ( ^/>t*/)erme) , renferme un corps [amande), dont toute la masse ou une partie seulement est le ru- diment d'une nouvelle plante. La cicatrice (hile) par laquelle la graine était attachée au péricarpe , désigne sa èaS&; son sommet, lorsqu'il n'est pas indiqué par la di- rection' des vaisseaux ou leur réunion [chalaze) , se trouve , en tirant une ligne du centre de la base par le point central de la masse totale. Une graine peut être fixée au fond [dressée) ou au haut {renversée) de la loge , ou bien se trouver attachée latéralement par son sommet (^susjiendue) , par sa base {ascendante^ ou par son mi- lieu ( éritrope ) . La connaissance de l'adnexion et de la direction de la graine est essentielle pour établir des rapports naturels. L'épisperme est toujours simple, mais quelquefois séparableen deux lames. Tantôt l'amande con- stitue seule l'embryon [em.brjonsépispermi(jues) .tantôt «Ile est composée de deux corps ( l'embryon et l'endo- spemie) dissemblables, contigus [embrjons extraires) ou enveloppés [embryons intraires) l'un par l'autre, sans continuité parenchymale {embryons endospermiq ucs) . La pluralité des embryons est une monstruosité. Chaque ciiibrycn préscnlc une exlrémilé radiculaire et une ( «»5 ) extrémité cotylédonaire. Il est nécessaire de considérer-, outre la directmy propre de l'embryoïji , sa direçtiotu »*e/aïtv« au péricarpe {direction périeurpique) ,ou bien $ la graine {d. spermique). L'embryop peut suiyre la di- rection de la graine {homotrope , et ofthotrope , s'il est en même temps droit) , ou une dirççtîpn. contraire (iinft- trope) , ou ni l'une ni l'autre [hétérûtrope) . Il est ap- pelé arnphitrop&, quand ses deux extrémités se rappro- chent du hile. Les parties essentielles d'un embryon, sont : 1." Xa Radicule (toujours indivise); a." le Cot^- l.édpn (unique et complètement clos , ou au nombrç d^ deux ou plusieurs , opposés ou verticiHés) ;: 5," la Tigellfi (ou prolongement delà radicule aboutissant à k base des cotylédons); et 4''' la Gemmule (ou Plumule). L'absence ou la présence de l'embryon distinguent les inembr^'onces. ( Cryptogames , Acotylédopées ) des em- brjonces (Phanérogames). Ces dernières spnt P.ourvyes d'organes sexuels et se reproduisent par un. emb.ryon. Elles se divisent en Endorhizes et en Exorhizes. Dans les Endorhizes, l'extrémité radiculaire renferme un ou. plusieurs tubercules radicellàires qui en sortent par la germination pour former la racine de la plante ; dans les Exorhizes, cette extrémité devient elle-même la racine. L'embryon des Endorhizes est ordinairement entouré d'un eudosperme {endospermique et intraire) , rarc- Bjient il en est dépourvu. Dans l'un ou l'autre cas {B.tipr pi<9: » Hydrocharis , Nymphœa, Graminées, etc.), la radicule prend quelquefois un volume extraordinaire i^ernbryov^ macropodes). Ce renflement est appelé- f^itellus ou Scutellum par Gsertner. Richard démontre que la structure des embryons macropodes ne difïïre pa?- Qssen licllenicut de celle des autres Enclorhijes, et ciiç {2.G) des exemples analogues , même parmi les Exorhîzes. Les embryons exorhizes présentent ordinairement l'une des deux extrémités fendue en deux ou plusieurs cotylédons , rarement ( Cyclamen ^ Cuscuta , Lecjtliis ) l'embryon constitue un corps à surface parfaitement ho- mogène , dont un bout s'alonge ou grossit en racine , l'autre se comportant comme une gemmule {Exorhizes acotjlédons). On rencontre encore quelquefois les deux cotylédons soudés en un seul [embryons macrocépliales) . Quand [dans le Bhizophora , etc.) l'embryon germe ou commence à germer dans le péricarpe encore attaché h la plante , il porte le nom de blastocarpe. Richard promet de prouver que les Conifères et ïes Cycadées sont celles des Exorhizes qui ont le plus d'affi- nités avec les Endorhizes. V. Analyse botanique des Embryons endorhizes y ou monocotyledonés j et particulièrement de celui des Graminées. ( Ann. du Mus. , tom. 17 , pag. 2 23 et 442' l8ii). La première partie de ce Mémoire , un des plus im- portans pour la Carpologie , contient des descriptions d'un grand nombre d'embryons monocotylédons , ac-. compagnées des figures d'une précision admirable. Dans la seconde partie , pour traiter convenablement le prin- cipal sujet, l'organisation des embryons des Graminées , Richard est obligé de développer plusieurs idées énon- cées seulement dans son Analyse du fruit. Nous avons vu que la structure de l'embryon, son développement par la germination ou son absence totale , ont fourni à Richard la base de ses deux grandes divisions : les Em- bryonées, pourvues de sexe et de graines, et les Inem- hyonées , privées d'organes sexuels , et se mulîipliant (217) par (les Sporutes , corps reproducteurs , d'une nature particulière. Une sporule ne contient aucune trace d'em- bryon; elle n'a point besoin de fécondation , son déve- loppement est une simple expansion de sa masse : com- posée d'un tissu cellulaire et revêtue d'une épîderme , elle ne constitue avant sa formation , qu'une partie inté- grante de son réceptacle. Au lieu de deux , Richard dis- tingue maintenant trois modifications principales parmi les embryonées , les Endorhizes , les Exorhizes et\es Sjnrhi- zes. Ces derniers tiennent en quelque sorte , le milieu entre les deux précédens ; le sommet de leur radicule est attaché à une substance endospermique , qu'il déchire » en émettant par la germination un tubercule interne , qui devient la racine de la plante. La gemmule est située entre les bases de deux ou de plusieurs cotylédons. Le défont ou le mode de déplacement de l'épisperme pendant la germination des Endorhizes , font distinguer ht Richard trois modes de germination. Tantôt l'épispemm renfermant le cotylédon reste fixé latéralement près la gaine de celui-ci ou près de son prolongement vagini- lere {g. admotive) , tantôt l'épisperme est éloigné de cette même partie par l'éîoignement du cotylédon dont il enveloppe le sommet ( g. retnotivc). Les embryons macropodes présentent un troisième mode ( g. Immo- tivé ) ; les tégumens séminaux restent fixés au bas d© la jeune plante par l'extrémité immobile de leur radi- cule. Dans la germination admolive , l'épisperme avec les parties qu'il renferme, reste le plus souvent sous terre {g. subtcrranéc ) ; rarement il pousse au dehors ( g. cxtcrrance ). La germination rémotive admet quatre modes {g. foliaire, filairc , acicidaire et claviculaire) , feclon îc développement ou la forme de la. partie du co- lyJédon qui surmonte la gaine. La germination immo- tivé se divise, en, germination basilaire ep g. latérale , h dfecnii^re est; particulièfe aux Graminées. Dans une digression sur les parties accessoires dy, fruit des Graminées , Richard établit pour ses diverses parties, une- terminologie nouvelle. Il rejette les noms de calice et corolle , appliqués improprement aux écailles florales des Graminées , qu'il compare.aux spalhelles, de plusieurs autres endoçhizes. Il appelle glume celfesj, qui entourent, immédiatement les organes sexuels , et épicène celles qui sont extérieures k la glume. Le nectaire do Schreber ( qu'il compare aux soies du Dulichium , a,ux paléoles du Fuirena , à la cupule du Seleria et à l'utricule da Çarcx ) reçoit le nom de gtumelle. Le fruit des Graminées est le plus souvent renfeir-ïDé^. dans la glume. Le péricarpe , ordinairetpent mince et membraneux , fait presque toujours tellement corps avec Tépisperme .qu'ils semblent ne former qu'un seul tégument {caryopse-) ; mais à chaque fruit il faut dis- tinguer une face Interne et externe ; l'aréole embryo • naie se trouve à la base de celle-ci ; à l'autre face , sou- vent munie d'un sillon , on remarque le hile ( nommé Spile , par Richard ) , au travers du péricarpe , en forme do tache ou de ligne brune. L'embryon appli- qué latéralement et obliquement à un endosperme fa rinacé , constituant la majeure partie de l'amande , se compose de deux parties , de l'Hjpoblaste , corps plus ou moins applali , d'une substance charnue et d'une forme variable, et du Blaste , petit cylindre couché lon- gitudinalenient sur le milieu de ce corps , et fixé par sa partie moyenne, de sorte que les deux extrémités res- l<:nt libres. Quelquefois on observe vers le milieu dis ( 2'9 ) Lîasle un petit appendice en forme d'onglet , qui porte chez Richard le nom d' Epi blaste. M. de Jussieu et d'au- tres botanistes , regardent l'hypoblaste comme le véri- table cotylédon. Gsertner le considère comme un corps d'une nature intermédiaire entre le cotylédon et r.en- dosperme , e* le nomme Vitellus, D'après Richard , au contraire , l'hypoblaste est une véritable radicule ( ou un renflement particulier de celle-ci ) , dépourvue de la faculté de développer une radicelle, et dont l'épiblaste. n'est qu'un prolongement. La partie supérieure du blastei (la gemmule de certains botanistes ) est le cotylédon , et l'inférieure (la radicule de ces mêmes botanistes) est une bosse radiculaire {Radiculodc ) de la tigelle , ana- logue aux tubercules radicellaires , que la germination développe sur celle de plusieurs embryons. Pour appuyer celte théorie , Richard rappelle l'embryon du Zanicliel- lia , renflé à sa base , et celui du Peckea et du Clusia formé presque entièrement par la radicule. L'observation de M. Poiteau , que les Endorhizes n'ont point de racine pivotante , lui fournit un autre argument. Comme , sui' vantson explication ,1e riz aurait le cotylédon renfermé dans la radicule , il fallait trouver ailleurs des exemples d'une même organisation. Le Peckea butjrosa lui en fournit un lout-à-fait semblable , et Y Hjdrockaris pré- sente au moins quelque analogie. L'hypoblaste ne sup- porte aucune lésion , non plus que la radicule dans les autres plantes; en le détruisant, on empêche l'embryon de germer j ce que l'on n'a pourtant pas à craindre dans les Graminées , quand on coupe seulement la radiculode. Richard tire de la germination une dernière grande preuve de sa théorie. Lorsque le fruit des Graminées se trouve dans des circonstances favorables pour germer , ( 280 ) la radiculodo perce dehors , en rompant ses enveloppes , et s'ouvre vers son sommet , pour laisser sortir une ou rarement plusieurs radicelles qu'elle engaine à sa base , sans s'accroître davantage. En même temps , les bosses latérales qui existent sur la tigelle développent leurs ra- dicelles , le cotylédon s'alonge dans un sens opposé et forme un tube , d'où sort une première feuille. L'hypo- blaste ne prend point d'accroissement sensible. Après avoir rempli ses fonctions nutritives , il se flétrit; l'en dosperme qui s'était amolli et changé en pulpe amyla- cée se dessèche , et est entraîné dans la destruction dos autres tégumens séminaux- Richard finit son Mémoire en alléguant des nouvelles- observations qui prouvent que le Nelumbo elle Njni phœa doivent être rangés parmi les Endorhizes. VI. Examen critique de quelques Mémoires anato- mico-p/ijsiologico-botaniques de M. Mirbet. (Journal de Phys. ) — VII. Proposition d'une nouvelle famille de plantes, les Butomces. (Mém. du Mus. , t. i , p. 364) — ^VIII. Annotationes de Orcliideis europœis. {Ibid. , lom. 4 j P* 23 ). — IX. Mémoire sur lanouvelle fam,ill& des Calyeérées. {Ibid. , tom. 6, pag. 28). — X. Mé- moire sur ta nouvelle famille des Balanopliorêes , ter- miné et publié par M. Achille Richard. [Ibid. ,tom. 8 , pag. 4o4)' — XI. Mémoire sur les familles des Coni- fères et des Cjcadécs. Ouvrage manuscrit, accompagné d'un grand nombre de figures d'analyse, les plus parfaites que nous possédions. — XII. Richard est l'auteur ano- nyme du Flora Boreali-Amerlcana de Michaux , en deux volumes, i8o3. — XIII. Il a publié plusieurs Mémoires conjoinlcmcnt avec M. de Jussieu , sur dos faimlies nouvelles : les Loranthécs ,, les Gesnériccs^. (2.1 ) hs I^béliacées (Ann. Ju Mus.), etc. —XIV. Cata- lof'ue des -plantes de Cajenne envoyées par Leblofid, dans lequel Richard a mentionné un grand nombre d'espè- ces nouvelles. {Act. de la Soc. d'Hist. nat. de Paris). XV. Mémoire sur le Ljgeum spartum ( Ibid. ) — XVI. Extrait d'une instruction pour les voyageurs naturalistes {Ibid). Richard y examine , entre autres , quels sont , dans les animaux , les différens organes qui fournissent les meilleures caractères , et qu'il importe le plus au naturaliste-voyageur de bien étudier. Observations sûr le Lethrus cephalote , et Description de trois espèces nouvelles ; Par g. Fischer. lEslrait de l'Entomographla Imperii Russici , tome i.", p. i33.) Le genre Lethrus, établi par Scopoli et adopté mainte- tenant de tous les entomologistes , se composait d'une seule espèce , le Lethrus cephalotes. M. Fischer , sans revenir sur les caractères génériques parfaitement déve- loppés par M. Latreille , décrit trois espèces nouvelles et ajoute quelques détails curieux sur les habitudes de l'in- secte que l'on connaissait déjà. Nous offrirons aux enio- mologistes ces observations importantes , consignées dans un ouvrage rare et peu connu. 1. Lethrus cephalote, Lethrus cephalotes Fabr. , Ouv. , Latr. , etc. , etc. , et Fischer (Tab. xiii , fig. i). Longit. 8—9 lin. Latit. , Thor. 5—6. lin. L. Totus nigerj Thorace elytris que lœvibus. Le Lethrus cephalote est un insecte très-nuisible aux ndroits cultivés , parce qu'il cherche de préférence les ( 2 2-2 ) "bonpgeonsel les feuilles h peine apparentes , et les coupe net avec les pinces tranchantes de ses mandibules ; oû l'appelle eti Hongrie , 6îi il fait beaucoup .de lïiâl aux vignes , Schneider ; c'est-à-dire , coupeur. Il grimpe très-bien , et après avoir coupé le bourgeon *^(4fe>la^ plante, il revient sur ses pas en marchant à ' reculons comme une écrevisse , et emporte son butin 'dans le trou qu'il habite. Chaque trou , creusé dans la terre ,■ est occupé par un couple; mais, à l'époque des amours , il arrive souvent qu'un mâle étranger vi^nt troubler la tranquillité du ménage et cherche à s'intro- duire dans l'habitation. Alors , il se livre un combat vé- hément entre le mâle propriétaire et le mâle usurpateur, La femelle ne reste pas inactive ; elle bouche l'ouverture du trou, soutient son compagnon, et le poussant sans cesse par le derrière , elle entretient l'animosité du com- bat; l'action ne cesse qu'apf es . la mort ou la fuite de 1 aggresseur. ■ • . ' Grandeur du Geotrupe stercoraire , ou un peu , plus ^ petit. Tête grande , large , proéminente , avec des ex- . pansions latérales qui de chaque côté portent les yeux; ces prolongemens sont arrondis ; chaperon formant une partie semi-circulaire et élevée de la tête. Lèvre émar- ; ginée , très-peu raboteuse en haut , dontle creux est, rem- pli par un renflement. Mandibules triangulaires et fortes , très grosses dans les femelles , et ayant dans les mâles un appendice dentiforme très-grand, courbé vers l'inté- rieur. Ces appendices pouvant bien, être des. crampons avec lesquels l'animal se tiendrait en grimpant et en marchant à reculons, ou se défendrait en combattant. Corseletplus large que l'abdomen , lisse ,Jargementéchan- cré en avant et en arrière , et rebordé des deux côtés. ( 225 ) Ecusson large , triangulaire cl lisse. Elylrcs réunies , listees , rélrécies postérieurement et embrassant la base de l'abdo- tnen. Poitrine se prolongeant beaiucoup eh aVt-îèt'e (à cause de Cela l'abdomen a très-peu de longueur , et Ids 'dernières pattes paraissent insérées tout près de l'anus^) "Corps nbir en dessous et brillàïit.' Cuisses portant eh *'àvalît un disque garni de sôiés rousses. Jambes anté- 'rieures un peu plus longues que le prolhorax, comprimées et dentées en dehors. Deux dents paraissent principale- ment, les autres sont oblitérées. En Sibérie , près du Volga , en Podolie et près de Kharkôw. 2. Lethrus a brossés, Lethtns scop'àriùs ,WiècnÉt. (Tab. xni, frg. 2). Longk.'% \ Um , iatit. b lin. L. Niger, SiipfàscabriuSûùlus ', inftàvillosu», tlbiis anticis scopatis. Presque de la même grandeur qiiefe prééédèfnt ;■ mais s'en distinguant par son corps raboteux , felu en bas, et par ses jambes garnies de soies plus- serrées;' oreilles ou appendices de la tête plus larges et carrées. Tête ressem- blant à celle du Lethrus céphalote; niais offrant un plus grand nombre de points imprimés , ce qui la rend' rabô- 'ïèuse; le chaperon plus arrondi et portant deux tubei'- ■'cules longitudinaux ; lèvre supérieure , et mandibules 'Velues. Prothôràx rebordé , abords telus , très-raboteux , ^'à càlïse des points enfoncés'fju'oil y c^bserye. Ecusson large ^à sa' base , triangulaire et pointillé. Elylres raboteuses et gâriiies de soies courtes. Corps velu en dessous et pattes ^ garnie^ de soies plus l6ngues qui forment à l'èxlrénnfilé "des jambes de dèvaiît des brossés très-distinctes et roides. Dans les steppes mérîdiorikles'd'Oreriboùrg. 3. Lethrus LONGiMANE, Lethrus (onginianus , F ïScniÈn. (Tab. xiii , fig. 3). Longii. 5 /m. latit. 4 /«*»• ( 2./, ) L. Negrescenti vlolaceus nitidus , scabriusculus , ti- bits anticis tongis , lotis dentatis. Beaucoup plus petit que le Letrhuscéphalote. Têie ra- boteuse et présentant une cicatrice frontale formée par des points enfoncés rapprochés les uns des autres; appendices de la tête larges et carrés. Corselet raboteux et très-re- bordé ; écusson court , triangulaire et canaliculé. Elytres réunies , beaucoup plus étroites que le prothorax et un peu plus longues , raboteuses , avec plusieurs impressions li- néaires. Corps garni inférieurement desoies; pattes anté- rieures velues , jambes ayant une longueur proportion- nelle assez grande , comparées au prothorax. Leur som- met ayant trois épines et offrant six dentelures dans leur longueur. Jambes postérieures très -épineuses. Habite aussi les steppes méridionales d'Orenbourg. 4. LethrusdePodolie, Lef/irtts/'orfo/tcMs, Fischer. Longit. 6 lin, ; latit. 4 ^t**' L. Totus niger , thorace [œvi, eljtris rugosulis. Un peu plus grand que l'espèce précédente, etsedislin- guantdu Lethrus céphalote par les caractères suivans ; tête munie d'un chaperon presque carré ; mandibules offrant une carène vers le haut ; dent qui se voit en bas , dirigée en avantetproportionnellement moins grande. Corselet lisse, mais cependant tant soit peu pointillé , ses bords latéraux et postérieurs plus réfléchis; écusson alongé, pointu et non triangulaire ; élytres raboteuses , avec une trace de lignes imprimées. Corps présentant inférieurement des petits pores et des petites soies; pattes garnies d'épines , et jambes de devant plus distinctement dentelées avec une épine simple et non triple au sommet. Habite la Podolio australe. Monographie du genre SPIR.EA; Pneédée de quelques Considérations sur la famille des Rosacées ; Pab m. J. Cambessedes ; Correspondant de la Société d'Histoire naturelle de Paris. XJES Rosacées forment, dans le Gênera de M. de Jus-' sieu , la dixième famille de la quatorzième classe , dans laquelle sont renfermées les plantes à corolle polypétale périgyne; elles se divisent en plusieurs tribus. A leur tête sont les Pomacées , qui ont les plus grands rapports avec la famille des Myrtacées , et qui sont ca- ractérisées par leurs ovaires , soudés en tout ou en partie avec le calice, contenant le plus souvent deux ovules ascendans et collatéraux (le Cydonia seul présente une dixaine d'ovules, étalés horizontalement et alternes). M. Lindley (i) a publié un Mémoire très-intéressant sur ce groupe. (i) Feu M. Richard et M. Lindley semblent croire que dans tout le groupe des Pomacées , les ovules et les graines sont ascendantes ou dressées etcollatérales. Cepen- dant , dans le Cydonia , y compris le Chœnomcles de M. Lindley , les ovules sont perpendiculaires à l'axe du fruit, c'est-à-dire, péritropes , alternes, et se recouvrant horizontalement les uns les autres. Les différens genres de Pomacées offrent presque tous les passages depuis les ovaires entièrement libres jusqu'aux ovaires soudés par toutes leurs faces, soît entre eux , soit avec le tube épaissi du calice. Le Purshia de M. De Candolle a tout le port extérieur 1. '5 ( 2-2G ) La tribu des Roses est formée par le seul genre Rosa, qui est caractérisé par ses ovaires libres, nombreux, in- déhiscens , à enveloppe osseuse , dispersés sur toute la (lu Mesfilus oxyacantha, et nous paraît faire plutôt par- lie de la tribu des Pomacées que de celle des Spirées ; il n'a cependant qu'un seul ovaire parfaitement libre au fond du calice. Dans le Photinia de M. Lindley , les ovaires sont unis entre eux, mais non avec le calice, si ce n'est par leur partie inférieure. Dans le Cotoneaster , les ovaires sont soudés avec la paroi du calice par le dos, et libres par les faces, ainsi que par l'angle correspondant à l'axe du fruit. Dans le Cydonîa, ils sont soudés par le dos , imparfai- tement soudés par les faces , et libres dans le centre. M. Delile les a vu libres par le centre, dans les Malus coronaria , Mill. , et Malus sempervircns , Micb. Le sommet seul des ovaires est libre dans le MespUus germanica et dans le Cratœgus japonica. La totalité du reste de leur surface est soudée. Dans toutes les autres Pomacées, les ovaires sont sou- dés entre eux et avec le calice, et ils sont recouverts au sommet par une couche charnue plus ou moins épaisse d'où partent les styles. Nous hasarderons, à la suite de ces considérations sur la soudure plus ou moins complète des ovaires , notre opinion surquelques-uns des genres établis par M. Lindley. Le genre Chœnomôles rentre dans le Cydonia; son fruit , que l'on a pu observer depuis plusieurs années à Paris, ne s'ouvre point en cinq valves, comme l'avait dit Thunberg, et les caractères tirés des élamines insérées sur deux rangs, et du limbe du calice persistant et très- ( "7 ) surface intérieure d'un calice étranglé au sDoimct, con- tenant un seul ovule suspendu. Nous avons diverses ob- servations sur ce genre, de MM. Desvaux, Lindley, Trattinick , Wood , etc. Les Sanguisorbées se distinguent des autres Ilosacées par leurs fleurs, sou vent dicliaes et dépourvues de pétales , et parleurs ovaires en nombre déterminé , enfermés dans un calice resserré au sommet , etcontenant un seul ovule. Leurs fruits sont des achènes. Personne ne s'est occupé spécialement des plantes qui forment ce groupe (i). Les Potentillées sont caractérisées par leurs ovaires eu nombre indéterminé , insérés , soit sur un réceptacle proéminent, soit au fond du calice, et ne renfermant qn'un seul ovule suspendu, ou plus rarement ascendant. Leurs fruits sont des achènes, quelquefois des drupes. Nous devons à M. Nestler un travail sur les genres de cette tribu , suivi d'une Monographie des Potentilles ; h charnu, se fondent par une foule de nuances dans le type ordinaire. Cette plante nous parait évidemment un Cydo- lûa. {Cydonia japonica, Pers.) VOsteomeles ne diffère du MéspUus que par ses loges uni-ovulées, et mérite à peine d'être conservé. VEriobo- trya nous semble devoir être réuni au Pyrus. Le Pm- phiotepis rentre dans le Photinia. Le Cratœgus et le Cotoneaster dans le MespUus. Les seuls genres qui resteraient dans les Pomacées se- raient donc : Purshia , Photinia, Mespitus , Pyrus , Cydonia , Osteomeles , Ametanchier , el Chamœmdes. (i) M. Nestler, dans sa Monographie des Potentilles^ aséparé de cette tribu les genres AgrimoniaeXSiibaidia qui se rapprochent davantage des Potentillées. i5:. ( 228 ) M. Lehmann une Monographie du même genre , et à M. Nées d'Esenbeck une Monographie des Bubus. Les Amygdalées ou Drupacées , n'ont qu'un seul ovaire ; leur fruit est une noix drupacée , renfermant une ou deux semences. Nous ne connaissons aucun travail destiné particulièrement à faire connaître les genres de ce groupe. Les genres Tigarea, Dellma, Prockia él Hirtella, formaient , dans le Gênera de M. de Jussieu , la sixième tribu des Rosacées : le premier a été réuni au Tetracera, par Wildenow ; le second a été placé dans les Magno- liacées; le Prockia fait partie de la nouvelle famille des Bixinées, établie par M. Kunth , et l'//iVte^/a, appartient à celle des Chrjsobalanées , constituée par M. R. Brown. Outre les groupes que nous venons d'énumérer, les Rosacées renferment encore celui des Spirées , qui fait l'objet de ce Mémoire; les diverses modifications que présente la structure des plantes qui le composent, nous ont paru mériter quelqu'attention. Le genre Spîrœa possède trente-cinq espèces ; dix- huit d'entre elles sont cultivées au Jardin des Plantes et chez MM. Noisette et Cels; cinq autres se trouvent, soit dans l'Herbier du Muséum , où la complaisance de MM. Desfontaines et Deleuze m'a mis à même de les étudier avec soin , soit dans ceux de MM. de Jussieu ; Thouin , de Lessert, Richard, et Ad. Brongniart; je saisis celte occasion de remercier ici ces savans , qui m'ont permis de disposer de leurs collections , et m'ont aidé de leurs avis ; mais il est un botaniste à qui je dois plus encore; c'est M. Gay, c'est lui qui m'a mis sur la voie des recherches que je publie aujourd'hui , et qui a ( '-^29 ) conslammenl guidé mes pas dans la carrière difficile de l'observation. Privé, depuis mon séjour à Paris, des excellens conseils de M. Delile , j'ai retrouvé , dans M. Gay, les mêmes principes, la même obligeance; j'ai cru entendre le même maître. Puisse l'hommage que je fais à ces savans , de ce Mémoire , leur prouver ma reconnaissance pour les leçons qu'ils m'ont données. Il est douze espèces du genre dont j'entreprends l'histoire , qui ne se trouvent dans aucune des collec- tions de la Capitale, et que je n'ai pu parvenir à me procurer; je rapporterai , dans ce cas , pour chacune, la description de l'auteur qui me paraîtra la plus propre à la faire connaître. Je sens très-bien la lacune que le manque de ces espèces laissera dans mon travail : aussi doit-on regarder ce Mémoire, moins comme une Mono« graphie complète des Spirées, que comme un travail destiné à faire connaître les détails d'organisation d'un certain nombre d'entre elles , et les rapports intimes qui les lient aux autres Rosacées. Caractères du genre Spir^ea. La tribu des Spirées comprenait , dans le Gênera de M. deJussieu, les genres ^jotrœa, Surianael Tetrace- ra; celui-ci a été réuni aux DlUéniaeées; le second doit aussi être séparé du groupe dont nous nous occupons ; ses pétales et ses étamines sont hypogynes , il doit donc être rapporté à la treizième classe avec les plantes Poly- pétales à étamines hypogynes. M. de Gandolle (i) a réuni à la tribu des Spirées les (i) Transact. Soc. linn. Lond. XII. p. «Sa. ( ^3o ) genres Keria et Purshia : le dernier n'existe dans au- cune des collections de Paris , mais l'inspection de la figure de Piirsh , nous fait présumer, comme nous l'a- vons déjà dit , qu'il doit plutôt se rattacher à la tribu des Pomacées ; le premier est cultivé à fleurs doubles dans tous nos jardins, où nous avons pu l'examiner avec soin. Ses caractères, comme genre, ne nous ont pas paru d'une assez grande valeur; celui tiré de l'unité d'ovule, le seul qui soit important, est considérablement atténué par les variations que l'on observe dans cet or- gane chez les,iS/Jt>œa; quant à ceux tirés de la diffé- rence de son port, de ses fleurs jaunes, grandes, soli- taires au sommet des rameaux, nous ne croyons pas qu'ils puissent sufllre pour le conserver comme genre distinct ; nous suivrons donc l'exemple de M. Desvaux, et nous le réunirons provisoirement aux Spirœa , en attendant que ses graines, qui ne mûrissent pas dans nos jardins, aient été observées. La tribu dont nous nous occupons serait donc réduite 5 ce seul genre, car nous n'en con- naissons aucun autre, décrit ou inédit, qui puisse s'y rapporter (i). (i) M. Kunth, dans le XXVI. °" Fascicule de la partie botanique du Voyage de M. de Humboldt, vient de réunir à la tribu des Spiréacées , les genres Kagenècfcia , Ruiz et Pavon ; QuUaja, Moll. ; Vauquelinia , Humb. et Bonpl. ; et Lindleya ,K\inÛ\, genre nouveau dédié à W. Lindley. Ces quatre genres font évidemment partie du groupé dont nous nous occupons ; dans le premier , les ovaires sont entièrement libres ; dans les trois autres, ces orga- ( '^5. ) Le genre Spirœaest composé d'arbrisseaux dépourvus d'aiguillons , et de plantes herbacées vivaces. Leurs rameaux et leurs feuilles sont alternes, celles-ci sont penninerves, plus rarement marquées de trois ner- vures qui partent de la base en divergeant , tantôt en - tières , tantôt lobées , angulaires , dentées en scie ou seu- lement crénelées au sommet , pinnatifides dans les Spir. sorbifolia y Vlmaria, lobata , etc. , décomposées dans le Spir. Aruncus , tripartiles dans les Spir. trifoliata et sùpulata ; les espèces herbacées sont toutes , à l'excep- tion du Spir. Aruncus, munies de stipules pétiolaires ; parmi les ligneuses , on ne retrouve cet organe que dans les Spir. sorblfolia , opulifolia cl japonica. Les fleurs sont hermaphrodites ( dioïques dans le seul Spir. Aruncus) , disposées en ombelle, en corymbe , en panicule ou en cime; elles sont solitaires au sommet des rameaux et très-grandes dans \e Spir. japonica; dans la plupart des espèces ejles répandent une odeur agréable. Le calice est infère, à peine fendu jusqu'au milieu; ordinairement en entonnoir; campanule dans les Spir. Aruncus, IJ Imaria , lobata , digitata; en forme d'urne antique dans les Spir. trifoliata et stipulata, hypocra • nés sont plus ou moins soudés entre eux , mais jamais avec le calice comme dans la plupart des Pomacées. Cette soudure plus ou moins complète ne saurait les éloi- gner des Spirées, puisque nous verrons dans la suite de ce Mémoire , que le Spir. sorhifolia présente le même caractère, et possède, par conséquent, ainsi que les genres Fauquelinia et Lindleya, un ovaire unique à cinq loges, à chacune desquelles vient correspondre un des styles. ( 252 ) tériforme dans le Spir. japonica; les dents sont persis- tantes ainsi que le tube. Les pétales sont au nombre de cinq , et quelquefois de six, sept et huit sur le même individu, insérés au haut du tube du calice , et alternes avec ses segmens , mar- qués de veines palmées ; leur forme est en général ronde ou en ovale renversé ; elle est lancéolée dans les Spir. trifoliata et stipulata ; ils sont blancs, plus rarement roses ou mélangés de ces deux couleurs , jaunes dans le Spir. japonica à fleurs doubles. Le nombre des étamines varie depuis vingt jusqu'à cinquante-quatre, elles sont insérées circulairement au haut du tube du calice entre les pétales et le sommet du disque; leurs filamens sont capillaires, delà couleur des pétales ; leurs anthères sont insérées au milieu du dos , didymes , à deux lobes s'ouvrant chacun par une fente longitudinale, jaunes, quelquefois roses. Les Spirées présentent des dilTérences notables dans l'épaisseur de leurs parois calicinales ; dans les Spir. trifoliata et stipulata le calice est mince , et pour ainsi dire transparent; dans toutes les autres espèces que nous avons examinées , il est sensiblement plus épais. Lors- qu'on cherche à se rendre compte de cette différence par une coupe longitudinale du calice , on ne tarde pas h s'apercevoir que dans les premières espèces que nous avons nommées , les parois sont simples , c'est-à-dire composées d'une seule pièce ; taudis qu'elles sont doubles, formées de deux membranes soudées , dans toutes les autres. Rarement la membrane intérieure adhère à l'ex- térieure dans toute sa longueur , le plus souvent elle s'en détache vers le sommet et forme au-dessous des fi- ( 203 ) lamens un rebord saillant , qui est tantôt entier et marqué de dix crenelures, tantôt divisé jusqu'à la base en dix segmens parfaitement distincts les uns des autres. C'est cet organe, considéré à la fois dans sa partie saillante et dans sa partie adhérente , auquel nous donnerons le nom de disque dans la suite de ce Mémoire. Cet organe prend dans les Rosacées toutes sortes de formes : dans le genre dont nous nous occupons , il se dessèche lorsque les ovaires sont fécondés; dans les Po- macées , il prend à cette époque un grand développe- ment, embrasse les carpelles, se glisse entre leurs cloi- sons qu'il parvient à séparer en augmentant de volume , et forme enfin par son union avec le calice épaissi , ces fruits que nous nommons Pomme , Poire , etc ; dans les Rosiers , il tapisse, comme dans les Pomacées, l'intérieur du calice, augmente de volume avec lui, et produit en- fin par son accroissement cette substance pulpeuse et rouge qui recouvre l'intérieur du calice et supporte des fruits entourés d'une multitude de poils. Quelle que soit cependant la différence que présente le disque dans ses formes extrêmes , on ne saurait lui attribuer qu'une importance générique très-bornée , puisque, dans le genre dont nous nous occupons spécia- lement ici, il manque ou existe dans des formes d'ail - leurs semblables. Les Spirées ont en général cinq ovaires , ( ce nombre varie cependant de trois h douze) , insérés au fond du calice , uniloculaires , libres dans la plupart des espèces, soudés plus ou moins entre eux dans les Spir. sorbi- folla, Ulmaria, FUipendula; ils sont le plus souvent sessiles , quelquefois stipités , comme dans les Spir. sov- { -^34 ) bifolia et opultfolta ; ils sont Iriquètres et légèrement courbés en faucille dans le plus grand nombre, con- tournés dans le Spir. japonica , ordinairement rappro- chés les uns des autres par leur angle intérieur, mais libres du côté de l'axe dans les Splr. Filipendida , Ut- maria, digitata, tobata ; dans toutes les espèces ces ovaires sont atténués insensiblement en un style inséré un peu latéralement, cylindrique, tronqué au sommet, le plus souvent filiforme , mais qui affecte la forme d'une massue très-épaissie 5 son extrémité dans les Splr. Fili- pendida, Ulmaria, lobata , digitata; ce style est cou vert de poils couchés dans \(i Spir. japonica; il est glabre dans toutes les autres espèces. Les ovules, dont le nombre varie de un à treize , sont insérés alternativement sur la suture intérieure de l'o- vaire : ils sont suspendus dans le plus grand nombre des espèces; dans le Spir. opulifolia , l'un est suspendu et les autres sont ascendans ; ils sont tous ascendans dans les Spir. trifoliata et stipulata , on n'en observe qu'un seul périlrope dans le Spir. japonica. Les carpelles sont en même nombre que les ovaires , quelquefois cependant on en rencontre un ou deux de moins par l'avortement de ceux-ci ; leur volume aug- mente environ du double en mûrissant; dans le seul Spir. opulifolia ils s'enflent en vessie et sont beaucoup plus gros que les ovaires, à la maturité ils s'ouvrent par leur angle intérieur et laissent voir les graines qui sont alors insérées alternativement sur les deux valves. Les semences sont alongées dans la plupart des es- pèces , ovoïdes dans le Spir. opulifolia. Le raphé est simple et se prolonge depuis l'ombilic jusqu'à l'autre ex- ( 255 ) trémité de la graine , où il se termine par une chalaze en forme de tubercule. Le tégument propre est le plus souvent mince et un peu lâche; il est dur et très-tendu dans le Spir. opulifoUa. Le périsperme est nul ou presque nul; l'embryon est droit; la radicule est tournée vers l'exlrémilé de la graine la plus voisine de l'ombilic , elle est conique , trois ou quatre fois plus courte que les co- tylédons; ceux-ci sont ovales ou oblongs , obtus à leur sommet. La plumule n'est pas visible. On peut voir , d'après ce que nous venons de dire , que les Spirées qui présentent plusieurs des caractères communs à toute la famille des Rosacées , en ont aussi de moindre valeur qui les distinguent des autres groupes de cette famille, dont elles se rapprochent cependant par une foule de nuances. Ces points de contact sont tels , que dans beaucoup de cas on est très-embarrassé pour fixer la limite des diverses tribus. En général , elles diffèrent des Pomacées par leurs ovaires libres , jamais soudés avec le calice , par leurs ovules alternes , par leurs carpelles déhiscens. Klles s'éloignent encore plus des Rosiers qui ont des. fruits à enveloppe osseuse, indéhiscens , toujours uni- ovulés , attachés aux parois d'un calice étranglé au sommet. Les Sanguisorbées , plantes souvent privées de pétales et diclines, dont les fruits sont des achènes souvent soudés entre eux et recouverts par le calice , diffèrent au premier aspect , des plantes dont nous nous occu- pons. Les Potentillées s'en éloignent par leurs ovaires nom- ( 236 ) breux souvent portés sur un réceptacle proéminent , pac leurs fruits qui sont des achènes ou des drupes. Enfin , les Amygdalées ou Drupacées en diffèrent par leur ovaire unique et leurs fruits indéhiscens et dru- pacés. Groupes à former dans le genre Spir^a. Mœnch , dans son Methodus , a divisé les Spirœa en trois genres , savoir : Spirœa , Filipendida et JJlmaria , auxquels il a ajouté , dans son Supplementum , le genre Gilleiiia. En commençant à étudier ce genre , considérant la différence de port que présentent les espèces de Spirées, nous crûmes à la nécessité de suivre les divisions de cet auteur en supprimant le genre Filipendida qui offre trop de rapports avec VUlmaria pour en être séparé. L'inspection des ovules , caractère essentiel entièrement négligé par Mœnch , semblait lever tous nos doutes ; en effet , nous trouvions dans les vrais Spirœa de 5 à 18 ovules, suspendus, insérés au sommet de l'o- vaire } dans les JJlmaria nous n'en rencontrions que deux , suspendus , insérés vers le milieu de l'ovaire ; enfin les Gillenia nous en présentaient deux , ascen- dans, insérés vers la base de l'ovaire. Celte dernière division nous paraissait surtout bien éloignée des vraies Spirœa , lorsque l'inspection des ovules du Spir. opuli- folia vint nous offrir un passage bien naturel pour lier les Gillenia aux autres espèces du genre. Si l'on ouvre un ovaire du Spir, optdifolia, on trouve deux ou trois ovules insérés vers son milieu , ovoïdes, transversaux , et dont les extrémités regardent les parois ( 257 ) latérales de l'ovaire ; lorsque le fruit mûrit , les ovules changeant de position , deviennent alors , l'un suspendu et les autres ascendans. Cette observation qui diminuait bien l'importance de la position des ovules dans les Spirœa, nous a déter- minés , en suivant l'exemple de la plupart des bota- nistes modernes , à les regarder comme formant un seul genre , auquel nous avons cru devoir réunir le Keria qui , comme nous l'avons déjà observé , n'a pas de ca- ractère assez essentiel pour en être séparé. La position et le nombre des ovules nous serviront à former des sec- tions bien distinctes ; ces divisions sont d'autant plus naturelles qu'elles se rapportent parfaitement à celles t|ue l'on pourrait fonder sur le port des espèces. La première , sous le nom de Spirœa, comprendra le Spir. Aruncus et toutes les Spirées ligneuses à l'ex- ception des 5/9 jV. opidifoliaetjapo7iica; ces espèces ont ordinairement des feuilles indivises , pinnalifides , dans le Spir. sorbifolia, décomposées dans le Spir. Aruncus, elles sont toutes, à l'exception du Spir. sorbifolia, dé- pourvues de stipules. Le disque recouvre l'intérieur du calice, s'en sépare au-dessus de l'insertion des étamines ; cette partie libre est tantôt marquée de dix crenelures , tantôt composée de dix lobes distincts ; dans le seul Spir. sorbifolia cet organe est entièrement soudé avec le calice dont il recouvre la paroi interne comme une espèce de vernis. Les styles sont droits , filiformes , gla- bres; les ovules sont au nombre de 5 à 18, suspen- dus , attachés depuis le sommet de la suture intérieure de l'ovaire jusques vers son milieu. Les carpelles aug- mentent h peine du double en mîirissant, leur péricarpe présente la consistance d'un papier épais. ( 258 ) Celle division , la plus nombreuse du genre , peut se diviser en trois sous-seclions ; dans la première seront toules les espèces ligneuses dont le disque devient libre au-dessous de l'insertion des étamines ; la seconde ren- ferme \eSpir. sorblfolia, dont le disque , comme nous l'a- vons dit plus haut , est entièrement soudé avec le calice et dont les feuilles sont pinnalifides et munies de stipules ; la troisième enfin ne comprendra que le Spir. aruncus , la seule des espèces herbacées qui soit munie d'un disque , et dont les feuilles sont décomposées et les fleurs dioïques. La seconde de nos divisions portera le nom d'Ulma- ria, déjh consacré par les anciens auteurs; elle con- tiendra les Spir. FiUpendula , Ulmarla , digitata et lobata; ces plantes sont toules herbacées; leurs feuilles sont pinnalifides , pourvues de stipules ; leurs fleurs sont en cimes ; leur disque est nul; on en observe à peine quelques rudimens sous la forme de côtes qui partant du sommet du tube du calice , au-dessous de l'insertion des étamines, se prolongent jusqu'au fond; leurs styles sont glabres , courts , réfléchis , en forme de massue ; leur ovules sont au nombre de deux , insérés au milieu de la suture intérieure de l'ovaire ; leurs car- pelles ressemblent 5 ceux de la division précédente. La troisième section renfermera le seul Spir. opulifo- lia ; cet arbrisseau a des feuilles munies de stipules ; un disque soudé , comme dans le Spir. sorbifoUa , avec la paroi inlerne du calyce ; des styles droits .'fili- formes , glabres , semblables à ceux des espèces com- prises dans la première division ; ses carpelles s'enflent en vessie et deviennent cinq ou six fois plus grands que » ( 259 ) l'ovaire , leur péricarpe est mince et flexible ; les graines sont au nombre de deux , plus rarement de trois , l'une suspendue et les autres ascendantes. Nous donnerons à celte section le nom de Physocarpos , faisant allusion au renflement des carpelles. Les Spir. trifoliala et stipulata formeront notre qua- trième section ; ces deux espèces ont des liges herbacées, des feuilles tripartites , munies de stipules; leur disque est nul; leur calice est en forme d'urne antique, re- couvrant les ovaires ; leurs pétales sont lancéolés , très- longs ; leurs filamens très-courts ; leurs styles droits , fi- liformes , glabres ; leurs ovules , au nombre de deux , as- cendans , insérés presqu'à la base de la suture intérieure de l'ovaire. Nous conserverons à cette section le nom de Gillenia, donné par Mœnch et adopté par Nultall. Notre cinquième et dernière division comprendra le Spir.japonica [Keriajaponica , Dec.) , et sera carac- térisée par ses feuilles munies de stipules ; son calice hy- pocratériforme; ses fleurs grandes , solitaires au sommet des rameaux, jaunes dans les individus cultivés à fleurs doubles dans nos jardins ; son style filiforme couvert de poils couchés comme dans les genres Rosa et Caljean- thus ,' ses fruits contournés comme ceux du Spir. ul- maria; sa graine unique, péritrope, insérée au milieu de la suture intérieure de l'ovaire. Nous donnerons à cette section le nom de Keria déjh employé par M. de Candolle pour désigner cette plante. ( 24o ^ * Table chronologique des espèces connues et décrites du genre SpiBiEA. salicifolia. tomentosa. chamœdril'olia. hypericifolia. crenata. 1753. Linné. Sp. PI. Ed. i.a 11../ opulifolia. sorhifolia. Aruncus. Filipendula. Ul maria. trifoliata. 1760. Scopoli. FI. Carniol i . . ulmifolia. 1770. Jacqniu, Hort. Vindob i . . lobata. T • • n/T .• ( trilobata. 1771. Linne. Mantissa 2 . . s , ' ' l lœvigata. 1781. Linné fils. Suppl i. . argcnlea. /■ callosa. 1784. Thunberg. FI. Jap 3. . / palmata. y incisa. i Letulifolia. 1784. Pallas.FL Ross 4..< fJP*,"''; .., ' \ thahctroides. ( camtschatica. 1779. Willdenow. Sp. PI i . . digitata. i cœrulescens. 1806. Poiret. Dict ^" • { magellanicai l lanceolata. 1806. WaldsteinetKitaiLel.Pl.Hung. 1.. cana. l aculifblia. 1809. Willdenow. Enum 3. . / obovata. \ stipulata. 1816. Pursh. FI. Amer. Sept 2. . i Çapitata. '^ l discolor. Nous ajouterons dans notre Monographie les Spir. flexiiosa , espèce envoyéa de Russie, par M. Fischer, connue dans les jardins de Paris sous'Je faux nom de Spir. alpina, et Spir. ja- ponica, auparaxant Ken'a japonica , Dec. ( -^4. ) Habitations des Spirécs. Les Spirées habitent pour la plupart les contrées sep- lentrionales et tempérées de l'hémisphère boréal, où elles s'étendent à presque toutes les latitudes ; le Nord de l'Europe , de l'Asie et de l'Amérique en possède un grand nombre ; quelques-unes croissent en France , en Italie, en Espagne, en Chine, au Japon; Sonnerat a rapporté le Spir. cœrutcscens des Indes orientales. On ne connaît dans l'hémisphère austral que deux es- pèces de ce genre recueillies par Commerson : l'une au détroit de Magellan , l'autre h l'Ile de France. Enfin , le Spir. argentea croît sous l'équateur , à la Nouvelle- Grenade. Quelques Spirées sonl communes aux deux continens, de ce nombre sont : le Spir. Iijpericifolia , qui habite l'Amérique septentrionale , le Nord de l'Europe , la France , où elle a été observée par Gouan , et trouvée récemment par M. Gay, et l'Espagne ; le Spir. Ariincus et plusieurs autres espèces qui croissent dans plusieurs contrées de l'Europe , de l'Asie et de l'Amérique septen- trionale. Quelques autres ne se plaisent que dans des pays plus circonscrits ; je citerai parmi celles-ci les Spir. trifoliata et stipidata, qui n'ont encore été trouvées que dans quelques provinces des Etats-Unis. Eu général, les espèces herbacées préfèrent les lieux bas et marécageux , où elles acquièrent un plus grand développement; les espèces ligneuses, au contraire, se rencontrent fréquemment sur le penchant des coteaux, où on les remarque quelquefois entre les fentes des ro- chers. ï. i6 ( 2/i2 ) Propriétés médicales et usages économiques des Spirées. Les Spir, FiUpendula et Vlmarta étaient employées fréquemment par les anciens médecins ; nous ne nous étendrons pas sur les vertus qu'on attribuait à ces plantes, leur usage étant presque totalement abandonné aujour- d'hui. Pallas (i) nous apprend que les habitans du Kamt- chatka mangent les jeunes pousses crues du Spir. Camts- cliatica, et i-ecueillent avec soin les racines pour s'en nourrir pendant l'hiver. Selon cet auteur, les Russes ra- massent les feuilles de plusieurs espèces ligneuses et en prennent l'infusion au lieu de thé. Les médecins des Etats-Unis assurent (a) que le Spir. iomentosa jouit d'une vertu amère très-énergique; son emploi est recommandée contre la diarrhée. Mais les espèces du genre dont nous faisons l'histoire , qui offrent le plus de secours à la médecine , sont les 5/) tV. trifoiiata et stipulata; M. Barton (5) nous apprend que leurs racines sont vivaces , composées de plusieurs fibres minces, longues, brunes, quelquefois noueuses dans une portion considérable de leur longueur, et disposées au- tour d'un tubercule épais ; elles ressemblent en quelque sorte à celles de V Ipécacuanka , auxquelles on peut les comparer sous le rapport officinal. On leur attribue en- core des vertus toniques qui font qu'on les emploie avec (i) Va\\.,FL Ro&s. i , p. 4>- (2) Med. Reposit. VI , p. 256-272. (3) Barton , Fcgelai Mat. Med. I , p. 65. i (245) ^ succès contre les fièvres intermittenles. Elles doivent être administrées en poudre , à fa dose de trente <'-rains pour un adulte; dans cette proportion, elles peuvent être regardées comme un émétique efficace et sans dan- ger. Leurs propriétés sont si énergiques, que les paysans américains , qui en usent quelquefois avec peu de mo- dération , sont obligés de recourir aux secours de la mé- decine. Toute la plante jouit probablement des mêmes vertus à un degré moins énergique; on assure qu'administrée aux chevaux elle rétablit promptement leur appétit. ( La suite dans le prochain Numéro. ) Quelques Considérations sur les Méduses ; Par mm. Qcoy et Gaimard , Médecins-naturalistes de l'expédition de découvertes autour du inonde , commandée par M. le capitaine FuEtcimet. Les Méduses , qui portent sur quelques-unes de nos côtes le nom de Marmout, appartiennent h la classe des zoophytes ou animaux rayonnes. Les anciens les nom- maient Orties de mer , à cause de la démangeaison brû- lante que quelques-unes font éprouvera la main qui les touche , et Poumons marins , d'après leur forme ou leurs mouvemens alternatifs d'expansion et de resserrement^ Ces singuliers animaux, dont la plupart jouissent de la propriété d'être éminemment phosphorescens pendant la nuit et de briller comme autant de globes de feu , sont mous , gélatineux , le plus souvent incolores et quelque- 16.. % ( 'M4 ) lois ornés des plus belles couleurs. Leur partie princi- pale est formée d'un disque ou ombrelle contractile, avec ou sans appendices. Leur parenchyme est si peu consi- dérable que , par la seule évaporation , il se résout très- promptemenl en une eau limpide, salée, et qu'une Méduse de vingt h trente livres ne présente plus aiors qu'un ré- sidu de quelques grains , formé de parties membraneuses et transparentes. On dirait que l'eau s'organise pour for- mer ces animaux. Toutes les parties de leur corps sont irritables , et c'est par la contraction réitérée et le res- serrement sur elle-même de l'ombrelle, que s'opère la progression. Les Méduses n'ont , ni système nerveux, ni organes des sens , à l'exception de celui du toucher qui a lieu par toute leur surface ; elles puisent , dans le milieu où elles vivent , leur nourriture à l'état molécu- laire , et ne peuvent point se diriger par une volonté pro- pre vers tel ou tel lieu , ni fuir ce qui peut leur être nuisible. Les Méduses sont les animaux pélagiens les plus ré- pandus; on en trouve dans toutes les mers, depuis le Groenland jusqu'au cap Horn , et surtout dans les mers inler-tropicales. Elles peuvent quelquefois affronter l'agi- tation des flots; mais il est probable que dans les tem- pêtes elles jouissent de la faculté d'aller chercher à de grandes profondeurs des eaux plus paisibles. Ce n'est IJ en effet que dans les calmes qu'on voit leurs légions pa- \\ raître à la surface. Il nous est souvent arrivé de naviguer pendant plusieurs jours au milieu de ces animaux qui constamment suivaient une même direction. Lorsque l'impulsion des courans les favorise, ils doivent par- courir d'assez grandes distances; ils sont donc susf.epti- Lles de changer de méridien et de latitude : aussi, ( 245 ) avons-nous observé les mêmes espèces dans des parao-es différens; et, pour ne pas multiplier les exemples, il nous suffira de dire que nous avons trouvé , en très-grand nombre, à l'entrée du port Jackson , la Pélagie panopyre que MM. Péron et Lesueur ont recueillie dans l'Océan atlantique équatorial. Ainsi , il n'est pas toujours exact de dire que telle espèce habite constamment tel ou tel lieu. Cependant les Méduses de la zone torride diffèrent de celles des températures froides , et , comme tous les êtres qui jouissent de la double influence de la lumière et de la chaleur, elles brillent dans toutes leurs parties de plus belles couleurs , paraissent à la surface des eaux et usent de la part de vie que la nature leur a départie , tandis que celles des mers froides , ordinairement ternes et décolorées , restent pendant l'hivçr engourdies au fond des eaux et ne reparaissent qu'au printemps, embellies des organes qui servent probablement h la reproduction. Relativement aux autres fonctions dont ces animaux ont pu être doués, et à commencer par la première de toutes , la digestion , nous pensons avec M. Guvier que les ouvertures que Baster , Miiller , Péron et Lesueur ont pris pour des bouches, n'eu sont pas. Tout le monde sait que ces derniers naturalistes ont établi leurs grandes divisions sur des caractères qui ne sont point exacts; ils disentavoir vu des Méduses digérer jusqu'à des poissons. Celte opinion est aussi celle de MM. Bosc, Gaëdc , Ey- senhardt et Chamisso. De pareils observateurs méritent sans contredit toute la confiance que leur nom inspire ; mais nous pouvons assurer que , dans quelques espèces, un phénomène de digestion aussi compliqué est tout-à- fait impossible, faute d'organes convenables pour l'opé- ( ^46 ) rer. Une nouvelle espèce de Dyanée que nous avons prise non loin des côtes de Valence , dans la Méditerranée , nous parait^ fournir un argument sans réplique : cette Méduse ne présente aucune ouverture par laquelle puisse entrer une substance quelconque d'un volume vi- sible ; et , cependant sa texture intime est en tout sem- blable à celle des autres espèces du même genre. La figure ' que donne Millier, et qui a été copiée par d'autres auteurs , d'une Méduse avalant un poisson, ne prouve rien; car, ainsi que le remarque M. Cuvier, il peut très-facilement s'être introduit dans une ouverture presque toujours béante et qui offre peu de résistance. Nous savons , et nous l'avons vu plusieurs fois, que les Physalies sucent et digèrent les petits poissons qui ont reçu la commo- tion de leurs brùlans tentacules ; mais les Méduses ne sont pas organisées comme elles et pourvues de suçoirs. Bien que quelques-unes aient en partage cette faculté cor- rosive, ont-elles des organes susceptibles de digérer des corps solides ? C'est , selon nous , une question encore indécise et qui mérite l'attention des observateurs. Comment s'opère leur respiration ? se ftùtelle par toute la surface de l'ombielle , comme le pense M. de Blainville et Pérou . pour quelques espèces seulement , car ils admettent dans d'autres des sortes de branchies. S'il est absolument nécessaire que ces derniers êtres de la chaîne animale aient une respiration , ce qui n'est rien moins que prouvé , puisqu'on n'a pas encore trouvé , dans toutes les espèces , des organes fixes et invariables propres à cette fonction , la première hypothèse serait la plus probable; car des Méduses placées dans une eau qui n'est pas renouvelée, l'altèrent aussitôt , y dégagent ( '-^47 ) un mucus gluant qui s'embarrasse dans leurs tentacules et elles finissent par périr. Il s'opère donc de toute leur surface une exhalation excrémentitielle quia besoin d'être promptement enlevée pour ne pas leur nuire. Est - ce une respiration? Nous ne le croyons pas , puisque les Biphores , qui ont un appareil respiratoire très-compli- qué , dégagent pareillement des matières visqueuses lors- qu'ils sont dans une eau peu abondante. On peut en dire autant desFiroles, des Glaucuset probablement de tous les Mollusques zoophyles pélagiens , soit qu'on leur ait ou non reconnu des branchies. Genbe Cyanée. Cyanée , Péron. Cyanea , Péron. Corps orbiculaire, transparent, ayant en dessous un pédoncule et des bras; des tentacules au pourtour de l'ombrelle; quatre bouches (ouvertures) ou davantage, au disque inférieur. Cyanèe kose. Cyanea rosea, Quoyel Gaimard. Vo- yage autour du monde. Atl. de zool. pi. 85 , fig. i et 2. Cyanea hemisplierica , verrucosa, rosea; brachits quaternis, cotyliferis ; tentaciUis (ongissimis et nume- rosissimis. Forme hémisphérique. Couleur générale d'un beau rose. Ombrelle tuberculeuse , à huit échancrures prin- cipales au pourtour , subdivisées en huit autres moins profondes. Quatre bouches ou ouvertures. Quatre bras très-longs, striés longitudinalement, remplis de cotyles floconneux d'un rose tendre. Des tentacules très-nom- breux et excessivement longs (ils pouvaient, dans leur extension, atteindre jusqu'à six pieds ) , tirant leur on- ( 248 ) gine en dessous de l'ombrelle, d'une surface rubanée , formée de plusieurs lignes circulaires entrecoupées par plusieurs petits plans verticaux , aussi striés. Des quatre ouvertures partent autant de lignes qui vont se confondre à la réunion des quatre bras. Cette magnifique Cyanée a été prise à environ vingt lieues du Port-Jackson , sur les côtes de la Nouvelle- Hollande La mer était calme et remplie d'autres pe- tites Méduses que Pérou a décrites sous le nom de Pé- lagie panopyre. Celte Cyanée renfermait , dans ses longs tentacules , une foule de petits crustacés et plusieurs poissons ; ils étaient tous pleins de vie et s'agitaient dans le bocal qui avait reçu la Méduse; rien n'a indiqué qu'elle parut en faire sa proie. Cyanée AsTiER. Cyanea Asticr. Quoy et Gaimard , Voyage autour du monde. Atl. de zool. pi. 84, fig. i. Cyanea convexa, verrueosa , griseo-liyallna ; uni- bellce margine intks striato ; brachiis foliaceis vlola- ceis quatuor ; tcntaculls octo rubrls. Ombrelle convexe , pointillée en dessus , striée lon- gftudinalement en dessous. Quatre ouvertures contenant des ovaires rougeâires. Quatre bras se divisant sous l'ombrelle en quatre lames foliacées , ondulées , violettes et assez longues. Huit longs tentacules rougeâtres , fdi- formes , insérés au pourtour du limbe qui est uni. Celte Cyanée , figurée de grandeur ualureile , vient des contrées équatoriales de la mer du Sud. Sans ses quatre ouvertures , elle pourrait facilement être rangée parmi les Dyanées. Nous la dédions à un matelot de notre expédition qui fut le premier à se jeter à la mer pour sauver un homme ( ^49 ) qu'un malheureux accident venait de blesser à moil. Cet hommage , bien faible sans doute , que nous nous plai- sons à rendre au brave équipage de l'Uranie dans la personne de l'un de ses meilleurs matelots , rappellera le souvenir d'une de ces bonnes actions que sont tou- jours disposés à faire ces hommes intrépides , habitués à toutes les privations, formés à t^us les périls et si sou- vent mal appréciés. Aperçu de la Constitution géologique de la province de Malwa , et de quelques districts voisins , no- tamment du côté du nord-ouest et de l'ouest; tiré d'une lettre adressée par M. Dangerfield , capi- taine et ingénieur géographe , ci Sic John Mal- COLM, et insérée par ce Général dans son Mémoire sur t Inde centrale. Londres, iSaS , t. Il, Appendice , N.° 2. Le Malwa qui occcupe la partie centrale de l'Inde , entre les parallèles de 21° 3o', et 24° environ de latitude septentrionale , consiste en une riche plaine élevée , s'inclinant doucement vers le Nord , ce qui est la di- rection de la très -grande majorité des cours d'eau de cette province. Ce pays paraît former l'extrémité d'une vaste étendue de terrain de Trapp de forma- tion secondaire , qui , à partir de l'extrémité du Dekan et même probablement du Mysore , occupe tout le pays au-dessus des Gates et une partie des plaines infé- rieures , sur la côte occidentale de la péninsule , y com- pris les îles de Bombay, Salsettc et Elephanta. C'est dans cette formation que se trouvent les Cornalines , les ( 25o ) Agates, etc. , des montagnes de Rajpeeply (Radjpipli) et les grandes grottes célèbres parmi les antiquaires , qui servirent de temples au culte de Brahma et h celui de Budd'ha, On ne voit de ces temples que dans la bande de terrain dont il s'agit, ce qui vient probablement de la facilité que l'on a eue à excaver et à tailler les ro- chers de grès , d'argile , de minerai de fer et d'Amyg- daloïde qui composent ce lerrein , et aussi de la forme des éminences boisées qui s'y trouvent et qui sont pro- pres à inspirer un recueillement religieux. Il y a dans cette même bande beaucoup de rangées de montagnes avec leurs ramifications; mais excepté celles qui entourent les grands plateaux , peu d'entr'elles s'élèvent de plus de 6 ou 700 pieds au-dessus du niveau des plaines. La province même de Malwa, bien qu'elle soit bordée de tout côté de pays de montagnes , et séparée au Nord- Ouest et à l'Ouest, des terreins d'alluvion du Guzarate , parla grande chaîne primitive qui forme tout le Mewar et probablement le Marwar, n'offre que des tertres coni quesà sommets aplatis, tels qu'onen trouve communément dans les terrains de Trapp secondaire , et ces tertres ne sont élevés que de 100 à 3oo pieds au-dessus du plateau. Au sud , on descend du Malwa au Nemanr et au bassin de la Nerbudda, par une pente très-rapide qui est celle des monts de Vindhya , élevés, en général, de iG5o pieds au-dessus de cette rivière, et qui n'offrent presque par- tout aux voyageurs que des passages difficiles ( Gâtes. ) Ces montagnes , ainsi que toutes celles du Malwa , paraissent être dislinctementstratifîées, étant formées de couches horizontales et alternatives de Trapp ou Basalte etd'Amygdaloïde , le plus souventau nombre de quatorze. ( '-^51 ) L'épaisseur de ces couches va en augmentant de bas en haut; celle qui approche le plus de la surface du sol étant épaisse de i5 à 3o pieds. On observe que les Amyg- daloï les forment les bancs les plus puissans ; cependant le tout repose sur un banc de Basalte de ooo pieds de hauteur, et cette dernière roche est celle de toute la plaine inférieure. Dans les deux ou trois couches supérieures du plateau, le Trapp est à grain fin et compacte; mais plus bas, il passe graduellement à l'état de Trapp globulaire, dont les sphéroïdes , d'abord peu considérables , augmentent de grosseur dans la profondeur jusqu'à être d'un volume énorme dans les couches les plus basses. La nature de cette roche , dit M. Dangerfield , est bien connue par les détails que Thomson a donnés sur le système de Werner, où elle est placée parmi les roches de transition. L'Amygdaloïde se décomposant à l'air plus aisément que le Trapp , il est facile de distinguera l'extrémité des bancs, même de loin , à laquelle de ces deux roches ils appartien- nent ; le Trapp forme des escarpemens verticaux , nus, et d'une couleur sombre, tandis que l'Amygdaloïde, en se désaggrégeanl , donne lieu à des éboulemens en pente douce , d'une terre fertile et couverte de végétation. Delà résulte une disposition en gradins surlaquelleesfrfondé très- probablement le nom de Trapp , emprunté des Suédois. L'art a profité de cette manière d'être du bord des pla- teaux , pour y asseoir les forts nombreux , qu'on y re- marque , notamment dans le Dekan, le Candeish et le Goncau. Dans l'Amygdaloïde des monts \ indhya , la masse paraît être une Wackc tendre conlenant des cavités ta- ( aoa ) pissées de lerre verte , quclquelbis vides , mais plus or- dinairement remplies de concrélions globulaires , com- primées ou mamelonnées, de Zéolile , de Spalh calcaire ou de crystaux de Quartz , dont le volume n'excède pas celui d'une grosse amande ; les plus nombreux sont les noyaux calcaires et do Mésotype , réunis au centre par des filamens très-déliés et convergens; il y a aussi des petits crystaux de Zéolile- cubique et des crystallisations sili- ceuses , souvent remplies de Spath calcaire. Au-dessous du Gâte de Jaum , entre Mundleysir et Mhysir, ou observe un groupe de colonnes basaltiques de 4 à 6 pieds de haut, et de 12 à 18 pouces de dia- mètre, en prismes à quatre ou six côtés, d'une pierre très-dure et d'un noir brillant. Ces colonnes sont portées sur une roche de Basalte à grain fin, contenant quel- quefois du feldspath , mais coupée plus ordinairement par de petites veines verticales de Quartz ou par des filets du même Basalte , mais qui paraît contenir alors plus de fer. Dans cette roche, sur laquelle la Nerbudda coule pendant long-temps, se trouvent de beaux échantillons deZéolites , particulièrement de celles en feuillets, radiées ou prismatiques (stilbite); on les rencontre aussi at- tachés à de gros fragmens de Quartz. Dans la majeure partie du nord de Nemaur, la roche se montre rarement à la surface dans les plaines. Les berges de la Nerbudda, quiontAo h 70 pieds de haut, entre Mundleysir et Chiculdah,se composent , sous l'hu- mus, de deux couches distinctes de terrain d'alluvion. La couche supérieure , dont l'épaisseur est ordinairement de 00 à 4o pieds , contient une grande quantité de marne endurcie, fortement imprégnée de sel commun, que les ( 253 ) indigènes en extraient par lalixivalion el parl'évaporalion au soleil. L'inférieure, qui a une teinle rougcâtre moins claire, contient une forte proportion de carbonate de soude, uni à un peu de muriate; elle n'a guères que lo à l5 pieds d'épaisseur et repose inimédialemcnt sur le Basalte qui forme le lit de la rivière. Dans la saison sèche , ces deux sels forment une efilorescence épaisse à la surface de la berge , et l'on se borne à vendre celle de soude telle qu'elle se trouve , pour le blanchissage et d'autres usages semblables, sans employer le lessivage comme pour le sel commun. En quelques endroits de la berge , près de la ville de Mhysir, on fait remarquer dans la couche supérieure, ou près de la jonction des deux couches, des briques et des débris de poterie , que l'on prétend avoir appartenu h l'ancienne ville du même nom qui aurait été couverte par une pluie de terre à une époque très-reculée, ainsi qu'on le dit aussi de celle d'Oojein^ et déplus de quatre- vingt autres grandes villes du Malwa et du Bégur. Tou- tefois, il n'y a \h , suivant M. Dangerfield , aucune ap- parence de matières volcaniques , quoiqu'on remarque dans la chaîne des monts Viiidhya et dans le Rajpeeply , près du sommet de certaines hauteurs , des creux quel- quefois remplis d'eau , que l'on a jugé pouvoir être des cratères ; l'auteur ne les ayant pas observés lui-même, déclare qu'il ne peut hasarder -à cet égard aucune opi- nion. A la vérité , les tremblemens de terre sont fréquens au N.-O. de ce pavs , et souvent terribles , si l'on en peut juger par celui qui, dans ces derniers temps, a boule- versé presqu'enlièrement la province de Cutch ; cepen- dant , les terrains dont on vient de parler , et les sels qui ( 254 ) s'y trouvent, sembleraient, suivant notre auteur, pro- venir de la décomposition des roches dont les montagnes voisines sont formées , et dont les débris doivent être charriés et déposés dans les lieux bas par les lorrens de pluie qui caractérisent le climat de l'Inde , plutôt que des éjections volcaniques. Resterait à savoir pourquoi il existe une ligne de démarcation aussi tranchée entre les deux couches qui constituent le terrain d'alluvion. L'auteur place ici la description abrégée du cours de la Nerbuddha, qui n'appartient point à ce Journal , étant plus géographique que géologique. La constitution minéralogique des hautes plaines du Malwa comporte peu de variété. Ce sont , suivant les différentes élévations du terrain , des Trapps , tantôt cel- lulaires , tantôt compactes , ou bien de l'Amygdaloïde , deux sortes de roches qui alternent constamment dans ce pays , mais dont les bancs diminuent d'épaisseur à mesure qu'on s'éloigne des monts Vindhya vers le nord. Les tertres dont on a parlé offrent souvent un banc su- périeur de Trapp ou de Wacke en fragmens empâtés dans une argile ferrugineuse , et la surface est parsemée de nombreux débris de la même roche cellulaire , qui semblent avoir été roulés. Tout d'ailleurs ressemble dans ce plateau à ce qui a été dit de la constitution des monts Vindhya. Le sol végétal a généralement , dans la plaine , trois, dix et jusqu'à quinze pieds d'épaisseur; c'est ou une terre franche {loam) , fréquemment rouge et com- pacte , ou un terreau noir; elle recouvre quelquefois, surtout au pied des tertres et au bord des ruisseaux, une couche mince de marne contenant depetites boules d'ar- ( 255 ) gile de couleur claire. Ces marnes ou calcaires terreux contiennent beaucoup de coquilles univalves, bivalves, de Buccins et une espèce de Moules; les Ammonites se Irouvent principalement dansle lit de la Nei-budda , près de Onkar Mundatta^ et des cataractes; mais l'auteur ne les a jamais vues en place. Indépendamment des grands dépôts de minerai de fer qui se trouvent dans les monlagnes dont le Malwa est en- touré, il y a, à l'est du Chumbul, une bande étroite de miae- raideferargileuxcelluiairequi s'étend fréquemment d'un bout à l'autre de cette province, etse prolonge même, à ce qu'on croit, au N.-O.jusque dans celle de Harrowtee ; cette bande s'élève plus ou moins au-dessus du terrain adja- cent; mais rarement de plus de deux cents pieds, par exemple j à Doomnar,où des teuiples souterrains y ont été creusés. Le minerai de fer paraît reposer sur des grès; dans quelques parties , il est assez compacte; dans d'au- tres , il a de grandes cavités contenant du minerai pisi- forme ou botryoïde , mais de même nature. Ce minerai est pauvre et ne s'exploite pas. La partie septentrionale du Malwa est principalement occupée par du grès fissile ou non fissile , surmonté en plusieurs endroits par une rangée de collines allant de Chittore à Harrowtee , et formée de cornéenne [Hornstonc) esquilleuse ou conchoïde , dont les bancs sont quelquefois si minces qu'on les prendrait pour de simples feuillets. La couleur ordinaire de cette cor- néenne est un vert très-clair ou un gris rougeâtre , avec des raies étroites d'un rouge plus foncé tirant sur le violet , et d'une structure radiée. Les collines dont il s'agit sont constamment taillées à pic sur toute ( ^56 ) leur hauteur, qui est de deux cents 5 deux cent-cinquante pieds. Les couches en sont horizontales ou à peu-près î mais la partie supérieure ne forme qu'une seule masse. Les grès sont généralement à grains très-fins, et de difFérenlcs teintes claires. Lesvariéjjis brunes ont le grain un peu plus gros et contiennent quelquefois un peu de Mica. Différentes sortes de grès sont employées comme pierres h bâtir; mais surtout la variété grise, qui est merveilleusement propre à cet usage par la facilité avec laquelle elle obéit au ciseau , sans cependant se laisser al- térer par l'air. Après Dulput Poora , on trouve une contrée ondulée dont la roche semble appartenir au grès bigarré deWerner; cette roche offre différentes teintes de gris et de rouge, par bandes et par taches; mais, au-delà de Cheetakairee , la variété dominante est le grès gris , offrant quelquefois de petites taches d'un rouge brillant et contenant des couches minces de calcaire à gros grain, et une marrie rouge à trrain fin. On travaille dans ce même lieu de Cheetakairee un minerai de fer réniforme ou mameloné, de bonne qualité, qui- s'exploite abondamment à peu de distance vers le sud , et vers Neemutch. Ne pouvant entrer dans le détail de toutes les localités , nous citerons entre Peeliah et Dewiia un espace de ter- rain fortement accidenté, formé de calcaire et de grès , au nord duquel il y a beaucoup de gypse et de sel gemme , et peut-être du terrain houiller. Aux environs de Cannore , on commence à trouver desSiénites dont l'aspect varie beaucoup , suivant qu'elles contiennent plus ou moins d'Amphibole. Quelquefois, les parties constituantes delà rochesont disposées en bandes distinctes. ( 257 ) Vers Rcindiuir se montre le granité auquel suc- cède plus à l'ouest, en montant, un grand espace de schiste argileux , puis un peu de syénite, et encore un granité à petits grains , qui semble tacheté de vcrdâtre parce qu'il est parsemé de petits crvstaux de thallile. De Durolee aux montagnes qui' entourent à l'est la ville d'Odeypoor , la roche dominante est un gneiss on- dulé en bancs presque verticaux , ou plongeant fortement vers le nord-est, et contenant du granité ou alternant avec lui. Les montagnes d'Odeypoor ont généralement quatre h sept cents pieds de haut et sont composées de cor- néenne , en masses et en prismes le plus souvent porphy- riliques , quelquefois aussi en congloraératavec beaucoup de mica d'un jaune brillant, interposé. Cette roche paraît reposer immédiatement sur le gneiss ; mais elle s'ap puie sur le mica-schiste, ou plutôt, peut-être , elle entoure un banc de cette dernière roche. La chute d'un pan d'une de ces montagnes a misa découvert d'énormes colonnes de cornéenne , qui , h raison du mica qui s'y trouve , ressemble à un porphyre ; c'est par celle fissure que passe la rivière Bedus , pour aller former , près d'Odeypoor, un lac artificiel d'une grande beauté. A l'ouest, et tout près de Soledav, on commence à monter la rangée de montagnes de Maunpoorou Suloom- bur , élevées généralement de sept ou huit cents pieds au dessus de la vallée de Duriawud , mais sur quelques points de onze à douze cents pieds , et composée presqu'en- lièrementde schiste avec des bancs subordonnés de dia- base compacte et schistoïde ,et aussi de calcaire crystalliDy à grain fin , d'un gris clair. Ces bancs subordonnés man- 1. 17 ( a5S) quenl dans le haut de ces montagnes. Les schistes argi- leux ou chloriteux y sonl verticaux ou très-foriemenl inclinés à l'est, ayant leur direction du N.-N.-O. au S.-S.-E. Du milieu de ces schistes s'élèvent rapidement, au N. de Maunpoor, deux grands rochers de quartz blanc , demi-transparent et quelquefois un peu rougeâtre , dont la hauteur est de cent-cinquante à deux cents pieds > et dont la blancheur, qui contraste avec la couleur sombre des schistes , jointe à leur forme anguleuse , offre de loin l'apparence d'amas de neige , et plus près celle de châteaux en ruines. Il y a de même d'énormes bancs de quartz , non-seulement dans ces montagnes , mais dans toutes les plaines basses de Suloombur et vers Odeypoor. Après avoir passé Béerawul , on voit beaucoup de mica schiste dans la vallée de Malpoor; du granité et ensuite du gneiss Jusqu'à Suloombur. La montagne au pied de laquelle ce lieu est bâti est aussi de gneiss avec de» veines de quartz; mais plus loin, on ne trouve plus que le mica schiste avec des couches minces d'amphibole etdo mica ou d'amphibole schistoïde. Les belles montagne» de 4 à 700 pieds de haut, qui dominent le magnifique lac artificiel de Deybur , sont de gneiss jusqu'à une cer- taine hauteur; mais au-dessus, leurs escarpemens n'of- fcent qu'un amas de blocs réniformes de cornéenne ou de quartz , liés par un ciment de même nature , et entre- mêlés de petites plaques de mica d'un jaune brillant , qui facilitent la séparation de ces blocs. Cesmontagnesetcelles d' Odeypoor sont une branche de la grande chaînequi règne du sud au nord , entre le Ma Iwa, le Hath , le Bagur , d'une part , et le Guzarate de l'autre > ( 25g ) et qui aboutissent au nord aux niontagribs plus impo- santes encore du Marwar. La connaissance qu'on a dé cette vaste étendue de montagnes est malheureusement fort bornée. Qa a lieu , cependant , de juger qu'elle doit être entièrement composée de roches primitives, prin- cipalement de schistes ou de calcaire; au sud , du côté de t)oongurpoor , dominent surtout les schistes , avec beaucoup de pierre ollaire et de sléalitc pure; au nord, ce sont en plus grande partie des marbres primitifs et du érystal de roche. Le marbre, le crystal et la stéatite s'ex-^ portent delà dans toutes les contrées voisines. On pré- tend qu'il y a eu , au nord , des exploitations fort avan- lageusés de cuivre et de plomb que les derniets troubles ont forcé d'interrompre; il y avait même , dit-on, du minerni d'argent , mais qui ne payait pas les frais". La descente du Malwa vers leGuzarate, au sud ouest, est plus graduelle et les montagnes y sont moins élevées ; mais la nature des roches et leur disposition est à-peu- prèslamême que dans la partie quia été décrite jusqu'ici. Aux roches Irapéennes du Malwa succèdent des grès I grossiers et des pierres calcaires avec d'énormes bancs de quartz et des conglomérats formés de gros blocs. Le I calcaire est en général grossier , d'un rouge de briqué I foncé, mêlé de blano , et contient souvent beaucoup de I silex. Vers Goorsfh , commencent les schistes argileux et chloriteux, et des éminences saillantes de quartz sem - blables à celles qu'on a décrites ci-dessus en parlant des montagnes de Maunpoor , mais qui , ayant ici moins ! d'élévation et plus d'étendue, ont l'apparence d'un camp. I Au-delà de Goorah , la roche dominante est le mica I schiste, avec des filets de feldspath pur , quelquefois ( -iGp ) parfailement blanc. A Rajpoor, cl delà jusqu'à Chola Odeypoor , on voit un granité à petits grains , où le mica est noir , mais où les autres parties constituantes sont blanches. A Odeypoor se montre un calcaire rouge à larges grains , à fracture brillante, contenant de petits crys- taux de serpentine , disséminés , et quelque peu de mica. Il y a encore du granité jusque près de Jubboogaum ;. après quoi on ne voit plus guères de roches en place jusqu'au Guzarate , où l'on exploite sur beaucoup de points du grès grossier dont on fait des meules. Quant aux frontières du Malwa , vers l'est et le nord- est , le caractère géologique en est peu connu ; mais il parait qu'après avoir traversé aussi de ce côtéune bande montagneuse , que l'on nomme la seconde rangée des monts Vindhya , on descend , également par degrés , jusqu'aux plaines inférieures appartenant à la provinc^i de Bundelcund. On a lieu de croire qu'il n'y a pas dei roches primitives dans cette direction. M. Dangerfield a joint à sa lettre un essai de cartei géologique , où il a indiqué , par des teintes plates , laj position respective des bandes occupées par le terrai| trapéen du plateau du Malwa , par le grès qu'on trou^ après ce terrain lorsqu'on va vers l'ouest , et successive ment dans celle même direction par la siénile , panf la cornéenne, par le gneiss et le granité, par le cal- caire à grain grossier , et enfin , par une autre bande degrés, jusqu'à ce qu'on arrive au terrain d'alluvion du Guzarale. G. -M. ( î'Gi ) Description d'une nouvelle espèce d'Arachnides; du genre Epeïra , de M. Walckenaer ; Par C. Vauïhier.. j Celte nouvelle espèce d'Arachnide .originaire de Java, que je décrirai sous le nom d'Epeîra curvicauda , m'a été communiquée par M. Léman. La singularité de son organisation et son état parfait de conservation m'ont dé- terminé à en faire un dessin analytique , et m'ont engagé h en publier la description. La collection du Muséum d'Histoire naturelle , que j'ai scrupuleusement examinée , et les auteurs que j'ai consultés, ne m'ayanl présenté aucune espèce qui fut parfaitement identique à celle-ci, j'ai cru pouvoir la publier comme nouvelle, et enrichir le genre Epeïre d'une espèce de plus. Epeïre a queues courbes, Epeira curvicauda. (Nob.j Description. Corps dé forme à-peu-près triangulaire , long de quinze lignes , du crochet terminal des mâchoires à l'extrémité des cornes caudales; tête munie de deux mâchoires cornées , noires , lisses , terminées par un crochet ccailleux, de couleur brune claire , sinué en de- hors auprès de son articulation; chaque mâchoire armée d'une double rangée de dents inégales , au nouibre de quatre , dont la dernière est la plus grande. L'intervalle que laissent les dents entre elles est garni de poils noirs , ( 2C2 ) roides , comparables h des cils , assez longs , dépassant le contour intérieur des mâchoires et se confondant à leur base, près le bord supérieur du corselet. Deux palpes velus , d'un brun foncé , s'attachant sur les côtés des mâchoires, composés de cinq articles , dont le premier court , le second le double plus long , le troisième re- courbé plus court que le premier , les deux suivans à-peu- près égaux en longueur, le dernier terminé par un petit ongle noir. Lèvres brunes , beaucoup plus courtes que les mâchoires, arrondies antérieurement. Menton brun , court , arrondi à son bord antérieur. Le corselet est noir , très-bombé , le double plus large que long , de l'orme 5-peu-près trapézoïdale , ayant son bord antérieur sinué, légèrement arrondi sur les côtés , et hérissé entièrement de poils blancs assez roides; au mi- lieu et vers le bord antérieur, sur un tubercule noir, saillant et dépourvu de poils , sont placés (juatre yçux lisses, très-brillans, dont les deux antérieurs plus petits et plus rapprochés entre eux. De chaque côté , à la même hauteur, sont deux tubercules de même couleur , encore plus élevés , à l'extrémité desquels se trouve un œil double. Les pattes sont velues, de couleur testacée , au nombre de huit, composées chacune de cinq articles, dont le der- nier brun, terminé par un crochet bifide , de même cou- leur, ai petit qu'il est presque confondu avec les poils qui l'entourent. La première paire est la plus longue, en- suite la seconde, la troisième beaucoup plus courte , la quatrième de la longueur de la seconde. L'abdomen d'uqi jaune est rougeâtre, déforme triangulaire, son angle antérieur tronqué, est légèrement sinué , et donne at- tache au corselet ; les côtés sinucs , portent à la partjf? ( ^G5 ) poslérieuFe une petite épine noire , près de laquelle s'al- lâche une grande corne rugueuse , garnie de poils noi- Fâtres , recourbée en dedans , de couleur rouge brique à sa base, noirâtre à son extrémité; le bord postérieur est légèrement courbé en dehors , au-dessus de ce bord se trouve un fort pli aux extrémités duquel sont placées dans un enfoncement deux taches noires tuberculeuses ; sur deux éminences de ce même pli sont attachées deux épines brunes, plus longues que celles des parties laté- rales et dépassant le rebord. L'abdomen est en outre re- bordé généralement, concave, ayant au milieu une éminence arrondie ; il porte à sa surface vingt-trois ta- ches noires , luisantes ,^e forme à-peu-près ovale , dont le bord est saillant, et ayant au centre un petit tuber eule élevé. Ces taches sont ainsi disposées : quqtre à la partie antérieure , trois sur chacun des côtés , neuf sur le bord postérieur , et quatre sur l'éimineqce du milieu ; elles pourraient bien çtre les sMgmales qui don- nent accès à la respiration. Le dessous de l'abdomen est nuancé de brun , de rouge et de jaune , plissé , et ayant l'anus noir et saillant. Explication des figcbes. Pl. iS.Fig. 1. L'insecte grossi du double. — Fi§- 2. Parties de la bouche vues en dessous. A, mâchoires , B , lèvres, jC, menton.— i^"%. 3. L'une des queues très-grossie. — Fig. 4. Mâchoires , palpes , corselet , pattes et partie antérieure de l'abdomen très-grossis, vus en dessuç^. A mâchoires , B palpes, Ç tubercules portant les yeux, 1) pattes, E tâches noires de l'abdpwen. — Ftg. 5. ( 2G4 ) Partie postérieure de l'abdomen Irès-grossie , vue en dessous^ montrant le pli qui jiorteles deux épines et les deux taches; noires qui sont dans son enfoncement. A anus.—Ftg. 6. L'un des tubercules latéraux du cor- selet; tfèsrgrossi , portant le double œil. '■•■>•'>.■»:■ I;[ !no.' Rectifications des caractères du genre BELLEnopiiE , établi dans la Çonckyliogie de Denys Montfort ; Par m. Defrance. On trouve dans l'Eissel, canton du duché de Juliers , aux environs de Chimay , petite ville des Pays-Bas , efc en Irlande , dans des couches très-anciennes , des co- quilles fossiles de plusieurs espèces , que Denys , Mont- fort et d'autres auteurs ont placées dans le genre Belle- rophe. Ce genresetrouve , dans la Conchyliologie syslé- malique, rangé parmi les coquilles univalves cloisonnées, et porte , entre autres caractères que cet auteur lui a assignés , celui d'avoir des cloisons unies percées par un siphon. Malheureusement ce naturaliste, quoique possé- dant des talens remarquables , a cependant consigné un très-grand nombre d'erreurs , tant dans ses des- criptions que dans les figures qu'il a publiées. Une de ces erreurs est d'avoir annoncé que les coquilles du genre Bellerophe étaient cloisonnées. J'en possède deux espèces , dont l'une provient de la collection de Montfort et a peut-être servi de type à la descrip- tion et à la figure qu'il en a données, page Si de l'ou- vrage ci-des$uscilé. Ayant soupçonné que ces coquilles ( 2G5 ) remplies de spalh calcaire étaient monolhalauies , j'en ai scie une transversalement et j'ai vu , en effet, qu'elle est enroulée sur elle-même, comme un Nautile ; mais qu'elle n'a point de cloisons, en sorte qu'au lieu d'entrer dans la division des Céphalopodes polylhalames , ce genre devra être placé dans celle des Céphalopodes monothala- mes, auprès des Argonautes, dont les caractères , tels qu'ils ont été assignés par M. Lamarck , ne peuvent lui convenir, puisque le test de ceux-ci, qui est très-mince, est fort épais dans les Bellerophes , et qu'au lieu de deux carènes que portent les Argonautes , on voit au milieu du dos des Bellerophes une seule carène qui sépare la co- quille en deux parties égales. Ces derniers en diffèrent encore en ce que les tours de leur spire sont très-nom- breux, au lieu que les Argonautes sont courbés, mais non enroulés sur eux-mêmes , en sorte qu'on aperçoit la presque totalité de leur coquille, dont le sommet est extraordinairement obtus. Les Argonautes et les Bulles sont les coquilles dont les Bellerophes paraissent se rapprocher le plus ; mais ils en sont tellement éloignés par leurs caractères qu'ils semblent devoir constituer un genre à part. Dans ce cas, voici les caractères qu'on doit lui assigner : Coquille libre, univalvc, non cloisonnée, roulée sur elle-même et en spirale , déprimée , formant la na- vette; le dernier tour de spire renfermant tous les autres; bouche très ovale , recevant dans son milieu le dos de la coquille. 2GG Observations sur les mœurs des Castors ; extrailef du Voyage de GARTWRiGnT au Labrador. Ce voyageur a fait au Labrador ua séjour de douze ou quinze ans dans l'unique but de se livrer à sa passion pour la chasse. Ses observations sur les mœurs du Cas- tor sont donc celles d'un témoin oculaire et méritent probablement beaucoup plus de copfiance que celles dont on a fait jusqu'ici usage eu histoire naturelle. Tout ce que j'ai lu jusqu'à présent au sujet des castors , dit Carlwright {Journal of transactions on tlic coast of I^abrador , tom. m, pag. i3 — 26) , est rempli d'erreur^ et paraît avoir été écrit par des personnes qui n'ayaientja- raai§ vu les habitations de ces animaux, et qui se fondaieal seplement sur les récits d§s phasseurs, rarement vérir, diques. C'est ordinairement vers le commencement d'août que çies animaux se mettent à construire leurs habitations. Voici la manière dont ils s'y prennent pourse loger : si Iq bassin naturel dontiU ont fait choix a une certaine profonr deur d'eau près du bord , sans qu'il s'y prouve cependant aucun r()cher,ilscommencentàcreusersous l'eau, au pied de la berge, yu trou qu'ils pogsseut pe.u-à-peu en pente jusqu'à la surface du sol , et , de la terre qui sort de ce trou , ils forment une petite butte dans laquelle il» mêlent quantité de petits morcpaux de bois et ftiême des pierres; ils donnent à cette butte la forme d'un dôg^ , î^ya^t or- dinairement quatre pieds de haut; mais quelquefois jus- qu'à six ou sept pieds au-dessus du niveau du sol. La base en crt généralement ovale , son grand diamètre est ( 2G7 ) de dix à douze pieds , le petit de huit à neuf. A mesure qu'ils élèvent cette butte , ils la creusent en dessous pouf former le logement qui doit les recevoir avec leur famille , et qu'ils ont soin de tenir au-dessus du niveau des grosses eaux. A la partie antérieure de cette demeure , ils pra- tiquent une descente en pente douce aboutissant à l'eau , et c'est dessous l'eau qu'ils en sortent et qu'ils y entrent. Les chasseurs nomment celte entrée l'angle. Il est rare que les Castors se contentent d'en pratiquer une seule ; ils en ont ordinairement deux, quelquefois même jusqu'à trois. Le logement intérieur neforme qu'une seule chambre, elle ressemble à un four, et le sol en est garni de copeaux fins et étroits. A une petite distance de Cangle est le magasin pour les provisions. C'est là que les Castors conservent les ra- cines de Nénuphar et les branchages dont ils se nourris-r sçnt , ayant soin de planter ceux-ci par eq bas dans la vase. L'auteur a vu de ces magasins qui contenaient une charretée de ces sortes de provisions , et les Castors sont si laborieux qu'ils ne cessent d'en amasser et d'ajouter de nouveaux travaux à leur demeure , tant que leur pièce d'eau n'est pas couverte d'une glace épaisse , et pjême tant qu'il leur est pos&iblç d'entretenir une ouvepi' ture dans la glace. Lorsqu'une pièce d'eau ne leur semble pas avoir asse» de profondeur , ils savent y élever la surface de l'eau en barrant la décharge par une digue ou chaussée en travers, qu'ils forment avec des morceaux de bois, des pierres , de la terre grasse eldusable; ces chaussées sont si solides, que l'auteur dit s'en être servi plusieurs fois ( 268 ) comme de ponl sans s'exposer on aucune manière , si ce n'est h se mouiller les pieds , parce qu'elles sont exacte- ment au niveau de l'eau. Lorsque le barrage ne suffît pas pour que l'eau s'élève assez près du bord do l'étang , les castors bâtissent leur maison dans l'étang même , à quelques mètres du rivage , en commençant par le fond et en entassant la terre qu'ils ont amassée; car il est indispensable qu'ils conservent au moins trois pieds d'eau au-dessus de l'extrémité de l'entrée , sans quoi l'eau ve-, nant à se geler leur fermerait absolument le passage. Lorsque dans la pièce d'eau il se trouve une île , c'est là qu'ils établissent leurs constructions, comme étant le lieu le plus à l'abri de toute attaque ; ils ont soin aussi de choisir de préférence l'exposition du sud. Les cabanes des Castors n'ont pas d'issue du côté de terre , parce- qu'une semblable ouverture faciliterait l'accès des bêles féroces , et que, d'ailleurs , le froid pénétrant par là ex- poserait les habilans de la cabane à une température plus rigoureuse que celle qu'ils peuvent supporter , et pourrait geler l'eau dans l'entrée. Ces architectes ne sont cependant pas toujours infail- hbles dans leurs opérations ; on les a vus se fixer sur un étang où il n'y avait pas de quoi les nourrir , ou dans des localités où l'eau les gagnait dans les crues ou les dégels , et les forçait de s'échapper par le toît en y faisant une ouverture au moyen de laquelle l'eau se gelait dans l'in- térieur et ue permettait plus aux Castors de l'habiter. Ces divers accidens en fout périr un certain nombre. Quelquefois les castors habitent sur la même pièce d'eau pendant trois ou quatre ans de suite, ou même plus; souvent aussi ils se bâtissent tous les ans une nouvelle ( •^(>9 ) demeure; d'autres ibis , ils se contentent de réparer une ancienne habitation abandonnée , ou bien ils en bâtis- sent une autre à côté , dont le haut se confond avec celui de l'ancienne et communique avec elleà l'intérieur, ce qui a fait croire que leurs demeures avaient plusieurs ! chambres ; ils ont même soin de construire une seconde habitation près de celle qu'ils occupent pour s'y réfugier len cas de besoin; c'est ce que les chasseurs Anglais nomment hovcl. L'auteur n'a pas eu occasion de s'assurer si les castors font ou non usage de leur queue comme d'une truelle ; mais il croit que non , attendu que celle queue est fort pesante et que les attaches en sontfaibles , quoique nom- breuses; il est disposé à croire que ces animaux battent la terre avec leurs pieds de devant, qu'on peut nommer 4eurs mains. Lorsqu'ils plongent , leur queue , tombant sur l'eau de tout son poids , produit un bruit remarquable. BulTon et d'autres auteurs ont dit aussi que les castors font usage de leur queue comme de traîneaux pour transporter des pierres et de la terre : je ne saurais , dit Cartwright , contredire positivement cette assertion , n'ayant jamais vu ces animaux au travail ; mais la forme de leur queue , qui est bombée au milieu, me paraît peu propre à cet usage , h moins qu'on ne suppose qu'un autre castor ne prît soin de contenir la charge en place etsurtout les pierres ; d'ailleurs , si les Castors se servaient ainsi de leur queue , elle porterait par dessous la mar- que du frottement , ce qu'on n'a jamais observé. Ces animaux s'asseoient à la manière des singes et portent leur nourriture h leur bouche avec leurs pattes ( 270 ) de devant. En été , ils courent ça et là , cl au lieu de rentrer habituellement dans leurs demeures , ils couchent volontiers sous quelque buisson au bord de l'eau , où ils se font Un lit de menus branchages qui ressemble assez bien au nid des oies sauvages. Leur démarche est très-lente à terre et il est facile de les atteindre ; mais , quoique fort timides , ils opposent au besoin une assez grande résistance, étant protégés par leurs longs poils et par une peau épaisse, et étant armés de dents longues et fortes , implantées dans de vigoureuses mâchoires; on m'a même assuré , dit l'auteur , qu'un Castor dans la force de l'âge avait presqu'entièrement coupé d'un seul coup la jambe d'un chien. Cependant , il y a des exem- ples que les Loutres se glissent dans leurs cabanes et les tuent; mais il est probable qu'elles choisissent pour cela le temps ( ùles pères et mères sont abscns et ne s'alla* quent qu'aux jeunes Castors. Il arrive quelquefois que , lorsqu'un Castor est ren- contré par un homme et qu'il sent qu'il ne peut lui échapper , il se pose sur son derrière et se met h crier douloureusement comme ferait un petit enfant. ' Cart- wright cite l'exemple d'un homme nouvellement arrivé à Terre-Neuve , et dont le cœur n'était pas endurci par la chasse , qui , ayant trouvé dans son chemin un castor qui portait une bûche sur son épaule , le voyant s'arrêter et crier de celte manière , lui dit : « Rassure-loi , pauvre ani- mal , je ne voudrais pas le faire de mal pour tout aa monde ; reprends la bûche et va à les alFaires. ( lom. m , 9 1 ). Cai^lwright dit qu'un homme nommé Alk ns , qui était à son service , ne put se résoudre h manger de la chair de Castor , étant persuadé que ce sont des hommes ( 27. ) qu'un malin pouvoir a forcés à prendre celle formCé Les Castors ne mangcnl ni poisson ni aucune subsiancô animale; ils viveiit uniquement de feuilles et de l'écorco des arbres et arbustes non résineux, et des racines du Nénuphar (JFater Lify). Je les ai vus quelquefois , dit Ciirtwright, ronger de la Sapinelte noire {Abtes ntgra, Black-Spruce) , et couper des Sapins argentés; mais je crois qu'ils n'y ont recours que lorsque les autres espèces d'arbres leur manquent» et seulement pour servir à leurs GonslrucUons. Ou a observé que parmi les différens arbres Iqui croissent à Terre-Neuve et au Labrador, celui qu'ils Iprélerent est le Tremble {Populus tremula) , et ensuite le Bouleau [Betula alba). Ces animaux n'entreprennent I d'abattre de gros arbres que quand ils n'en trouvent pas do |moindregrosseuretdontrécorce tendre est probablement Iplus à leur goût; mais, à la quantité de grands arbres Iqu'on trouve abattus par eux récemment, on voit qu'ils |en viennent à bout en peu de temps. S'il ne s'agit que Id'un jeune arbre de la grosseur d'une canne , ils le cou- pent d'un seul coup aussi net qu'on pourrait le faire javec une serpette; ceux qui ne sont pas des plus gros, jils les rongent d'un seul côté; lorsque le tronc est très- ifort, ils rongent tout à l'entour et finissent par le faire (tomber du côté de l'eau pour diminuer la peine du trans- port; lorqu'ils ont abattu ainsi un grand arbre, ils en détachent toutes les branches et les coupent en morceaux susceptibles d'être chargés sur leurs épaules ou traînés avec les dents. Ils choisissent de préférence les arbres qui sont au ivent de leur pièce d'eau , parce qu'ainsi le vent leur ap ]porte, pendant le travail , les émanations de l'ennemi qui pourrait les surprendre , et qu'il favorise la chute dg l'arbre du côlé de l'eau et son flottage vers leurs cabane. Ils préfèrent l'écorce des jeunes branches j mais ils se contentent aussi de celle des troncs. Le Nénuphar les en- graisse beaucoup plus que tout autre nourriture; mais il communique h leur chair un goût fort désagréable j au contraire , les Castors qui n'ont vécu que de branchages, et particulièrement de ceux du Bouleau, sont le plus déli- cieux manger qu'offre le règne animal. C'est vers la mi- juillet que ces animaux commencent à engraisser ; ils ont atteint leur plus grand embonpoint à la fin de sep- tembre , et ils maigrissent ensuite à mesure que l'hiver s'avance j de sorte qu'ils sont très-maigres au mois de mai, ressemblant en cela, ainsi qu'à plusieurs autres jj égards , aux Porc-épics. Les Castors ne commencent à toucher à leurs provi- sions que lorsque leur étang est pris entièrement. Les tronçons de bois qu'ils ont amassés étant mêlés les uns dans les autres , il leur serait difTicile de les retirer entiers ; |l ils les divisent donc avec leurs dents et les entrent par morceaux dans leur logement où ils en mangent l'écorce à loisir , et après les avoir pelés , ils jettent le surplus dans l'eau. Les Castors s'accouplent en mai ; les femelles mettent bas vers la fin de juin; elles font ordinairement deux pe- tits , mâle .et femelle; quelquefois, cependant, elles cft | ont trois ou quatre; les jeunes femelles n'en produisent } souvent qu'un seul à la fois. Les jeunes continuent à vivre avec les pères et mères jusqu'à l'câge de trois ans; c'est alors qu'ils s'apparient à leur tour , se bâtissent une cabane et commencent à avoir des petits. Quelquefois (' '^75 ) cependant si les provisions ne manquent pas et si la famille n'est pas inquiétée , les jeunes restent plus long- temps avec leurs parens , et l'on trouve alors deux fa- milles dans une même cabane. On sait qu'il y a des Castors qui vivent isolés , et que les Ermites , comme les chasseurs les appellent , se re- connaissent à une marque noire sur le dos , à l'intérieur de la peau ; les chasseurs prétendent que ce sont des paresseux que les autres ont expulsés parce qu'ils ne vou- laient pas travailler. Carlwright croit avec plus de vrai- semblance que ce sont des veufs ou des veuves qui atten- dent dans la solitude que le sor t leur présente quelqu'in* dividu de sexe différent avec lequel ils puissent s'appa- reiller de nouveau ; il ajoute que la marque noire vient de ce qu'ils n'ont pas de compagnons pour leur tenir chaud. II est si faux quecesErmites soient des paresseux, qu'on estquelquefois étonné des constructions qu'ils font à^eux seuls. Un Castor avancé en âge , étant vidé , pèse environ quarante-cinq livres ; les jeunes, également vides , pèsent environ trente-quatre livres. On employé divers moyens pour chasser les Castors; outre ceux qu'on tue à l'affût, les indigènes ont une autre manière de les prendre que Cartwright décrit de la manière suivante : lorsque la pièce d'eau où se trouve l'habitation des Castors n'est pas susceptible d'être mise à sec, les chasseurs percent le toit de cette habitation de manière à en voir l'intérieur et à découvrir la posi- tion de ce qu'on appelle les Angles ; c'est-à-dire , l'en- trée ou les entrées qui conduisent par dessous l'eau dans cette cabane. Alors , ils enfoncent des bâtons le long de i. i8 ( 374 ) la ligne où l'eau baigne le pied de la butte artificielle des Castors, et où la terre est toujours molle; ces'bâtons sont plantés obliquement de manière à boucher en se croisant le passage par lequel ces animaux entrent et sortent; cela fait , les chasseurs retirent leurs bâtons , ne les ayant placés provisoirement que pour s'assurer de la direction convenable. Ils rebouchent aussi l'ouver- ture qu'ils ont faite au toît de l'habitation , et ils se mettent h battre les buissons dans le voisinage , accom- pagnés de leurs chiens. Les Castors effrayés se jettent à l'eau , et regagnent leur cabane ; alors , le chasseur les y enferme en remettant en place les bâtons dont nous avons parlé. Par ce moyen , ces animaux n'ayant plus d'issue deviennent immanquablement la proie des chas- seurs, qui peuvent les tuer dans leur habitation, ou même les y prendre vivans par l'ouverture qu'ils avaient faite au toît'. C.-M. Observations relatives' à ,l' appareil générateur des animaux mâles ; examen des liquides renfermés dans les diverses glandes qui peuvent s'y rencon' trcr ; histoire et description des animalcules sper^ maliques; Par mm. Prévost et Dcmas. ( Suite. ) Plusieurs points de vue nous faisaient désirer vive- ment de soumettre à l'examen microscopique un nombre considérable d'oiseaux , et nous y étions particulièrement ( 275 ) excités en réfléchissant à la facilité avec laquelle se pro^ duisent les hybrides dans quelques familles de celte classe. Nous avons été contrariés par une circonslance inatten- due. La plupart des oiseaux sont soumis à des alternatives nettement tranchées qui les rendent inhabiles à se repro- duire hors de certaines époques bien connues. Toute leur organisation sexuelle se trouve subordonnée à cette condition , et les Moineaux , par exemple , ne sont pu- bères que vers la saison de leurs amours. On trouve alors leur testicule volumineux , blanc , gorgé de semence , et celle-ci fourmille d'animalcules que nous avons déjà fait connaître dans notre essai précédent. Leur tête plate et circulaire se présente souvent de côté; leur queue, longue et effilée comme une aiguille, se contourne peu dans leurs mouvemens, qui semblent s'exécuter tout d'une pièce. Mais , il n'en est pas de même en tout autre temps, et le testicule, réduit au dixième de son volume, offre la teinte gris-jaunâtre qui est propre aux vaisseaux spermaliques qui le composent. Ceux-ci ne contiennent absolument aucune espèce de liquide, et l'on a beau le comprimer, le diviser, en délayer des fragmens dans l'eau , rien ne peut y faire reconnaître des animalcules. Le Moineau mâle n'est donc véritablement pubère qu'au printemps, et perd cette prérogative dès qu'il a accom- pli l'œuvre de la reproduction. Il en est de même des Serins de Canarie , des Linottes , des Pinsons , des Ca- nards domestiques et des Coqs-d'Inde. Les tentatives infructueuses auxquelles nous nous sommes livrés pen- dant le temps dont nous avons pu disposer pour cet objet, et que nous avions fixé malheureusement vers la fin de l'été , ces tentatives nous ont fait connaître l'existence )8.. ( ^76 ) de cette loi remarquable , et nous ont obligés à renvoyer au printemps prochain l'exécution d'une Monographie complète des animalcules spermatiques chez les oiseaux. Pour le moment, nous nous bornons à présenter ici quelques résultats propres à donner une idée précise de leur forme. Ceux du Coq, que nous avions déjà exami- nés, que Leewenhoeck avait découverts et parfaitement dessinés , et que De Gleichen lui-même avait obser- vés , nous ont fourni l'occasion d'admirer l'exactitude extraordinaire de l'infatigable scrutateur Hollandais. La fi"-ure que nous en avions donnée , celle que De Gleichen publia , sont toutes les deux inexactes , et celle de Lee- wenhoeck est au contraire parfaitement conforme à la planche que nous rétablissons aujourd'hui. Les animal- cules du coq consistent en une tête oblongue qui se ré- trécitlout-à-coup à sa base et se continue en une queue extrêmement fine qu'il est presque impossible de recon- naître aux premières observations. Mais , si l'on se livre pendant quelques jours à cet examen , on parvient aisé- ment à s'assurer de son existence , et alors l'animalcule se montre tel que nous venons de le dépeindre. Mais , ce qu'il y a de plus singulier , c'est que le Coq , pris en toute saison , se prête facilement à ce genre de recherches, et se dérobe, par conséquent, à une loi qui pourrait sembler plus générale. Il partage, avec les mammifères , ïe privilège d'une puberté continue. Il est donc probable que c'est sur lui qu'on cherchera la vérification des foits que nous avons cherché à établir , et cette circonstance nous engage à décrire en détail le système reproducteur de cet animal. Il est fort simple, comme celui de la plus jivande partie, et peut-être de tous les oiseaux. Il ■ ( =^77 ) ne renferme , en effet , que deux testicules placés dans la cavité abdominale , de chaque côté de la colonne ver- tébrale , et adossés à la partie supérieure des reins. Sur leur face interne et postérieure , on voit sortir un nombre très-considérable de petits canaux très-déliés .tortueux et perpendiculaires à la direction de l'axe, ils viennent peu- à-peu se réunir dans un tuyau commun plus gros et qui se renfle encore à mesure qu'il reçoit de nouvelles bran- ches. Enfin , celui-ci s'achemine d'une manière flexueuse vers le cloaque , où son extrémité va saillir sous la forme d'une petite papille conique qui en porte l'orifice à son extrémité. Cette particularité devient très-importante- d'après le point de vue remarquable choisi par M. Geof- froy-de St.-Hilaire, et qui nous promet de si belles con- sidérations sur les conditions qui déterminent les diffé- rences sexuelles. En rapportant notre observation , il nous en a attribué la découverte; mais on trouve dans l'ouvrage de de Graaf une excellente figure des organes du Coq , où ces papilles sont parfaitement dessinées. C'est donc à lui qu'il faut rapporter la citation bienveil- lante dont nous avons été l'objet. Le testicule du Coq est ovale et présente une homo- généité dans sa structure , qui semble d'abord éloigner l'idée de l'existence de vaisseaux spermatiques. Il n'est cependant pas difficile de s'assurer que son parenchyme en est composé , et si l'on prend un fragment de l'organe , quelle que soit d'ailleurs sa position , on trouve toujours qu'il renferme beaucoup de petits tuyaux Irès-friables , entortillés sur eux-mêmes et gorgés de semence; ils on^ un demi-millimètre de diamètre et sont fixés l'un à l'autre. ( *78.) par un très-grand nombre de pelilcs fibres do tissu cellu- laire qui les embrassent étroitement. Le Pigeon possède aussi des animalcules , et leur forme , leur longueur , les rapprochent singulièrement de ceux que nous venons de décrire dans le Coq , tellement même qu'il serait impossible de dire en quoi iis diffèrent. Nous avons trouvé que les organes de cet animal en contenaient dans une époque où il nous était impossible d'en obtenir des Moineaux , du Canard et du Coq-d'Inde , ce qui nous porte à penser qu'il conserve sa puberté pendant toute l'année , de même que le Coq domestique. Quant à ceux du Canard , ils avaient été mal dessinés dans notre premier travail et cela tient à la cause que nous avons déjh signalée. Depuis lors, nous avons pu nous convaincre que leur forme est analogue à celle des deux espèces précédentes. Ils sont plus courts, cepen- dant, et ne représentent qu'au printemps et au commen- cement de l'élé. En automne , on trouve les testicules secs et arides , d'une couleur jaune sale , et le canal déférent est entièrement vide. Tous les animaux vertébrés à sang -froid que nous avons examinés possèdent aussi des animalcules , et si nous en présentons ici quelques-uns seulement , c'est afin d'épargner des répétitions inutiles et fatigantes. Dans la Grenouille commune, les testicules ont la forme et le volume d'un haricot blanc de moyenne grosseur. Ils sont placés des deux côtés de la colonne vertébrale , en avant des reins. L'enveloppe péritonéale qui les recouvre exté- rieurement leur donne cette apparence tigrée de noir qu'on observe dans beaucoup de cas. L'aibuginée . si l'on peut encore lui donner ce nom, est fuie, transpa- ( î»79 ) , renie, et présente à sa sudace quelque chose d'analogue aux mailles du tissu cellulaire. Le parenchyme est gorgé de liquide , et celui-ci fourmille en tout temps d'animal- cules doués d'uu mouvement très-vif. De la face posté- rieure des testicules près de leur bord interne , sortent des canaux efférens au nombre de six ou huit , disposés par paires et très-légèrement flexueux. Ils se dirigent en dedans vers le bord interne du rein correspondant , le contournent j et passant dans son parenchyme près de sa surface postérieure , ils vont s'ouvrir dans les uretères. Ceux-ci longent la partie de l'organe qui est dirigée vers la colonne vertébrale et se rendent en droite ligne au cloaque dans lequel ils versent l'urine en temps ordinaire , et la liqueur spermatique à l'époque des amours. Mais avant d'y arriver , ils se renflent en une poche latérale très-distensible et d'un volume considérable vers le temps de l'accouplement. Le conduit reprend son volume pri- mitif lorsqu'il est près de son embouchure , et vient se terminer dans le cloaque par une papille très -marquée. Cette disposition remarquable des canaux déférens avait été vaguement indiquée par Swammerdam; mais elle nous a paru digne de quelqu'attention , ce qui nous a engagé à donner une figure qui en exprime tous les dé- tails. Au printemps , tout ce système est injecté en blanc , et nous avons pu suivre les animalcules depuis le testi- cule , les petits canaux efférens , l'uretèro et sa dilatation , jusques dans le cloaque , où la plus légère pression les fait parvenir h l'instant. Il est à remarquer que le liquide contenu dans les poches vésiculaires paraît moins dense que celui qui se rencontre dans le testicule ou dans les canaux efférens qui n'ont pas encore traversé le rein. ( a8o ) Cela pourrait tenir au mélange des sécrétions spermati- que et uriaaire , et la Grenouille offrirait l'exemple re- marquable , et peut-être moins rare qu'on ne pense, d'un animal chez lequel l'urine sert à diluer la semence four- nie par le testicule , et remplace ainsi les appareils vé- siculaires que nous avons vus dans les mammifères. Il est certain qu'au printems l'urine des Grenouilles 'con- tient beaucoup d'animalcules spermaliques bien faciles h reconnaître , et qu'il ne faudrait pas confondre avec les gros vers que renferme souvent leur vessie urinaire. Le sommet du testicule est surmonté d'un panache très-apparent vers le printems. Sa couleur est jaune et semble due à la présence d'un fluide onctueux qui le distend alors ; mais après l'accouplement, cet appareil se flétrit , s'affaisse et pâlit beaucoup , de manière qu'on a quelquefois de la peine à le retrouver. U est découpé en cinq ou six lanières linéaires , dans la partie moyenne desquelles on voit ramper un vaisseau considérable re- lativement à leur volume. Cet organe graisseux est d'ail- leurs intimement uni au testicule , et comme implanté sur lui ; ce qui semble annoncer qu'il existe entr'eux des communications assez intimes; vu au microscope, le li- quide onctueux qu'il renferme ne montre que des vési- cules graisseuses. La liqueur séminale de ces animaux obtenue par émis- sion spontanée contient une telle quantité d'animalcules , et leur mouvement est si rapide , que l'œil armé du mi- croscope n'y perçoit qu'une espèce de bouillonnement très-singulier. Mais lorsqu'on la délaie ou qu'on prend le liquide du testicule , le mouvement plus lent et les animalcules mieux isolés permettent d'en percevoir la ( 28l ) forme sans difBcuIlé. Ils sont fort courts; leur tête est oblongue, raplatie et marquée dans son centre d'une tache plus claire , que nous n'avons bien vue qu'au moyen de l'excellent microscope de M. Amici. La Grenouille à tempes rousses nous a offert des ani- malcules semblables en tout point; mais elle se distingue de la précédente par quelques particularités de son ap- pareil générateur qui semblent singulières , lorsqu'on ré- fléchit à la ressemblance qui existe d'ailleurs entre ces deux espèces. Le testicule est beaucoup plus petit; l'u- retère est plus large comparativement , mais il est privé de la dilatation que nous avons décrite et se termine dans le cloaque par un simple orifice sans papille. La femelle offre des différences encore plus saillantes , sur lesquelles nous aurons l'occasion de revenir dans un autre Mémoire . On trouve chez les Crapauds des variations plus re- marquables encore , mais elles ne portent que sur les arrangemens accessoires de l'appareil ; et le testicule s'y voit toujours gorgé d'un liquide qui fourmille d'animal - cules plus ou moins longs. Dans la Salamandre à crête, les testicules sont placés tout-à-fait au-dessus des reins, et leur forme change beaucoup d'un animal à l'autre. On y dislingue toujours deux parties intimement unies entr'elles : l'une est jau- nâtre, d'un tissu fort analogue à celui du testicule de la Grenouille , et contient beaucoup d'animalcules ; l'au- tre est d'un gris de perle, demi - transparente , et n'en présente jamais. Quelquefois la portion qui les sécrète est rassemblée en une seule masse irrégulière qui occupe la partie inférieure de l'organe ; quelquefois aussi elle se partage en deux lobes réunis par un pédicule très grêle. ( 282 ) et c'est alors sur l'inférieur que se trouve la petite masse opaline. Dans tous les cas , on voit partir de la portion interne et postérieure de chaque testicule six ou huit vaisseaux sanguins qui se réunissent successivement en un canal commun. Celui-ci se recourbe , se dirige en bas , passe en dedans des uretères et s'ouvre avec eux dans le cloaque par le même orifice terminé en forovB de papille. Celles-ci servent donc h la fois à l'évacuation de la semence et à celle de l'urine. Près des testicules , se trouve un corps volumineux , onctueux, d'une couleur dorée , divisé en deux ou trois lobes et fort analogue au panache de la Grenouille. Le liquide qu'il renferme ne montre que des globules grais- seux , d'une couleur orangée très-belle. Les reins, chez la Salamandre, sont d'un volume con- sidérable : et l'on voit avec étonnement se détacher de leur bord extérieur , des uretères nombreux disposés en faisceau qui viennent tous aboutir à l'orifice génito-uri- naire. En temps ordinaire , ils contiennent une liqueur limpide qui présente tous les caractères de l'urine ; mais au printemps, et dans les mâles seulement, ils se trou- vent gorgés d'un liquide blanc, laiteux, si analogue par son apparence à celui des canaux déférens , que nous crûmes au premier moment, que le sperme refluait dans les uretères. Le microscope vint dissiper notre erreur ; car ce liquide ne contenait point d'animalcules , et l'on y voyait seulement un nombre prodigieux de globules d'une forme et d'une dimension identiques , avec celles des globules du lait. Ce n'était donc point de la se- mence ? Ce n'était pas non plus de l'urine ? Et l'on ne saurait former que des conjectures sur l'origine et la ( 283 ) destination de cette singulière liqueur , que l'on retrouve constamment chez les mâles , à l'approche de l'accou- plement. Les animalcules de la Salamandre ont une forme très- remarquable , et diffèrent entièrement de ceux que nous avons décrits jusques à présent. Ils sont fort îongs , fort grêles , et se terminent en avant par une tête obovale tellement plate , que lorsqu'elle se présente sur le côté , on dirait qu'ils n'en ont pas du tout. Ils se meuvent d'une manière aussi fatigante que singulière. Leur corps entier se courbe en un arc très-régulier , mais qui change de direction à tout instant. Quelquefois ils exécutent cette espèce d'évolution pendant plus de dix minutes , sans bouger de place. On les voit aussi , mais plus rarement, nager par des ondulations répétées et horizontales , à peu près à la manière des serpens. Lorsqu'ils sont à sec , leur corps devient Irès-flexueux. Mais ce qu'ils ont cer- tainement de plus extraordinaire , c'est leur longueur absolue qui est égale à o,'"'°4 de millimètre. Sous ce rapport, ils s'éloignent étrangement des animalcules pré- cédons qui sont beaucoup plus courts. Malgré cette dif- férence , il ne paraît pas que leur diamètre soit plus fort ; bien au contraire , les animalcules du Cochon d'Inde , par exemple , ont la queue plus épaisse et la tête bien plus grosse , quoiqu'ils soient à peu près cinq fois moins longs. La Salamandre palmée et la Salamandre terrestre pos- sèdent aussi des animalcules qui ne diffèrent que par la longueur de ceux que nous venons de décrire. Chez ces animaux , il suffit de presser le ventre au mâle vers le printemps , pour faire sortir par l'ouverture du cloaque une liqueur qui en offre une quantité prodigieuse. ( '.su ) La Vipère , l'Orvet , quelques Couleuvres , les Lézards gris et verds nous ont fourni des animalcules; et l'occa- sion de les examiner s'est renouvelée plusieurs fois pour chacune de ces espèces. En général , ils se rapprochent de ceux des mammifères pour la forme et la longueur , quoique leur télé se trouve beaucoup moins marquée. La laite des poissons fourmille de corps mouvans sur la forme desquels il y a beaucoup de variations dans les auteurs qui l'ont examinée. Pour le plus grand nombre, ils n'ont vu que des globules vivement agités ; mais cette illusion provient évidemment de l'extrême ténuité de leur queue , qui échappe aux yeux les mieux exercés. Au moyen de l'instrument de M. Amici , nous avons eu l'occasion de nous assurer que chacun de ces globules était bien réellement pourvu d'une queue; et nous espé- rons pouvoir incessamment réunir en un autre Mémoire les observations que nous avons recueillies sur ce point , et celles que nous nous proposons de faire sur les ani- maux articulés que nous avons encore peu considérés sous ce point de vue , mais chez lesquels l'existence des animalcules a été constatée par Leewenhoeck. Quant aux mollusques , ils se prêtent merveilleuse- ment à ce genre de recherches en raison de la dimen- sion extraordinaire de leurs animalcules; et dans l'Es- cargot , par exemple , ceux qu'on y rencontre en abon- dance , ont près d'un millimètre de longueur absolue , et ressemblent beaucoup pour le port et la forme géné- rale à ceux que nous avons décrits dans la Salamandre. Ils ont le corps ondulé dans toute sa longueur, se meu- vent avec assez de lenteur pour qu'on puisse aisément les suivre, et se terminent en avant par une tête obovale. Ils ( 285 ) nagent toujours de la même manière que les Anguilles; mais quelquefois ils ont l'air d'être en repos complet , quoique leur tête pivote sur sa base en décrivant des oscillations fort rapides. Ce balancement peut durer pendant très- long-temps , sans que l'animalcule change de place. Pour les mesurer , nous avons été forcés de prendre un grossis- sement moins fort qu'à l'ordinaire , car leur corps entier ne pouvait être perçu avec celui de 3oo diamètres , quoi- que son champ soit très-étendu et très-net; il semble qu'on devrait les voir à l'œil nu puisqu'ils ont une demi- ligne de longueur ; mais si l'on réfléchit à la ténuité de leur corps , on concevra comment ils peuvent échapper à nos regards lorsqu'on ne fait pas usage d'une lentille. Les autres Escargots en possèdent aussi de semblables; les Limaces , les Lymnées en ont de même nature ; mais on pourra voir dans le tableau des mesures absolues , qu'ils sont généralement plus courts que ceux de l'Hélix- Pomatia que nous venons de décrire. Après avoir poursuivi dans ces principales classes du règne animal l'étude de la sécrétion spermatique, il im- porte de discuter les résultats principaux que nous en avons obtenus. Nous avons vu que le testicule était le seul organe constant et essentiel , tous les autres pouvant manquer dans le plus grand nombre des cas sans que la fonclion génératrice en soit influencée. Cette circon- stance prouve , d'une manière presqu'incontestable , qu'il est le siège de la sécrétion au moyen de laquelle s'opère la fécondation des œufs. Nous avons reconnu , dans les mêmes recherches, que les animalcules sper- matiques ne se montraient que dans cet organe , et la liaison de ces deux lois de l'économie animale semble ( 286 ) indiquer que ces êtres jouissent d'une importance réelle et peut-être exclusive dans l'acte de la g;énéralion. Il était donc nécessaire de poursuivre leur étude sous ce point de vue, et de mulliplier les faits, afin d'éclairer la question sur toutes ses (iices. Les animaux impubères sont inhabiles à la reproduc- tion , et l'étude attentive de leurs organes pouvait nous éclairer sur la cause prochaine de leur incapacité. Nôiis avons mis à profit toutes les occasions qui se sont pré- sentées à nous depuis deux ans , et nous pouvons assurer, d'après un nombre d'expériences extrêmement considé- rable, que les jeunes Chiens, Chats, les Lapins, les Veaux , les Poulains , les Anons , les Cochons d'Inde de quelques mois ; un grand nombre de Surmulots , de Souris du même âge , les Poulets et les petits Canards ; enfin les Grenouilles jeunes ne possèdent pas d'animal- cules spermaliques. La liqueur qu'on extrait de leurs or- ganes contient les globules irréguliers qu'on observe dans les testicules du Mulet; mais elle est complètement pri- vée de corps mouvans, et jamais nous n'avons pu dé- couvrir, au milieu des globules qui flottaient dans le liquide , quelqu'objet qui rappelât par sa forme les ani- malcules propres aux animaux pubères. Les anciens ob- servateurs avaient déjà fait mention de cette circon-" stance , mais nous ne pensons pas qu'ils eussent apporté' dans leurs recherches le scrupule et le soin que nous avons mis dans les nôtres , et qu'ils les eussent surtout variées et multipliées suffisamment pour donner h celte loi un caroclèrc général et précis. Après une époque de la vie, qui, sans être bien déter- minée, varie peu dans chaque espèce , les animaux de- (^7 ) viennent stériles. Il était fort important de comparer !es matières sécrétées dans cette période avec celles que nous avions examinées , soit dans l'état adulte, soit dans le jeune âge , avant la manifestation des symptômes connus de la puberté. Sur ce point , nous n'aurons pas l'avantage d'offrir un grand nombre de résultats, et l'on conçoit qu'il est bien moins aisé de se procurer des êtres dans les conditions de vieillesse convenable. Cependant nous avons pu soumettre à l'examen les parties de la gé- nération d'un étalon, â^é de vingt-cinq années, et qui se trouvaithorsdeservice depuis quatre ou cinq ans, ainsi que celles de quelques Chiens fort âgés, dont nous avons pu disposer. Les organes n'élaient pas dans un état ma- ladif, mais ils se trouvaient dépourvus d'animalcules, et la liqueur qu'ils contenaient ressemblait, sous tous les rapports , à celle que nous avions observée dans les jeunes individus des mêmes espèces. Ce point de vue avait aussi, dans plusieurs occasions , été le sujet de quelques recherches, et nous trouvons, dans les auteurs qui s'en sont occupés , des résultais parfaitement conformes à ceux que nous avons obtenus nous-mêmes. Les données que nous venons d'acquérir établissent déjà suffisamment l'importance des animalcules , et mon- trent qu'il existe une relation intime entre leur présence dans les organes et le pouvoir fécondateur de l'animal. Il est donc indispensable d'en faire l'objet d'une étude particulière, et de définir exactement les principales pro- priétés qui les caractérisent. Le sperme du Chien de- meure parfaitement fluide et transparent; le mouvement s'y conserve pendant plusieurs heures. Ces deux circon-- stances le rendaient plus propre que tout autre aux obser- •4 alions suivantes. ( 288 ) Nous avons mis dans deux capsules d'argent des ({uaa-» lités égales de liqueur spermatique ; nous avons laissé l'une comme terme de comparaison, et nous avons fait plonger dans l'autre une baguette métallique vernie jus- qu'à son extrémité , de manière qu'en mettant en com- munication la baguette et la capsule avec les deux sur- faces d'une bouteille de Leyde , fortement chargée , on excitait une étincelle qui passait en totalité au travers du liquide et non point à la surface. Après quelques dé- charges , les animalcules étaient complètement immo- biles , tandis que ceux qu'on n'avait point éleclrisés s'a- gitaient tout autant qu'avant l'expérience . qui n'avait duré que cinq minutes. Nous avons fixé sur une glace deux fils de platine , dont les extrémités , vis-h-vis l'une de l'autre, étaient séparées par quelques lignes d'intervalle. Cet appareil a été placé sous le microscope , et les fils ont été mis en communication avec deux branches de laiton qui se ren- daient dans des capsules pleines de mercure et portées par une table indépendante de l'appui du microscope. L'une d'elles communiquait à demeure avec l'un des pôles d'une forte pile ; l'autre servait à établir ou rompre le circuit au moyen de l'immersion ou de l'émersion du rhéophore. On a mis alors une goutte de liqueur sperma- tique entre les deux fils de platine . et le mouvement des animalcules étant bien perçu , l'on a établi le circuit galvanique. Mais soit qu'il ait été continu , soit qu'on ait donné des secousses, on n'a pu voir aucune altération dans le mouvement, Après avoir suffisamment constaté ce point , on a promené le microscope dans toute l'é- tendue du liquide , et l'on a vu que dans les portions ( -^89 ) contigiiës au pôle positif ils étaient tous immobiles , tandis que, soit auprès du pôle opposé, soit dans les au- tres parties du liquide , on les voyait aussi agités qu'avant l'expérience. Cet effet doit être attribué très-probable- ment à l'action des acides produits au pôle positif, et nous en trouverons plus bas des preuves convaincantes. Les expériences nouvelles sur les propriétés du cou- rant galvanique fermé ne nous permettaient pas de né- gliger son action dans cette circonstance. Nous n'avons aperçu aucun effet sensible en nous servant de l'appareil précédent, dans lequel on avait substitué aux deux pointes de platine un fil entier du même métal. Les expériences , qui n'ont pas été troublées par l'effet calorifique , ont certainement mis en évidence la nullité d'effet du cou- rant. Nous n'avons pas été plus heureux en nous servant d'un fort aimant que nous avons mis en rapport avec le liquide, soit sous le microscope lui-même , soit ailleurs , pendant un temps assez long. On voit que ces diverses épreuves laissent beaucoup de doute sur l'irritabilité de ces petits êtres, et nous pensons , pour notre propre compte, qu'elles démontrent l'absence d'un système musculaire analogue à celui des grands animaux. Nous discuterons ailleurs la forme mé- canique au moyen de laquelle peuvent se concevoir les mouvemens qu'ils exécutent, indépendamment de toute organisation compliquée. Conclusions de ce Mémoire. 1." Tous les animaux mâles , en état de puberté , pos- sèdent desanimalcules spermatiques. Lesindividusjeunes, ceux qui sont trop âgés, n'en offrent aucun indice, et ,9 { 290 ) les oiseaux se font reuiarqucr par l'absence complète do ces cires à loule autre époque que celle fixée par la nature pour leur accouplemeut. Le Coq domestique et le Pigeon échappent à cette loi. 2." Les animalcules spermatiques existent dans le tes- ticule h l'état de perfection complète; ils sont transmis aux canaux déférons , et n'éprouvent aucune altération dans ce trajet. Leur mouvement et leur forme ne sont point influencés non plus au moment du mélange des li- quides sécrétés par les autres glandes , en sorte qu'ils arrivent au dehors tels qu'on les voyait déjà, lorsqu'on les prenait dans les vaisseaux spermatiques eux-mêmes. 3.» Les vésicules séminales , les vésicules accessoires, la glande prostate et celles de Cowper ne fournissent ja- mais d'animalcules ; et si l'on en rencontre quelquefois dans la vésicule séminale < ils proviennent évidemment des canaux déférons. 4,-' Le mouvement spontané des animalcules sperma- tiques est intimement lié à l'état physiologique de l'indi- vidu qui les fournit. Cette circonstance suffit à elle seule pour les distinguer nettement des animalcules infusoires. Ils en diflcrent encore par la constance de leur forme dans tous les êtres d'une même espèce , et toutes nos ex- périences démontrent qu'ils sont le produit d'une véri- table sécrétion. 5/ L'étincelle électrique les tue. Le courant galvani- que ne les affecte pas même dans un état d'intensité suf- fisant pour décomposer l'eau et les sels que contient celle-ci. 6." Quelle que soit l'opinion qu'on adopte sur le rôle des animalcules spermatiques , nous avons démontre ( 291 ) qu'ils sont produits par le seul organe essentiel à la fa- culté fécondante , qu'ils existent dans tous les animaux capables de reproduire leur espèce autrement que par bouture , qu'ils manquent au contraire dans tous ceux qui se Irouvent inhabiles à la génération , et que leur présence dans le liquide séminal est le véritable si^-ne qui sert à le caractériser. Nous joindrons au Mémoire qu'on vient de lire quel- ques observations que nous avons eu l'occasion de faire , depuis qu'il a été communiqué à l'Académie des Scien- ces. Comme ïeiles ne seraient pas bien comprises sans le secours d'une nouvelle figure , nous renverrons ce sujet à notre Nuniéro prochain, dans lequel nous donnerons en même temps l'explication détaillée de toutes les plan- ches relatives au Mémoire snr les organes mâles. Il est facile de voir que nous eussions pu donner ici des idées générales qui ressortenl naturellement des phé- nomènes que nous avons fait connaître , mais il nous a paru plus convenable de les conserver jusques au moment où nous aurons parcouru dans son ensemble la question de la génération toute entière. Le tableau suivant renferme les résultats numériques de nos mesures. Los animalcules de plusieurs animaux s'y trouvent coniparés sous le rapport de leur longueur dans la dernière colonne, celui du chien étant pris pour lo. Dans la première, les dimensions absolues sont exprimées en fractions du millimètre. ^9- 2 92 ) Tableau des mesures précises de quelques animalcules spermatiques . NOM DE L'ANIMAL. Longueur en LONGUEUR RELATIVE , celui du Chien millimètres. pris pour 10. Putois. o,o83 5o Chien. 0,016 10 Lapin. o,o4o 25 Chat. o,o4o s5 Hérisson. 0,066 Al Cochon-d'Inde. o,o83 5o Surmulot. 0,166 100 Souris grise ou blanche. 0,080 5o Cheval. o,o55 34 Ane. 0,060 57 Taureau. o,o58 36 Bouc. o,o4o 25 Bélier. o,o4o 25 Moineau. o,o85 5o Coq. 0,045 28 Canard. 0,o32 20 Pigeon. o,o54 54 Vipère. 0,066 41 Couleuvre de Razomowsky. 0,100 62 Orvet. 0,066 41 Crapaud accoucheur. o,o3q 18 - Grenouille. o,Oi6 16 Salanoandre à crête. 0,400 sSo Escargot {^H. pomatia.) o,833 520 Lymnée ( H. palustris. ) 0,61 1 38i ( 295 ) Extrait du Rapport fait à C Académie des Sciences , dans la Séance du^l\juin\%'i'2,parM. Brongniart, sur le Mémoire de M. Constant Prévost, ayant pour titre : Géologie des Falaises de la Normandie ( i ). Les escarpemens à pic que présentent souvent les côles qui bordent la mer, et qu'on nomme falaises eu Normandie, offrent, sur une grande étendue, la super- position claire des couches , et comme ces couches ne sont jamais parfaitement horizontales , on voit sortir successivement et comme de dessous terre, les couches inférieures, qui, dans d'autres lieux, sont enfouies à, une grande profondeur. Examinons ce que ce moyen sûr et commode d'ob- servation a appris à M. Prévost , et à quelle décou- verte intéressante, à quel résultat général il l'a conduit. L'auteur a suivi les côtes de la Picardie , de la Nor- mandie et du Gotentin , depuis Calais jusques près de Cherbourg; il a reconnu les mêmes roches aux deux, extrémités de cette ligne. Elles appartiennent aux ter- rains primordiaux, et forment comme les rives ou bord& du bassin de roches primitives , dans lequel se sont dé- posées les couches qui ont rempli ce bassin ou golfe , (i) Les nouvelles recherches entreprises par M. Pré- vost ayant retardé jusqu'à présent la publication de son travail , nous avons pensé qu'il serait agréable à nos lec- teurs, de connaître le rapport dans lequel M. Brongniart en a rappelé les principaux résultats. ( «94 ) et dont le milieu parait être vers Dieppe. Comme ces couches Vont en se relevant des deux côtés , ou des en- virons de Dieppe à Cherbourg et h Calais, il a vu , dans le milieu, les terrains les plus superficiels ou les plus modernes , près des extrémités , les plus profonds ou les plus anciens, et dans fintervalle , tous les terrains in- termédiaires. Le développement en profil de la partie occidentale de cette côte , qu'il a présenté a l'Aca demie, donne une idée de' la dispôsiliou générale des di- vers terrains qui s'y monlrenl. On reconnaît déjà par ce premier aperçu , quel avan- tage présente la marche que M. Prévost à suivie. Elle nous apprend d'une manière aussi claire que certaine, que les terrains primordiaux qui se montrent dans le Boulonnais et dans le Cotentin , sont les bords d'un vaste golfe ou bassin, dans le fond duquel se sont dé- posées toutes les roches postérieures, non pas horizon- talement , mais en se courbant et en suivant par celte courbure , celle du fond du bassin. Puis abandonnant cette courbure peu à peu , à mesure qu'elles le remplis- saient , de manière que celles du milieu qui sont les dernières et les plus superficielles, deviennent presque horizontales. *■ Tel estle premier résultat ifi^è 'pfélètitéle travaildeM. Prévost, résultat entièrement de géographie physique , et tout-à-fait indépendant de la diversité de nalure'de ces différentes couches , et de toutes les particularités qu'elle.* peuvent montrer dans leur épaisseur et dons les corps organisés qu'elles renferment. Ce genre de considération offre un second point de vue qui embrasse moins d'étendue, mais qui pénètre ( î»95 ) plus profondément dans la structure du sol , et en fai- sant découvrir toutes les parties et les rapports cjue ces parties ont entr'elles , il est fécond en observations de détail nouvelles, et en résultats égaletftept nouv,ejiux et inattendu?. > ,.,,,,[ „..:,..,:_■, M. Prévost a donné, dans une coupe théorique et gé- nérale très -bien faite, un véritable tableau de ces faits et de leurs résultats. Ce tableau , par la manière dont il est construit et coloré, montre à l'observateur, sui- vant la distance à laquelle il se place, ou les grandes divisions de terrains et leurs caractères généraux seu- lement, ou les dernières subdivisions et par conséquent tous les faits de détail qui en composent l'histoire. M. Prévost examine ensuite les unes après les autres, les différentes parties de ce tableau, en commençant par les plu§ inférieures, c'est-à-dire, par les, terrainis en couches inclinées. Il fait remarquer les traits frappans de ressemblance qu'il y a entre les roches et; les mi- néraux qui composent les terrains aux deux extrémités de la ligne, c'est-à-dire, dans le Cotentin et dans les Ardennes, à une distance d& plus de 80 lieues. Il remonte ensuite dans les terrains en couches à i>eu près horizontales, qui ont rempli l'espèce de grande val- lée ouverte dans les premiers; nous ne le suivrons pas couche par couche dans cette description. La coupe donne une idée suffisante de leur nombre , de leur suc- cessioUj et même de leurs caractères principaux; nous nous contenterons de rappeler les particularités qu'il a observées sur quelques-unes d'entre elles , et surtout celles dont la connaissance nous paraît due aux recher ches de M. Prévost. ( 296 ) Calcaire à Gryphées. Le oremier de tous, dans cet ordre d'ancienneté, est le Calcaire brun qui renferme principalement le Gryphea. àrcuata. Sa place bien déterminée dans une série presque complète de toutes les couches postérieures au terrain primordial est une observation de la plus grande impor- tance, parce qu'elle nous fait connaître celledecemême Calcaire dans les lieux où il est abondant, caractériséet caractéristique, mais où la forme du sol ne permet pas aussi bien de la voir. M. Prévost a senti l'importance de celte circonstance et n'a pas omis de nous faire remarquer l'identité de cette même couche avec celles qui ren- ferment les mêmes coquilles , dans la Bourgogne et dans le Jura, au pied des Calcaires qui composent la plus grande partie de cette chaîne, et si, dans la suite de ce mé- moire, nous trouvons des observations qui semblent di- minuer beaucoup la valeur des caractères zoologiques en géologie, nous trouvons , dès l'entrée, un fait très- remarquable , qui donne à ces caractères une impor- tance que ne pourront lui, enlever les observations sub- séquentes. Le second dépôt sédimcnlaire en montant , offrant une suile nombreuse d'assises calcaires ou marneuses , est célèbre dans l'histoire des terrains de sédiment inférieur de l'Angleterre, sous le nom de lÂas, Les Gryphées arquées du Calcaire précédent , y sont très-rares; mais une autre espèce, le Grjphea Cjmbium» y est très-commune , et cette circonstance e§t aussi heu- reuse qu'instructive, en nous faisant voir: » ( 297 ) 1.' Qu'il n'est pas possible de caractériser les couches d'un terrain par le nom du genre de coquilles qu'elles renferment, mais qu'il faut nécessairement en désigner l'espèce et même la désigner avec exactitude. 2." Que dans les parties inférieures et anciennes de l'écorce du globe, comme dans les dépôts supérieurs et nouveaux du sommet de Montmartre , la même espèce n'a pas vécu long -temps sur le même fond ; que des espèces différentes au contraire , se sont succédées et se sont remplacées avec une rapidité dont nous ne con- naissons aucun exemple dans le fond de nos mers ac- tuelles. Calcaire oolithîque. Le Calcaire, composé de petits grains ronds, comme ceux de la poudre h canon , et qu'on nomme Oolithe , commence à paraître ici , et c'est aussi dans les marnes argilleuses interposées à ce calcaire , que se montrent les débris de ce singulier et monstrueux reptile ou poisson , auquel M. De la Bêche a donné le nom d'Icthyosaure, et qui serait le premier ou le plus ancien des animaux vertébrés qui aient paru à la surface ou dans les eaux de l'ancien monde, si on ne connaissait les poissons e,t les tortues des ardoises de transition de Claris. C'est au-dessus de ce dépôt sédimenteux remarquable, que s'en, présente un autre, non moins remarquable par sa grande puissance , sa grande étendue en Europe , se3 caractères minéralogiques et zoologiques. C'est le Cal- caire oohthique, ainsi nommé, parce que celle variété de calcaire y est très- souvent dominante. Elle n'y est donc mexclmive, ni constante. L'expression que nous. ( ^9^) venons d'employer le dirait sufllsaminent; mais uous répéterons encore avec M. Prévost , que le Calcaire oolithique a ici son siègô principal , tnats non pas exclusif, et que sa présence , partout où il se trouve en abondance avec les mêmes caractères zoologiques , est très-propre, non pas à prouver , mais à faire présu- mer que les couches calcaires dont il fait partie appar- tiennent aux terrains supérieurs au Calcaire à Gry- phées et inférieurs à la craie. M. Prévost y rapporte la pierre de Portiand et le Cal- caire de Caen, c'eat-h-dire, celui dont les carrières sont à la porte de cette ville. Il rattache par conséquent cette dénomination employée souvent et très-à propos par les géologues du département du Calvados, mais qui ne doit pas en sortir; il la rattache , dis-je j h celle du Calcaire oolithique ou du Calcaire moyen du Jura. C'est traiter la géologie d'une manière générale et comme elle doit l'être , et nous admettons ce rapprochement comme plus exact que celui qui est présenté dans les conclusions. C'est ici , et à ce qu'il parait dans les assises supé- rieures et plus grossières de ce grand dépôt calcaire, que commence h se montrer le fait géologique remar- quable , dont la découverte est entièrement duc h M. Prévost , et qui semble ôter aux caractères zoologi- ques une grande partie de leur utilité pour la détermina- tion de l'ordre de succession des couches du globe. Ce fait est la présence des cérithes , etc. , coquilles fossiles qui sont si abondantes dans le calcaire grossier supérieur à la Craie , qu'on lui en avait quelquefois donné l'épi- thète; mais on ne les avait point vues , ni dans la Craie , ni dans aucune des couches inférieures h. ce dépôt cal- ( «99 ) Caire. CesCérithes sont accompagnées et de quelques-uns des genres des coquilles qui les accompagnent dans le Calcaire grossier, et de celles qui sont propres aux Cal- caires anciens. Elles ne peuvent y avoir été amenées; d'ailleurs , il faut qu'elles aient vécu dans le même temps et sur le même fond que les Ammonites, les Belemnites, les Trigonies, etc. , avec lesquelles on les Irouve , pour la première fois , en société. On ne peut douter de la réa- lité de cette association , non-seulementparce que les ta- lens de M. Prévost pour ce genre d'observation nous sont connus , mais parce qu'il vient d'en être de ce fait , comme de tout ce qui paraît nouveau, et qui ne l'est souvent que parce qu'aucun observateur attentif ne l'avait fait re- marquer. Ce fait n'est pas isolé , on l'a retrouvé dans plusieurs endroits avec les mêmes circonstances , dans la même position , c'est-h-dire , dans les terrains presque immédiatement inférieurs h la craie. M. Prévost en cite des exemples dans son Mémoire. Des animaux vertébrés se présentent aussi dans ce terrain ; ils appartiennent toujours aux (ilasses des Pois- sons et des Piepliles , mais 5 des espèces et même h des genres différens de ceux du calcaire inférieur; tel est ie Crocodile trouvé aux environs de Caen. Le Calcaire des environs de cette ville auquel on a donné le nom de calcaire à Polypiers^ à cause de la grande quantité de Madrépores qui le composent , n'est antre chose que les assises supérieures de cette forma- tion , et ne paraît mériter une distinction particulière que dans la description géognostiqiie du Calvados. Mais les marnes argilleuses , bleuâtres , qui séparent les dernières assises supérieures du Calcaire oolithique ( 3oo ) des assises inférieures du dépôt de craie, demandent une mention et même une dénomination parlicullère par une raison de même valeur que celles que nous avons apportées pour le Calcaire oolilhique; c'est-à-dire qu'elles sont comme lui très étendues , presque générales , sur- tout parfaitement caractérisées par les corps organisés fossiles qu'elles renferment , et notamment par une es- pèce de Crocodile encore différent de celui du Calcaire oolithique inférieur. Ces Marnes argilleuses , bleuâtres , ont été confondues avec celles qui sont immédiatement au-dessus du Calcaire à Gryphées et qu'on voit à Dives; mais leur position les en dislingue; et quand ce moyen ne peut pas êt.e em- ployé , les coquilles fossiles et surtout le grand Saurien qu'on y trouve, et qui est très-différent de l'Ichtyo- saure des premiers , donnent un autre moyen de les re- connaître. On peut voir ce terrain au cap de la Hève , près du Havre, au niveau de la mer, et immédiatement au-dessous du terrain de Craie. Voilà donc la position de ce dernier, de la Craie par- faitement déterminée , au moins pour celte partie de l'Europe , et il y a lieu de croire qu'elle l'est également pour toutes les autres parties de ce continent où on pourra l'observer. Non-seulement la position du terrain de Craie sur le Calcaire oolithique est établie par celte observation qui n'est pas particulière à M. Prévost , mais elle en est dis- tinctement séparée par une circonstance caractéristique sur laquelle ce géologue a appelé le premier notre atten- tion ; c'est un dépôt de sable en zones non parallèles , qui indique par sa présence et par sa disposition un ( 5oi ) changement notable dans les causes qui ont produit les terrains inférieurs et supérieurs. La Craie inférieure est grise , Irès-sablonneuse , et montre peu de Silex pyroma- que , c'est-à-dire de Silice pure et isolée; la Craie supé- rieure , qui au contraire en renferme un grand nombre , est plus blanche et moins sablonneuse , comme si la matière siliceuse s'était mêlée avec la matière calcaire dans les assises inférieures , tandis que ces deux sub- stances se seraient séparées nettement dans les assises supérieures. Le fait existe; il a été vu depuis long-temps, mais il a été remarqué explicitement pour la première fois par M. Prévost. Au-dessus de la craie, se présentent, dans quelques endroits, des lambeaux du terrain de sédiment supérieur et surtout des couches lacsutres inférieures de ce ter- rain. M. Prévost l'a constaté en citant les Limnées et les Planorbes qu'il y a trouvés; il a fait aussi remarquer que les Lignites de ces terrains formaient des couches assez étendues , tandis que ceux qui sont inférieurs à la Craie, se présentent presque toujours en fragmens épars; et cette observation claire et précise confirme la diffé- rence que l'un de nous a reconnue depuis long -temps, entre les puissans dépôts de Lignite supérieurs à la Craie et les morceaux de ce combustible fossile épars dans les terrains inférieurs. Après cet examen des différentes couches de la terre , on arrive pour ainsi dire à sa surface , et on n'a plus à y examiner que les terrains superficiels et meubles , que l'on appelle terrains de transport. On croit qu'il n'y a plus rien à en 'dire , à moins que de détailler scrupuleu- sement toutes leurs parties; mais M. Prévost a su y dé- couvrir deux faits généraux très-remarquables : ( 002 ) Le premier; c'est que ces terrains, à l'est de la ri- vière de Dives, sont composés de matériaux entièrement différens de ceux qui les composent à l'ouest de celle vivière. Ces terrains de transport de l'est ne montrent que dos Silex de la Craie disséminé dans un sable rouge ar- gilo-ferrugineux ; les terrains de l'ouest ne présentent crue des fragmens roulés de Quartz et de Grès apparte- nant aux terrains de transition du Colentiui Le second fait est commun aux deux terrains ; c'est que toutes ces pierres dures qui sont étendues non -seule- ment sur les assises les plus supérieures de la Craie , mais sur les terrains encore plus nouveaux qui la recouvrent , ne résultent pas de la destruction de ces parties super- ficielles , mais viennent des assises inférieures de la Craie cl des roches les plus profondes des terrains du Colenlin. Ce fait serait inexplicable , si M. Prévost ne nous rap- pelait que les assises inférieures de ces terrains sont con- caves , et que leurs bords s'élevant à la surface du sol aux extrémités du golfe ou du bassin qu'elles remplis- sent , ont pu et dû fournir les débris solides et arrondis Vai^'le frottement qui ont été transportés de ces bords vëi'è le milieu du bassin. Nous regardons celle observa- tion' comme l'une des plus nouvelles et des plus curieu- ses de celles qui sont renfermées dans,, le. Mémoire de ^M. Prévost. Ces terrains de transport superficiels sont ceui qu'on néglige le Iplus; on croit qu'il.n'y a plus rien à y voit*; il est vrai qu'il y a peu de minéraux à trou- ver, ])éu de faits isolés à y recueillir; mais les lois géo- logiques que M. Prévost vient do remarquer dans ceux de la Normandie , prouvent combka de , choses ils peuvent fi xuBièn^îi ?.Jifit xunh t'ntuor i [ 3o5 ) eneore nous apprendre , lorsqu'on sait les observer d'a- 'bord en détail et ensuite en grand. Telles sont, parmi les observations renfermées dans la première partie du Mémoire de M. Prévost , celles qui nous ont paru lui être tout-à-fait propres et les plus di- snes de fixer de nouveau l'attention de l'Académie , comme ayant ajouté de nouveaux faits à ceux qui com- posent l'histoire naturelle de la terre , et de nouvelles règles à celles qui constituent la science de la géognosie. Nous avons dû rappeller avec quelques détails les principaux objets traités dans la première partie du Mé- moire de M. Prévost , parce que ces objets sont pres- que tous des résultats généraux , déduits la plupart des observations propres à l'auteur ; et que c'est là qu'est le principal mérite du travail que nous examinons. Nous avons beaucoup moins de choses à recueillir dans la seconde partie , non pas qu'elle soit vide de faits bu d'observations , mais parce que ces faits et ces observations sont ceux dont M. Prévost a tiré les ré- sultats précédens. Nous devons donc chercher à en faire apprécier le mérite sous le point de vue du nombre , de la valeur , de l'ordre dans lequel ils sont présentés et de leur exactitude reconnue ou présumée. ' Plusieurs de Ces observations de détails conduisent à des considérations très - intéressantes , parmi lesquelles nous choisirons les suivantes. M. Prévost fait remarquer que les Silex de la Craie se présentent en bandes continues dans quelques lieux. Ce fait ainsi isolé serait sans intérêt , du moins pour le mo- ment, d l'auteur n'ajoutait que dans quelques parties des falaises , près de Fédiinip , par exeniple', t^elte CôBlî- ( 3o4 y nulle est interrompue et que la partie correspondante de ces bandes se retrouve à un niveau plus Las , comme si cette partie se fût enfoncée avec les terrains qui les ren- ferment; fait analogue à celui qu'on observe dans les mi- nes de Houille , et qui paraît dû à une même cause. Mais d'autres bandes présentent un phénomène plus remar- quable ; une partie s'est aussi comme enfoncée sans ce- pendant quitter celle qui a conservé son premier niveau. Ces bï^ndes de Silex ont été comme fléchies ; et comme dans leur état actuel de dureté , on ne pourrait conce- voir une telle flexion sans une rupture complète , on peut présumer que le Silex n'avait pas dans ce moment la solidité , l'espèce de sécheresse et de fragilité qu'il présente maintenant. A l'occasion du terrain des environs de Caen , M. Pré- vost établit par des comparaisons tirées de la position du Calcaire des environs de cette ville , de la texture de ce calcaire , des corps organisés qu'il renferme ; qu'il n'est qu'une partie des assises supérieures du terrain oollthi- que , plus développée en raison de sa position dans une grande cavité. Les environs de Valogne sont célèbres depuis quelques années par le nombre d'individus et d'espèces de co- quilles fossiles que M. deGerville y a recueillis, et dont il a généralement enrichi toutes les collections de l'Eu- rope. Mais il y voyait mêlées , pour ainsi dire, pêle-mêle et comme elles se trouvaient , des coquilles analogues à celles du Calcaire grossier des environs de Paris, et des coquilles qui appartiennent généralement à des terrains très anciens. La découverte que M. Prévost venait de faire de Cérithes dans un Calcaire inférieur à la Craie , ( 5o5 ) lui donnait le désir, lui faisait presque un devoir de vi- siter ce canton. Il a vu ce que M. de Gerville avait an- noncé, un vrai mélange de coquilles d'âges très différons, mais il a remarqué : 1." Que ces terrains étaient déposés dans les espèces de vallées étroites ou de longues cavités qui se trouvent entre les crêtes que présentent ici les extrémités de bans presque verticaux des roches primordiales du Cotenlin. 2." Que les coquilles de ces terrains étaient ou mêlées tout-à-fait, ou déposées dans un ordre inverse de leur ancienneté présumée , c'est-à-dire que les coquilles du calcaire moderne et superficiel de Paris étaient dessous , et les coquilles de la Craie ancienne et profonde étaient dessus. 11 a vu que la plupart de ces coquilles et des débris qui les accompagnaient, indiquaient, par de nom- breux signes extérieurs , qu'elles avaient été amenées de loin et souvent altérées par un transport violent; enfin, et ce fait est des plus importans , que ce terrain meuble et composé de débris anciens et modernes, n'était re- couvert par aucune roche, par aucun terrain plus ancien que ces débris modernes. Les circonstances sont donc ici bien différentes de celles qu'on observe à Trouville , à Caen , etc. , où M. Prévost a reconnu des Cérithes, espèces d'un genre de coquilles regardées comme mo- dernes , au-dessous d'un terrain ancien , et si on ajoute que ces dernières Cérithes paraissent différentes de celles du Calcaire grossier, on conclura , avec M. Prévost, qu'il n'y a qu'une analogie trompeuse entre le mélange de Valogne etja superposition de Trouville , et que ces associations de coquilles anciennes et modernes dans 1. 20 ( ûoG ) les deux endroits , sont dues à des causes qui paraissent «tre très-différentes. Ces causes , M. Prévost croit les avoir trouvées dans la position du terrain de Valogne dans la ligne de la di- rection principale de la grande vallée de la Seine , et dans le transport ancien des débris des divers terrains qui remplissaient cette vallée. Nous ne pourrions le suivre dans cette explication , donner les développemens nécessaires pour la faire ad- mettre , et présenter les objections propres à la rendre douteuse , sans répéter tout ce que M. Prévost a dit , et même sans y ajouter beaucoup de choses. Nous sorti- rions alors des bornes de ce rapport; nous nous contenu terons donc de diro , que quoique cette explication soit encore sujette à plusieurs difficultés , nous la regardons comme ingénieuse , même comme assez vraisemblable , et comme devant être très-soigneusement distinguée d^ hypothèses sans fond qu'on faisait autrefois aussi faci- lement qu'inutilement , pour expliquer et la structure de toute la terre et celle de chaque petit canton habité par ces géologues plus féconds en explications qu'en ob- servations. Les conclusions mises par M. Prévost à la fin de soa Mémoire , ne sont pas seulement des conséquences nou- velles qui résultent des faits rassemblés dans ce travail , elles présentent des vues encore plus étendues, et in- diquent comment cette première étude des roches qui composent une grande partie des terrains de la Côte N. 0. de la France , l'a conduit à reconnaître dan» l'An^^leterre les bassins qui correspondent h ceux du continent ; il nous semble avoir prouvé , par exemple , ( 5o7 ) que c'était le terrain de l'île de Wight qui était la con- tinuation du ba«sin de Paris , et non pas celui 'de Londres , qui correspondait plutôt au terrain de sédi- ment supérieur des environs d'Anvers. Revenant ensuite sur l'analogie de composition des Falaises de la Basse-Normandie avec le Jura , il nous pa- raît avoir très-bien reconnu leurs rapports , au moins jusqu'au Calcaire dit de Caen. Ainsi, il raj)porte le Calcaire à Gryphées arquées de Dives , au Calcaire infé- rieur du Jura , le Calcaire oolithique au Calcaire moyen du Jura , et le Calcaire grossier de Caen , aux assises supérieures du Jura. Si nous avons quelques doutes à élever sur ces comparaisons , ce ne sera qu'à l'occasion de la dernière, qui, sans être fausse , n'est peut-être pas complète. L'un de nous, qui a eu occasion de visiter le Jura dans beaucoup de points , croit que les assises «.; réellement supérieures de cette grande formation calcaire présentent une réunion de caractères qu'on ne voit pas suf- fisamment dans le Calcaire de Caen, et si l'on veut trouver en Normandie un dépôt qui lui soit analogue , comme cela doit être en effet , il est présumable qu'on le recon- naîtra plus complètement dans le Calcaire à polypiers , et dans ses lits inférieurs réunis à celui du Calcaire de Caen , que dans ce dernier seul. Ce n'est pas ici le lieu de donner les raisons de ce rapprochement. Nous devons enfin terminer ce rapport. Nous avons été obligés de lui donner quelque développement, parce que nous avons cru devoir remettre sous les yeux de 'l'Académie les objets principaux renfermés dans un grand travail dont elle a eu communication il y a déjà six mois ; et cependant ce que nous venons d'extraire 20.. ( 3o8 ) du Mémoire de M. Prévost n'est pas tout ce qu'il pré- sente de neuf ou d'intéressant; c'est seulement ce qu'il offre de plus saillant; cela suffit pour asseoir notre ju- "■ement, et pour mettre l'Académie à même de l'ap- précier. Elle verra avec nous que ce n'est pas une des- cription géognostique et topographique que M. Prévost s'est contenté de lui présenter , quoiqu'un travail de ce genre ne fût pas sans utilité ; mais que c'est un Mémoire qui établit le nombre , les caractères et l'ordre de su- perposition des différons dépôts qui se sont succédés entre les terrains primordiaux et les terrains nouveaux des environs de Paris , dans une grande partie de l'Eu- rope , peut-être même sur toute la terre. Les terrains de Normandie ne sont là que comme le sujet de l'expé- rience en grand , dont les résultats sont déduits. L'ac- cord de ces résultats avec ce que l'on a observé dans plusieurs autres lieux , surtout avec ce que MM. Webs- ter , Parkinson , Greenough , Buckland , Mantell , etc. , ont si bien vu et si bien décrit en Angleterre, rend cette expérience suffisante pour qu'on puisse admettre, d'après elle seule , les conséquences tirées par M. Pré- vost , et les règles géologiques qui en résultent. Nous regardons le travail de M. Prévost comme très- remarquable, et comme ayant efficacement contribué aux progrès de la Géologie , quoiqu'un des pas qu'il fait faire à celte science semble être rétrograde ; mais on avance autant une science en détruisant des erreurs , qu'en découvrant de nouvelles vérités ; et en effet , n'est-ce pas découvrir une vérité , que détruire l'erreur qui la cachait. Signé GxJviER , Prony , Brongniart , Rapporteur. ( 5f>9 ) Observations microscopiques sur le Co^i'erva. COMOÏDES , Dillw. ; Par B. Gaillon. Après avoir observé les plan les marines ( Thalassio- phytes) pendant plusieurs années, je concentrai plus particulièrement mon attenlion sur les productions ma- rines filamenteuses appelées Conferva par plusieurs au- teurs, et dont un grand nombre est compris par De Can- dolle , sous la dénomination de Ceramium. L'organisa- tion de ces Thalassiophy tes , dites articulées , m'offrit dans leurs filamens un tissu ou une membrane dont Te renforcement transversal interrompait de distance en distance la continuité. Les intervalles formés par ces sortes de cloisons étaient chargés , dans toutes les espè- ces, de matière colorée. Je remarquai que dans quelques espèces les cellules étaient simples ; que dans d'autres elles étaient multiples et se groupaient autour d'un axe ; que dans quelques-unes elles étaient alongées , et que dans d'autres elles étaient très-raccourcies. Je remarquai encore que l'organisation de plusieurs autres espèces, quoiquear- ticulée au centre , devenait continue à la circonférence. Je crus avoir suivi la marche de la nature dans celte progression du simple au composé , et je me disposais à publier les groupes dans lesquels ^ d'après ces observa- tions , j'avais subdivisé les espèces de Thalassiophytes et même d'Hydrophytes agglomérées dans les genres Con- ferva et Ceramium , lorsque je me trouvai arrêté par l'impossibilité de comprendre dans aucune de mes divi- sions , que je regardais comme les plus naturelles , une production confervoïde marine très- abondante ( 5io ) sur la partie des roches de nos côtes qui forme le lit- toral que la mer à chaque marée couvre et découvre. La production que nous examinons pullule sur nos ri- vages maritimes en petites touffes épaisses, Irès-courles, pénicilliformes, onctueuses au toucher, de couleur brune, tantôt jaunâtre , tantôt grisâtre ; vue au microscope, elle est composée de filamens fascicules extrêmement ténus , ramcux, dichotomes, membraneux , incrustés de corpus- cules ovoïdes j'auiie-brun , pressés et disposés les uns au- près des autres , tantôt longiludinalement, de manière à former et garnir pleinement le fdament dans toute sa lon- gueur, tantôt inclinés diagonalement et laissant alors des inteistices hyalins qui sont les parties de la membrane du filament; cette membrane est muqueuse, transpa- rente, et ne présente au microscope aucune organisa- tion celluleuse. A la des^siccation, celte production change de couleur, devient d'un gris verdâtre, et prend sou- vent un aspect légèrement terreux. Elle est décrite dans Dillwyn {Britisk Confervœ) et bien figurée planche 27, A, sous le nom de Conferva comoides. Dillwyn , en lui donnant le nom spécifique comoides , a voulu retracer l'effet qu'elle produit sur les sommités arrondies des roches calcaires quand l'eau en est retirée; elle présente alors, tant par la couleur que par l'éparpillement de ses filamens déliés, quelque res- semblance avec la chevelure rare et roussâtre de la tête d'un très-jeune enfant. D'après la description de Vaucher, je ne doute nulle- ment que son Ectosperma appendiculata , trouvée dans un bassin d'eau salée à Lons-le Saulnier, ne soit la même production que celle qui nous occupe. Je regrette de ( âii ) n'en avoir pas d'échantillon , mais la figure 2 de la plan- che 3 de son ouvrage fortifie la conviction que sa des- cription courte , mais caractéristique , m'avait déjà in- spirée de l'identité spécifique de ces deux productions. Quant aux appendices qui couvrent celle de Vaucher, il est une saison où la production que nous examinons en est aussi couverte. Sont-ils une émanation inhérente jux tubes , ou sont-ils des corpuscules étrangers adhérons ? Je crois cette dernière hypothèse plus probable, puis- que les appendices n'accompagnent point constamment cette production , et qu'un grand nofiibre de corps sem- blables sont aperçus sur d'autres espèces de conferves marines. Après avoir décrit la production marine que j'analyse , et avoir détaillé les formes et les noms sous lesquels elle a été connue par les divers auteurs qui en ont parlé avant moi, je vais maintenant exposer mes observations. Les filamens de cette production , examinés à plusieurs re- prises avec une forte loupe , ne m'ont présenté de dis- tinct dans leur tégument qu'une sorte de ponctuation jaune-brun , dont l'intensité variait à diverses époques de mes observations. Je fais d'abord celte remarque pour prémunir con tre le j ugemen t trop précipité que l'usage seu 1 de la loupe pourrait faire porter à des botanistes exclusive- ment habitués à cet instrument. Les verres inférieurs du microscope ne m'ont même présenté rien de satisfaisant dans l'examen de la membrane des filamens ; j'appuie SfUr CCS circonstances afin que les naturalistes qui vou- dront répéter mes expériences ne se découragent pas et aient recours aux plus forts verres de leur microscope. Toutefois , je les engage à ne s'élever à cette puissance ( 5l'2 ) qu'après avoir reconnu avec les verres inférieurs !a forme et les limites du filament dont ils veulent grossir une partie de la membrane. Alors, armés d'une pointe très- fine , et stimulant légèrement sur le champ du micro- scope la tige de la production que nous examinons , ils verront qu'elle n'a l'aspect d'une tige que par l'entortil- lenient vers la base de plusieurs des filamens rameux qui la composent. Parvenu de la sorte à séparer un des filamens de cette production , on le suivra dans toute sa longueur; on verra des ramifications diffuses , lâchement divariquées et offrant à leurs aisselles des angles difformé- ment arrondis ; les extrémités sont tantôt arrondies , tantôt pointues; ce dernier mode est plus commun dans les extrémités des ramifications. C'est vers ces parties que la pointe devra agir pour lacérer le filament ; c'est alors qu'en augmentant la puissance du microscope , on verra se désagréger de ce filament des corpuscules ténus , linéaires, ovoïdes, dont les extrémités sont transparentes et le centre marqué d'une particule de matière colorée jaunâtre. Le filament se trouve hyalin à la partie qu'oc- cupaient les corpuscules; c'est alors qu'on aperçoit faci- lement et qu'on peut suivre la disposition des autres cor- puscules encore engagés dans cette matière hyaline du filament, qui est comme une sorte de mucosité membra- neuse sans la moindre apparence de disposition cellulaire. Si l'on fait agir la pointe dans une partie plus avancée du filament , on a la satisfaction de voir ces corpuscules colorés , pressés et rapprochés les uns des autres et en grand nombre dans toute la longueur du filament dont ils constituent la couleur, et à la forme duquel ils don- ment un aspect légèrement arrondi. Si après ce petit tra- ( 5i5 ) vail l'on abaisse imperceptiblement la lentille sur le champ du microscope , on le verra couvert d'une grande quantité de ces mêmes corpuscules colorés. Satisfait d'avoir détaché ces nombreux corpuscules de la membrane muqueuse où ils étaient engagés, je crus long-temps qu'ils étaient les séminules de cette produc- duction. Quelques idées pourtant venaient traverser cette satisfaction. Je me déterminai donc à suivre pen- dant un an, et plus s'il était nécessaire, le développe- ment de cette production , 5 profiter de cet espace de temps pour observer de nouveau les autres productions filamenteuses confervoïdes , tant des eaux salées que des eaux douceSj'et par ces rapprochemens, établir des com- paraisons qui me missent à même de prononcer sur le classement des Hydrophytes anomales ; ma persévérance a été couronnée d'un plein succès. J'ai vu, fait voir, revu , et je revois encore les corpuscules colorés des fda- mens du Conferva comoides , ï>'dlwjn, avançant grave- ment et lentement sur le champ de mon microscope , reculant de même, changeant de direction , enfin doués d'un mouvement subit, itératif, mesuré et volontaire. Leur forme est tantôt un carré parallélogramme, tantôt une ellipse; la première est celle qu'ils affectent dans l'état de repos, la seconde est celle qu'on remarque le plus communément quand ils sont en mouvement; dans l'une el l'autre , l'extrémité est toujours hyaline, la matière colorée jaune occupe le centre et change souvent de dis- position par une sorte de dilatation ou de contractilité dont elle semble douée. Ces corpuscules animés, dégagés de leur fdament , ne tardent pas à prendre de l'accroisse- ment, ceux mêmes qui y restent engagés jouissent du ( 5.4) même avantage; leur dimension en longueur, dans le plus petit état où j'ai pu les apercevoir, peut être évaluée à la 5oo.""" partie d'une ligne ; dans leur développement, ils ne tardent pas à arriver à la 100/ partie; dans un état avancé , la dilatation de ces animalcules a été si grande , tant on longueur qu'en largeur, qu'une ligne carrée, qui aurait pu précédemment contenir 8 à 900 de ces animalcules , en contenait à peine 1 5o ; ils sont alors entièrement elliptiques et dans un état d'inertie presque complet; la matière colorée est rétractée en deux glo- bules susceptibles pourtant de mobilité et placés commu- nément aux deux tiers de chaque extrémité , le reste de l'ellipse est hvalin , d'une consistance membrano-mu- queuse. Dans ces états , l'animalcule appartient aux Bac- cillariées de Bory de St.-Vincent, et fait partie tantôt de ses Navicutcs, tantôt de ses BacciUaires. Cet ani- malcule n'est point figuré dans MuUer, mais il a des ana- logies de forme et do mouvement avec les Vibrlo bi- punctatus et tripunctafus de cet auteur. Que deviennent ces animalcules? C'est une question qui m'a long temps occupé, et à laquelle il me sera fa- cile de répondre en exposant une partie des expériences que j'ai faites pour la résoudre. Nous avons vu la fticulté de dilatation et de développement dont les animalcules du Conferva comoides étaient susceptibles. Cette faculté se manifeste, non-seulement dans l'état libre , mais même lorsque l'animalcule est encore engagé dans la mucosité du filament. Toutefois il est bon de faire observer que dans ce dernier cas il y a eu migration des trois-quarls au moins des autres animalcules naviculaires agglomérés dans la mucosité du filament. Ces Navicubs revêtent en quan- (3i5) t;té Innombrable la surface de la vase qui couvre les ro- chers du bord de la mer, et de celle qui obstrue les ports et bassins ; elles y forment un enduit brun-chocolat , qu'avant de l'examiner au microscope j'avais soupçonné être la graine ou les seminules des Thalassiophyles Nul doute que dans ces animalcules il n'y ait un grand nombre d'espèces différentes , mais il est cerlain aussi , d'après le développement et les formes diverses de la na- vicule du Conferva comoides, que la même espèce vue dans divers états de croissance a été prise pour des es- pèces différentes. La navicule du C, comoides se dis- tingue dans toutes ses métamorphoses par des extrémités hyalines tellement transparentes, que les limites de la membrane muqueuse ne sont discernables qu'avec beau- coup d'attention et en diminuant sur le porte-objet l'in- tensité de la lumière. Ces animalcules semblent avoir un tel besoin d'association , que c'est à ce besoin qu'est due la formation du filament du C. comoides. Les jeunes navicuîes se rapprochent en glissant et s'étendant plu- sieurs sur une seule ligne, de manière que les extré- mités antérieures et postérieures de chaque animalcule s'enchevêtrent les unes à côté des autres, et dans cet état exsudent un mucus qui forme la partie membra- neuse du filament. Les ramifications se forment de même ,' et par là on explique facilement le peu de régularité qu'ellesoffrent. Il en est de même des extrémités poin- tues de ces ramifications ; ce sont des filamens où la ligne d'aggrégation des naviculcs n'est pas encore terminée. Quant aux extrémités mousses et arrondies des filamens principaux, elles sont une suite de l'abondance du nm^ws membraneux qui revêt et garantit les animalcules qui s'y ( 3i6 ) trouvent immergés ; ces filamens sont comme terminés. Quand les animalcules , par leur croissance , s'y trouvent à l'étroit , alors ils forment vers un point des tuméfac- tions d'où sort une élongation qui est un nouveau- ra- meau composé de navicules qui glissent les unes sur les autres jusqu'à ce qu'elles aient atteint une disposition qui les satisfasse , leur permette de rester en repos et d'ac- croître ainsi leur enveloppe membrano-muqueuse. Si mes lecteurs ont voulu prêter une attention propor- tionnée à la précision des détails que je viens d'exposer, ils conviendront que mes expériences m'ont ramené au point de départ de la lacération du filament , et qu'après l'avoir décomposé à leurs yeux comme il l'a été aux miens, je viens de le reconstituer aux leurs comme je l'ai vu maintes et maintes fois sur le champ de mon microscope; ma grande satisfaction est de pouvoir leur épargner en ce moment les alternatives de découragement et d'espé- rance, les tâtonnemens fatigans que j'ai subis avant d'ar- river au résultat positif que je signale. Nul doute que l'on ne me demande maintenant l'origine de ces animal- cules , d'où ils viennent, comme ils naissent, en un mot leur mode de reproduction. Si je ne m'étais fait à moi- même ces questions , et que |e ne me fusse point appli- qué , avant la publication de ce Mémoire , à la recherche de leur solution , on pourrait trancher la difficulté par la supposition d'une génération spontanée ; mais de pa- reilles idées sembleraient , comme elles le sont effective- ment, l'aveu des bornes de nos connaissances. Quand l'homme, abusant du pouvoir magique de l'imagination , rêve des systèmes fantastiques , les faits deviennent sté- riles , des lueurs trompeuses égarent son esprit ; il peut alors fermer les yeux , dire adieu à la vérité , elle n'a plus d'altraits pour lui. Mais nous pouvons prouver aux partisans de la spontanéité que nos navicules produisent des petits êtres qui les perpétuent. Prenons pour cette preuve des filamens du C. comoides encore dans toute leur intégralité, c'est-à-dire, dont les animalcules ne se soient pas encore désagrégés. Suivons ces filamens dans leur développement, nous verrons les navicules grossir, la matière jaune qui les colore au centre acquérir de l'in- tensitéj la membrane transparente se dilater. Alors un grand nombre de ces navicules se sépareront du fdament et vogueront librement ; mais au bout de quelques jours, elles deviendront moins agiles , resteront stationnaires , et, soit isolées,' soit s'agrégeant bout à bout, nous les verrons , comme celles engagées dans la mucosité du filament , se dilater dans la partie hyaline , de manière , comme je l'ai dit , à prendre entièrement la forme d'une ellipse. Dans cet état, la matière colorée que cette el- lipse renferme se divise en forme de globules , se con- dense en quelque sorte , et de jaune devient presque brune ; elle forme alors deux petits globules distincts. Ces globules , observés constamment pendant huit ou dix jours , deviennent imperceptiblement grenus , se déga- -gent de la membranehyaline, et forment comme une sorte de poussière colorée qui est évidemment le frai de nos Navicules du C. comoïdes , puisque cette sorte de pous- sière , observée encore pendant plusieurs jours de suite , acquiert du mouvement et reproduit les animalcules dans un état de ténuité qu'on voit cesser chaque ■jour , l'animalcule prenant de l'accroissement et une forme sous l'œil de l'observateur. Cet état est celui ( 5'8 ) où les navicules colorent la surface des fonds vaseux des ports de mer et des roches maritimes; c'est celui qui pré- cède immédiatement l'état d'aggrégation filamenteuse. Cet état d'aggrégation me paraît commun à plusieurs au- tres espèces de productions de cette nature que j'ai ob- servées avec le même soin , et dont je donnerai dans une autre notice les caractères. Le besoin de fixer mes idées sur ces êtres m'a obligé de les comprendre sous un nom qui rappelât à mes yeux leur origine , leur organisation et leur faculté. Néma- zoônes (filament composé d'animalcules) est le nom que je leur donne. En présentant dans cette notice l'histoire ■d'une espèce , j'ai désiré fixer l'attention des cryptoga- misles sur d'autres espèces qui , observées constamment et avec persévérance dans leurs divers états de crois- sance ou de développement , présenteront des résultats généraux analogues à ceux que je viens de décrire , tels que l'aggrégation d'animalcules en filament mucoso-mem- braneux , tantôt inerte, tantôt actif, la mobilité et la diversité d'aspect de la matière colorée qu'il renferme , et la dissolution ou désaggrégation de cette matière re- productrice des animalcules. J'ai déjà pour garans de ces généralités une série nombreuse de faits particuliers observés sur les espèces figurées dans Dillwyn , sous les noms de C. nummuloides , pi. *upl. B. — C. Uneata, pi. sup. B. — C. curta , pi. 76. — C. fucicota , pi. 66. ^— C. carnta, pi. 84- — C. ericetorum, pi. 1. — C. fuseo-purpurea , f\. 92. — C. atro-purpurea , pi. io3. — C. ocellata , pi. sup. D. — C. lanuginosa , pi. 45. — C.yoxmgana, pi. 102. — Cette dernière espèce m'a été signalée et envoyée par mon ami , M. Auguste Le ( 5i9 ) Prévost , membre de l'académie des sciences de Rouen, qui avait observé et suivi au microscope une partie des métamorphoses de celte Ntmazoâne. Les Conferva am- phlbta, vesicata , zonata, myochrous et distorta , de Dillwyn , appartiennent aussi aux Némazoônes. Les oscil- latoires de Vaucher en font partie essentielle , j'ai vu la désao-grégation des corpuscules annulaires qui consti- tuent les filamens. Le Conf. pectinalis , Dillwyn , pi. 24 » est comme plusieurs espèces du genre Diatoma, de De CandoUe , une aggrégation latérale de Navicules. Les espèces dont Lyngbye a fait un genre sous le nom de Eckinella , sont dans le même cas. Les élégantes Drcc- parnaldies de Bory n'échappent pas non plus à la nou- velle catégorie, le témoignage du très- savant et très- respectable Mertens est irrécusable sur ce point. II m'écrit ( ab février iSaS ) : « Ce que vous me dites »de vos observations sur les Hydrophytcs ne m'a point «surpris; il y a bien long-temps que j'ai conçu la même «idée sur l'animalité de ces êtres. Dans les bains de «DViburg où j'ai passé quelques semaines l'été dernier, »je lis voir le 3 août à un grand nombre de savans là » Conferva mutabilis dans son état de plante , le 5 août, »se résoudre en molécules douées de locomobilitê , se «réunir le 6 en forme de simples articulations , et re- » constituer le 10 la forme primitive de C. mutabilis. » D'après l'énumératiôn des espèces ci-dessus citées , on n'hésitera point à comprendre dans la classe des /Vd- vnazoônes , les Arthrodiées de Bory. Les observations curieuses , les détails ingénieux et les résultats positifs d'après lesquels cet infatigable savant a basé la création de celte famille , ne me laissent aucun doute sur la na- ( dio ) « lure des filamens qu'il a considérés comme Vétat de plantes des animalcules qui lot ou lard s'en exsudent et qu'alors il appelle Zoocarpes ( animalcules-graines. ) Ces Zoocarpes, dégagés de leurs entraves , voguent librement jusqu'au moment où ils reconstituent un filament, soit par leur agr^ation , soit par leur dilatation ; dans ce dernier cas , le Zoocarpe est complexe , c'est-à-dire , qu'il est déjà une agrégation d'animalcules, ce qui peut s'ob- server dans \e S a Imaclsnltida, fîg. lo, Tiresias monili- formis , fig. i3, et Cadmus sericea, fig. i4, des plan- ches des Artlirodiées de Bory ( Diction, classique d'His- toire naturelle. ) Nul doute que les filamens des Artlirodiées ne soient de nature animale , et leur développement le produit de l'accroissement ou de la dilatation des êtres souvent im- perceptibles qu'ils renferment. Ces êtres sont de formes diverses , presque toujours chargés de matière colorée , et ils Iranssudent un mucus qui forme la membrane hyaline du filament. Ces animalcules sont très-visibles au micros- cope , dans les spirales des jeunes filamens du Salmacis nitida, Bory {Conf.jugalls^ De Caud.) Ils forment une série continue , mais distante, de globules punctiformes , très-brillante, douée de scintillation, et rétractile lors- qu'on attaque le filament avec la pointe. Ces faits et ceux sur lesquels j'ai basé le classement dans les Némazodnes des espèces de productions aquatiques , tant marines que d'eau douce, ci-dessus énumérées , seront développés dans un nouveau Mémoire , où, rendant hommage aux observations et aux travaux de Muller , Girod-Chantrans , Vaucher, Boryde Saint-Vincent et autres naturalistes , je relaterai , rappirocherai et combinerai les faits nom- (S'il ) breux d'auimalllé que ces savans observateurs ontles pre- miers signalés dans les Hydrophytes, (i) Observations sar le Genre Covt^atkm 'd'Aublet ^ PAa M. ACHltLE AlCQABD. Aublet a décrit sous le nom de Couratari Gujanen- sù, un grand arbre originaire des forêts de la Guyane et de i'ilede Cayenne, qu'il n'avait observé qu'en fruit. Depuis cette époque , aucun botaniste n'a été plus heu- reux qu'Aublet, et l'on en n'avait pas décrit les fleurs. (i) Les observations microscopiques du professeur J.-B. Amici , sur la circulation extraordinaire du fluide dans le Chara vutgaris , ne me laissent aucun doute sur l'a- nalogie du Chara avec les autres Hydrophytes que je considère comme Némazoânes. Si le professeur Amici eût été moins frappé de l'importance du fluide circulant dans cette production , il aurait pu s'occuper davantage de la nature des glotules que renferment ces tubes hyalins, et je pense qu'il aurait alors reconnu que la cir- culation du fluide n'est qu'une conséquence de t'anima- tion des globules. ( Dlote de V Auteur. ) Des faits de même nature bien connus des physiolo- gistes , et parmi lesquels il suflit de citer le mouvement des globules dans le suc du Chelidoniummajus , ne nous permettent pas de partager une opinion qui n'est d'ail- 'leurs aucunement d'accord avec le mode de reproduction ides Chara. {R-) •il C 522 ) eu sorte qu'il clait assez difficile de délerminer bien ri-' goureusementla place de ce genre dans la série naturelle. Possédant plusieurs échantillons en fleurs de ce végétal , je puis indiquer avec exactitude non-seulement l'ordre naturel auquel il appartient, mais les caractères précis du genre qu'il constitue. Le fruit du Couratari est un des plus singuliers que l'on connaisse ; aussi le recherche-l-on dans les collections comme un objet de curiosité. C'est une sorte de capsule, ligneuse de cinq à six pouces de hauteur, obscurément trian"-i.laire , de deux pouces à deux pouces et demi de diamètre, un peu évasée h son sommet, qui se ferme par le moyen d'un opercule court, épais, convexe , à la face inférieure duquel le réceptacle central adhère, et qu'il entraîne avec lui , au moment où il se détache. Ce récep- tacle est épais, triangulaire, marqué d'une dépression longitudinale sur ses trois surfaces. Chacun de ses angles est une des cloisons qui partageaient la capsule avant sa parfaite maturité , et qui se détache insensiblement de sa paroi interne , à laquelle elle adhérait. Les graines ren- fermées dans cette capsule sont peu nombreuses , très ■ alongées, planes, membraneuses et en forme d'ailes sur leurs bords. Tels sont les seuls points que l'on connaissait jusqu'à présent de l'organisation du Couratari. Ces caractères,' tirés du fruit, ont, comme il est facile de le voir, une très- grande analogie avec ceux du genre Lecythis. Aussi M. de Jussieu en avait-il rapproché le Couratari, mais cependant avec doute , ne connaissant pas les fleurs de cet arbre. La description que nous allons en donner confirmera le rapprochement naturel indiqué par le savant auteur du Gênera plantarum. ( 025 ) Les feuilles du Couralari soiil allcrnes, dépourvues de stipules , courtement pétiolées , elliptiques , acuniinées . entières, coriaces , glabres des deux côtés, longues de cinq à six pouces,' larges de deux pouces à deux pouces et demi. Les fleurs sont grandes , blanches , légèrement lavées de pourpre, disposées en épis simples, solitaires, placés à l'aisselle des feuilles supérieures et plus courts qu'elles. Chaque fleur est pédicellée et articulée vers la base de son pédoncule qui est long de cinq à six lignes. Le calice est turbiné à sa base , à six divisions un peu épaisses, ovales lancéolées, aiguè's, dressées. La corolle se compose de six pétales étalés, un peu inégaux , obovales obtus , soudés ensemble à leur base par l'intermède des filets staminaux, de manière qu'ils tombent d'une seule pièce et représentent une corolle monopétale rotacée. Les étamines , dont le nombre est extrêmement considérable, sont monadelphes. Leur androphore est peu saillant d'un côté , tandis que du côté opposé , il se prolonge en un urcéole très-alongé, concave, tronqué au sommet, re- couvert dans toute sa face interne d'anthères à deux loges portées chacune par un filet court. L'ovaire est adhérent par sa moitié inférieure avec le tube calycinal. Cet ovaire se termine par un style subulé, au sommet duquel est un sligmate extrêmement petit, légèrement quadrilobé. Coupé en travers , l'ovaire ofire quatre loges contenant chacune quatre ovules attachés à leur fond et dressés. La structure de l'embryon est fort singulière ; il est simplement recouvert par le tégument propre de la graine, et sa radicule est recourbée, très-longue, cylindrique, un peu renflée dans sa partie supérieure , appliquée suF 21.. la face d'un de» deux cotylédons. Ceux-ci sont planes , foliacés , plissés , et offrent une gouttière qui reçoit la radicule. Pour peu que l'on compare ces caractères avec ceux du genre Lecythis , il sera facile d'en saisir la grande res- semblance. En effet, dans l'un et dans l'autre, nous trouvons un calice , une corolle et des étamines , abso- lument les mêmes. Dans le Couratari, le style est assez long , tandis qu'il existe à peine dans trois espèces de Le- cythis de la Guyane que j'ai analysées. On remarque encore quelques autres différences entre ' le genre qui nous occupe et les autres espèces de Lecy- this. En effet , nous avons trouvé dans plusieurs fleurs de Couratari , l'ovaire constamment à quatre loges , et contenant chacune quatre ovules dressés , tandis que dans les trois espèces de Lecythis déjà mentionnées , nous n'avons constamment trouvé que deux loges dans l'o- vaire , et un très-grand nombre d'ovules attachés à la partie inférieure de la cloison. Cependant nous n'igno- rqns pas que dans quelques espèces du même genre , le nombre des loges est plus grand. De plus, les graioes offrent dans le Couratari une forme qu'elles n'ont pas dans les Lecythis. Elles sont très-alongées , planes , mem- braneuses et en forme d'ailes sur leurs bords. 11 en est de même de l'embryon qui est fort différent dans ces deux genres. Mais ces différences sufïlsent-elles pour établir un genre, nous ne saurions l'ajDQrmer. On pourrait, en modi- fiant les caractères du genre Lecythis , y comprendre les particularités offertes par le Couratari. S'il est souvent avantageux pour les progrès do la science , d'établir de ( ôaS ) nouveaux genres, lorsque l'on trouve des types d'orga- nisation tout-à-fait nouveaux , il ne l'est pas moins éga- lement de détruire ceux qui n'offrent pas des différences assez tranchées. Aussi ne. proposerions-nous pas d'éta? blir un genre distinct pour le végétal qui nous occupe , s'il fallait surcharger la science d'un nom nouveau. Mais comme ce nom existe déjà , nous ne voyons nul incon- vénient à conserver le genre indiqué par Aublet. Nous ferons remarquer ici une assez grande diffé- rence entre la structure de l'ovaire et, celle du fruit dans le Couratari. L'ovaire m'a constamment présenté quatre, loges, tandis que le fruit n'en offre toujours que trois; car bien qu'à l'époque de sa parfaite nxaturlté , la cap-, suie ne nous montre qu'une cavité unique , elle ne doit pas moins être considérée comme à trois loges. Soa axe central , qui fait corps par son sommet avec l'oper- cule, présente trois angles qui ne sont autre chose que trois cloisons d'abord adhérentes à la paroi interne du fruit, et qui ne s'en sont détachées que par suite de la dessication et delà dilatation qu'il éprouve au moment où l'opercule tombe. Une des loges de l'ovaire avorte donc constamment; De tout ce qui précède, il résulte que le Couratari Guyannensis d'Aublet , peut être considéré comme for» mant un genre qui touche immédiatement au genre Lc- cythis, et dont nous tracerons bientôt les caractères. Le Lecythis avait d'abord été placé par M. de Jussieu dans la famille des Myrtées avec le Couroupita et le Gustavia. Mais ces trois genres, qui ont entr'eux la plus grande affinité , s'éloignent des Myrtes par une foule de caractères , et mon père avait le premier proposé d'en former une petite famille distincte sous le nom de Lé- ( ô'iO ) cylhidëes. Outre les trois genres mentionnés plus haut, celle petite famille comprend encore le Bertkoletia de M. de HuDiboldt, genre fort intéressant, dont M. Poiteau a fait le premier connaître les fleurs dans son travail sur les Lécylhidées. Ce groupe , que l'on peut considérer comme une famille distincte ou simplement comme une section des MjTtées , se distingue des Myrtes proprement dits : 1°. par ses feuilles constamment allernes et non ponc- tuées ; 2." par son ovaire seulement à demi-infère; 5.° par sa corolle pseudo-monopélale; l\.° \)Slv ses étamines mo- nadelphes et par la forme de son embryon. Les Lécy- lhidées nous paraissent avoir plusieurs points de ressem- blance avec une famille Irès-éloignée des Myrtées , sa- voir les Malvacées , sans cependant que nous croyons devoir les en rapprocher. En effet , dans l'une et dans l'autre les feuilles sont alternes et non ponctuées; les pétales sont soudés ensemble h la base par l'intermédiaire des filels staminaux. Les étamines sont monadelphes; les -cotylédons sont souvent plissés sur eux-mêmes. Mais les Malvacées ont des stipules qui manquent dans les Lécy- lhidées; les Malvacées ont l'ovaire libre tandis qu'il est semi-infère dans les Lécylhidées. Il y a donc entre ces, deux familles des points de structure qui les rappro- chent et d'autres qui les éloignent l'une de l'autre. Lorsque l'on examine avec soin les caractères offerts par les genres Lecylhis , Couroupita, Bertholetia et Gustavia, et qu'on les compare entr'eux , on est forcé de considérer le Couratari comme un genre distinct. Dans ces cinq genres , toutes les parties de la fleur of- frent uiie organisation analogue , et les différences qui existent entr'eux ne consistent que dans quelques ir.odificalions do leur fruit , de leurs graines et do leur ( 3«7 ) embryon. Ainsi , le fruit reste complètement indéhis- cent dans les genres Courouplta , Bertholetia et Gusta- via , tandis qu'il s'ouvre parle moyen d'un opercule , dans les genres Lecythis et Couratari. L'embryon con- siste en une masse homogène sans distinction de cotylé- dons ni de gemmule dans les genres Lecj'tlits et Bertho- letia; tandis que dans le Coiwoupita, la radicule, qui est très-longue , est roulée autour des cotylédons , et que dans le Couratari, la radicule , également très-longue , cylindrique et recourbée , est appliquée dans une sorte de gouttière formée par le repliement des deux cotylé- dons , qui sont planes , très-grands, foliacés et comme chiffonnés. Le genre Gustavia se distingue des quatre autres par son androphore égal , non déjeté d'un côté , et pnr son embryon , dont la radicule est très-courte , conique; et les deux cotylédons très -épais et nullement plissés. Ainsi , l'on distinguera le Couratari des autres Lécjthidées , par son opercule adhérent avec l'axe central qui se détache de la base du fruit ; par ses grai- nes très-grandes, planes, membraneuses, et en forme d'ailes , et par son embryon recourbé dont la radicule est longue , cylindrique , et les deux cotylédons larges , foliacés et repliés sur eux-mêmes. Ce petit grouppe qui ne se compose que de cinq genres nous fait voir que dans les végétaux , les caractères tirés même des organes les plus importans , n'ont pas une viileur absolue , mais que cette valeur varie suivant les familles. Ainsi la structure de l'embryon qui srenérale- ment est la même dans tous les genres d'une même fa- mille et qui fournit les caractères du premier ordre , n'a, dans le grouppe des Lecythidées et même dans toute la famille des JMyrtacées, qu'une importance bien faible, ( 028 ) puisqu'elle offre des différences si tranchées dans cinq genres aussi voisins les uns des autres. En effet , nous trouvons dans l'embryon des Lécythidées, trois types d'organisation: i.° l'embryon formeune même masse ho- mogène sans distinction de radicule , ni de cotylédons, dans les genres Lecjthis et Bertkoletia. 2.° Il offre une radicule alongée , cylindrique , repliée sur les deux co- tylédons qui sont minces, foliacés et plissés dans les genres Couroupita et Couratari. o."" Enfin dans le genre Gus- tavia. la radiculeest courte, conique, les deux cotylédons sont très-épais et nullement plissés. M. de Jussieu , dans son Gênera , après avoir réuni avec doute le Couratari d'Aublet au Lecythis, se de- mande si ce genre n'est pas le même que le Penarvalll de Rhéede ou Zanonia de Linné? Mais la connaissance exacte de la structure de la fleur du Couratari et la comparaison de son fruit avec celui du Zanonia , re- poussent également ce raprochement. Dans ce dernier genre , le fruit au lieu de s'ouvrir par un opercule sim- ple qui entraîne avec lui l'axe central , s'ouvre en trois valves incomplètes. Les caractères de la fleur ne sont pas moins différens. A la suite de son mémoire sur le fruit des Cucurbi- tacées et des Passiflorées , M. Auguste de St.-Hilaire a proposé l'établissement d'une petite famille nouvelle, à laquelle il donne Iç nom de Nandhirobées et qui se com- poserait des genres Fevillea , Zanonia et Couratari. Cette famille servirait en quelque sorte à combler l'in- tervalle qui existe entre les Passiflorées et Myrtacées. Mais ce que nous avons dit précédemment de l'organi- sation des diverses parties du Couratari , doit suflîre pour f^ire voir que ce genre ne saurait être éloigné des Lecy- ( -^29 ) this et ne peut être placé daos un ordre naturel diffè- rent de ces derniers. Jusqu'à présent le genre qui nous occupe ne se com- posait que d'une seule espèce , le Couratari Guyanncnsis d'Aublet. M. Raddi vient d'en indiquer une seconde , originaire du Brésil , et à laquelle il donne le nom de Couratari Esirellensis. Mais M. Raddi n'a observé celle espèce qu'en fruits. Il n'en a pas connu la fleur. Néan- moins , les différences qu'il indique nous paraissent suf- fisantes pour établir une seconde espèce. Elle diffère de la première par son fruit dont le bord ou l'ouverture est découpée et comme frangée , et par ses graines, qui ne sont ailées que d'un seul côté. Le genre Couratari se compose donc de deux espèces , l'une , Couratari Guyanncnsis Aublet , est originaire des forêts de la Guyane française ; l'autre, Couratari Estrel- lensis Raddi , croît dans celles du Brésil. Nous allons maintenant tracer les caractères du genre Couratari et donner une description détaillée du Cou- ratari Guyanncnsis. CoCRATARI, Aublet. Calyx monosepalus basi turbinatus , limbo 6-par- lilo , laciniis lanceolatis , erectis. CoroUa 6-petaIa, basi coalita. Stamina numerosissima in urceolo magno , cou- cavo , unilaterali, apice truncato , intusantherifero , dis- posita. Ovarium semi-inferum 3-4 loculare ; loculis I^- ovulatis , ovulis erectis. Stylus subulatus simplex. Pyxi- dium oblongum , obsolète trigonum , subuniloculare ; axis centralis trigona , apice cum opercule convexo , cohaerens et cum illo decidua. Semina oblonga , com- pressa , piano- membranacea , marginibus alseformibus. I ( 55o ) Embryo hippocrepicus , radicula longa, cylindrica ; coty- ledones foliaceee , plicalœ , incumbentes. Arbor foliis simplicibus, alternas, exstipulatis ; flo- ribiis magnis spicatis ; spicis simplicibus axillaribus. CouRATARi Gajannensis. Aublet. Guy. , t. 290. Arbor exce\sa L3at arbuscula in ripis fluviorum Guyan- uœ crescens; ramis patentissimis griseo-cinereis. /^o/ta alterna brevi petiolala , elliptico - acuminata, integerrima, glabra , coriacea , bruneo - viridia, subtus pallidiora , venosa , 5-6 pollices longa , 2-3 lala , depen- denlia ; peliolo brevi, canaliculato , scmitereli. Flores inagni , eleganlissimi , candido-purpu'rasceutes spicati. Spica axillaris , folio diuiidio brevior , floribus 12-1 5, brevi pedunculatis subobliquis , reflexis , ad basim articulatis et caducisconslaos. Cafyx turbinato-campanulalus , persislens basi so- lidâ cum inferiore ovarii parle cohferens. Liinbus 6-par- titus ; laciniis snb erectis, lanceolalo-aculis , subsequa- libus glabris. CoroUa : Petala sex patenlissima calyce multo lon- giora , inîBqualia , crassa , obovali-oblusa , basi , me- diante staminum urceolo , coalita et inde coroUam mo- nopetalam rotaceam aeinulantia. iSfamtna numerosissima monadelpha in urceoluoi sub petalis insertum et cum illis cohœrentem , hinc brevem , iilinc in ligulam lateralem deflexam, valde concavara ,' apice truncatam , productum. Interna urceoli faciès an- theris numerosissimis subcordiforraibus apice emargi- ualo-obtusis , bilocularibus, filamento brevi insidentibus obtegilur. Ovarium semi-inferum ; média superior pars suprà ( 55i ) urceolum eminens ; inferior cuai calice cohaerens ; tri aut quadriloculare , ovulis quatuor oblongis planiusculis basi affixis inde erectis in singulo loculo. aS> ) Gllleniis forma urnîie antiquîB , iu Keiid livpoçralen'for- mis \ scgmentis in plciisqueseslivalione vnlvalJs , in Ke- rid imbricatis. Petala 5 (iu calycc 6-^-8 ficlo , G-t-8) , calycis fauci ponè filamenta inserla ,, segmentis calycinis alterna et longiora , sessilia aut in unguem alteniiata, in plerisque obovata aut subrotunda , in Gilleniis lauceo- lata , intégra vel apice emarginata, venis palinatim dis- positis notata, alba vel pallidè rosea, in Kerid llore pleno, lutea , aestivalione in plerisque imbricata , in Gilleniis convoluta. Stamina 2o-54, ponè discum , intev bunc et peta'.orum bases calycis fauci inserta j filamentis in ple- risque simplici série dispositis , rariùs biseiiatis , in Spir. Filipendula aiia super alia inserlis, filiformibus, œstiva- tione introrsùm replicativis 5 antheris medio dorso in- sertis, bilobis, bilocularibus , didyniis , lobis rima lon- gitudinali deliiscenlibus , iu Spir. lœvigala tetragonis , basi insertis, apice emarglnatis, utrinque rima îongitu- dinali dehiscentibus , in Gilleniis introrns. Discls le- nuis, coloratus , tubi calycini parietem interuam incrus- tans , nunc cùm tubo calycino tolus concrelus iu Spir. sorbifolia et opulifolia , nunc apice infrà circulum stamineum liber, parte libéra brevi , aut lo-partita aut lo-crenata -, in Ulinariis discus obsoletus , in Gilleniis nullus. OvARiA 3-12, sœpiùs 5, supei'a , obtuse triquetra, subfalcata , unilocularia, in stylurn altenuata , fsepissimè sessilia ; in Spir. opulifolia et sorbifolia stipitata, in ple- risque libéra, in Ulmariîs^lSpir. sorbifolia plus minùsvc ;connata. Stylus sublateralis, glaber, in Keriâ pilosius- culus, sulco longitudiuali exarutus ( an in omnibus?), in Spirœis , Physocarpo et Giileniis filiformis, erectus, in UJmariis clavatus , retroflexus. Ovula angnio axili alternatim inserta , in Spirœis 5 -18 appensa , in Ulma- 1. 23 ( 354 ) riis 1 appcnsa , in Physocarpo 2-3 ahero appenso , reliquis ascendentibus, in Gilleniîs 2 ascendenlia , in Keriâ i peritropum. Carpella tôt quot o varia , secnn- dùm salnram axilem dehiscentia , in solo Physocarpo inflata , in aliis vix aucta , in plerisque erecta , in Spir. Ulmarla et in Keriâ conlorta. Semina ovoidea vel elon- gata . E.APHE simples ab hilo usquè ad geometricum seminis apicem ducta , parùm elevata. Chalaza conspicua, tu- berculiformis , in Physocarpo non visa. Perispermum nuUum vel subnullum. Embryo homotropus , orthotro- pus. RadiculA conica , basin seminis geometricum liili proximum spectans , cotyledonibus triplo quadruploye brevior. Cotyledones elongatae vel ovatse , apice rotun- dalse, invicem adplicatse. Plumula inconspicua. Frutices inermes et herbœ perennantes. Rami aîterni, folia alterna, simplicia , penninervia y rariks triner^ia, in plerisque indivisa, in Spir. sorbifolia et in Ulmariis vinnatijida, z« Gilleniis Iripartita, in Spir. Arunco Je- composita. Stipulas petiolares, sœpiîis nullœ. Flores her~ maphrodili , in solo Arunco ahortu dioïci , umbellati , coiymbosi , racemosi, paniculati, in Ulmariis cyjnosi, in Keria solitarii, sœpissimè odorati. Pedicelli hracteolati. Sectio T. Spir^a. Frulices , rariàs herhœ (Aruncus). Folia indivùa, in Spir. sorbifolia pinnatijida, in Spir. Arunco decomposita , in omni- bus , prœter Spir. sorbifolia, exstipulala. D'iscus apice hier , parte libéra lo-crenata vel lO-partila, in Spir. sorbifolia totus càm tubo calycino concretus. Stylus erectus , filiformis , gla- ber. Ovula 5-i8 supra mediam suturant axilem ovarii ajfixa, appensa , elongata , teretiuscula. Carpella ovario vix duplo majora, erecta, rostrata, pericarpio chartacep. ( ;î55 ; SI. Frutices, Folia indivisa , exstipulata. Disais apice liber. Oi^aria Uhcrn. I. Spir^a hypericifolia , foliis glaberrimis , pen- ninerviis \ floribus umbellatis , umbellis sessilibus , ra- riùs pedunculatis. Pntno sylt'estri nfjims canadensis. Bauh. Pin. 517. — Spirœa hrpe- rici folio Tourn. Inst. 618. — S/nr. liy-pericifoUa. Linn. Sp. FI. 1 , p. 489. — Reich. Syst. PI. II, p. 52i. — Pall. FI. Ross. tab. XXVI. fig. 2 IVIœnch. Meth. PI. 662. — Hosf. synops. PI. 278. Willd. J-p. PI. II, p. 1057. — Poir. Dict. VII, p. 352. - Pers. Synops. PI. II , p. 46. — Marscli. FI. Taiir. Cauc. 3g2. — Willd. Enuni. I. p, 54o. — DC. FI. Fr. suppl. 645. - Piirsli. Fi. Amer. Sept. cd. 2. I. p. 341. — Spir. crenala BaiT. tab. 5G4. — Gouan. Ilitist. 3i. DC. FI. Fr. IV P- 477- Hab. in Cebcnnis (Gouan ]. c. )•, in Hispanià (Barr. I. c. ) ; in Carniolià, C.arinihià , Styiià (Host. 1. c. ) ; in Sibirià ( Pall. l. c. ) -, in monlibus Cauca.sicJs (Marscli. 1. c. ); in Virginia, Canada, Pensylvaniâ (Pursh. 1. c.). — Floret majo , carpella perCcit julio. (V. V. C. in hort. Paris.) Frutex 4-6 pedalis. Rand tel êtes, glabri , corlice fusco , novflii pu- beruli. Folia 7-12 lineas longa , 4-O lineas lata, obsolète penninorvia, quasi trinervia , spatulala, apice \el intégra, vel 3-5dtni;ita, ntrinqiie glabra , juniora apice subciliata. Flores iimbcllati, rnnbcl'is si-ssilibiis riiriiis pedunculatis. PeJicelli 5-ii lineas longi , pilcsiusculi basi 5-6-7 foliis bracteiformit)us, oblongis, 1-2 lineas loiigis, dorso piibcs- centibus sufl'ulti. Calyx infunJibnliformis, 5-fidus, puberuliis- lidio deccmnervi; segmenlis ovato-deltoid( is, trinerviis , erectis. I\-i,,lii ^ ovato-subrotunda, segmenlis calyciflis duplo longiora , 2 lintss lon'u lint-am et dimidiam lala , brcvissimè unguiculata, nivea , p^duiirenia. Stamina 20; illamenta simplici série dispo-ifa^j pcta.is brcviora li- neam et dimidiam longa , erccta ; antherae flavescentes. Disci margo lo-partitus, segmenlis emarginatis, primiim cereus, demùm fusces- ceng. Oi'aria 5, Hneam longa, purpiirascentia, atteniiata in stjlum 33' ( 356 ) , linoam longum, Inlere interiorc secundùm longitudinem canaliculatutn, disci tubiim superantem , scgmenlis calycinis paiilù breviorem , ciec- tum, basi geniculalum. Ofida 8-10, appensa, teretiiiscula, longissiaia, alba. CarpeUa 3-5, linoam et dimidiam longa , lincam lata, gla- briuscula. Obs. Celte espèce varie beaucoup par ses fouilles plus ou moins longues, glabres ou légèrement velues, en- tières ou à crénehu^es plus ou moins profondes , varia- tions qui se rencontrent souvent sur la même plante. De- là les ditrérences que présentent la planche 564 ^^ Bar- relier , et la figure 2 de la planche 26 de la Flora Rossica de Pallas. Gouan indique le Spir. hypericifolia , auquel il donne le faux nom de Spir. crenata, dans les Cévènes , entre Campestre et Baniols -les -Bains. Plusieurs botanistes doutaient si cette plante était la même que celle d'xVmé- rique cultivée dans les jardins. M. Gay a dissipé ce doute en la découvrant récemment dans le département du Cher où elle occupe une région d'environ dix lieues de longueur sur six de largeur , entre la rivière du Cher et celle de Tlevrette , depuis Saint-Amand au midi , jus- qu'à Bourges au nord. Les échantillons qu'il a bien voulu nous communiquer nous ont paru ne dilFérer en rien de ceux provenant de l'Amérique septentrionale. a. StiiiiEA ACUTiFOLiA, foliis glaberrimis , ob- longo-lanceolalis , penninerviis ; floribus umbellatis , umbellis sessilibus. Spir. acutifolia. Willd. Enum. i. p. f>4o. — Poir.J)ict. siippl. V. p. 221. — Link Enum. Berol. ait. 11. p. 39. — Spir. sihirica. hort. Paris. Patria ignota. . . . Floret aprili , carpella pex^ficit ju- nio. (V. V. C. in hort. Paris.) t'rutex 2-3 peJalis. /fan'i teretes, glabri, flaTescentcs, rubri, cor- ( 357 ) lice "riseo : novelli piibeiuli. Fnlia glabra, oblongo-lanccolala vel obo- Tata , acuta , intégra vel tridentata , semipellucida , pennincrvia , ufrinque glauccscentia, 7-8 lineaslonga, a lincas iata, basi in petioliim attenuata ; inferiora veteri ligno inserta fasciciilata ; superiora raniis novellis inserta, alterna, margine ciliolata. Flores unibellati, umbellis scssilibus, 5-8 floris. Peilicelli glabri , 5-6 lincas longi , ebracteati, basi 6-7 squamis ovalis, decidiiis, et aliqiiando 3-6 foliis bractciformi- bus, oblongo-acutis, margine subciliatis, 3-5 lineas longis suffulti. Calyx infundibuliformis , glabcrrimus ; tubo obconico deceranervij segcpeutis ovato-deltoideis, 3-nerviis, erectis. Pelala 5, segmentis calvcinis paulô longiora, lineam longa, obovata, sordide alba, palmivcnia. Stamina 20; filamentis simplici série dispositis, lineam et dimidiam longis , pri- mùm erectis, demùm subreflexis; antberis flavescentibus. Disci margo decemcrenatus , crenis emarginatis. Oi'aria 5, lineam longa , gla- briuscuia, attenuata in stylum ovario aequalem, discum et calycis seg- menta superantem. Oi'u!a 6, appensa , teretiuscula , longissima , alba*, sœpissimè pleraquc abortiva. Carpella 5, sœpius 3-4 ( "W altcrove abortivo ), liaeam et dimidiam longa, glabriuscula. Obs. Cette espèce se rapproche beaucoup de la précé- dente. Elle s'en dislingue cependant, au premier aspect, par SCS tiges plus diffuses , par ses fleurs plus petites , d'un blanc sale , et par l'époque plus précoce de sa flo- raison. Elle est connue dans les jardins de Paris sous le nom de Spir. sibirica. 3. Spir;ea. ARGENTE a , fruticosa , argcntco -sericea ; foliis conf?rtis , obovatis vel oblongis , apicem vcrsîis serralis, flabellato- venosis •, racemis axillaribus et ter- minalibus , paniculatis -, florihus subicosandris 5 ovariis sericeis, biovulatis. K^J^TH. Spir. argenlea. Mutisin Linn. Fil. suppl. a6i. — Willd., Sp. pi. 11 , p. 1057. — Poir. Dict. VII, p. 35i. — Pcrs. Synops., pi. 1 1 , p. 46. — Hnmb.Bonpl. et Kunth. Nov. Gen. Aca. fasc. XXVI, p. 235^ tab. 563. Crescit in l'egno novo-granatensi. Kami snijsexangulares, fusci, glabriusculi ; laniuli suicalo-angiijati , sericeo-pnboscentes, argentei , dense foliosi. t'oiui sparsa , pctiolata , in ramulis brevissimis fasciculaio-conferla, approximata , obovata aut ( 358 ) ôlilongA , basi Taldc ciineato-anj^uslala et integeniraa , apicem j,ersûs «errata, snbflabellato-venosa , venis inter se et cùm uervo medio sub- parallelis, subtÙ5 prominentibus , siibmembranacea, utrinquè densis- simè argenteo-scricea , 9-12 lincas et longiora, supernè 4-6 Hncas lafa. Pefioli 2-3 lincas longi , semitcretes , densissimè argenteo-sericei. Sti- pulée nullse. Racemi 'va ramiilis axillares et terminales, solitarii , ap- proximali , paniculas terminales secondas foliatas referentes , 9-10 lineas longi. Flores sparsi , pedicellati , magnitudine floris Spirfpae liypericifolisB ; pedicellis i-ip iineara longis, supernè tribracteatis , rachi bracteisque densissimè argenteo- lanatis. Bracteœ lanceolat», acutie , siibaequales. Caljx interne pubescenti-sericeus, fundo turbi- nato-concavus, lo-nervius, pubescens, limbo quinquepartitus; laci- oiis ovatis, acutis, trinerviis , sequalibus. Praefloratio valvata. Petala quinque, fauci calycis inserta , cùm ejns lacîniis alternantia iisque longiora , brevissimè unguiculpta , subovata , obtusa, intégra, venosa, glabra , patenlissima , alba (?). Discus annularis , caroosus , faiicem ca- lycis cingens, undiilato-crenuiatus , glaber. Stnmina yjginti , limbo calycis paulo siiprà discnm inserta , laciniis calycinis breviora. Fila- menta subulata , libéra , glabra. Antherae subrotundœ , utrinquè emar- ginatae, dorso afExje , biloculares , glabrae , longitudinaliler interné déhiscentes. Oi^«Wa quinque, sessilia, ovato-lanceolata , hirsuto-seri- cea , uriilocularia ; paries internus glaber. Ot'«/« a , collateralia , infrà apicem affixa, pendula , glabra , oblonga. Styli terminales , teretiusculi, erecti , supernè glabri , ovario breviores. Stigmata vix incrassata. Fructus mihi ignotus. ( Descript. ex Runth. 1. c. ) 4. Spir.î:a THALicTuoiDEs, foHis pubcscentibus , apice subtrilobis ; floribus umbellatis , umbellis sessilibus. •Spir. aquilegifoUa. P.ill. Itin. III. Append. 734, n" 94, t. P., Cg. 3. Spir. thalictrokles. Pall. FI. Ross. I, p. 34, t. XVIII. — Willd. Sp. Pi. il, pag. 1059. — Poir. Dict. VII, pag. 353. — Pers. Synops. PI. II, pag. 46. Hah. in Alpibus daouricis, maturiùs Spir. chamœdri- foliâ ûorena. (Pall. I. c.) (V. S. S. in beib. Lessert.) Frutex htimilis. Folia 4-6 lineas longa , 3-4 lincas lata , spatulata , apice subtriloba , in petiolum lineam longiim atteniiata , utrinquè praeserlini subtùs pubesccntia , niargine ciliolata, trinervia , nervis peuninerviis. Flores iimbclhiti, umbellis sessilibus, 6-9-floris. Pedicelli pubcruli, 3 lineas longi, basi 8-12 foliis bracteiformibii"!, obovato-ob- îongis, Iineara longis, pnbesc-nlibiis siifTiilti. Calyx infandibrliforrai', ( 359 ) S-fidus , puberulus, lineam longus ; lubo obcoiiico decemnervi ; seg- raentis ovatis acutis, trinerviis, erectis. Pelala 5, segmentis calycinis duplo longiora, subrotunda , brevissimè ungiiiculata , alba palmirenia. Stamina 20; fî'amentis siraplici série dispositis , lineam longis, capil- laribus, erectis ; antheris cereis. Disci margo lo-partitus, segmentis emarginatis. Oi^aria-5, dimidiam lineam looga , puberula , attenuata in stylum ovario sequalem, latere interiore secundiim longitudinem canaliculatum. Ov'ula 6-8, appensa, teretiuscula , oblonga. Carpella 5, rariiis 4 (uno aborlivo ) , très linese quadrantes longa , dimiiliam li- neam la ta , piiberula. 5. Spir^a obovata , foliis obovatis , obtusis , apice obtuse inœqualiter dentatis , triplincrvii's 5 corymbis axillaribus , sessilibus. Willd. Spir. oboi^ata, Waldst et Kifaib inWilld. Enum. I, p. S^i — Schult. OEstcrr. FI. Il, 6\. — Poir. Dict. suppl. V, p. 221. — Link. Ënum. Berol. ait. II, p. 40. Hab. in Hungarià. (Willd. 1, c. ) Non est Spir. thalictroides, cujus folia minora , subtriloba, neque varietas Spir. crenatœ, a quâ diversa foliis apice rotundato-ôbtusis, ob- tuse inaequaliter dentatis, triplinervio-venosis nec trinerviis venosis , corymbis sessilibus. (Descript. ex Willd. 1. c.) 6. SpiRjEA creuata, foliis spatulatis , trinerviis , pu- bescentibus ; floribus corymbosis. Spir. foliis variis hirsutis, Amm. Stirp. Rar. Ruth. p. 189, n. 268. Spir. aenata, PaW. Fi. Ross. I, p. 35, lab. XIX.— Willd. sp.pl. II, p. io58. — Mœnch. Meth. pi. 662. — Pers. Synops. Il, p. ^6. — Marsch. FI. Taur. Gmc. Sga. — Willd. Enum. I, p. 54i. — Scbult. OEstcrr. FI. II, p. 64. — Link. Enum. Berol. ait. Il, p. 40. — Spir. .alpina. Poir. Dict. VU, p. 354. Hab. in Rossià europseâ (Pall. 1. c. ); in promontorio Caucasico planitiebusque adjacentibus (Marscli. 1. c); in Hungarià ( Schult. 1. c. ). Floret majo (Pall. 1. c.} (V. S. S. in lierb. Lessert et Gay. ) Frutex. ramis teretibns , glabris , novellis pubescentibus , cortice fusco. Folia 6-8 lineas longa, 2 lineas lata , spatulala, in petiolum attenuata , pnbescentia , glaura , apice acutiuscula , intégra vel sub ( 36o ) apicc 5-'j donticulata , tririci"via. Flores corymbosi, coryrabis leruiina- libns, 5 7 lineiis latis , jiedunculalis. Pedicelll terctes , pubescentes , 3 lineas longi , bract^fl lineari-latict'olal.l , lineam longâ , pilosiiiscul.l apice instriicli. CV///.r infunclibaliformis, S-fidus, lineam longus, pu- bescens ; tubo obconico decetnnervi ; segmentis erectis , ovatis , acutis , trinerviis. PctalaS, scgraentis calycinis longiora , lineam longa , sub- Totunda , exiinguiculata , |ialmivtnia , alba. Siarnina 20 ; filameutis simpiici série dispositis , capillaribus, lineam et dimidiam longis; an- tlieris cereis. Disci margo lo-partitus , segmeniis integris. Ofaria 5 , très litieœ quadrantes longa, pubescentia, attenuata in 5(//«w ovario paulù longiorem. Ofula 5-6, appensa , teretiuscula , longa. Fruclus milii ignolus. Obs. Cette plante a été confondue tantôt a\ec\e Spir. aîpina , tantôt avec \eSpii: hypericifolia à feuilles créne- lées ; elle se distingue facilement de la première espèce par sps feuilles trinerves et de la seconde par ses feuilles pubescentes et ses fleurs en corymbe. Nous n'osons dé- cider si Liunée avait notre plante en vue lorsqu'il a décrit sou Spir. creiiata. Quoiqu'il en soit, ou doit toujours con- server ce nom à la plante figurée dans la Flore de Russie de Pallas , puisque l'espèce originaire de France et d'Espagne, figurée dans les Icônes de Barrclfér et donnée par la plupart des auteurs comme synonyme du Spir. crennta, n'est qu'une variété du Spir. hypericifolia. 7.Spir..i:A ALPi]SA,foliis!anceolatis,sessiiibus,serrulatis, g!abris^ corymbis terminalibus. Spir. a!]ù,n,, P;fllas, l'I. Ross. I, p. 2.5, tab. XX. — Wiild. sp. pi. I!, p. lob'-j. — Willd., l'Inum. I, p. Sjo. — PtTS. , Synops. Il, p. i\6. — Link Eni'.ro. B«r. al-t. II, p. 39. i''/ute.r surcnlis scsquicubitalibiis , vcl bicubitalibiis erecto-palulus , rumosus. iSurculii^X rttmi .inticpiiores testacoi, epidcrmide longitiidina- liter fissâ, fuscesccnle qiiô tannis exiiuntur ut Loiiicera altnica, Cylisus pinnatiis aliiqiie friitices. t'olia plorumque 3 ad 5 fasciculatim congesta, vel a'Uerna , lanceolàla, basi val Je altcnuata , sessiiia, glaberrima, ov!i snbtilissimt!' srrriilalA vei iiiU'gr;!. Corymhi m ramiilis anni brevibus , i'olialis, tt'rmiiiales, subglohobi, iino vcrsii di-îpositi, ut in Spir. crenala. ( 36i ) sed minus copiosi , ef, pedunculis tenuioribus longioribusqae. Flores paulô majores, quam ejusJem, calycibusque glabris ; capsulœ oblongae, corapressae , erecto-parallelas , grisese. Hxc Spirfea, inter Sfj. crenatam et liYpenc'tfolimiL média , occiirrit in frif^idis sylvaticis et alpitiis Slbiriœ orientalis , maxime regionum trans- baïkalenshini, et circa ipsum iacum Baïkal, ubi littoVa glareosa passim ornât, et junio demùm floret. Diflert a Sp. crenala pro ctijus varietate Laberi posset, statione , florandi temporc, foliis non trinerviis, glaber- rimis, basim versus attenuatis, sed non petiolalis; deia epidcrmide siirculorum secedente, pedunculis florum tenuioribus et longioribus , capsulis majoribus, erecto-parallelis, ut alia taceam. A Spir. hyperici- foiui americanâ differt foliis acutis enerviis , nec rodundatis trinerviis j floribus minoribus in corymbos multiflores , nec in jjmbellas sessiles pauciflores digestis. (Descript. ex Pall. 1. c.) 8. Spir^a trilocata , foliis latè ovatis, snbrotundis, Irilobis , peaniuerviis ^ lloribus coi^ymbosis. iSpir. rainosissinia , pnri'o subrotundo Opulijblio , Amm. Stirp. Rar. Ruth. 191, n. 2^1. — Spir. foliis latè ouatis, supra anipliatis ex inciso- serralis, pedunculis simpUcibus, Gmel. FI. Sib., p. 190, tab. 5o. — Spir. trilobata, Linn. Mant. a^i- — Reich. Syst., PI. 11, p. 521. — Pall., FI. Ross. I, p. 33, tab. XVII. — Willd. , Sp. , PI. 11 , p. loSg. — Poir. , Dict, VU, p. 354- — Pers., Synops. II, p. /j6. — Link Eaum. Berol. ait. Il, p. 4o. lïab. in Sibirià propè Iacum Baïkaî. (Pall. Gmrl. Amm. 1. r. ). Floret maja. carpella perficit julio ( V. V. C. in hort. Paris. ) Fruie.r 3 pedalis ; raiiii glabri, cortice lœvi, griseo, fuscescente. Folia alterna, pctiolata, glabcrrima , penninervia, facie lœtèviridia, dorso glauca, 7^eI(o/ost'mitereti, glabro, facie piano; caulina et ramea inferiora latè ovata, subrotunda, iriloba,lobis crenalo-dentatis, 8-iolineaslonga, ij-glineas lala, pétiole 3 lineas longo; ramea superiora (ramulis floriferis insidentia ) elliptica, integerrima , aut apicc obsolète 1-2 denliculata, 4 6 liiieas ionga, 3-4 lineas laf a. i^/o/'si coryrabosi , corymbis bemi- sphxricis, 10-12 lineas longis , totidem latis. PeAceZ/t semiunciales , bracteit glabrâ , nunc membranaceû filiformi scssili , nunc herbaccil ovaUl pctiolatA, suprà médium instructi. Crt^co: infundibuliforniis , .'î Hdus ; tubo obconico, dccumnervi , estùs glabro , intùs villosiusculo ; scgmenlis creclis , ovato-dclloideis, trinerviis, dorso glabris , Uc'n ( 36c» ) villosis , margine nudis rubellis. Petala 5, eegmentis calycinis dupla longiora , lineam et dimidiam longa , nivea, obcordata , exunguiciilata, palmivcnia. S lamina io] filamentis simplici série dispositis, petalis multô brevioribiis, très quadrantes lineae longae; antheris pallidè fla- vescentibus. Discl margo lo-partitus , segrnentis integris, rare emargi- natis. Ouaria 5, dimidiam lineam longa , glabra attenuata in slylum ovario œqualem , latere intcriorc secundùm longitudinem canalicula- tum , calycis et disci tubum superantem. Owula 6-8 , appensa , ob- longa , teretiuscula. Carpella 5, lineam longa, dimidiam lineam lata , glabriuscula. g. SpiKjEA. incisa, foliis ovatis, inciso 5-partitis , ser- ratis ; umbellis sessilibus. Spir. incisa, Thunb. , FI. Jap., 2i3. — Poir., Dict. VII, p. 354- Crescitin Fakonâ monte, ejusque regionibus. — Floret junio. Caulis fruticosus, erectus, ramosissimus. Rami et ramuli alterni, fi- liformes et capillares, Gexuosi, cinerei, glabri, patentes. Folia peliolafa ovata, acuta, incisa, subqiiinquepartita , serrata , subtùs pallida , -vil- losa , patenlia, unguicularia. Petiolus capillaris, folio quadruplo bre- vior. Flores innltimis ramulis umbellati. Umbella pedunculata simples. Pef^MncM/i circitërduodecim, capillares, unguiculares. Corolhv aWiAx, minutae. (Descript. ex Thunb. 1. c. ) 10. SpirjCA. chaMjEdrifolia , foliis ovato-oblongis, gla- briusculis, obtusiusculis, ab apice ad médium 3-5-7 inciso-crenatis j floribus corymbosis. a, Vulgaris. Spir. chaniœdrios foliis , Amm. Stirp. Rar. Ruth., p. igo, n. 269. — Spir. chamcedrifolia, Linn. sp., pi. I, p. 489. — Reich. Syst. PI. II, p. 521.— Pall. FI. Ross. I, p. 32, tab. XV.— Thunb. FI. Ja;.. 210.— Wilkl. Sp. PI. II, p. io58.— Poir. Dict. Vil, p. 352. ~ Pers. Synops. II, p. 46. — Nutt. Gen. Amer. I, p. 307. — Willd. Enum. I, p. 54 1.— Schult. OEster. FI. II, p. 63.— Pursh. FI. Amer. Sept. éd. 2, p. 342.— Link. Enum. Berol. ait. II. p. Sg. Hab. in Sibiriâ, Kamtchatka, Daourià (Pall. 1. c. ), in, Hungaria ( Schult. 1. c. ), in Canada (Pursh... Nutt. 1. c. ), in Japonià (Thunb. l. c. ). — Floret majo, car- pella perficil augusto. (V. V. C. in hort. Paris. ) ( 363 ) Frutex/^-5 pedalis. Rami teretes , glabri , corlice fusco , rimis déhis- cente ; novelli obsolète angulosi, puberuli. Folia ovato-oblonga, obtu- siuscula, 3-5-^ denlato , crenata, penninervia, 7-9 lineas lotiga, 4-6 li- neas lata , facie viridia , dorso glaucescentia , obsolète ciliolata , in Pe- tiolutn lineam longum attenuata. Flores corytcAiOBi , corymbis hemi- sphaericis , 6-14 floris , urabelliformibus , axi generali brevissimo vix ultra lineam ïongo. Peclicelli teretes, glabri, Glineas longi, ebracteati,basi sufTiilti 6-7 squamisscariosis,ovatispilosiusculis, et 5-7 foliis bracteifor- mibus, spatulatis, integris, 5-61ineas longis, glabris , inargine ciliolatis. CVi^yxinfundibuliforrais , 5 fidus, a lineas longus , glabeiTimus, tubo obconico, decemnervi ; segmentis ovato-deltoideis, extùs glabris, intiîs piiosiiiscnlis, primùm erecto-patentibus , demùm reflexis , trinerviis , margine ciliolatis. Petala 5, segmentis calycinis longiora , lineam et dimidiam longa, ovato-rotunda, exunguiculata,nivea, palmivenia. Sta- mina 20 ; filamentis siniplici série dispositis capillaribus, 3 ip lineas longis, petalis longioribus ; anlheriscereis. /^i^cimargo decemcrenatus, orenis emarginatis. Oforia 5, lineam longa, pilositiscula , attenuata in stylum ovario pequalem , teretem, glabrnm, erectum, apice Inmcatum. Oi^ulaG, appensa, teretiuscula, longissima. Carpellad-^ (une allerove abortivo), rariùs 5, lineam et dimidiam longa, glabriuscula. (3 Media. Spir. chamœdrifnlia, yS média, Piirsh. FI. amer. sept. éd. a. I, p. 34a. — yarietas pusilla Daouriœ, Pall. FI. Ross. I, p. 32. Hab. in Canada (Pursli. 1. c), in riipesti^ibus Daou- riœ (Pall. 1. c.) (V. S. S. in herb. Lcssert.) DiflTert a varietale a foliis minoi-ibus , utrinquè subvil- losis-, floribus minorîbus. y Ohlongifolia. Spir. ohlongifolia, Waldst etKitaib. PI. Hiing. 111, p. 161, tab. a35. — WillJ. Enum. i, p. 5^1.— Schult. OEsterr. 11. Il, p. 63.— Poir. Dict. snppl. V, p. 222. Link. Enum. Ber. ait. II, p. 4o. Hah. in Hungaiià( Waldst. etKitaib. I. 0. ). ( V. V. C in liort. Paris. ) Folia basi attenuata , angustiora. Caetera omninô ut in varietale ". ( 364 ) Oiîs. Celte espèce varie beaucoup par ses feuilles plus ou moins grandes , incisées ou seulement crénelées , quel- quefois entières et pointues 5 nous nous contentons d'in- diquer les trois principales variétés. La dernière ( var. 7 ) paraît se reproduire constamment par la culture. C'est au Spîr. chamœdnfolia que l'on doit , selon nous , rapporter le Spir. foliosa ( Poir. Dict. VII. p. 353), variété cultivée en i^gS dans le jardin de M. Williams, qui ne dillère du Spir. chamœclrifol'ia a. que par les seg- mens de son calice plus grands et par l'axe général des corymbes plus allongé ^ caractères produits par la culture. II. Spirjea cana , foliis ovatis , acutis , inlegerrimis , subdentatisque , villoso-canis ; corymbis Icrminalibus peduncnlalis. Spir. cflïza. Waklst. et Ritaib. PI. Hung. III, p. aSa, tab 227. Schiilt. Œsterr. FI. II, p. 64. Hab. Jn prœruplis et altis rupibus Croatiœ, propè la- eus Plitviczensem. Floret sub Gnem maji. RnJix lignosa calamo raio crassior. Coules, fniticosi erecti; cor- tice obscure fusco. Folia alterna, brevissimè pe'.iolafa, ovata, acula , integerrinia , ulrinquè, praesertim subtùs, pilis mollibus subsericeis densis cancscentia, vi.'nis tcnuibus reticulato-venosa. Flores in co- rymbis fastigiatis, lateralibiis, ramulos latérales terminantibus, pe- diinculatis : pedunculo Icreti , villoso, unâ alterâvebracteâ villosa ins- tructo; pedicellis vix très lineas longituJinem aeqiiantibus, iiliformibns, villosis , ebractcatis, cxccptis infimis non rarô bracte;! lineari donatis. Peiiantium campannlatum , pubescens , quinquedcntatum ; dentibus patentibus , obtusiusculis , persistentibus. Cnrolla pentapetala, alba ; petalis emarginalis. SLaniiiia ca\ycem cxcedentia, triccnis plura : flla- mcntis calyci insertis, Icnuissimis , albis ; antheris subrotiindis , fla- vescentibus. Pistilttm calycem primùm .icqiians , demùm excedens : Cermina5, obliqué ovala , iniùs lineû etninente instructa, subpubes- centia. 6«//i (iliformes , patentes, glabii. Crt/>s!/iic oblongœ , sub- comprcssœ, subvillosac, bivalves. In unico ramulo vegeliore vidimiis folia quxdani apice Iiinc aut ( 265 ) wtrînqiiè uno alterove dente acuto sub-serr;iia; in planta oullâ pluria talia occurrunt ut tamen longé plurima etiam per cnlturam itoa- neant iolegerrima. (Descript. exWallst et Kitaib. 1. c. ) 12. Spirjea CAPITA.TA, foliis ovatis, diiplicato-dentatis, subtùs reticulatis , tomenlosis ; corymbis lerminalibus , congeslis , subcapitatis, longissimè pedunculalis, calycibns tomentosis. Pursh. Nutt. Gen. Amer, p Soy. — Pursh. FI. Amer. Sept. éd. a. i , p. 342. — Poir. Dict. Suppl. V. p. 222. Hab. in Americse septentrionalis orà occidentali, ei ad flumen Columbia. Floret junio. (Pursh. 1. c.) i3. Spir_î:aflexuosa, foliis lanceolatis, glabris, abapico ad médium dentato-serratis , floribus corymbosis (lab. 26). Spir.Jlexiiosa. Fisch. in litt. — ô'pir. alpina, Hort. Paris. Palria iguota Floret aprili, carpella perficit j unio. (V. V. C. in hort. Paris. ) frulex 4 pedalis. Rami glabri , anguiosi , canaliculati , cortice griseo, rimis fatiscente ; novelli flesuosi , purpurascentes. Folia 8-iG lineas longa, 4-5 lineas lata, ovato-lanceolata, acuminata, ab apice ad mé- dium usquè dentato-serrata , glaberrima, penninervia, basi subtriner- via, facie riridia, dorso pallidiora, in petiolum attemiata ; Peliolo li- neam longo , in ramiim decurrente. Flores corymbosi , corymbis hemisphœricis, i2-i5 lineas longis, lotidem lalis, corymbum Spir. iil- mifoliœ refcrentibus. Pedicelli teietes, ^-6 lineas longi , glaberritni , bracteû, lincari-siibulatS, apice pilosâ, infrà médium inslrucli. Calyx iofundibuliformis, 5-fidiis, glaberrimus , lineam et dimidiam longus; tubo obconico deceranervi ; segmentis ovato-deltoideis, rcflexis, mar- gine ciliolatis et rubellis, cxtùs glabris, intùs pilosiiisculis. Pelala 5, segmentis calycinis longiora, n lineas longa, ovato-subrotunda, exun- guiculata , nivea, palmivenia. Stainina 40-46; filamenta absque dis- tinctis seriis disposita, pelalis longiora, 2 ip lineas longa; anthera; virgineae albœ, effetse fuscescentes. DUci marge decemcrenatus , crcnis emarginatis. Ovaria 5, lineam longa, apice rubella, glabra, attenuata iu itv/«7re lineam dimidiam longum , leretem, glabrum , latere interiore secundùra longitudinem canaliculatum , apice truncatuin. Oi'ula 6, ( 366 ) appensa , leretiuscula , longissima. Carpella tôt quot ovaria lineam et dimidiam longa , très lineae quadrantcs lata, glabriuscula. Obs. Cotle espèce', probablement originaire de Sibé- rie, est connue dans les Jardins de Paris sous le faux nom de Spir. alpina ,• elle a été envoyée au Jardin du Roi par M. Fischer sous celui de Spir. Jleocuosa qu'elle doit conserver, puisqu'il est bien évident qu'elle ne peut être confondue avec le Spir. alpina décrit et figuré dans la Flore de Russie de Pallas. 14. Spir^a lanceolata, foliis glabris , ovato-lanceo- latis , inciso-serratis; tloribus corymbosis , coryrabis la- teralibus. (tab. 10. ) Spir. lanceolata. Poir. Dict. VII, p. 353. — Spir. canlomensis. Lour. Flor. coch. éd. AVilU-, I, p. 394. Hab. in insulà Mauritià (Poir. 1. c. ), in Sinâ (Lour. 1. c. ) ( V. S. S. in herb. Jiiss. et Thouin. ) Frutex lamis teretibns, glabris, cortice fusco ; novellis purpuras- cenlibus. Folia 12-18 lineas hita, ovato-lanceolata , penninervia, nervis subtùs prominentibus, glaberrima , ab apice usqiiè ad mcdium aut paulô infrà médium inciso-serrata , senaturis oblusis , in petiolutn attenuata ; Peliolo 2-3 lineas longo, glabro, semi tereti, facie canali- c\.\\ato. Flores ccrymbosi , corymbis pedunculatis. Pedicelli tcretes , glabri, 5-6 lineas longi, bracteâ lineari-ianceolatû , parvulâ, stiprà inedium instructi. Culyx infundibuliformis , 5 ûJus, lineam et dimi- diam longus , glaberj tubo obconico, decemnervi; segmentis ovatis, acutis, ereclis, trinerviis. Petala 5, segmeutis calycinis longiora, a li- ueas longa, lineam et dimidiam lata, ovato-subrotunda, exunguiculata , palrnivonia. Stnmina n^-^G; fliaraentis simplici série disposilis, petalis brevioribus , lineam longis , capillaribus 5 antheris cereis. Disci margo decempartitus, segmentis emarginatis. ouaria 5, lineam longa, glabra, altenuata in sljlum paulô longiorem , tcretem, glabrum, latere inte- riore secundùm longitudinem canaliculatum, apice (runcatum. Ot'ula 6, appensa, teretiuscula, longa. Fructus mihi ignotus. Obs. Celte espèce, rapportée, par Commerson, de l'Ile- de-France, a de grands rapports avec le Spir flexuosa:, elle s'en distingue cependant par ses feuilles plus larges, ^ ( 3G7 ) incisées et dentées en scie depuis leur sommet jusques aux trois quarts de leur longueur 5 par ses étamines moins longues , moins nombreuses, insérées sur un seul rang -, par son disque dont la partie libre est divisée en dix lobes distincts à leur base. i5. SpirjEA. ulmifolia, foliis glabris, oblongis, ovato- lanceolatis, margine suprà médium dentato-serratis, se- cundùm totam peripheriam, denticulalis, floribus corym- bosis. Spir. ulmifolia. Scop. FI. Carniol. i, p. Brjg, tab. i-î. — Willd. Sp. PI. II, p. io58. — Poir. Dict. VII, p. 35i. — Pers. Synops. II, p. 46. —Willd. Enum. I , p. 541. — Schult. OEsterr. FI. II, p. 63. — Spir. chamœdrifoliii. Host. Synops. PI. 2;8. Jïab. in Carnioliâ (Scop. 1, c), in Hungarià (Scliult. 1. c. ), in Forojulio, Carniâ. (Host. 1. c. ) Floret majo , carpella perfîcit julio. ( V. V. C. in hort. Paris. ) l'Yutex 3 pedalis. Ranii obsolète tetragoni, glabri; cortice laevi, gri- seo, fuscescente, demùm sponte soluto aut rimis faliscente, floriferi villosiusculi. Folia in petiolum attenuata, penninervia, facie glabia viiidia, dorso glaucescentia et juniora villosiuscuia ■ margine secun- dum totaoi peripheriam tenuissimé denliculata ; ramulorum florifero- rura superiora oblonga , ovato-lanceolata , non supputalo petiolo lo lineas longa , 5 6 lineas lata, margine suprà médium inœqualiter den- tato-scrrata ; petiolo lineam et dimidiam longo , semi-tereti , facie ca- naliculato, margine dorsoque yiHosiusculo ; ramulorum eorumdem in- feriora (ramorum vcteri ligno inserta), multô minora, 5-6 lineas longa, 3 lineas iala, ovoideo-elliptica, margine suprà médium serrulata (non dentato-serrata ), petiolo vix lineam longo, complanalo, pariter villo- siusculo. flores corymbosi, corymbo hemisphœrico, 12-14 l'nsas longo, totidem lato ; pedicelUs filiformibus , bracteâ parvulâ , membranaceâ , pilosiusculâ, deciduâ nunc infrà nunc suprà médium instruclis, inferio- ribus semiuncialibus, superioribus a ip - 3 lineas longis. Calyx infun- dibuliformis , 5 rariùs 6-7 fidus ; tubo obconico , glabro, obsolète de- cem-nervi ; segmentis ovato-deltoideis, uninerviis , dorso glabris, facie i YiUosis, margine fusco-ciliatis, primùm erectis adpressis, demùm re- ( 368 ) flexis. PetaLi 5. raiiùs 6-7, segraentis calycinis duplo longiora, i i;a - 1 lineas longa, patentissima, siibrcUexa, siibrotunda, obsolète Venosa , decidua. Standna ^6-f^(^-Bf^\ (llamcnlis absquù distinctis seriis dlsposi- tis, ereclopalentibus, capillaribus, esterioribus petala siiperantibus , 2-3 lineas longis, interioribus triente brcyioribns, omnibus diutissiïué persistentibus j antheris minutis pallidissÏQièllavescentibus. Z>(\sc( niargo per totum ambitum crenatus. Ouaria 5, rarissime 6, vix dimidiara li- neam loDga, glabra, apice attenuata in stylurr. dypio longiorem , ferè lineaca longiim, calycis et disci tubum superantem, rectum, erectum, teretem, secundiim totam fera longitudinem scabriusculum (quadrante infei'iore lœvi), primùai viiidem, cilissimé exsiccatum et fuscescen- teni , apice truncatiim. Of«/(ii5-i8, oblonga, terctiusciila , appensa , duplici (propter ovula nonnulla ad laevam et dexteram dejecta , quasi quadruplici) série inserta. Carpella tôt quot ovaria, lineam longa, di- midiam lineam lata, glabra. 16. Spirv-CA BETULiFOLiA , foliïs glabcrrimis , ovato- lanceolalis, ab apice iisqaè ad médium incisoserratis ; flo- ribus corymbosis, corymbo tcrminali composito(tab. 2^.) Spir. foliis ovato-crenaiis, Gmel. FI, Sib. IH , p. 189, n. 48- — Sjtir. hetidijolia, Pall. FI. Koss. I, p. 33, tab. XVI. — Wutt. Gen. Amer. I, p. 'io'j. — Pursl). FI. Amer. Sept. éd. 2. I , p. 341. — Spir, corjvibosa, Schm. in Desv. Joiirn. Bot. IV, p. 2C9? — Spli: cralwgifoUa , Link Enum. Berol. ait. II, p. ^o? Hab. circa locum Majain (lumen ultra Lenani flucn- tcm (Pall. 1. c. ). in montibns Virginia;. (Parsli. 1. c. ) Florct majo junioque. ( Pall. 1. c. ) ( V. V. in hort reg. Paris. ) t'rutex bipedalis. Rami glaberrimi, leretes, corlice fusco. Folia gla- bcrrima , penninervia; ramea superiora 2-3 uncias longa , I2-20 lineas lata , ovatooblonga , ab apice usquè ad médium inciso-deatata, petiolo lineam longo, facie canaliculato j inferiora \e;cri ligno inserta obovata, elliptica , 5-7 lineas longa, 3-4 lineas lata, ab apice usqnè ad mcdilidi serrata, in petiolum attenuata, petiolo dimidiam lineam longo. Flores corymbosi , corynibis densis , terminalibus , multifloris , 3-4 uncias longis , ferè totidem latis. PeJicelli teretes , gluliri , lineam longi, uni duabusve bracfeis lineari-lanceolatis , ciliolatis, linta: quadranterti longis suprà médium instructi. Calyx infundibnliformis, 5-lldus, di- midiam lineam longits, glaberrimus; tubo obconico , decomncrvi ; scg- (3^9) imentis ovatis, acutiusculis, trinerviis, ereclis. Petulu 5, segmenlis calycinis triplo longiora , très lineae qiiadrantes lotiga, subrotunda , exunguiculata, alba , paluaivenia. Slainina 20 ; filamentis sinijilici série dispositis, capillaribus , lineam et dimiiHam longis ; antheris roseis. Disci margo decern-partitus, segmentis indivisis, liberis , roseis. Ova- ria 3-4i, glaberrima , dimidiatn lineam longa , viridia , altenuata in Stylum duplo iongiorem, erectum, rectum, roseum, apice fruncatum. Qpu/rt 5-7 , appen sa , terctiuscula. Fruclus milii ignotus. Obs. Cette espèce a été confondue par la plupart des auteurs avec le Spir. ulmifolia dont elle est cependant bien distincte. Elle nous paraît être la même que le Spir. corymhosa, (Schm. in Dcsv. 1. o. ) , et que le Spir. cra- tœgifolia ( Link. 1. c. ). Nous ne donnons cependant notre opinion que comme nn simple doute, qui pourrait être éclairci par ces naturalistes eux-mêmes. ij. SpiuvEA l.evigata , foliis oblongo-lanceolalis vel palulatis , glaberrimis ; floribus raceraosis. Spir. lœvigata. Linn. Mantiss. pi. 244. — Reich Syst. PI. II, p. 619. Gœrln. de Fnicf. I, p. 338, tab. 69 , fig. 5. — Poir. Dict. VU, p. 349- — Pers. Synops. Il, p. 46. — Willd. Enum. I, p. 54o. — Link Enum. Ber. ait. II , p. 39. — Spir. Altaïcn. Pall. FI. Koss. I , p. 37 , tab. XXIII. Crescit in montium Altaicorura regioue subnivali, praesertiin circa fluv. Inœ , Bjelaja et Zcgerik. (Pall. 1. c. ) Floret aprili , carpella perficit augusto. (V. V. C. in bort. Paris. ) f'rutex bi-tripedalis. Rami teretes , glabri , cortice fusco ; novelli virides, angnlosi. t'olia superiora ( ramis novcllis inserta ) rcmota , oblotigo-lanceolata , mucronata aut spatulata, utrinquè glauca et gla- berrima, raargine tenuiter ciliolata , 3-4 uncias longa, 8-9 lineas lata , bas: in petiolum lineam latum atteniiata , subdecurrentia ; inferiora ( veteri ligno inserta) valdè approximata , quasi verticilhita , undiquè glaberrima. Flores racemosi , racemis in ramorum apice umbellatim dispositis, terminalibus , glaberrimis , i-3 uncias longis , plerumque simplicibus, rar6 tri-quadrifidis, suprà primum a basi trientem Ûori- feris, basi nudis ; singuli racemi axis angulosi. PedicelU alterni , 1 -3 li- 1. u4 ( ^70 ) neas longi, basi bracteâ ohlongâ , apice obtusâ, aal frequenliùs iitrin- qué attenuatâ, ipsius pedicc!li liasi adnatâ illoque longiorâ instructi. Calyx campanulatus 5-6-7-fidu9 , lintam et dimidiam longus, glaber- rimus; tubo extùs glaberrimo , intùs longé pilosoj segmentis tiibo bre- vioribiis, ovato-deltoideis , ulrinquè glaberrimis , uninerviis , erectis. Petalti 5-6-7, segmenlis calycinis duplo lougiora , lineam longa, obo- vata , primùm erecta , deraùm subreflexa , in ungiiem attenuafa, alba , obsolète venosa. Stomi/ia 20; fllamentis simplici série dispositis , bre- vibus , dimidiam liiieam longis j aniheris basi insertis , tetragonis , apice emarginatis , lufescentibiis , nonaullis impotentibus , iitrinquè rima longitiidinali dehiscentibus. IJisci raargo decemp;\rtitus , segmen- tis integns , obtusis. Ouiiria 5-6-7 , dimidiam lineam longa , lœvia atte- nuatâ in styluni , pauio breviorera , eiectum , basi geniculatum , apice incrassatum , emarginatum. Ouula 6 , appensa linearia , longissima. Corpr.Ua tôt quof ovaria. 18. Spiu^A mageli.anicA , friuicosa , foliis peliolatis, lanceolatis , insequaliter scrratîs, nervosis ; racemis ter- ininalibiis, snbsimplicibus. Spir. MagelLiinica. Poir. Dict. "VII, p. 35o. Arbrisseau dont les tiges sont divise'es en rameaux grêles , d'un brun cendré, très-glabres, garnis de feuilles éparses , péliolées, lan- céolées, presque elliptiques, inégalement dentées, presque lobées à leur contour, obtuses à leur sommet, un peu rétrécies à leur base , glabres à leurs deux faces, vertes en dessus, plus pâles, un peu blanchâ- tres en dessous, longues d'environ un pouce et demi, sur un demi-pouce de large, marquées en dessous de nervures alternes, qui se dirigent vers leur sommet , les pétioles courts , filiformes. Les fleurs terminent les jeunes rameaux , et sont disposées en une grappe presque simple, courte. Les pédoncules sont longs , glabres , capillaires j le calice glabre , à cinq découpures courtes , aiguës; la co- rolle assez grande , blanche ; les pétales un peu arrondis. Cette plante a été recueillie par Commerson au détroit de Magel- lan. (Descript. ex Poir. 1. c.) ig. Spiuïa. sALiciFOLiA, foliis lanceolatis vel oblongis, glabris , margine per totuui ambitum serratis ; floribus paniculatis. u Carnea. Syir. Salicis folio. Amm. Slirp. Rar. Ruth. p. 188, n'' 265. Spir. foliis lanceolatis, obtusis, serratis, nudis ; floribus duplicata racemosis. Gmcl. FI. Sib. III, p. 188, n<» 47, fab. Sg. ( 3:i ) Spir. Salicis folio. Toiimel'. Inslit. 6i8. fipir. saUcifolia. Linn. Sp. pi. 1 , p. 489. _ Reich. Syst pi II p. 5'20.^Pall. FI. Ross. I, p. 36, tab. XXI. Mœ„ch. Meth GG^ 1 Willd. Sp. PI. II , p. ,o55. _ Smith. FI. Brit. II , p. 535 - Poir Dict. VII, p. 349. -Pers. Synopsi.s.II, p. 46. W.ild. _ Enum l' p. 540. - Schult. OKst. FI. II , p. fia, _D C. FI. Fr. IV, p. 4„. ' ' Bab. in Sibîriâ (Gmel. 1. c. ) ad Ob fluvJum , circa Jeniseam et in Transbaïkalensi regione (Pall. 1 c ) in montibus Arvernise ( DC. I. c. ), in BritanniÀ (Smith. Iv c), în Cainiolià, Styrià, ad flum. Ingerin. propè Knittelfeld. ( Schult. 1. c. ). ^ ^ i" ï' Floret junio, carpella perficit augusto. (V. V. C. in hort. Paris. ) Frutex 4-peda!is. Rami obsolète angulosi, flavescntcs , glabri FoUa lanceolata, serrata, petiolata, 8-,. lineas longa, 6-8 lineaslafa penni- nerva naargioe ciliolata , facie viridia , dorso paHidiora. Pe.,oL semi- teres , fac.e canahculatus . I,ne.^ longus. Flores panicuiati ; paniculi. ovat,o-oblong,s ap:ce racemosis , rachibus teretiusculis, pubcscen- Ubus Perf,ceZ/. teretes, pilosiusculi , 3 lineas longi , s.pè duabus bracte.s pdosis instructi, altent basilari , lineari 2 lineas longâ al tara brev.ssimâ suprà médium affixâ. Caly:c infundibuliformis' 5- fîdus, glaber, viridis , lineam et dimidiam longus; tubo obconico decemnervi; segmentis ovatis , acutiusculis , trine.viis , mar^ine «holat. Pe.«/«5, laté ovata, segmentis cal,cinis duplo long":;: lineam e dim.d.am longa, exunguiculata , carnea , palmivenia ^V^^ vima 38-42 ; ialamenta dupHci série disposila , capillaria rosea exte r.orapetaUsmullo long.ora, 3 l.neas longa, .uteriora petalis' paul6 brev.ora très hao. quadrantes longa, an.her. primo rose., demùn. fuscesceutes. />»« margo decemlobafus. lobis basi connatis emargi- nat,s,pr,mo purpureus, demùm fuscescens. O.ana très line* aua drantes longa, glaberrima , attenuata in stylum ovario ..qualem cL- lycs tubum superantem, terelem, latere interiove secundùm 'lon- gitudinem canahculatura , apice truncatum. Ouula 6-8 appensa te retmscula , longa. CarpMa lot quot OTaria, glabra. lineam et dimid'iam (oDga , dimidiam lineam lata. /5 Alpestris. A'pir. Salicis folio bre^iore, latiuscuto, crenato,floribus rubris Amm Stirp. Rar. Ruth. p. ,88. n" a66, tab. XXVUI. 24» ( 37^ ) Spii: salicifoUa vtir. !i. Alpcsirii. Pall. FI. Ross. I p. 36. tab. XXII. - Willil. Sp. PI. II, p. io55. — Poir. Dict. VU, p. 34ordca. Lino. Fil. Supp. aôî. — Spir. callosa 'l'hunb. FI. Jap. 209. — WillJ. Sp. pi. II. p. io5G. — Poir. Dict. VU. p. 35i. _ Pcrs. Synops. II. p. 4G. Crescil in insulà Nipon. — Floret junio. Cau/iifruticosus , ramosus. Rnmi et ramuli allerni , subteretes , vil- losi, purpurascentts, eiecli. folia peliolafa, alterna, elliptica , acuta , inaîqualiter serrala , serraturis reinotis et eglandulosis; infsriora villosa impiimis nervis, suprà viridia , subtùs glauca , nervosa, eiectw sesqiii- pollicaria. Petioli lineatn longi, semi-teretes, basi extùs callo utrinqué glabro, rubente. Flores terminales, panicuiati, rubri. Panicula suprà de- composita, subfastigiata. Pedunculi Qt pedicelli villosi. Differt a »i';;ir. tomentosa : foliis villosis nec tomcntosis. (Doscript. ex Thtjmb., 1. c.) 22. SpiKyEà CvîîRiTLESGENs , frutesrecs , foliis subsessili- bus, îanceolato-oblongis , integris, subcgerulescentibus j paniculis axillaribiis, raiiiosis. Spir. cœrulescens. Poir. Dict. \ll, p. 35o. Ses rameaux sont grêles, ligneux, e'ianccs, glabres, un peu anguleux, garnis de feuilles presque sessilesj les unes opposées, d'autres alternes, étroites, lancëole'es, longues au moins de trois pouces, sur six lignes de large, aiguës à leurs deux extrémités, entières à leurs bords, vertes en dessus, un peu blanchâtres en dessous; passant par la dessiccation à une couleur bleue assez vive, surtout à leur face supérieure; traversées pai' une nervure saillante, et par d'autres latérales à peine sensibles. Les fleurs sont disposées dans l'aisselle des feuilles supérieures en pa- nicules courtes à cime touffue; les ramifications munies à leur base d'une petite bractée linéaire entière ; les calices glabres , à cinq décou- pures courtes, presqu'obtuses; la corolle blanche, un peu plus longue que le calice; les pétales obtus; les étamines plus courtes que la co- rolle. Je ne connais pas le fruit. Celte Plante a été recueillie dans les Indes par Sonnerat. (Descript. ex Poir;., 1. c.) 23. Spirjeadiscolou, foliis ovatis, lobalis, denlatis, sub- plicalis, siiblùs niveo-lomeuîosis, paniculis teiminalibus pedunculatis, ramosissiniis — ( Pursh. h c. ) Spir. dUcolor. Nutt. Gen. Amer. I, p. 807. — Pursh. I''l. .A.nier. Sept. éd. 2. I, p. 342. — Poir. Dict. suppl. V, p. 322. Hab. ad ripas flutninis Kooskoosky. (Pursh. 1. t.) Floret junio julioque (Pursh. 1. c.) ( 3:5 ) §2. FiTÀtex. Folia pinnatifida , sùpulata. Discus tolus ciim tuho calycino concretus. Ovaria 5 coalita. 24- Spiujea sorbifolia , foliis inipari-pinnatifidis, fo- lioHs oppositis , sessilibus , ovato-lanceolatis , duplicalo- serratis ; floribus paniculatis, thyrsoideis. a f^ulgaris. Spir. Sorti folio. Amm. Stirp. Rar. Ruth. i85, n" 264. Spir. foliis pinnatis ,foliolis unifbrmibus serralis , caule fruticoso ,Jlon- bus paniculatis. Gmel. FI. Sib. III , p. 190, n" 5i , tab. 4o. Spir. pin- nata Mœnch Melh. 662. — Spir. sorbifolia. Linn. Sp. Pi- I, p- 49°- — Reich. Syst. PI. 11 , p. Saa. — Pall. FI. Ross. I, p. 38 , tab. XXIV. — Willd. Sp. PI. II, p. 1060. — Poir. Dict. VII, p. 355. — Pers. Synops. II , p. 46. — Nutt. Gen. Amer. 1, p. 807. — Piirsh. Fi. Amer. Sept. éd. 2, I , p. 342. — Link Enum. Berol. ait. II, p. 4°- Jïab. ad orientem jugi FerchoturiensU , in ri pis Turœ alioruniqiie fluentorum inter montes versus Sibiriam descendenlium, in Daurise vallibns , in tolà Sibirià orien- lali, in Kamtchatka (Pall. 1. c. ), in America septen- trional! (Pursh. 1. c. ) Floret junio, carpella perficit autjusto (V. V. C. in hortis Paris. ) Frutex 3-4 pedalis. Rami leretes, virides , viilosiusculi, pilis sfella- tis; supeiiores herbacei , annui. Folia caulinii impari-pinnaîifida , fo liolisy 19, oppositis, sessilibus , ovato-lanceolatis, acuminafis, dupll- cato-serratis , 1-2 uncias longis, 5-8 lineas latis , utrinquè glaberrimis, penninerviis, ad nervos transversales subtùs eievalis, suprà carinalîm iinpressi; Petiolo commun! semitereti , facie canaliculato, basi in- crassato, 5-9 uncias longo ; Folia basi ramorum floriferorum inserta sessilia, ovato -lanceolata , intégra, vel duo - Irilobata , acnminata , serrata , margine pilosiuscula , pilis stellatis. Stipulœ petiolares, gémi- na , latérales , erectse , in petiolum attenuatœ , lanceolatœ , acuminatae , serra tœ , 5-6 lineas long*. Flores paniculati, paniculis multifloris , thyrsoideis. Ped celli tsretes , glabri , 2 lineas longi , unâ altcrîlvc brac- ( 3:6) teolâ circa mediuru instrucli, et prottereà basi suflulli folio rudimen- tali lincari-lanceolato , ilipulis duubus aucto 5 bracteolis , folio rudi- mentali , et stipulis margine stellato-ciliolatis. Caljx infundibulifor- rnis, 5 fidus , lineam et dimidiani longus , viridis , glabcrrimusj tiibo obconico , enervi; segmentis ovatis, obttisis, très lincœ quadrantes lon- gis , margine hinc indè ciliolatis, priraùm erectis, demùm reflexis. PetalaS, segmentis calycinis longiora, quinqiie lineœ quadrantes longa, patentissima , reflexa , elliptico-obovata , basi in unguem attcnuata , nivea , obsolète venosa. Stamina 3i\-^[0 j filamentis duplici série dispo- sitis , capillaribus , albis , pelala superantibus , exterioribus, prœsertim illis quse cùm petalis alternant , 3 1/2 lineas longis , interioribus dimi- dio brevioribu.) ■ anlheris albidis. Discus totiis cùm tubo calycino con- cretns. Ovaria 5 , rariùs 6, coalita (!), ( ergo ovarium unicum 5- G loculare), brevissimè stipitata , pubcscenlia , diraidiam lineam longa , apice attcnuata in styluin pauio longibrem, calycis tubum superan- tem , teretem, glabruin , latere interiore secuudum longitudinem cana- liculatum , apiec incrassalum et dilatatum. Ouula 8-9-10, appensa, teretiiiscuia, longa. Caqtella tôt quot ovaria , libéra, lineam longa , dimidiam lineam lata, puberula. P Alpina. Spir. sorbifolia var. /3 alpina. Pall. FI. Ross. I , p. 38, tab. XXV. — Wild. Sp. PI. Il, p. io«o. — Poil-. Dict. VII, p. 355. — Peis. Synops. Il , p. 46. Hab. ad lacuni lîaical. Floret juuio (Pall. 1. c.) ( V. s. s. in herb. Lessert. ) Frutex liumilis. (Pall. 1. c.) Diff'ert à var. a. : /b/ti\s miporibus, inciso- serratis ; floribus paniculatis, paniculâ laxâ , corymbosâ ; petalis duplo majoribus ; pilis siraplicibus. Herba. Folia suprà decomposila. Stipules nullœ. Discus apice liber' crassissimus. Oyaria libéra. 25. Spir;e\ Aruncus , foliis siipià decompositis ; flori- bus racemosis, racemis paiiiculalis. a Vulgaris. Barba Capicv. l'ouri). Inst. 2G5. — Spir. Joliis iuprà decoinpoiilis. ( 377 ) tpicis paniculalis , floribus dioicis. Gmel. FI. Sib. 111, p. iga , n" Sy- — iSpir. Aruncus. Linn. Sp. PI. I, p. 49"- — Scop. FI. Carn. I, p. 35o. — Reich. Syst. PI. II , p. 522.— Pall. FI. Ross. 1, p. Sg, tab. XXVI. — Thunb. FI. Jap. 211. — Host. Synops. PI. 278. — Willd. Sp. PI. H, p. 1060. — Mich. FI. Bor. Amer. I, p. 294. — Poir. Dict. VII. p. 355. — Pers. Synops. H , p. 46. — INiUt. Gen. Amer. I , p. 3o^. — Marsch. FI. Taur. Cauc. SgS. — Willd. Enum. I, p. 542. — Schult. OEsterr.FI. II , p. 65. — DC. FI. Fr. IV , p. 4-9. — Pursh. FI. Amer. Sept. éd. a. I, p. 343. — Joann. et Car.Presl. Fi. Cechica. loi, — Link Enum. Berol. ait. II , p. 40. Hab. in sylvis raontosis Pyi'enœorum , Jurassi , Ar- vernise , Vogesorum ( DC. L c. ) , in Alpibus Sibi- riae, in Daourià , in Kamtcliatkà , in Caucaso ( Pall. 1. c, ), inmontibus Virginiœ, CarolinaeetGeorgiae (Mich. 1. c. ), inmontibus Fakoni£e(Thuub. 1. c), in monlanis Austrise (Host. I. c. ). Floret junio, carpella perficit au- guste (V. V. C. iu Hort. Paris. ) Herha 2-3 pedalis, perennis. Cattlis difFusus , tcres , glaberrimus , ■ïiridis. Folia suprà decomposita, pinnis pinnatifidis , 3-5 foliatis; fo- liolis inferioribiis et intermediis petiolulatis, superioribus sessilibus , omnibus ovato-oblongis , acuminatis , basi inaequaliter subcorda tis ser- ratisque, utrinquè glaberrimis, penninervisj foliola in foliis radicali- bus caulinis caeterùm similia at forma generali ovata, incisa , imo non- nunquàm basi liinc ad nervum mediuui usquè iinilobata. Peliotus communis basi semi-teres , facie canaliculalus, propè insertionis punc- tum incrassatiis. Stipulée nullae. Flores abortu dioici, racemosi; racemis alternis, multifloris, graciiibus , paniculatis , pubcscentibus , paniculse ramis aphyllis. Pedicelli tereles, brevissitni , vix dimidiam tineam longi,albi, apice bracteâ lineari-lanceolatâ , viridi , persislente, li- neam longâ instructi. Calyx campanulatus , 5 fidus, albidus , glaber- rimus, obsolète venosus ; tube bemi.sphœrico dimidiam lineam longo ; segmentis ovatis , acutiusculis , erectis , lineœ quadrantem iongis. Petala 5, segmentis caiycinis longiora , très lineae qiiadranti s longa , obovata, apice aut retusa aut emargiuata, basi in unguem attenuata , albida , venâ unicâ loiigitudinali iiotata. Staniina 20, simplicl série in- serta ; (ilamenta in flore masculo petalis duplo longiora , iinuam et di- midiam longa ; in fiemineo i^3 lineam longa ; antheiae albidre. Discus totum calj'cis tultnm occupans , carnosus , crassus, viginli crcnalus , ( 378 ) apir.c vix aut non exsertus, ade6 fugax ut in tloiibus iiccis vis. ejus ruiiimenlum supersit , recens ovaria citissimè cingcns , ovaria floris masculi ferè ad apicem usquè tegens. Oi'aria 3 rariùs 4 glaberrima • in flore masculo ovoidea , quadrantem lineae longa , attenuata in stylum teretem , ovario œqualem ; in fœmineo oblonga, triquetro-teretiuscula , Tix lincam longa, glaberrima, attenuata in i«j/um quadruplo brevio- rem, citissimè exsiccatum et reflexum.O»'M/a in flore masculo abortiva ■ in fœmineo 5, appcnsa, teretiuscula, longa. Carpella in flore fwmineo tôt quoi ovaria, lineam et dimidiam longa , dimidiam lineatn lata, gla- berrima -j in masculo abortiva. P Americana. Spircea Aruncus. Var. /S. americana. Mich. FI. Bor. Amer. I , p. 29',. — Poir. Dict. VII, p. 355. — Pers. Synops. II, p. 46.— Pursh. FI. Am. Sept. éd. a. I, p. 343. Habitat in montibus Pensylvanise et Georgise (Pursh). (V. S. S. inherb. Richard.) Herba habitu caulique similis varietati a.. Folia utrinquè lucida. flores hermaphroditi ; pedicelli ip lineam longi , puberuli, basi ins- tructi bracteâ lineari-lanceolatâ , persistente , lineam longâ. Calyx campanolatus , 5 fidus , glaberrimus , tubo hemisphserico , dimidiam linecm longo ; segmentis erectis , ovatis , obtusis , dimidiam lineam longis. Bisciis incrassatu's , totum calycis tubum occupans, crenatus. «J'jami/ia 20 ; filamentis capillaribus , erectis, lineam et dimidiam lon- gisj antheris minufis. Petala non vidi. Oi'aria 1 rariùs 3, lineam longa, glabriuscula, oblonga, teretiuscula, attenuata in stylum quadruple breviorem, apice truncatum. Ovula 5-6, appensa, teretiuscula, longa. Carpella non vidi. Sectio II. — Ulmaria. Herbœ perennantes. Folia stipulata pinnatifida,ptnnulœ aliœ magna:, alla parvulœ intermixtœ. Flores cymosi , cymis um- bellatis. Disçus ohsoletus. Stylus clavatus, retrojlexus , glaber. Ovula 2 , circu mediam ovarii suturant affixa, appensa, oblon- ga, teretiuscula. Carpella ovario vix duplo majora, erecta (w sold Spir. Ulmaria contorta'), rostrata, pericarpio chartaceo. 26. Spir^.a FiLiPEKDULA , foliis piunatifldis , l'oliolis ( ^79) majoribus laneeolatis , 7-9 lobalis, lobis serra tis , ser- raturis rigide ciliatis. a Vulgaris. JEnanthe l'ilipendula. Lobel Jean. tab. 891. — Filipendulavulgaris. Cliis. Rar. PI. Hist. lib. VI, p. 2ti. Dodoens. Pempt. p. 56. — Magnol. Bot. Montp. 98. — Tournef. Inst. agS. — Mœnch. Melh. PI. 662. — Spir.Jbliis pinnatis , joUolis uniformibus serralis, caule her- baceo,Jîortbus cymosis. Gmel. FI. Sib. IJI, p. 191, n** Sa, — Spir. Fili- pendula. Linn. ijp. PI. I, p. 4go. — Gouan. Hort. Monsp. a44- — Ejusd. FI. Monsp. 263. — Scop. FI. Carniol. 1 , p. 35o. — Reich. Syst. PI. II , p. 5-23. — Linn. Fil. Siippl. 262. — Pall. FI. Ross. I, p. 3g. — Host. Synops. 278.— Wiild. Sp. PI. Il, p. io6i. — Gouan. Mat. Méd. 193. — Smith. FI. Brit. II, p. 535. — Poir. Dicl. VII, p. 356. — Fers. Synops. U, p. 46. — Willd. Enum. I, p. 542. Schult. Œsterr. FI. Il, p. 65. DC. FI. Fr. IV, p. 478. - Link Enum. Berol. ait. Il, p. 40. Hah. in totse Eiirop» sylvis pratisque umbrosis. Floret jiinio, carpella perficit augusto ( V. V. S. ). Va- riât flore pletio. Radix fusiformis , fibras plures per intervalla coarctatas , seu monî- liformes , emittcns ; fibrarum articuli subsph;erici. Caulls herba<;ens , bipedalis, teres, slriatiis, glaberrimus. Folia stipiilata, glaberrima j ra- dicslia 7-9 iincias longa, foliolis numcrosis , alternis aut rarissime op- positis , sessilibus alterné minimis digitato 3-7 lobatis, alterné elon- gatis , laneeolatis, pinnatifidis, lobis sermtis, serraturis rigide ciliatis j caulina breviora . caeterùm radicalibus similia. Petiolus comraunis foliorum radicaliiini et caulinorum glaberrimus , triangiilaris , tribus faciebus canaliciilatus. Stipulœ semiamplexicaides , semicirculares , pétiole adhérentes, inciso-dentata;. Flores cymosi , cymis umbellatis, terminalibus. Pedicelli teretes , glaberrimi , 2-4 lineas longi , plerum- que midi, rarissime bracteâ lineuri-lanceolatâ , brevissimû , viridi , suprà médium instrucli. Calyx iofundibuliformis , glaber, 5-6-7 fidus, 2 lineas longiis ; tubo obconico 10-12-14 nervi; segmentis ovatis, dorso rubellis , apice truncatis, integris vel emarginatis , primo erectis, de- mùm reflexis. Pelala 5-6-7, obovala , unguiculafa , nivea , margine aliquandô riibella , segmentis calycinis duplo longiora , a i^a lineas longa , palmivenia. »y;«w/«a 36-38-4o j fllamenta nervis tubi calycini suprà Qicdium alia super alia seriatios inserla , p.etalis p»ul6 breviora. ( 38o ) a lineas longa ; aathcrK cereae. Discus nuUus nisi costse decem a calycis fauce ad ejus basin ductae, costis 5 scgmentis calycinis op- positis , 5 altemis. Ofaria ^-la axi libéra, per faciès latérales conniventia , ssepè per paria vel ternatim coalita ( ovariis tune di- trigynis, trilocularibus) , pubescentia , dimidiam lineam longa, ob- longa, attenuata in stylum brcvissimuin , clavatuni, reflexum, basi pubescentem, apice incrassatum, emarginafum. CarpeUa tôt quot ova- ria , libéra j erecta , apice roslrata , pubescentia. (3 Minor. tïUpendula minor. Magnol. Bot. Monsp. 98. Tournef. Insl. agS. — Spir. Jilipendula. p^ar. fi minor. Gouan. FI. Monsp. aSa. — Willd. Sp. PI. II, p. 1061.— Poir. Dict. Vil, p. 356. Habitat in locis aridis circa Monspelium. (V. V. S. ) DifTert à varietate a,, cauli humiliori. ■y Pubescens. Spir. pubescens. DC. FI. Fr. Suppl. 546- Habitat in Gallo-Provinciâ circa Fonchaleau. ( Guibert. ) DifTert à varietate a, foliis pilosis ( ex DC. 1. c. ) Obs. Cette plante qui , d'après la description de M. De CaudoUe , ne se dislingue de la filipendule ordi- naire que par ses feuilles couvertes de poils courts et serrés, ne mérite pas de former une espèce distincte. Elle a été découverte dans les collines de la Provence occidentale, entre Tarascon et Fonchaleau , par M. de Guibert-la-Bastide qui Ta cultivée de graines pendant deux ans, et ne l'a point vue perdre aucun de ses caractères. 27. Spir«a Ulmakia, foliis pinnatifidis, pinnis majo- ribus duplicato-sei'ratis , inferioribus ovalis, terniinali profundè trilobo. a Denudata. Baroicapra et Ulmaria vulgi. Lob. Icon. lab. 869. — Ulinaria. Glus. Rar. PI. Hist. lib. VI, p. 198. — Tournef. Inst. 365. Kt-gina prati. Dodoens. Pcmpt. 67. — Ulmaria palustris. Mœnch. Meth. P). 663. — Spir. foliis pinnntis impari majore lobato ; Ooribus cymosis. Giuel. FI. ( 38. ) Sib. p. 191 , no 53. — Spir. Ulmaria. Linn. Sp. PI. I, p. 49°- — Gouan. Hort. Monsp. 245. — Ejusd. FI. Monsp. 262. — Linn. Fil. Suppl. 161. — Reich. Syst. PI. II, 5*3. — Pall. FI. Ross. I, p. 40. — Ilost. Synops. 3^8. — Willd. Sp. PI. II, p. ïo6i. — Gouan. Mat. Mcd. 198. — Smith. FI. Brit. II, p. 536.— Poir. Dict. 'Vil, p. 356.— Pers. Syuops. Il ^ p. l^rJ_ _ Marsch. FI. Taur. Caiic. 393. — Willcl. Enum. I, p. 542. — Schult. OEsterr. FI. II, p. G5. DC. FI. Fr. IV, p. 478.— Link Ënum. Berol. ait. W , p. f{0. — Spir. denudata. Joann. et Carol. Presl. FI. Cechica. 101, Hab. in totae Europae pratis humidis. Floret junio julioque; carpella perficit augusto (V. V. S.). Variât flore pleno. /îarfi.r fusiformis , incrassata, fibiosa; fibris numerosis, elonga- tis. CauUs herbaceus, bi - tripedalis, erectus , angulatiis, glaberri- mus. Folia alterna, stipulata , pinnatiGda; pinnis majoribus 5-7, suboppositis , sessilibus, 12-18 lineas longis, 8-12 lineas latis , penni- nerviis , OTalis , acutis , duplicalo-serratis, subangiilatis, utrinquè glabris , facie obscure viridibus , dorso glaiicis ; inferioribus indivisis , terminal! profundi trilobo; rainoribiis numerosis interjectis. Peduncu- lus communis 5-7 uncias lon^us , semiteres , facie canaliculatus. Sti- pulœ cordatse, semiamplexicaulcs , acutse, dentat». Flores cymosi , cymâ composiîâ , cymis partialibus l 1/2-2 uncias lalis. Calyx campa- nulatus , profundc quinquefidus , très lineae quadrantes longus ^ tubo extiis pubescente, inlùs glabro; segmentis tubo longioribus , dimidiam lineani longis , ovato lanceolalis, aculiusculis , dorso puberulis, facie ' glabris, trinerviis, reflexis. Petala 5, subelliptica , abrupte in unguem gracilem attenuata , palniivenia , segmentis calycinis diiplo longiora , lineamloDga , alba. Stamina 20, simplici série disposita ; capillaribua petalis paulô longioribus , quinque lineœ quadrantes longis 5 antheris cereis. Discus nullus nisi coslae dcccm à calycis fauce ad ejus basin ductae, costis 5 segmentis calycnis oppositis, 5 alternis. Oi'aria "-9, subfalcata, glaberrima , axi libéra , lateribus connivenfia et aliquandô coalita, dimidiam lineam longa , apice ex latere interiore producta in stylum horizontaliler reflexum , ovario breviorem , i^lara- tumj apice valdè incrassalum, latere interiore canaliculatura, Ofula a, appensa, ovoideo-ob'ouga. Carpella tôt quoi ovaria contorla , glabra , lineam longa , dimidiam lineam lata. P Tomentosa. Spir. Ulmaria Joann. et Carol Presl. FI, Cech. loi. ( 382 ) Habitat iu Europae pratis humidis passim cùm prasce- dente ( V. V. S. ) Differt H varietale a, foliis subtùs albido - tomentosis, floribus aliquando roseis. Obs. Cette variété a ordinairement des fleurs blanches comme la précédente, et n'en diflëre que par ses feuilles tomenteuses en dessous, caractère qui, comme nous avons eu occasion de l'observer, se perd par une foule de nuances dans le type ordinaire. M. Presl dans sa Flore de Bohème nous apprend qu'elle a des fleurs roses \ il lui conserve le nom de Spir. Ulmaiia , donnant à la va- riété qui a des feuilles glabres en dessous le nom de Spir. denudata. Les caractères par lesquels il propose de les distinguer nous paraissent de trop peu de valeur et mé- ritent à peine d'en faire deux variétés remarquables. 28. Spir;ba DiGiTATA, foliis pinnatîfidis , pinnis majo- ribus incisis, duplicalo-serralis. lobatis ( lobis cuneatis), inferioribus, 3-5 lobis, termina]i5-8 Ipbo, omnibus sub- tùs tomentosis. Vlmaria foliis profundè laciiilatis , Amm. Stirp. Rar. Riith. , p. n4 > 1,0 nn. — A)ni: folio impari majore mullifido. Gmel. FI. Sil) 111, p. iga, j,o ^.— Spirpalmata Pall. FI. Ross. 1, p. 40, tab. XXVII. — Spir. digi- tnta Willd. Sp. PI. II, 1062. — Poir. Dict. Vil, p. 358. — Pers. Synops. lï, p. 47- Hah. in Daouria , rarior ad Jeniseam ; in omni Sibirià orientali usque ad mare excurrit (Pall. l. r. ) Floret julio (Pall. 1. c. ) ( V. S. S. in herb. Lessert. ) Herha. Rami pubescentes , canaliculati. Folia stipulata, pinnati- fida pinnis niajoribus $-7, oppositis , sessilibus, lobatis (lobis cunea- tis acurainatis ) , facic glabriusculis , dorso albido - tomentosis j da- plicato serratis, pinninerviis , nervis subtùs prominentibusj inferiori- bus 3-5 lobis , ï-a 1/2 uncias longis, 8-16 lineas latis ; terniinali pal- mato profundè 5-8-lobo , très nncias longo, quatuor uncias lato; mi- ( 383 ) noribus raris , parvissitnis, vis lÏDeam longis interjectis. Fetiolus com- munis 2-6 unciaslongus, pubescens, canaliculatus. Slipulœ reniformes, semi-amplexicaules, subrotundoe, 6 liocas longœ , totidem latae , mar- gine denticiilatœ. Flores cymosi, radiis 3-5, umbellalis. PedicelU t.eretes , puberuli , i-3 lineas longi , ebracteati. CVx/y.r campanulatus, 5-fidus, puberulus ; tubo obconico decemnervi , dimidiam lineam longo j segmentis ovatis , obtusis, dimidiam lineam longis, linese qua- drant em latis , trinerviis, extùs puberulis, intùs glabris. Petala 5-6 segmentis calycinis triplo longiora , lineam et dimidiam longa, lineam lata , ovata , in unguem gracilem attenuata , alba , palmivenia. Sta- niina ao ; filamentis simplici série dispositis , capillaribus , lineam et dimidiam longis ; antheris cercls. Discus nullus , nisi coslae decem à calycis fauce usquè ad ejus basim ductœ. Oi'aria ^-9 , pilosiuscula , subfalcata , axi libéra , lateribus conniventia , très quadrantes lineae longa, apice es latere interiore producta in stylum horizontaliter re- flexum, ovario breviorem , clavatum , puberuluro , apice valdè incras- satum, latere interiore canaliculatum. Ofula 2, appensa , ovoideo- oblonga. Carpella tôt qiiot avaria , erecta , apice rostrata , lineam et dimidiam longa, dimidiam lineam lata. 29. Spir^a lobAta, foliis pinnatifidis, pinnis majoribus incisis, duplicato-serratis, lobalis ( lobis cunealis), in- ferioribus trilobis , terminali 5-^ lobo , omnibus gla- beriimis. Spir. lobatri. Jacq. Hort. Vindob. I, p. 38, tab. 88. — Mich. Flor. Bor. Amer. I, p. 29^. — Poir. Dict. VII, p. 358. — Pars. Synops. Il, p. 4-,. _ Kuît. Gen. 1, p. 307. — Willd. Enum. J, p. S\i. — Pursh FI. Amer, sept., éd. 3, I, p. 343. — Link Enum. Berol. ait. II, p. 40. Hab. in pratis bumiJis Virginiœ et Carolinae scpten- trionalis ( Mich Pursh, 1. c. ) Floret julio, carpella perficit augusto. (V. V. C. in hort. Paris.) Caulis herbaceus , sesquipedalis , glaber, erectus , teretiusculus , lae- vis, viridis, apice rubellus. i^o/i'a stipulata, pinnatiCda , pinnis majori- bus 5-7, oppositis, lobalis (lobis cuneatis), sessiiibus, glaberrimis, inci- sis, duplicato-serratis, penoinerviis. nervis siibtùs prominentibus; infe- rioribus trilobis, i-3 uncias longis, 8-20 lineas latis, terminali profundi 5-7lobo, 3-4 uncias longo , 4-5 uncias lato; minoribus raris, parvissi- tnis, vix lineam longis interjectis. Petiolus communis a-3 uncias longus, ( 384 ) laberrLmus , semi-teres, facie canaliculatus et rubcllus. Stipulœ reni- l'ortncs, semi-amplexicaules, subrotundee, 8 lineas longae, totidem latae , margine denticulat.ie. flores cymosi, radiis 8-10, umbellalis. Pedlcelli teretes, glaberrimi, rubelli , i-3 lineas longi, ebracteali. Calyx campa- nulatus, 5-fidus, glaber ; lubo obconico, dimidiatn lineam longo, enervi; segmentis ovatis, obtusis, dimidiam lineam longis, enerviis. Petala 5 , segmentis calycinis duplo longiora, lineam longa, rosea, rotunda obso- lète venosa. Stamina 36-4o, filamentis absquè distinctis seriis disposi- tis , capillaribus , pelala aequantibus, lineam longis, antheris roseis. Discus nullus nisi costae decem à calycis fauce ad ejus basin ducfae. Oi>nria 12-14, glaberrima , subfalcata, axi libéra, lateribus conniventia, dimidiam lineam longa, apice attenuata in stylum horizontaliter re- fleium, ovario breviorem , clavatum, apice \aldc incrassatum , latere inleriore canaliculatum. O^'ula 2, appensa , ovoideo-oblonga. Carpella tôt qiiot ovaria , erecta , apice rostrata , lineam longa, dimidiam lineam lala, glaberrima. Obs. Celte espèce a lesplus grands rapports avec le ^^jiV. disitata\ elle s'en dislingue cependant par ses feuilles glabres en desssous, par ses fleurs roses, par ses éta- mines plus nombreuses , etc. 3o. Spir;ea palmata, foliis palmatis , scrratis ; pani- culâ suprà dccorapositâ. Spir. palmata, Thunb., FI. Jap. a!2. — Willd. Sp. pi. II, p. 1062. Poir. Dict. VII, p. 358. Habit, ininsulâ Nipou. Floret junio julioque (Thunb. 1. c.) Caulis herhaceus, erectus, siriatus, totiis glaber. Folia alterna, petio- lata, palmata, inciso-quinque-!oba vel septera-loba, glabra, subtiis pal- Hda venoso-reticulata, palmaria. Lobi cblongi , acuminaîi, acutè et duplicato-serrati. Peliolus striatus , folio quadruple brevior. Paidciila suprà decomposita. Hanc floribus rubris tetragynam inveni ( Descript. ex Thunb., 1. c. ). Obs. On voit, d'après la description de Thtmberg, que cette espèce a les plus grands rapports avec le Spir. lo- bata. Les auteurs qui ont écrit depuis la publication de sa Flore du Japon nous paraissent n'avoir jamais connu ( 385 ) cette plante, et ont répété sa description. Nous avons suivi leur exemple , en nous contentant d'appeler l'atten- tion des botanistes sur la grande analogie qui existe en- tre ces deux espèces. 3i. SpirjEA camtschatica , herbacea , foliis simplici- ter palmatis, petiolis appendiculatis , caule hirsuto, floribus cymosis. Spir. foliis multijîdis, angulatis,fructibus redis, hispidis, petiolis ap- pendiculatis. Gmel., FI. Sib. III, p. 192, n. 55. — Spir. Camtschatica , Pall. FI. Ro.ss. I, p. 41, tab. 28. — WiUd. Sp. PI. II, p. 1062. — Poir. Dict.VII, p. 357. — Pers. Synops. II, p. 47» i Tam in pcninsulâ Camtscbaticû, quam Beringii et reliquis versus Ame i ricam positis insuHs frequens planta, ex America verosimiliter trans- 1 fuga,quippe quœ in omni Siberi.l nondùm apparuit. Provenit in pratis I iidis, in salicetis et ad fliienta et fontes, ad deccmpedalcm alfitudinem assurgens. Flores suaviorem vulgariCT»nan'rtodoreai spirant. Floret junio, , semina auguste maturant. Radix crassa, exlùs nigra, parenchimatealbo. I Caules duo vel très ex eâdem radiée orgyales et ultra, ciassilie ad radi- , cem digitali vel pollicari. Folia radicaiia araplissiiua saepè pedalilatitu- I dine et 8 pollices longa, subtùs piloso-exalbicla, quinque-loba, lobis acu- I tis, duplicato-serratis. Petioli propè foliuni stipulis aliquot nainutis no- I tati ; caulina folia similia , superiora triloba, summa subhastata vel lan- jceolata ; stipulis ad orturti peticlorum insignibus, lanceolatis vel semi- I cordatis, dentatis. C««/ii subtriquetro-teretiusculus, pilosus, profundè sulcatus. Cyma terminalis raraosa, sparsa, speciosissima. Flores paulô ' majores Uùnariœ, petalis 5, ovatis, albis. Crt/yj-quinquefidiis, pilosus ; laciniis reflexis. Staminaxigeais pauciora, sœpè denario numéro ; Ger- mina 4-ad 6, Lirsutissima ; i^tj^fo subcapitato , staminibus breviore, Capsulœ siliculiformes , parallelœ, pilis hispidae , griseœ, dispermae, in- t«rdùm unicâ tandem perfectâ ( Descript. ex Pall. I. c. ). Sectio III. — Physocarpos. Frutex. Folia iadivisa, slipulata. Discus tenuis càm tiibo ca- lycino iota concretus. Stylus erectus ^ filiformis , glaher. Ovula 2-3, circa mediam suturam axilem ovarii affixa., ovoidea, pri- mùm horizontalia.) demàm altero appenso reliquis ascenden- 1. 25 ( 386 ) tibus. Carpelta ïnflata , ovario sextuplo majora , pericarpio flexili, membranacco. a3. SpiRi:A. opuLiFOLiA, foliis ovalis, irilobatis, stipu- latis, utrinquè glabris, palminerviis^ floribus corym- bosis. Spir. Opnli folio., Tournef. Inst. 6i8. — Spir. opulifoUa, Linn., Sp. PI. I, p. 489. — Reich. Syst. PI. II, p. Saa. — Gaertn. de Fruct., I, p. 337, tab. 69, fig. .'l (tnedioc). — Mœnch. Meth. PI. 662. — Willd., Sp, PI. Il, p. io56. — Mich. FI. Bor. Amer. 1, p. agS. — Poir. Dict. VIlj p. 354- — Pers. Synops. II, p. 4^- — Nutt. Gêner. Amer. I, p. So^.— Willd. Enum. J, p. 543. — Pursh, FI. Amer, septent. , edit. sec. I,p, 433. — Link, Enum. Berol. ait. II, p 40. Hah. à Canada ad Carolinam juxtà montes (Mich. l.c.) Floret maio, carpella perficil julio (V. V. C. in hort. Paris.) l'Yiitex 4-5 pedalis. Rami teretiusculi,fuscescentes,glabri; novelli an- gulosi, virides. /"o/ta stipidata , ovata , nuDccordata, nuoc basi intégra aut attenuata , a-i/3 imcias longa , lotidem lata , triloba , lobis dcnlato- crenatis , ulrinquc glabra , facie yiridia , dorso pallidula , palminervia , nervo medio penninervio. Peiwlus 5 6 lineas longus, semi-teres, lacia i canalicLilatiis. Stipula; pelioiares, géminée, latérales , lanceolatœ, vaxtr gine denticulatae, petiolo sextuplo breviores. Flores corymbosi, corymr bis hemisphairicis , pedunculatis ; pedicelli teretes , nunc glabri , nuq« eximiè pubescentes, 7-12 lineas longi , basi bracteati , bracteâ lii>ca|'i< laaceolutâ , intégra , rarissime incisa , ciliolatâ. Calyx infundibulifoij- mis , 5-6 lidus, 2 lineas longus ; tubo obconico , glabro, decemnerviî scgmentis ovatis, raucronatis , unincrviis, dorso glabris, facie villosiSi, margine membranaceis , ci'iatis , primùm erectis , adpressis , demÙDft,( reflexis. Peia/a 5 (in calyce 6 lido , 6), st-gmentis calycinis duplol longiora , 2 lineas longa, subrotunda, exunguiculata, nivea, obsoletij venosa. Stamina 4o-5o j lilamentis duplici série dispositis , capilla- ribus 2 ip liueas longis, pctala superantibus,- anlheris primùm rubellis,; demùm violaceis. Discus : materia tenuis, aurantiaca, cùm tubo caly- cino tota concreta. 0\^aria 3-4, rariùs 5 , stipitata (stipitibus connalis ovaria subaequantibus ), per faciès interiores conniventia, obtuse tri- quetra, lineam longa, giaberrima, lineâ suturali duplici notala , citis- simè in carpellorum foimam escrescentia , apice attenuata in stylum duplo iongiovcra, rectum, crcctum , fcrcttm, glabrum, apicc trunca- ( 387 ) tuiu. Ot'ii/a 2, rariùs 3 , circa piiDctum médium sutura; ;ixilis affixa, ovoidea , primùm boiizontalia , (iemùm aUero appenso reliquis ascen- dentibos. CarpeUa infîata , ovario sesluplo m;ijora , vesicaria ( peri- carpio membranaceo, purpureo ), bivalvla, freta semitiibusa, rariùsS. Semlna ovoidea, laevissima, albida. Raphe simplex , rectilinea. Cha- laza non visa. Integunientuni proprium , durum , fragile. Meni- brana interior ( perispermum ? ) crassiuscula. RadicuLi terelius- cula , cotyledonibus quadruple brevior. Cotylednnei pllipticse , planœ, apice rotundatae. Sectio IV. — (tilienia, Hcrhœ perennantes. Folia tripartita, stipulata. Flores panicvu- lati, paniculis Iaxis. Calyx urnœformis, quinquedentatus. Pe~ tala lanceolata , longfssima, œstivadone convoluta. Filamenta brevissima. Discus nullus. S tyli filiformes, erecti, glahri. Ovula 2 , infrà mediam suturam axilem ovarii alternatim affixa, as- cendenda, Carpelln ralyce siib-inclusa^ erecta^ rostrata, peri- carpio chartaceo. 33. SpiRjEA TRiFOLiATA ^ caulc foliisque glabrîs , foiiis radicalibus pinnatis, superioribus tripartitis; stipulis parvulis , calyce basi attenuato , petalis glaberrimis. Spir. trifoliata. Linn. Sp. Pi. I. p. ^og. — Reich. Syst. PI. II, p. 524. — WiUd. Sp. PI. II, p. io63. — Mich. FI. Bor. Amer. I, p. «94 Poir. Dict. VU, p. SSg. — Pers. Synops. Il, p. 47- — Willd. Enum. 1 , p. 542- — Pursh. FI. Amer. Sept. éd. a. I , p. 343. — Link Enum. Berol. ait. II , p. 4°- — Gillenia trifoliata. Mœncb. Meth. Supp!. a86.— Nuit. Gen. Amer. I, p. So;. — Bart. Veget. Mat. Med. I,p. 65, lab. 5. Hab. in umbrosis sylvis et montibus à Canada usquè ad ripas fluminis Ohio ( Baiton , 1. c. ) Floret junio , carpella matuiat auguslo ( V. V. C. in hort. Paris. ) Radix fibrosa, fibris radiatîm horizon ta liter excurrentibus, longis- ic simis , teretibus , nonnullis torulosis , quasi moliniformibus. Caulis herbaceus, 2-3 pedalis, glaber. Rami teretes sub ramiCcalionibus com- pressi , rubelli. /o/ta radicalia pinnata .; caulina tripartita , segmentis 25' ( 388 ) ad basiu usquè ilivisis , Linccolatis , aoutis, serralis, i \p.--i iji unciaj loiigis, 6-8 lincas latis , glabcirituis , pcnninerviis, facie \iridibus Jorso pallidis. Petiolus Vmeam longus, semiteres , facie canalicula- tus. Stipulœ petiolaros, biparlitfe, latérales, filiformes , margine den- ticulafœ, liricam longue. Flores paniculati , paniculâ laxâ ; pedicelli te- reles , glabcvrimi, 3-5 lineas longi , duabiis bracteis lanceolatis , subu- lalis , lineam longis, margine dentatis, rubellis, cirea médium instructi. Calyx urnaeformis, 5-dentatus, glaberrimus ; tubo obconico , basi aftenuato , decemnervi, a lineas longo ; dentibus crectis, fasciculatîm connîventibus , ovato-lanceolatis , aculis , uninerviis , obsolète triner- viis , très lineœ quadrantes longis, margine glanduloso-ciliatis. Petala 5 , patentissima, 6 lincas longa , lineam lala , inœqualiter lineari , lan- ceolata, acuminata et subcontorta , basi in unguem attenuata , roseo et albo mixta, quinqueyenia , wstivatione convoluta. Stamina ao , duplici série disposita , inferiora à superioribus remotiuscula ; filamen- tis subulatis, glabris , lineae quadrantem longis. ^«t^em introrsis, fla- vescentibus. Oi^aria 5, calycc tecta , ejusdem fundo inserta , sessilia , sericeo-piibescentia , très lineae quadrantes longa , obtuse triquetra , apice attenuata in 5?^ /uni lineam longum, erectum , rectum, teretem, glabrum apice truncatnm. Ovula 2, infrà mediam suturam axilem ovaiii altcrnatim affixa , asrendentia , obovoidea. Carpella 5 , 1 ip li- neas longa , lineam lata, calyce subinclusa, lineari-subfalcala, glabra aut pilis raris inspersa, bivalvia, uno alterove jiut tribus sœpè abortientibus. Semina 1 , totum loculameniura occupantia, superius plerumquc abor- tivum, inferius obovoideum , prcssioue mutuo bine planum illinc con- vexiim. Integumentum proprium suberosum. Raphe simplex. Clia- /flia mammaeformis. /T/emirana i««enor ( perispermum ? ) tenuis, sub- cornea , embryonem crassum involvens. Radicula teres , gracilis , cotyledonibus elliptico-linearibus , hinc platiis illinc convexiusculis triplo brevior. Plitmula inconspicua. 34. SpihjEa stipulata., caille pubescente 5 foliis omni- bus triparlitis puberulis", slipulismagnisfoliaceis, indivisis; calyce basi rotundato -, petalis margine cilialis (tab. 28). Spir. stipulata. Muhlenberg. inWilld. Enum. 1, p. 642. — Poir. Dict. Suppl. V , p. 221. — Link. Enum. Berol. ait. II, p. 40. — Gillenia siipulacca. Nutt. Gen. Amer. I, p. 807. — Bart. Vrget. Mat. Med. I, p. n\ ; tab. 6. — Spir. trifolinta. Far. fi. incisa. Pursb. FI. Amer. Sept, éd. 3. I, p. 343. Hah. à ripis fluminis Ohio usqnè ad Louisianam (Rart. ( 389 ) I. c). — Florei junio ( Bart. I. c. ) ( V. V. S. in herb. Ad. Brongniart. ) Ranii teretes , pubescentcs. Folia allcrna , Iripaitita , lobis lauceo'.a- tis , acutis , penninerviis , inciso-duplicalo-serratis , i ip-a uncias longis, 5-6 lineas latis , pubenilis, margine secundùm totum atnbitura ciliolatis. Pelinlus i-3 lineas longus, pnberuuis. Stipulœ peliolares , foliaceae, getniuœ, ovatœ , basi inaequales , acuminat;e , 8 lineas longœ, 5 lineas latœ, inciso-scrratae, pubernlse. Hamijlonfen axUhres, pauci- flori , folio longiorcs , in apicem caulis paniculam rarain mentientes j pediceUis ex minuti folii axiilâ nasccntibus , fîliformibus , tcirtibus , pubenilis, longiusculis, 6-12 lineas longis , sub apice bracteâ unâ al- terâve fiiiformi ciliatâ deciduâ instructis. Calyx avnxiorm'xs , 5 denla- tus , pubcrulns , tubo basi lotundato , quasi truncalo , decerancrvi , lineam et dimidiam longo , dentibiis ereclis , ovaf is , acutis, uninerviis , dimidiam lineam longis, utrinquè glabiis , margine laouginoso-ciliatis. Petula 5, patentissima , 4-'5 lineas longa . lineam lata, inœqualitcr ii- neari-lanceolata , acuminata et subcontorta, margine iindulata, ciliata. basi in unguem attenuata, albida?, obsolète veoosa. H lamina 9.0, du- plici série disposita , inferiora à superioribus remotiuscula, filamcnlis subulatis , glabris , lineœ quadrantem longis, aniheris introrsis, flaves- centibus. Oi^aria 5, calyce tccta, ejusdem fundo inserta , sessilia , pubesccntia, dimidiam lineam longa, obtuse triquctra, apice attenuata in stjrlum très lineae quadrantes lougum , ercctum , rectum , teretem , glabrum, apice truncatum. Oi'ula 1 , infrà mcdiam ;suturam axilem ovarii, alterna tira affixa, ascendentia, obovoidea. Frjctus mihi ignotus. Seclio V. — Keria. Frulex. Foha iiidivisa, stipiilata. Flores solitarii, magni, (in flore pleno ) lutei. Calyx profundè b-fidus , hypocrateriformis . Discus nullus? Styli erecti, contorti , filiformes, suhulati, pilo- siuscuU. Owulum unicum , circa médium oçariurn sutura axili ajffixum, peritropum. Carpella conlorta. 35. SpirjEA, jAvoiNicA, caule fruticoso ramoso -, foliis ova- to-lanceolalis, sllpulatis, penninerviis, duplicato-sonatis; floribus solitariis, magnis , (in flore plcno ) luleis. Tchoyv\ep Jamma Bukl. Rœmpf. Amajn. Fasc. V. p. 844- — Jtimina Buhi aller, flore capilalo , BelliJis majusculo, luteo, pleno, sine stamini- ( 390 ) bus. Ejusd. Amren. F;nc. V, p. S^S. — Rnbiis Japonuus, Linn. Mant. , 245 — Reicli. Syst. PI. II, p. 535. — Corchorus Japonicus , Thunb. FI. Jap., 227. — Willd. Sp. PI. II, p. 1218. — Poir. Dict. II,p. io5. — Fers. Synops. II, p. 67. — Andr. Bot. Repos. IX, t. 587. — Bot. Mag. tab. 1296. — Keria Japonica , DC. ïransact. Linn. Soc. Lond. XII, p. i5a. Spirœa Japonica. Desv. in Mcm.Soc. Linn., Par. I, p. 25 Hab. in Japoniâ circa Nangasaki et alibi ( Thunb. 1. c. ). Floret maio, junio , julioque ( V. V. G. flore pleno in hort. Paris. ) Frutex 8-10 pedalis, ramosus. /lami alterni, virgati, teretes, cortice laevi virescente. /^oZta petiolata, slipulata, obsolète cordata, ovato-lan- ccolata , acuminata ; ramea superiora 3-4 uncias longa, 1 ip-a uncias lata, ramea inferiora paulô minora; omnia duplicato-serrata , penni- nervia, nervis subtùs prominentibus, facie pilis raris inspersa, dorso pi- losiuscula, pilis simplicibtis. Petiolus seini-teres , facie canaliculatus , 3-.^ liceas longus pilosiusculus.i5'f(p"/rt? axillares, geminœ, lineari-subu- latse , pilosivisculse. Flores terminales, saepiùs solifarii, lutei, unciam et dimidiam lati ; pedunculo laevi. Caljx hypocratcriformîs, profimdè 5- fldus , ferè 5-partitus, glaberrimns , tubo brcvissimo, patentissirao ; segmentis ovato - subrotiindis, apice subtruucatis vel abrupte submii- cronatis, nestivatione imbricatis. Pelala totum calycis tubum ab apiccm ad ejus basin occupantia, numerosa , ovato-oblonga, unguiculata, au- rea , palmivcnia ; exterioni 8-9 lincas longa, 4 lineas lata; interiora t ( filamcnta petaloidea ) niu'tb breviora et angustiora. l'iltimenta omnia in petalis mutata. Oi'wia 5, rariiis pauciora, libéra, unilo- cularia, fasciculatim approximata, in spiram torla, compressiuscula, ex basi angustè ovoidea, apice attenuata in stylum longé subulatum, in- fernè glabrura, supernè pilosiusciiliim , pilis longiusculis ( indè affinitas ciim Jiosd et Calycantho) , apice indivisum. Ofulum. nnicum, circa me- diom ovarium suturae axili aflixum, peritropum, cordato-reniforme. Carpella contorta, abortiva. Plusieurs des espèces mentionnées ci-dessus n'exis- tent, comme je l'ai déjà dit, dans aucune collection de Paris. Parmi celles que j'avais désespéré de me pro- curer était le Spir. argentea, publié par Linné fils, dont la description a été évidemment copiée par tous les au- teurs qui l'ont suivi. Cette plante a été rapportée d'Anié- C 39t ) riquepar MM. Je Humboldt et Bonpland, et M. Kunlh m'en a généreusement eommuniqué des fragmens. Après les avoir étudiés avec tout le soin possible, j'ai cru ne pouvoir mieux faire que de transcrire dans son en- tier la description que cet auteur en a donnée tout récem- ment. Elle a fourni à M. Kunlli l'occasion d'analyser plusieurs espèces du môme genre , de reconnaître les différences qu'elles offrent quant à la position de leurs ovules , et de les signaler dans une note de son ouvrage. C'est avec une vive satisfaction que j'ai vu mes propres observations confirmées par celles d'un liomme aussi habile , qui s'était occupé de ce sujet à mon insu , et dont le travail était publié depuis quelques jours seule- ment, lorsque je présentai mon Mémoire fi la Société d'histoire naturelle. EXVLICATIOJN DES PlAWCHES. PI. i5,Jîg. I. Analyse de la fleur du Spircea hyperi- cifolia. A, fleur entière ; B, coupe du calice; C, coupe d'un ovaire 5 D, ovule. Fig. 1. Analyse de la' fleur du Spirœa Aruncus. A, fleur mâle ; B , fleur femelle 5 C , calice et disque de la fleur femelle ,• D, coupe d'un ovaire-, E, fruit ; F, graine-, G, embryon. PI. 16, fig. I. Analyse de la fleur du Spirœa Filipen- dula. A , fleur entière ; B, fruit \ C, un ovaire ; D, sa coupe longitudinale 5 E, coupe d'un des carpelles 5 F , graine ; G, embryon. Fig. 2. Analyse du fruit du Spirœa Ulmaria. A , ovaire dans le calice ; B, fruit mûr -, C, un des ovaires ; D , sa coupe longitudinale 5 E, graine \ F, embryon. Fig. D. Analyse des ovaires du Spirœa sorhifoUa. A , ( ^9^ ) ovaires entiers ; 15, les mêmes coupés longitudinalemenl; C, leur coupe transversale. PL ly, fig. I. Analyse de la tleur du Spirœa opuli- folia. A, fleur entière-, B, coupe du calice ; C, coupe d'un ovaire ; D, fruit ; E, coupe d'un des carpelles -, F , ovule, G, graine; H, embryon. Fig. 3. Analyse de la ûeur du Spirœa trifoliata. A, fleur entière ; B, coupe du calice -, C, étamines : D, coupe d'un des ovaires ; E , fruit 5 F , ovule 5 G, graine 5 H , embryon . . PI. 26. Spirœa lanceolata-, Poiret. — 26. Spirœa flexuosa, Fischer. — 27. Spirœa betuïifolia, Pallas. — 28. Spirœa slipulata, Muhlenberg. MÉMOIRE sur la génération des Animaux a bourse et le développement de leur fœtus. Par m. Geoffroy de St.-Hilaire, Membre de l'Institut. {Extrait?) L'iMPORTAwcE de ce mémoire nous eût fait désirer que les limites de notre journal nous permissent de l'insérer en entier, et nous avons clierché, tout en l'aiirégeant , à reproduire à la fois les idées neuves de son savant au- teur et les principaux faits qui viennent appuyer ses con- clusions. Les femelles des Marsupiaux ont une bourse sous le ventre , au fond de laquelle est distinctement tout l'ap- pareil mammaire. Les petits y sont nourris. Linnoeus ( ^9^ ) les y voit reçus cl entretenus comme dans une seconde matrice; mais on a été plus loin puisqu'on a ajouté qu'ils y prennent naissance. Ainsi cette bourse ne serait plus seulement dans ce système une représentation fidèle de la matrice, ce serait la matrice elle-même. Cet énoncé suffit déjà pour montrer combien il doit être diiïicile de concilier les pliénomènes liabituels de la génération humaine et ceux que la génération de ces êtres plus intimement observés va sans doute nous offrir. Mais ce serait une philosophie peu sûre que celle qui re- pousserait, d'après les principes de l'analogie seulement, des faits aussi clairement constatés que ceux dont nous allons nous occuper. Et pour mettre plus de simplicité dans une discussion aussi délicate, partageons d'abord notre sujet et établis- sons en quelque sorte des questions que nous résoudrons ensuite successivement; au moyen des résultats obtenus par divers naturalistes. Il se peut en effet que la bourse soit la seule matrice des Didelphes ; Marcgrawe , Pison avaient pleinement adopté cette opinion, et Valentyn que ses fonctions ecclésiastiques avaient amené dans les Indes et qui ignorait l'existence des animaux à bourse en Améi-ique, décrit la poche des Filandres et semble aussi partager ce point de vue. De semblabhs idées se re- trouvent en Virginie même parmi les médecins, et Be- verley nous assure que les jeunes Opossums existent dans le faux ventre sans jamais entrer dans le véritable, et qu'ils se développent aux tétines de leurs mères. Telle était en général l'opinion populaire dans tous les pays où de semblables animaux existent , tel est aussi le senti- ment que le plus grand nombre des voyageurs adopta sans trop d'examen. La curiosité des auatomistes fut piquée ( 394 ) au deruier point , ils calculcrenl d'après l'hypothèse qae nous venons d'énoncer, se procurèrent des animaux à bourse et soumirent leurs organes générateurs à une dis- section attentive. Or il fallait nécessairement que les ovaires et le vagin fussent en communication avec la poclie ventrale qu'on voulait considérer comme une ma- trice extérieure. Car il était indispensable, pour que le fœtus put s'y procréer, que la matière fournie par la fe- melle cl venant de l'ovaire , que la liqueur émise par le mâle et lancée dans le vagin, pussent y arriver l'une et l'autre soit séparément, soit ensemble. Il n'existait aucun conduit propre à cet usage. La bourse et les organes intérieurs ne présentaient aucune espèce de communication. On crut alors pouvoir rejeter les opinions précédentes, et l'on considéra la circons- tance singulière qu'on avait annoncée comme facile- ment expliquée par une supposition fort naturelle. Ou crut que la naissance des animaux à boiu'se était très-pré- coce et que ces animaux compensaient par une sorte d'incubation extérieure le désavantage qui en résultait pour eux. Leur organisation était achevée au moment de la naissance , mais il leur manquait quelque chose en taille et en force seulement. En 1786 M. le comte d'Abovillc publia des observa- tions qui ramenaient aux idées proscrites et qui par cela même furent mal reçues des savans que l'inspection ana- tomique avait entièrement convaincus sur ce point, u Deux Opossums, mâle et femelle, allaient et venaient librement dans une maison que M. d'Aboville occupait aux États-Unis en i^So. Ces animaux, qu'il retirait le soir dans sa propre chambre , s'y accouplèrent. Dix jours après , le bord de l'orifice de la poche fut trouvé un peu ( 395 ) épaissi , cela parut de plus en plus sensible les jours sui- vans. Comme la poche s'agrandissait en même - temps , l'ouverture en devenait bien plus évasée. Le treizième jour la femelle ne quitte plus sa retraite que pour boire, manger et se vider. Le quatorzième elle ne sort point. M. d'Aboville se décide enfin à la saisir et à l'observer. La poclie dont précédemment l'ouverture s'évasait était presque fermée : une sécrétion glaireuse humectait les poils du pourtour. Le quinzième jour un doigt est intro- duit dans la bourse , et un corps rond de ta grosseur d'un pois y est au fond sensible au toucher. L'explora- tion en est faite difficilement à raison de l'impatience de cette mère douce et tranquille précédemment. Le seixième jour elle sort de la boîte un moment pour man- ger. Le dix-septième elle se laisse visiter: M. d'Aboville sent deux corps gros comme un pois et conformes, comme serait unejigue dont la queue occuperait le cen- tre d'un segment de sphère •, il est toutefois un plus grand nombre de ces petits naissans. Le vingt-cinquième jour , ils sentent et remuent sous le doigt. Au quarantième , la bourse est assez entrouverte pour qu'on puisse les dis- tinguer ; et au soixantième , quand la mère est couchée, on les voit suspendus aux tetins's, les uns au dehors delà bourse et les autres au dedans. Quant au mamelon , il est après le sevrage long de deux lignes , mais il se des- sèche bientôt et il finit par tomber comme ferait un cordon ombilical. » Roume de St. -Laurent avait déjà communiqué à Buf- fon que les mamelons des Didelphes femelles apparais- saient à un certain moment sous la forme de petites bosses claires dans lesquelles était l'embryon ébauché. Il avait sollicité le docteur Rarton de s'occuper de ce sujet ( :^gti ) imporlaiil , ce qui lui était facile puisqu'il habitait la Virginie , et Reimarne de Hambourg ayant de son côté provoqué ses recliercbes , le docteur Barton répondit à ce double appel , et nous allons donner un précis de ses observations. , « Les Didelphes mettent bas, non des foetus , mais des corps gélatineux , des ébauclies informes , des em- bryons sans yeux ni oreilles -, la bouche de ces em- bryons n'est point fendue. Nés de parens gros comme des Chats , ils pèsent, à leur première apparition , un grain, d'autres quelque chose de plus , et sept ensemble dix grains au total. Barton a détaché un de ces em- bryons pesant neuf grains, sans cjue cela eût donné lien à une plaie , et d'abord à du sang répandu. Il contredit en ce point un fait avancé par Pennant et d'autres An- glais. Quinze jours de développement dans le nouveau domicile, expression imaginée par Barton pour donner la vraie valeur de la bourse ; quinze joins de développe- ment suffisent pour amener les petits au volume d'une Souris. Ils ne quittent les mamelles qu'arrivés à la taille du Rat 5 puis ils les rcprciinent à volonté , étant alors nourris des deux manières, et par le lait de leur mère, et par ce qu'ils trouvent et peuvent déjà manger. Pour que cette ébauche naissante et vivante puisse four- nir aux actes de son développement, il faut, et il ar- rive que les organes de la digestion et de la respiration soient dans une harmonie parfaite •, aussi les narines sont-elles, dès l'origine, largement ouvertes, et elles de- viennent par conséquent les premières voies que suit l'air qui se rend aux poumons. L'estomac d'un jeune, pesant quarante-un grains, était considérablement dis- tendu et dilaté par une matière blanche et laiteuse ; n- ( ^97 ) Itii d un plus jeune contenait au contraire un liquide transparent et sans couleur. » Les yeux se montrent ouverts après cinquante ou cinquante-deux jours d'existence dans la bourse; les té- tines sont alors quittées et reprises successivement ; le poids d'un petit est , après soixante jours , de 53 1 grains. Ce qui surprit beaucoup Barton et lui causa une grande joie fut de rencontrer une femelle qui suffisait à la fois à deux portées, l'une tirant à.sa fin, et l'autre venant à commencer. Cette mère nourrissait sept petits déjà gros comme des Rats. Assez forts pour vivre d'alimens solides, ceux-ci recouraient encore aux tétines pour y puiser du lait-, mais tout-à-coup la bourse se ferme, parce qu'elle était de\enue \e nou^'eau domicile de sept autres petits , du poids chacun d'un à deux grains. Cependant la pre- mière portée n'est point privée des soins de cette mère constamment affectionnée, attentive pour tous. Sa sur- veillance s'étend toujours sur sa famille déjà élevée. Elle lui continue son cri de rappel -, elle la rassemble sur son dos , et la dérobe au danger en l'emportant sur la cime des arbres. » De tous ces faits , et dans sa première lettre. Bar- ton conclut ■ qu'on peut distinguer deux sortes de gesta- tion, l'une qu'il appelle utérine et qu'il estime être de vingt-deux à vingt-six jours, et l'autre la gestation niar- supiale, qui commence depuis l'entrée de l'embryon dans la bourse. Celle-ci serait la plus importante, pliysiologi- quement parlant; caria bourse, ajoutc-t-il, est vraiment un second utérus et le plus important des deux. » Mais ce n'était point assez de ces résultats singuliers. Sir Everard Home avait anciennement donné un mé- moire sur la génération dos Kanguroos , cl, entre antres l ^98 ) considérations curieuses, ce savant avait annoncé que les fœtus des animaux à bourse ne laissent apercevoir au- cune tiace de cordon ombilical. Barton vérifie ce fait et le trouve exact. M. de Blalnville revient sur ces résultats et il annonce que , malgré tous ses soins , il n'a pu ob- server dans ces foetus ni veine ni artère ombilicales , ni ouraque, ni ligament suspenseur du foie, ni thymus. Les glandes surénales étaient d'une petitesse extrême. Il observe avec raison que l'on ne trouve donc chez eux presque aucune des dispositions propres au fœtus des au- tres mammifères , c'est-à-dire celles d'où dépendent la circulation et la respiration. De ces faits divers on peut déjà conclure avec fonde- ment que la fécondation a lieu dans les organes généra- teurs internes, que les fœtus arrivent dans la poche ven- trale à un point de développement que nous préciserons plus bas, mais que nous pouvons déjà regarder comme tel qu'il est presque impossible d'apercevoir aucune trace d'organisation dans l'œuf. Enfin plus tard ces fœtus respirent par le poumon et se nourrissent au moyen de quelque procédé qui leur est propre puisqu'ils manquent de cordon^ombilical. Les observations de M. Geoffroy St.-Hilaire vont com- pléter maintenant la solution de ce singulier problème. Il écarte d'abord toute idée de généiation gemmipare, et nous allons lui emprunter textuellement toutes ses con- sidérations à ce sujet. « Quant aux Marsupiaux, je ne puis voir en eux que des Ovulipares ; car ils ont encore moins que les mammifè- res ordinaires l'organe susceptible d'élever l'ovule par d<'s couches additionnelles à l'état et au volume d'un œuf, les portions fallopiennes de leurs oviductus étant ( 399 ) irès-courtes ( dans les Kanguroos ) ou presque nulles ( dans les Didelphes ). Leurs ovules , qui ne sont point arrêtés par une matrice ramassée sur elle-même et fermée par des cols , sont nécessairement rejetés dehors , au lieu d'entrer dans des travaux d'incubation à l'intérieur. Mais dans quel état et à quelle époque ? Rien ne peut sur ce point suppléer à l'observation , et il est prudent d'attendre que celle-ci soit donnée. Cependant l'ana- logie fait entrevoir une circonstance; ce ne saurait être le produit ovarien sans fécondation, car les femelles vierges le fournissent, comme les femelles imprégnées ; la différence des unes aux autres , c'est que dans celles-ci ce produit est efficace , et que dans celles-là il est des- tiné à être, après la saison d'amour, repris par la circu- lation. Les ovules qui s'écouleront ne sauraient être que des ovules fécondés, mais comme la fécondation ne leur donne, jusqu'à leur parfaite maturité, que des qualités de futur contingent, ce n'est point la fécondation en elle-même, mais les effets de la fécondation qui peuvent entraîner les ovules. On conçoit que, venant à grossir, leur accumulation dans les portions ( ad uterum ) de l'oviductus qui les contiennent, amène xm entassement douloureux pour ces poriions contenantes , et que l'a- nimal cherclie à s'en débarrasser, nous pouvons dire à les pondre. Ainsi ce ne saurait être des ovules dans i'état de tranquillité et de maturité, tel que l'indique leur pré- sence dans l'ovaire , mais des ovules dans un commence- ment de développement. J'ignore ce qui en est , et je ne fais que donner une supposition ; ce serait l'ovule avec réseau vasculaire, l'ovule du troisième âge des produits génitaux. » L'ovule se greffe à ce moment sur l'un des points de ( 4oo ). la matrice chez les mammifères ordinaires; il n'y aurait de différence à l'égard des Marsupiaux que dans le lieu; la bourse serait un organe supplémentaire , un second utérus et le plus important des deux (Barton). Cette ges- tation utérine de quatorze jours, suivant d'Aboville, de vingt-deux à vingt-six jours, suivant Barton , se com- poserait du temps qu'emploient les ovules pour devenir réseau vasculaire, pour commencer cette première exis- tence dont les Méduses nous présentent une image, et, comme je l'ai dit plus haut, dont ces animaux, l'un des derniers chaînons de l'éclielle animale, nous fournissent une réalisation permanente. Ainsi , l'on conçoit l'ex- pression de Blumenbach , appliquée à « des êtres appa- raissant dans la bourse, lesquels ne seraient que des avortons. » Ainsi s'expliquent , i° l'observation de Roume, reproduite par d'Aboville , que ce sont d'abord des corps ronds', pisiformes ou en figue , des bosses clai- res , où l'on distingue à peine une faible ébauche d'em- bryon ; 2° cette autre observation de Barton, que ce sont des corps gélatineux, des ébauches informes. Dans l'hypothèse que c'étaient des foetus nés, on disait , sans le comprendre, qu'ils s'attachaient aux mamelles; il est au contraire très-possible et très -naturel que des corps gé- latineux , que des ovule? injectés se greffent aux mamel- les, qui sont les points de la bourse où les artères sont le plus développées. » Le corps gélatineux, déjà ouvragé par unt issu vascu- laire , cette sorte de Méduse , cet avorton pondu dans la bourse, forme le troisième état des produits génitaux. Je ne lui ai pas appliqué le mot de réseau placentaire ., mais cr>lui de réseau vasculaire, parce que je présume que ce réseau s'établit bien différemment et sans doute avec ( 4oi ) plus de simplicité. La respiration doit de bonne heure s'exécuter dans l'air libre , quand celle des réseaux pla- centaires puise l'air disséminé dans l'eau. Je me borne à ce simple énoncé pour ne pas anticiper sur les faits, espérant que cet aperçu y appellera l'œil des observa- teurs. » Ce réseau vasculaire établit l'embryon marsupial sous des conditions bien différentes de celle des embryons utérins 5 car il s'applique à former, après les appareils circulatoires et intestinaux , les poumons , et en même temps les narines, qui sont alors une continuation des ca- naux aériens. Le développement de l'organe olfactif, et particulièrement de ses proprés tubercules dafis le cer- veau , s'ensuit nécessairement ; mais , de plus , une au- tre conséquence qui en découle pareillement, c'est que le développement anticipé de celui-ci nuit à la formation de l'orgaAe de la vision , l'un des premiers à paraître , comme l'un des plus considérables systèmes du foetus cbez les Oiseaux. Barton dit en effet que les jeunes Opossums n'ouvrent les yeux que vers le cinquantième ou le cinquante-deuxième jour de leur entrée dans la bourse , et M, Serres, auquel on doit de si belles recher- ches sur l'encéphale des Animaux vertébrés, m'a com- muniqué une observation correspondante. lia vu sur un foetus de Marmose les tubercules gommés quadri-ju- meaitx fort petits-, ce qui est exactement le contraire dans les embryons utérins. Un autre fait non moins singulier qu'il a aussi remarqué , c'est l'occlusion ab-ovo des yeux par le derme. On sait que chez les fœtus utérins les yeux existent d'abord ouverts , et que les paupières arrivent et s'étendent dessus plus tard pour les défendre de la lu- mière lors de la naissance. Il semble que les yeux, avant ■ 1- 26 ( ^o^ ) de devenir un organe de vision , soient consacrés à d'au- tres services , ou parce qu'ils recueillent certains fluides sécrétés , ou parce qu'ils établissent une communication de l'embryon avec son réseau vasculaire ambiant. Voyez, pour le développement de ces aperçus, la note de ma Philosophie anatomiquc, T. Il, p. 3 17. M Après l'état d'embryon arrive l'état fœtal. Le foetus est tel , du moment que ses membres apparaissent, mais principalement dès que le poumon est formé , et que les narines se sont ouvertes et ont donné accès à l'air ambiant. )) Quel est le mode de nourriture de ces difTérens âges ? La tétine est-elle un cordon ombilical , se continuant par une liaison non interrompue chez l'embryon jusque dans l'œsophage ? » Barton traite, avec détails, du développement de la té- tine : elle croit en longueur et en diamètre, dans la même raison que croit l'embryon. Celui-ci y fait naître un appareil de vaisseaux nourriciers analogues à ceux dont se compose le placenta , mais adaptés dans ce nou- vel ordre de choses , non plus à une ouverture d'une courte durée, à l'ouverture ventrale , dite l'ombilic, mais à un orifice permanent , celui de la bouche elle-même , entrée plus naturelle peut-être pour la substance alimen- taire , que celle de^ fœtus , que nous sommes cependant et si journellement à portée d'observer. L'embryon forme son mamelon , a dit Barton 5 les plus intimes rap- ports d'accroissement et de développement existent entre l'un et l'autre. Quand la bouche de l'embryon grandit, le mamelon grossit pareillement^ et, avec le temps, on s'aperçoit que le mamelon n'est plus qu'en partie con- tenu dans la bouche ; on en voit davantage en dehors ( 4o3 ) depuis son insertion à la glande mammaire jusqu'au bord extérieur des lèvres. ■n J'ai eu occasion d'étudier les rapports du mamelon avec la bouche , mais dans un jeune sujet libre de tous liens, et revenant teter dans la bourse. C'est un arrange- ment d'un accord si merveilleux qu'il faut croire qu'une adhérence des deux parties persistantes dans le premier âge en avait ainsi ordonné. Afin que les deux fonctions de la respiration et de la lactation puissent s'exécuter si- multanément, le larynx est terminé par un col évasé dont le pourtour se prononce en une sorte de petit bour- relet; tout cet ensemble est introduit dans les arrière- narines : ainsi le larynx est placé sur le voile du palais. De cette manière la respiration du jeune Didelphe se fait par les narines et le larynx, lorsque la succion de la té- tine remplit de lait la bouche et le pharynx. Ce liquide glisse le long du larynx dont le collet forme un ressaut qui ménage de chaque côté une très-petite issue pour le trajet de la substance alimentaire. La lactation achevée , le larynx descend sous le voile du palais , les narines deviennent libres 5 la respiration et la manducation sont, comme partout ailleurs , des actes nécessairement suc- cessifs. «M. d'Aboville a dit du mamelon que^ long de deux li- gnes , il se dessèche après le sevrage , et tombe comme le ferait un cordon ombilical. Il est beaucoup plus long quand il sert de pédicule pour suspendre le foetus. C'est à ce moment qu'on peut le regarder comme un véritable cordon ombilical ; mais au bout de six semaines la rup- ture s'en opère; ses vaisseaux, qui se prolongeaient dans. le foetus, s'arrêtent et se terminent dans la glande mam- maire. Leur rôle , à celle seconde époque , est de nour- 26* ( 4o4) lir abondamment celte glande , et d'en faire un organe puissant de lactation. Le pédicule de suspension , ainsi réduit à n'être que le vestige d'un riche appareil, prend à ce moment le caractère et la fonction d'une tétine. wLesang quitte donc une habitude prise pour en con- tracter une autre -, mais n'est-ce pas ce qui arrive chez toutes les mères des Mammifères ordinaires, quand elles mettent au jour leurs petits? Ces mêmes effets, chez les Marsupiaux, tiennent à de semblables causes. Après l'âge de la suspension aux mamelles , a dit Pennant , les jeunes Opossums subissent une seconde naissance. La proposition de Pennant est rigoureusement vraie , si l'on admet que leur entrée dans la bourse leur doit être comptée comme une première naissance. Une pre- mière fois nés , quand ils ne jouissaient encore que de l'organisation des Méduses, ils naissent une seconde fois le jour que leurs yeux sont ouverts , que leur bouche est fendue latéralement, que le pédicule de suspension a été rompu , et qu'ils n'ont plus avec leur mère de rapports que comme lactivores. Un instant auparavant c'étaient encore des foetus , les voilà nouveau-nés ou lactiuores. » A ce moment ils rentrent dans les conditions com- munes de tous les Mammifères. » Cependant jusqu'à quel point s'en sont-ils écartés ? Ils étaient déjà nés une première fois , organisés comme des Méduses -, mais tous les Mammifères passent par cette existence intermédiaire ; la différence ici , c'est que les Marsupiaux naissent Méduses dans le second utérus , la bourse , et que les Mammifères ordinaires naissent avec ce degré d'organisation dans le premier, la véritable matrice. » ( 4o5 ) Les observations anatomiques de M. Geoffroy mon- trent par quel procédé simple et toutefois singulier le cor- don ombilical se trouve remplacé par un arrangement des vaisseaux de la bouclie. Outre ce fait important son mé- moire en renferme de très-curieux qui sont destinés à je- ter quelque jour sur les anomalies de l'organisation des Marsupiaux adultes. Nous ne nous en occuperons point ici , notre seul but étant d'attirer l'attention sur les phé- nomènes que présente la génération chez ces animaux. Nous savons d'ailleurs que M. Geoffroy rassemble des figures soignées pour un ouvrage particulier sur ce sujet, et nous espérons qu'il nous sera permis d'en faire usage pour faciliter à nos lecteurs l'intelligence de cette ques- tion d'anatomie qui ne laisse pas d'offrir qtielquediihculté. Nous allons essayer maintenant de fixer avec précision l'époque du passage des ovules dans la bourse, et nous al- lons emprunter encore à M. Geoffroy quelques lignes qui renferment l'expression réelle de la difficulté d'une semblable appréciation. « On ne sait pas encore bien au juste quel est , aux premièi'es journées de leur apparition aux mamelles, le degré de développement de ces ébauches informes (Ikrton), de ces bosses claires (Roume) que, par une anticipation fâcheuse sur la connaissance des faits , ou déclare être des petits. Cette idée à acquérir est depuis long-temps l'objet de mes recherches 5 mais au moment où j'essayai de déterminer à quelle époque du développe- ment des Mammifères ordinaires pouvaient correspondre, les formations apparaissant périodiquement dans la bourse des Marsupiaux , je m'aperçus d'une nouvelle lacune dans la science , ces degrés n'y paraissant pas me- surés avec précision. » ( 4o6 ) M. Geoffroy s'est proposé de résoudre celte question, et il a nécessairement dû cherclier dans les Oiseaux et les Reptiles des définitions propres à fixer les époques fœtales pour les appliquer aux Marsupiaux. Les recher- ches auxquelles nous nous sommes livrés , mon excel- lent ami , le docteur Prévost , et moi , permettent de prendre un point de comparaison plus rapproché. Je vais donc établir en peu de mots les résultats de nos expé- riences sur la génération des Mammifères, et j'espère que M. Geoffroy me saura gré d'une substitution qui n'al- tère en rien les conséquences auxquelles il avait été con- duit , mais qui les rend peut-être plus faciles à saisir. A l'époque où les femelles de Mammifères entrent en chaleur , tous les organes générateurs i-eçoivent un sur- croit de* sang , et l'ovaire participe à cette nouvelle con- dition organique. L'accouplement ne tarde pas à se pro- duire , et son influence se manifeste par des phénomènes nouveaux d'une grande importance. Quelques-unes des vésicules de l'ovaire grossissent rapidement , et acquiè- rent en peu de jours un diamètre quatre ou cinq fois plus considérable que celui dont elles étaient douées aupara- vant. Du septième au neuvième jour après l'accouple- ment, dans le Chien, ces vésicules se déchirent successi- vement, et il en sort un ovule sphérique d'un diamètre comparativement très-petit, puisqu'il n'est que d'un mil- limètre , tandis que celui des vésicules était de six ou huit au moins. L'ovule est saisi par le pavillon , tra- verse la trompe, arrive dans les cornes où il est fécondé. - Il grossit alors , et , dans l'espace de quatre à cinq jours, il atteint le diamètre d'un pois et ne tarde pas à changer de forme. Un des bouts de l'oeuf s'allonge en pointe , et ce corps se présente exactement sous l'apparence (4o7 ) d'uue poire ou d'une figue. Il est membraneux , fort transparent , rempli d'une liqueur claire , et Ton peut aisément, à l'aide d'une loupe, y reconnaître le fœtus sous la forme d'une ligne allongée. Bientôt une nouvelle corne se manifeste à l'extrémité opposée de l'œuf. Celui- ci, qui jusqu'alors était resté libre, commence à con- tracter des adhérences avec les parois de la matrice, le cœur et les vaisseaux du fœtus apparaissent , et des communications vasculaires s'établissent entre la mère et lui. Comparons maintenant ces résultats avec ce que n»us connaissons des Marsupiaux : le dix-septième jour après l'accouplement, M. le comte d'Aboville a vu dans la pocbe mammaire deux corps gros comme un pois, et conformés comme serait une figue dont la queue occupe- rait le centre d'un segment de sphère. Cette observa- tion curieuse fixe invariablement l'âge de ces ovules , et elle est d'autant plus précieuse que l'état pyriforme de l'ovule des Mammifères est tellement transitif, qu'il dure à peine un jour entier. La conclusion inévitable de ces faits nous oblige donc à admettre que les ovules , immédiatement après leur fé- condation dans les cornes , passent au travers du tube va- ginal pour se rendre à la bourse qui remplit à leur égard toutes les fonctions propres alors à la matrice, sauf celle qui dépend de l'influence fécondante. Ce genre de déve- loppement extra-utérin se présente quelquefois pour les autres Mammifères , et bien que ce soit toujours dans des circonstances accidentelles , On n'en est pas moins bien certain que le développement de l'œuf peut s'opérer sur toutes les surfaces muqueuses où il rencontre une ar- tère. Sous ce point de vue , on arrive donc à simplifier ( 4o8 ) singulièrement les conditions convenables de l'évolution foetale chez les Mammifères même où elle semble si com pliquée au premier abord. Un œuf fécondé et une artère capable de se prêter à son développement progressif , c'est à cela que se bornent les données du problème. On saura plus tard peut-être comment le sang artériel agit sur l'œuf; mais , pour le moment, il serait bien curieux" et important de prendre des œufs récemment fécondés dans les cornes d'une femelle , et au moment où ils n'ont pas encore perdu leur formé sphérique , et de les transpor- ter dans la cavité abdominale ou llioracîque d'un autre Animal où on les abandonnerait. Ils se développeraient très-probablement jusqu'à un certain terme , quand bien même on ne se servirait pas d'un Animal de la môme es- pèce , et quand bien même aussi l'on viendrait à les pla- cer dans l'abdomen d'un mâle. Toutes les analogies ti- rées de l'histoire des monstres viennent à l'appui de ces considérations qui se trouvent ainsi corroborées à la fois par l'élude de l'auatomie comparée et celle de la patho- logie., J. D. Description d'une nouvelle espèce de Couleuvre. Par m. Bory de Saint-Vincent. M. Richard père avait recueilli dans son voyage plusieurs matériaux relatifs à la zoologie ; nous avons déjà fait connaître à nos lecteurs l'intention dans la- quelle nous sommes de les publier prochainement. Sa collection contenait une Couleuvre nouvelle que M. Bory vient de décrire, et qu'il a dédiée à celui qui l'avait dé- couverte. ( 4o9) Couleuvre de Richard, Coluber Richardi. B ' Le nom vulgaire de Couleuvre Liane, donné à cette élégante espèce par les habitans de la Guiane , indique d'avance sa forme élancée et sa flexibilité. En effet , ce Serpent que nous allons faire connaître , et que nous dé- dions à la mémoire de Richard notre illustre maître , est l'un des plus sveltes , des plus élégans , et des plus minces qui existent. Nous en avons fait la description sur trois individus rapportés par feu notre savant ami. Sa taille est de trois à quatre pieds ; la queue très-fine est fort longue , et équivaut pour le moins au tiers de la longueur totale ^ le corps n'est guère plus gros que le doigt; le cou, très-aminci et bien distinct, supporte une tête allongée , ovale , un peu élargie- vers l'occiput qui est aplati -, elle est couverte de neuf grandes plaques d'un beau vert de topaze 5 les écailles , légèrement carénées sur le dos , le sont plus sensiblement sur les flancs; le ventre blanc est piaf, le dessus est d'un brun chatoyant qui produit des reflets comme le ferait du cuivre de rosette ; trois lignes d'un brun clair , vif et brillant , régnent dans toute la largeur du Serpent ; une petite bande noire , partant de la pointe du museau et passant sous l'œil, sépare la teinte verte du verlex, de la couleur blanche qui règne sur les mâchoires ; celles- ci ont leurs lèvres garnies d'écaillés un peu plus grandes que celles qu'on trouve sur le reste de l'Animal , y compris les écailles des commissures et une impaire en .avant-, il y en a dix-neuf en haut et treize en bas. Cette espèce présente quelques rapports avec le Boiga , et a peut-être été confondue avec ce Serpent que nous croyons être particulier à l'ancien monde , et censé- (4io) quemmem fort différent. Il a également quelque ressem- blance avec le Saurite 5 mais la forme de sa tête l'en dis- tingue ; il est d'ailleurs encore plus mince et proportion- nellement plus allongé. Explication de la Planche 24- Couleuvre de Richard, moitié de la grandeur natu- relle : a , la tête vue en dessus ; & , la tête vue en des- sous; c, l'œuf de grandeur naturelle. Rapport verbal fait à l'Académie des Sciences sur un ouvrage de M. Auguste de Saint-Hilaire , i/7- >iWé; Plantes USUELLES des Brasiliens (1). Par m. le baron Alex, de Humboldt. L'Académie m'a chargé de lui faire un rapport verbal sur un ouvrage de botanique qui a pour titre : Plantes usuelles des Brasiliens. L'auteur de cet ouvrage , M. Au- guste de Saint-Hilaire , correspondant de l'Institut , con- tinue à faire jouir le public des fruits d'un voyage de six années, pendant lesquelles il a parcouru une vaste por- ' tion du Brésil , de la province Cisplatine et des missions du Paraguay. La botanique et l'histoire naturelle des animaux ont été enrichies à la fois par ce savant, qui ,• avant de quitter l'Europe, avait déjà donné tant de (1) Plantes usuelles des Brasiliens, par M. Auguste de Saint-Hilaire, correspondant de l'Académie des sciences 5 première livraison, in-4', avec planches. Prix : 5 fr., chez Grimbert. Le même auteur va publier incessamment les premières livraisons d'un autre ouvrage intitulé : Plantes les plus remarquables du Brésil et du Paraguay. ( 4ii ) preuves de sa sagacité et d'une connaissance intime de la structure et des affinités des formes végétales. M. Auguste de Saînt-Hilaire a rapporté dans sa patrie Un herbier de sept mille plantes , une collection de deux mille oiseaux , seize mille insectes et cent trente mam- mifères ', mais ce qui donne Un véritable prix à ces objets, ce qui distingue le voyageur scientifique du simple col- lecteur, ce sont les observations précieuses qu'il a faites sur les lieux mêmes pour avancer l'étude des familles na- turelles , la géographie des plantes et des animaux , la connaissance des inégalités du sol et l'état de sa culture. Les savans de toutes les nations attendent avec impa- tience la publication d'un grand ouvrage, dans lequel , par la munificence du gouvernement, M. Auguste de Saint-Hilaire pourra réunir tant de matériaux divers-, jusqu'à l'époque où leurs vœux seront remplis, ils ap- plaudiront avec nous à l'ardeur soutenue qui porte ce voyageur à devancer ce grand ouvrage par des mémoires et des traités moins volumineux , quoique également propres à répandre du jour sur la Flore du Brésil et des pays voisins. Le livre des Plantes usuelles , dont le premier cahier a été présenté à l'Académie , renferme un choix des vé- gétaux les plus intéressans sous le rapport de leur uti- lité médicale, industrielle ou alimentaire. Nous y trou- nvons trois espèces nouvelles de véritable Quinquina, deux Exostema, genre voisin des Cinchona établi par M. Bonpiand, elnm. Strychnos àonlXes propriétés fébri- fuges sont des plus prononcées. La découverte de vrais Cinchona dans la partie orientale de l'Amérique du Sud, loin des Cordillières , doit frapper ceux qui s'occupent de la distribution des végétaux sur le globe , et des causes •^, (4i2) géologiques qui l'ont modifiée. On ne connaît jusqu'à ce jour aucune espèce de Cinchona, pas même à^Exostema^ ni dans les montagnes de Silla de Caracas , où végètent des Befaria, des Aralia, des Thibaudîa , et d'autres arbustes alpins de la Nouvelle-Grenade , ni dans les montagnes boisées de Caripé et de la Guiane Française. Cette absence totale des genres Cinchona et Exostema sur le plateau du Mexique et dans les régions orientales de l'Amérique du Sud , au nord de l'équateur ( si toute- fois elle est aussi absolue qu'elle le parait jusqu'à ce jour), surprend d'autant plus, que les lies Antilles ne manquent pas d'espèces de Quinquina à corolles lisses et à étamines saillantes. Les Quinquina des Cordillières n'avancent vers l'est dans l'hémisphère boréal, que jus- qu'au 72' degré de longitude occidentale de Paris jus- qu'aux moTitagnes de Micaschiste de la Sieri^a -Nevada de Merida. Les Cinchona ferrugîna , C Vellozii^ et C. Remijiana de M. Auguste de Saint-Hilaire , long- temps confondus avec les Macrocnemum , végètent sur les plateaux de la province de Minas-Geraes , à mille mè très d'élévation, sous un climat tempéré, entre les 18' et 22e degrés de latitude australe. On regarde leur pré- sence , et ce fait est bien remarquable , comme un indice à peu près sûr de la proximité des minerais de fer. L'é- corce amère et astringente de ces Quinquina des mon- tagnes du Brésil i-essemble singulièrement , pour la sa- veur, à celle des Quinquina du Pérou et de la Nouvelle- Grenade ; cependant leurs qualités fébrifuges sont moins prononcées que celles d'un arbre plus célèbre encore, du Slrychnos pseudoquina , que l'on trouve dans le dis- trict des Diamans , dans les déserts de Goyas et dans la partie occidentale de Minas-Geraes. (4x3) De toutes les plantes médicinales de ces vastes con- trées , le Quina do Campo , ou Strychnos pseudoquîna , est celle dont l'usage est le plus répandu et le mieux constaté. Les médecins du Brésil en administrent l'écorce tantôt en poudre , tantôt en décoction. C'est un don bienfaisant de la nature dans une région où régnent tant de fièvres intermittentes , comme dans la vallée de Rio de San-Francisco. M. Auguste de Saint-Hilaire rapporte que des expériences comparatives faites au Brésil sur le Strychnos pseudoquina et sur les meilleures espèces de Cinchona des Cordillières , ont proavé que les proprié- tés médicales du premier de ces végétaux ne sont pas inférieures. Ces expériences ont été répétées avec succès à Paris , et le Pseudoquina du Brésil , qui , à Rio de Janeiro même , n'a pas encore remplacé les écorces des Cinchona étrangers, pourra un jour devenir un objet d'exportation pour l'Europe. M. Vauquelin a fait l'ana- lyse cliimique de ce Strychnos 5 il y a trouvé un acide d'une naluie particulière, et, ce qui est bien frappant, il n'y a découvert ni brucine , ni quinine , ni un atome des principes vénéneux que renferment le Strychnos nux- vomica et la Fève de St. Ignace. On savait déjà qu'une autre espèce du même genre , le S. Potatojum , est éga- lement dépourvue de propriétés délétères , et que la pulpe du fruit de la noix vomique se mange sans dan- ger. Les diverses parties des plantes ne contiennent pas les mêmes principes , et si , je ne dirai pas seulement dans une même famille, mais dans un même genre, des végétaux d'une structure organique très - analogue , offrent des différences de compositions chimiques si frappantes , il ne faut point oublier que ces anomalies sont plus apparentes que vraies , puisque , d'après les ( 4i4) travaux de MM. Gay-Lussac et Thenard , sur la chimie végétale, les mêmes élémens , selon de petits chauge- mens dans les proportions , se groupent diversement et produisent des combinaisons dont les effets sur le sys- tème nerveux peuvent être diamétralement opposés. Les écorces des Exostema cuspidatum et austrnh du Brésil, sont aussi fébrifuges, mais bien inférieures aux Qui'na da serra. Elles ressemblent aux ecorces de Quin- quina des Antilles et n'offrent comme celles-ci pres- qu'auçunes traces de quinine et de cincbonine. A cette liste des plantes médicinales décrites par M. Auguste de St.-Hilaire , il faut encore ajouter le Paraïba ou Simaruha bigaré qui est un des plus précieux anti- vermineux, et V Évodie fébrifuge que Ton confond, dans le pays , avec le Quinquina du Pérou , et qui appartient à la même famille que le Cortex angostura ou Cuspare des missions de l'Amérique Espagnole, que j'ai fait con- naître sous le nom de Bonplandia trifoliata. Si dans l'intérieur de la Guiane Française on dé- couvre un jour des sites assez élevés pour jouir d'un climat tempéré, on pourra, comme je l'ai proposé de- puis long-temps, y transplanter, parla voie de la rivière des Amazones , les Cinchona de la partie orientale des i Cordillières de Loxa et de Bracampo , ou bien d'après les intéressantes découvertes du voyageur dont nous examinons les travaux, enrichir le sol de la Guiane par la culture des plantes fébrifuges du Brésil. A l'intérêt qu'inspirent les considérations sur l'usage des végétaux, sur l'époque de leur découverte et sur leur distribution géographique , M. Auguste de St.-Hilaire a ajouté l'intérêt des descriptions botaniques les plus complètes , et de la discussion des affinités de structure ( 4i5 ) . par laquelle chaque plante se lie au genre voisin. La botanique moderne en agrandissant l'étendue de son domaine , en saisissant les rapports multipliés entre les diverses tribus de végétaux, a conservé toute la sévérité des classifications méthodiques , des diagnoses abrégées , d'une terminologie précise et uniforme , d'une nomen- clature générique et spécifique appartenant à une langue morte. Le nombre immense des objets qu'elle embrasse a rendu indispensable une marche que d'autres parties de l'histoire naturelle descriptive n'ont pas toujours suivie avec la même sévérité. Je ne pourrais mettre sous les yeux de l'Académie le grand nombre d'observations botaniques entièrement neu- ves que renferme la description des plantes usuelles du Brésil 5 je ne rappellerai que les discussions sur le genre Strychnos , d'après lesquelles ce genre ne peut former une famille séparée, comme l'avait proposé M. De Can- ^dolle; sur le genre Evodia dont l'adoption devient indis- pensable depuis que M. Kunth dans les Nova Gênera, a prouvé l'identité générique du Zanthoxyîum et du Fa- gara, sur les différences desQuassia et des Simaruba\ des Cinchona et des Exostema. Les botanistes reconnaîti^ont dans l'ensemble de ces discussions la supériorité de ta- lent avec laquelle le même voyageur a déjà traité , dans des mémoires séparés , la famille des Primulacées et des Carjophy liées . Des planches lithographiées avec soin accompagnent les descriptions qui forment autant de monographies séparées \ et elles offrent l'analyse des parties les plus délicates de la fructification. C'est ainsi que le traité des -plantes usuelles des Brasiliens , tout en enrichissant la botanique et la matière médicale, fera connaître aux ha- (4i6) bilans d'un autre hémisplière les richesses d'un pays qui ne demande que des bras pour le défricher, et des ins- titutions politiques propres à encourager l'industrie na- tionale. Recherches anatomiques sur le Thorax des ani- maux articulés et celui des Insectes hexapodes en particulier. Par Victor Audodin. CHAPITRE QUATRIÈME. Examen du Mésoiliorax dans différens insectes. Étude des pièces qui le composent. Le mésothorax, comme l'indique son nom, est le segment moyen ou le deuxième anneau du thorax. Son caractère le plus apparent est de supporter la deuxième paire de pâtes et la première paire d'ailes. On lui a aussi remarqué, dans un grand nombre d'insectes , une petite pièce ordinairement triangulaire qu'on a nommée écus- son. La forme du mésothorax , son volume , sa consis- tance , varient à l'infini. Peu développé dans les Co- léoptères et dans les Orthoptères, il l'est davantage dans les Hémiptères , les Névroptères, et surtout dans les Hy- ménoptères , les Lépidoptères et les Diptères. Son ac- croissement excessif est toujours associé à l'état plus ou moins rudimentaire des deux autres segmens. Aussi re- marque-t-qn que les Lépidoptères , les Hyménoptères et les Diptères ont un prothorax et un métalhorax très-ré- (4i7 ) trécis. Quand au contraire le prolliorax et le métatbo- rax se sont fort accrus, le mésothorax situé entre eux est toujours comprimé et très-étroit. C'est le cas de tous les Coléoptères. Si ce coup-d'œil rapide laisse entrevoir Tinfluence gé- nérale qu'exercent tous ces changemens sur \e faciès des individus, de quel intéi'êt ne sera-ce pas d'apprécier les modifications qu'apporte le volume de chacune des parties, et quelle lumière la connaissance exacte des moin- dres pièces et leur comparaison dans un grand nombre d'espèces ne répandra-t-elle pas sur l'anatomie du sque- lette des animaux articulés ? C'est pour atteindre ce but, c'est pour marcher vers des résultats si curieux , que nous allons noter le déve- loppement relatif de chaque pièce dans les dilférens or- dres, et nous rendre compte ainsi des formes variées qui les caractérisent. Si les pièces qui composent le mésothorax étaient dans tous les insectes également bien développées , ou si elles étaient déjà connues , il serait indiilërent de commencer leur description par tel ou tel ordre et de choisir en- suite telle ou telle espèce pour comparer. Mais le motif qui nous a décidé à étudier d'abord le mésothorax nous fera aussi préférer certains insectes chez lesquels les élé- mens constiluans sont plus distincts , et nous poursui- vrons ces recherches sans nous assujettir, dans ce travail préliminaire, à la série des familles ou des genres. Nous diviserons ce chapitre en deux paragraphes. Dans le pi^eraier nous examinerons la partie inférieure et les parties latérales ; et dans le second nous traiterons de la partie supérieure toujours distincte des précéden- 1. 37 ( 4i8 ) tes , et qui, dans certains cas , paraît avoir une existence à part (i). S I. Etude de la poitrine ou des parties inférieures et latérales du mésolhorax. Le Sternum (/?), rÉpislernum (i) , l'Épimère (Zr) , le Paraplère (i') , l'Enlothorax (/i') et le Peritrème (x) (2) forment la partie inférieure et les parties latérales du mésothorax. Ces pièces sont ordinairement très-recon- naissables dans les Coléoptères, et il est facile de saisir les modifications qu'elles éprouvent dans les différeiis genres. Dans le Dytique a écusson ja.tjne de M. Latreille , Dytiscus circuniflexns , Fabr. , le sternum est peu étendu transversalement 5 sa jonction avec Tépisternum et l'é- pimère est marquée par des lignes de soudures très-dis- tinctes. Ces deux pièces du flanc sont aussi réunies entre elles , mais toutes ces parties se disjoignent assez facile- ment. Nous indiquerons leurs contours , leurs formes , leurs connexions dans Vanatomie détaillée que nous don- nerons du thorax de cette espèce ( V. le chapitre X de notre travail). (i) On verra dans la suite de ce travail que la poitrine et le tergum, c'est-à-dire les deux segmens qui , par leur réunion , constituent un anneau complet , sont quelquefois indépendans entre eus et se désu- nissent , au point de leur contact , de telle sorte que l'un des arceaux passe au-dessus de l'autre, le recouvre et l'emboîte : nous citerons comme exemple le Taupe-Grillon , le Criquet , la Sauterelle. (2) Le peritrème occupe quelquefois la partie supérieure ; mais le plus souvent il est en rapport avec les flnncs , c'est pour cela que nous le considérons comme une partie de la poitrine. (4i9) Le Carabe doré , Carabus auraliis, Fabr., nous offre un sternum assez semblable à celui du Dytique. Il est peu étendu transversalement; sa face antérieure présente trois carènes ou lignes élevées , dont une située sur la li- gne moyenne du corps est plus saillante que les deux au- tres. On remarque au sommet du sternum un enfonce- ment très-prononcé, en forme de large gouttière, sur le- quel repose l'extrémité du sternum du prothorax. Celte gouttière ne supporte plus , comme dans le Dytique , le prolongement du sternum du métathorax , mais elle offre postérieurement uneéchancrure, sorte d'angle ren- trant qui le reçoit et s'articule avec lui. Il résulte de cette disposition que le mécanisme si remarquable qui produit le saut dans le Taupiii , et qu'on reconnaît en- core dans le Dytique , n'existe plus dans le Carabe. Postérieurement le sternum présente une crête sail- lante, longitudinale, très-aiguë, qui partage cette face en deux portions concaves , faisant partie chacune du trou des hanches, à la convexité desquelles elles s'a- daptent exactement. Les flancs, étroits à leur sommet et larges à leur base , sont réunis au sternum d'une ma- nière intime; l'épislernum (i) surtout, ne s'en distin- gue que par une légère ligne de soudure; il est assez dé- veloppé, de forme triangulaire ; un des bords du triangle est antéi'ieur , et s'articule avec le paraptère, le bord op- posé ou le postérieur se soude dans toute son étendue avec l'épimère; enfin le troisième bord, celui de la base, repose sur le sternum auquel il est intimement uni. Le paraptère (/') très-étroit et presque linéaire , repose infé- rieurement sur le sternum ; son bord postérieur adhère for- tement à l'épislernum ; l'antérieur est libre , et concourt à former l'orifice du trou œsophagien. L'épimère (k), bien 27' ( /po ) moins développé que Tépistei num avec lequel il est soudé, et pas autant que le paraptère , est joint au sternum par son extrémité inférieure , dont une partie renflée et comme tuberculeuse , se prolonge au-delà pour s'articu- ler avec la hanche et entrer dans la composition du trou qui la contient. L'épislernum , le paraptère et l'épimère se confondent entre eux supérieurement, et deviennent une sorte de support pour les ailes et pour le tergum. A la face interne du sternum on remarque l'entotho- rax Œ). Il est formé de deux branches très -rapprochées à leur base , d'abord parallèles et diiigées en haut et en avant, s'écartant ensuite l'une de l'autre, pour se por- ter obliquement en dehoi\s •, leur sommet qui s'évase en une lamelle très-mimce gagne les parois latérales de la poitrine , et se place en avant des apodèmes d'in- sertion qui naissent du point de jonction de l'épister- nnm et de l'épimère. Il en résulte que la portion éva- sée des branches de l'entothorax se trouve cachée posté- rieurement par les apodèmes d'insertion , et qu'anté- rieurement c'estle contraire , je veux dire, que dans ce sens , l'extrémité des branches de l'entothorax masque les apodèmes. Les apodèmes d'insertion (;^) ne sont très- développés qu'au point de réunion de l'épimère et de l'é- pisteruum ; la soudure de celui-ci avec le sternum et avec le paraptère n'est indiquée h l'intéfieur que par de légères lignes élevées au-dessus de la surface des pièces. La division des Bousiers, Copris , Geoilr., et les genres qui en ont été démembrés nous offrent une poitrine (i)j très-développée : elle se prolonge quelquefois de telW ''i) J'entends parler ici de la poitrine des trois anneaux thoraciques pns ensemble. Voyez au ckapitre III le définition de ce terme. (421) sorte en arrière qu'elle envahit la place de l'abdomen et que les anneaux de celui-ci sont fortement refoules les uns vers les autres. Le mesotliorax considéré dans son en- semble n'a cependant pas acquis undéveloppementautre que dans tous les Coléoptères, c'est-à-dire qu'il est tou- jours étroit et comprimé entre le prothoraxetle métatho- rax. Toutefois on croit remarquer que la poitrine de cet an- neau a participé dans certaines proportions relatives à l'ac- croissement général de la partie inférieure, et qu'elle est plus développée que de coutume. Nous l'éludierons dans une espèce exotique , et ce que nous en dirons pourra s'ap- pliquer, à peu de choses près, aux Bousiers de notre pays. Dans le Bousier Molosse, Copris 3Iolos s us , F ahr. , le sternum (/*) est bien plus étendu transversalement que d'avant en arrière. Son bord antérieur arqué de bas en haut , forme la partie inférieure de l'orifice œsophagien antérieur. Son bord postérieur offre sur la ligne moyenne une échancrure angulaire, profonde, qui reçoit un pro- longement médian du sternum du mélalhorax. De cha- que côté de l'échancrure ce bord se dirige m avant et en haut, et constitue une portion de la circonférence du trou de la hanche. Dans une espèce peu éloignée , . le Bou- sier Bucéphale, Copris Bucephalus , Fabr. , le bord pos- térieur du sternum ne présente plus d'échancrure , etpa- rait coupé transversalement. Plusieurs espèces du même genre ollVent l'une ou l'autre particularité; M. Dejean croit trouver en elles un moyen simple d'établir dans ce groupe des sections très-naturelles. Mon travail sur le système corné quand il aui*a été achevé dans toutes les familles et dans tous les genres, fournira à l'entomolo- giste un très-grand nombre de caractères semblables, pour signaler en un seul mot des distinctions impor- ( 4^^^ ) tantes. Le sternum présente de chaque côté une extré- mité ou sommet qui s'articule avec les flancs. Les flancs qui occupent les parties latérales ne sont pas dirigés parallèlement à la ligne moyenne du corps, mais forment avec cette ligne un angle assez aigu. En d'autres termes, ils sont obliques de dedans en dehors et d'avant en arrière. La face externe de chacune des trois pièces qui les composent affecte ensuite une direction différen- te. Leparaptère (i) est tourné presque directement en de- hors. L'épisternum(i) regarde un peu en avant et en haut, tandis que l'épimère (A) est dirigé en bas et tout-à-fait en avant. Cette disposition sensible dans la plupart des Coléoptères , et qui rend très-flexueuse la face externe des flancs, mérite bien qu'on la remarque-, l'Epimère joue ici un rôle important. Situé derrière l'épisternum, et articulé avec lui par son bord antérieur , il se porte brusquement en dehors , en suivant une direction un peu oblique et presque transversale ; il eii résulte que l'o- rifice postérieur du mésothorax offre un énoime dia- mètre , comparativement à l'orifice antérieur, et que cet évasement considérable lui permet de se souder par son bord postérieur au pourtour du métathorax qui a pris un très-grand développement. On voit maintenant comment il se fait que , dans tous les Coléoptères , le mésothorax, beaucoup moins dévelop- pé transversalement que le métathorax , s'unit à lui dans toute sa circonférence, sans aucune pièce intermédiaire. On comprend aussi pourquoi il arrive que dans un grand nombre d'insectes du même ordre , le mésothorax semble composé de deux portions distinctes , l'une anté- rieure , très-étroite , située en avant de la base des ély- tres , se présentant sous forme d'un étranglement circu- ( 423 ) laire , et emboîtée par le protliorax qui se meut sur elle comme sur un pivot*, l'autre postérieure, très-large, for- mant avec la précédente un angle rentrant, n'étant pas reçu dans le protliorax, et se continuant en arrière avec la poitrine du métathorax. Il est bien clair , que le rétrécissement est formé en grande partie par l'épister- num, tandis que i'épimère constitue à lui seul la portion évasée. Nous verrons que chez les insectes qui présentent un diamètre égal pour les segmens moyen et postérieur du thorax , l'épisternum et I'épimère se rangent ordinaire- ment sur le même plan. Les Orthoptères en sont un exemple. L'entothorax (h') a dans le Bousier Molosse une forme et un développement assez singulier. Il est divisé en deux branches naissant d'un feuillet corné qui côtoyé inté- rieurement tout le bord postérieur du sternum -, ces branches rapprochées à leur base s'élèvent bientôt en di- vergeant , puis se coudent à leur sommet et se terminent en deux stylets horizontaux très-aigus dirigés en de- hors. L'une et l'autre sont assez épaisses , mais elles sont creusées au côté externe par une goutière profonde à leur base , disparaissant à leur sommet et qui résulte du replie- ment sur elle-même d'une lame mince qui les constitue. Au devant de l'entothorax et au-dessous de ses deux branches, on remarque un vaste sinus formé inférieure- ment par la face interne du sternum, et supérieure- ment par le feuillet corné , sur lequel appuie l'entotho- rax , et aussi par la base des branches de celui-ci ; un apodème , sorte de cloison , partage sur la ligne moyenne du corps et dans le sens de la longueur, cette cavité en deux portions égales. (4^4) Ce sinus est ici largement ouvert en avant; mais dans le Bousier Bucépbale ,* l'ouverture est excessi- vement rétrécie par des lames apodémiques qui , par- lant du Lord antérieur du sternum, se réunissent à des feuillets de même nature , provenant des branches deTentolViorax. Il n'existe plus dans l'intérieur du sinus, cette cloison longitudinale qui le partageait en deux cavi- tés. Si l'on joint cette dernière particularité à celle men- tionnée plus haut, on trouvera entre deux espèces très- voisines , et seulement dans certaines pièces de la partie inférieure du mésbthorax , des différences suffi- santes pour les caractériser. Le protliorax offrira de nouveaux moyens de distinction ; le métalhorax en présentera d'autres , l'abdomen en fournira à son tour. Viendra ensuite la tête , puis tous les organes qui ont fixé d'une manière trop exclusive l'attention des zoologistes-, j'entends parler de la bouche, des antennes, des pâtes et des ailes. Si on réfléchît ensuite aux modi- fications innombrables des trachées des nerfs , et prin- cipalement du système digestif, on devra convenir que toutes les espèces, ou au moins celles de certains genres, diffèrent beaucoup plus entre elles, qu'on ne le supposait d'après l'examen superficiel qu'on avait fait d'une partie fort limitée de leur organisation. Observons d'ailleurs que, ces différences d'espèce à espèce échappent d'au- tant moins facilement que l'animal a plus de volume 5 c'est même pour cela que dans la circonstance où nous nous sommes trouvés de faire connaître des parties et des piè- ces nouvelles , nous avons dû accorder la préférence aux insectes d'un gros volume, bien que plusieurs d'entre eux soient exotiques, et par conséquent moins faciles à se procurer. Nos dessins qui les représenteront tous, sup- ( 4^5 ) pléeront, par leur fidélité , à cet inconvénîent, et la comparaison avec les espèoes indigènes deviendra dès- lors très-aisée. Le Bupreste géant, Buprestis gi'gas, Fabr. , espèce fort commune du Brésil , nous ofll're luie poitrine com- posée de pièces distinctes et d'un volume assez considé- rable. Le sternum (h) présente sur la ligne moyenne une gouttière profonde qui reçoit le prolongement du ster- num du prothorax. Son entrée est très-étroite , mais elle s'élargit bientôt et se termine en cul-de-sac sans se con- tinuer sur le métathorax. Celui-ci se réunit entre les deux pâtes au bord postérieur du sternum que nous décrivons, au moyen d'une soudure transversale très- visible dans certains individus ; il est échancré vers ce point , et constitue , à proprement parler , le fond de la gouttière. Antérieurement , et de chaque côté , on voit l'origine de deux impressions allongées, concaves, des- tinées à emboîter les hanches du prothorax , et à com- pléter en arrière la cavité qui les contient. Postérieure- ment le sternum présente deux autres impressions arron- dies, recevant les hanches de la seconde paire de pâtes, et constituant la paroi interne de leurs cavités. Il serait bien difficile de fixer les limites du sternum sur les côtés , tant la soudure avec l'épisternum est in- time. On ne peut dans cette circonstance, comme dans plusieurs autres, que s'arrêter à la supposition la plus vraisemblable. Nous sommes fondés à croire que le ster- num est très-peu étendu transversalement, et qu'il se soude avec l'épisternum à la hauteur des hanches, c'est- à-dire que ne se prolongeant pas sur les côtés, les flancs descendent jusqu'à lui. ( 4^6 ) L'Episternum (i) appuie sur le sternum et lui est inti- mement uni par son bord inférieur. Son sommet s'arti- cule avec les élytres. Son bord antérieur , comprimé par le corselet , est tellement confondu avec le paraptère (f) , qu'il faut bien ici faire abstraction de cette petite pièce. Ce bord offre deux facettes concaves ; la supé- rieure , assez étroite , loge le péritrème (or),- la seconde, plus étendue , se prolonge inférieurement sur le sternum , ainsi qu'il a été dit , et entre dans la confection des pa- rois du trou de la hanche. Le bord postérieur de l'épis- ternum soudé avec l'épimère s'en distingue très-bien. L'Epimère (k), dont la face externe regarde en avant et en bas , est plus étroit et plus court que la pièce pré- cédente. Il n'appuie pas sur le sternum , mais il s'ar- ticule avec la hanche par son extrémité inférieure , sans cependant descendre assez bas pour arrondir la circonfé- rence de son trou et l'emboîter, comme cela a lieu dans un grand nombre d'insectes. L'articulation de l'épimère avec la rotule se fait au moyen de la petite pièce que nous avons nommée tro- chantin (T), et qui dans cette espèce s'aperçoit facilement. L'épimère est joint par sou bord antérieur et par son sommet à l'épisternum. Son bord supérieur oblique de bas en haut , et de dehors en dedans , est contigu à l'élytre qui appuie sur lui. Enfin son bord postérieur formant un angle avec le bord précédent, est en rapport en haut avec l'épisternum du métathorax , et en bas avec le ster- num de ce même anneau. L'Entothorax (Ii) n'a point de tige , c'est-à-dire que les deux branches partent immédiatement de la face interne du sternum; éloignées l'une de l'autre dès leur nais- sance , elles marchent parallèlement et se dirigent ( 4^7 ) obliquement d'arrière ea avant, et de bas en haut. On ne remarque aucune trace d'apodème d'insertion sur la ligne où le sternum est joint àlépisternum, et où celui-ci se soude avec l'épiraère. C'est dans les insectes éminemment marcheurs qu'on devra étudier principalement les pièces de la poitrine, de même que pour avoir une connaissance exacte des par- ties du dos il faudra observer celles-ci daijs les insectes favorisés pour le vol. Les Coléoptères appartiennent émi- nemment à la première catégorie, et les Lépidoptères forment le type de la seconde. Les-Ortlioptères , les Hé- miptères, les Hyménoptères et les Diptères paraissent sous ce rapport intermédiaires entre ces deux ordres. L'examen de la poitrine ou du tergum devra par consé- quent être plus ou moins minutieux suivant qu'il s'agira de tel ou tel autre groupe. Le mésolhoraxdes Coléoptères par lequel nous avons débuté est un des anneaux de tronc où les pièces essentielles sont le plus visibles -, cette cir- constance est pour nous un motif de poursuivre l'étude des faits qui le concernent dans plusieurs autres espèces. Une fois la connaissance acquise de la position relative du sternum , de l'épisternum , du paraptère , de l'épimère et de l'entothorax, on pourra marcher hardiment dans le sentier de l'analogie et découvrir chacune de ces pièces, à travers les modifications innombrables qu'elles subissent. Les Charansons forment une famille très-naturelle, et la description que nous ferons d'une espèce s'applique- ra , à peu de choses près , à toutes. Dans la Calakdre palmiste , Curculio palmarum Linn., la poitrine du mésothorax est surtout remarquable parce qu'elle nous offre un fait singulier qui serait une anomalie (4^8 ) formelle si , aulieiide nous borner à dire que l'épimère n'a- bandonnait jamais la lianclie , nous avions posé en prin- cipe général qu'il eulre toujours comme partie consti- tuante de la cavité qui la contient. Dans la Calandre ce dernier rapport est inadmissible. Voici en eflet ce qu'on lemarque : Le sternum (h) présente postérieurement et sur la li- gne moyenne un prolongement échancré qui, après avoir passé entre les deux pâtes, gagne le sternum du méta- thorax et contracte adhérence avec lui. Outre cette écliaucrure on en voit de chaque côté deux autres très- profondes demi-circulaires qui, après avoir côtoyé les han- ches à leur côté interne , se continuent au-devant d'elles , puis se recourbent à leur côté externe et se dirigent enfin en arrière jusqu'aubordantérieur du sternum du métatho- rax , auquel elles se terminent. Si on a bien conçu cette dis- position que nos figures rendront d'ailleurs très-claire , on verra qu'il s'en suit naturellement que le bord posté- rieur du sternum du mésothorax constitue à lui seul la moitié de la circonférence du trou de la hanche, tandis que l'autre portion est formée par le sternum du raéta- thorax. On comprendra alors comment il arrive que l'épisternuin et l'épimère ne participent plus à for- mer la circonférence du trou qui contient la hanche ; je dirai même à l'égard de l'épimère , qu'il est éloigné de la hanche par l'épisternum lui-même. Nous avons décrit le bord postérieur du sternum -, il nous reste à étudier son bord antérieur et ses deux bords latéraux. Le bord antérieur est concave; il fait partie de l'orifice œsophagien antérieur. Les bords latéraux sont soudés très-intimement avec l'épisternum -, on remarque cependant à l'endroit où s'est opérée la jonction de ( 4^9 ) chacun d'eux, une ligne de soudure élroite", légère- ■ ment oblique de bas en liant et d'avant en arrière. Nous avons montré que le sternum, après avoir contourné extérieurement les hanches et s'être porté en arrière, atteignait dans ce dernier sens le métathorax. Les deux sortes de prolongement qui en résultent entou- rent de chaque côté la hanche et sont par conséquent un premier obstacle qui empêche l'épimère de pouvoir ar- river jusqu'au trou qui les contient. Il en existe un au- tre : l'épisternum (i), dont la forme est assez irrégulière, est soudé lui-même avec le sternum du métathorax, et s'oppose ainsi à ce que l'épimère descende jusq^i'au trou de la hanche. Voyons comment a lieu cet empêchement. Sans nous arrêter à la direction de l'épisternum qui oblique de bas en haut et d'avant en arrière, re- jette dans ce dernier sens toutes les pièces du tergum , et fournit une preuve remarquable de l'influence que la position des pièces exerce sur les parties voisines et sur l'individu tout f »tier ; sans nous arrêter, dis-je , à ces considérations importantes qui nous éloigneraient de la chose en question , nous distinguerons à l'épisternum (i) trois bords et trois angles : Le bord antérieur confondu avecleparaptère (f) forme les côtés de l'orifice oesophagien anléi^ieur. Le bord inférieur se soude aux bords latéraux du ster- num , et se distingue de celui-ci par la ligne oblique et étroite que nous avons signalée. Le bord postérieur oblique d'arrière en avant et de bas en haut est soudé avec l'épimère. Ces trois bords en se réunissant forment trois angles. Le supérieur qui se dirige en haut , en dedans et en ar rière, est obtus et s'articule avec les épidèmes articulaires ( 43o ) des élylres. Les deux autres angles sont inférieurs- Ce- lui qui est situé en avant est très-aigu et n'offre d'ailleurs rien de remarquable. Le postérieur nous intéresse da- vantage. Légèi^ement tronqué à son sommet, il se soude directement au sternum du mélalhorax , et ferme ainsi le passage à l'épimère qui , pour concourir à la forma- tion de la circonférence du trou de la hanche, devrait d'a- bord passer entre lui et le sternum du métatliorax. Mais supposons qu'il ail surmonté cette barrière, ne trouve- rait-il pas un nouvel obstacle dans le sternum du méso- thorax que nous avons dit envelopper de chaque côté les hanches? Si on penchait à conclure de tout ceci : Que l'épimère concourant ailleurs et très-souvent, à former la circonférence du trou de la hanche , présente ici un cas anomal-, nous rappellerions que la chose vraiment im- portante consiste dans ses connexions avec la hanche même, et que dans aucun cas il ne saurait l'abandon- ner. En effet l'épimère est-il chassé à une grande dis- tance du Ix'ou qui la contient? il conswve toujours avec elle les mêmes rapports. Il suffira de nous suivre et d'examiner nos dessins, pour se convaincre delà vérité d'une assertion aussi positive. Quant à l'épimère (k) il ressemble assez bien à un triangle dont la base serait tournée en haut et le som- met en bas. Le bord antérieur est convexe, il se soude avec l'épisternum. Le bord postérieur est légèrement concave et s'articule avec l'épisternum du métatliorax. Le bord supérieur qui est le moins étendu est en rapport avec le tergum 5 il se réunit en avant au bord antérieur et en arrière au bord postérieur, et constitue les deux angles de la base. L'angle inférieur ou le sommet du triangle résulte de la jonction des bords antérieur et (43i ) postérieur ; il est tronqué et soudé avec le slernum du métathorax qui offre un petit enfoncement pour le recevoir. S'il résulte de cet examen que l'épimère n'a aucun point de contact avec le trou de la hanche , il devient < urieux de savoir comment il se comporte pour ne pas abandonner cette dernière. Lorsqu'on considère extérieurement dans la Calandre palmiste , les hanches ou mieux les rotules du mésothorax , elles paraissent globuleuses ; mais si , ayant recours à la dissection, on enlève les flancs, on voit qu'elles ont une forme allongée et qu'elles remontent à l'intérieur jus- qu'à l'épimère qui s'articule alors avec leur sommet , comme cela a lieu partout ailleurs. L'épimère , quoiqu'éloigné à l'extérieur de la hanche, n'en conserve donc pas moins les mêmes rapports avec elle. Ce fait nous permet de poser en principe : Que l'é- pimère s'articulant nécessairement avec la hanche • ' celle-ci sera d'autant plus allongée qu'il se trouvera situé à une plus grande distance, et d'autant plus ar- rondie ou globuleuse , qu'il sera plus voisin d'elle • ce qui , au reste , se conçoit très-bien en réfléchissant , que dans le premier cas la hanche doit aller joindre l'é- pimère partout où il se trouve , et que dans le second c'est lui qui vient en quelque sorte à sa rencontre. Cet énoncé est parfaitement d'accord avec tout ce qu'on ob- serve. Dans le mésothorax du Dytique , par exemple , l'é- pimère est allongé et très-rapproché de la ligne moyenne du corps , les rotules sont par cela même , peu étendues et globuleuses ; dans le métathorax du même instecte, au contraire, les rotules ont pris un développement excessif et se sont étendues dans tous les sens, mais sur-tout trans- ( 432) versalemenl et de bas en liant, de manière à occuper en- tièrement les côtés jusqu'au dos de l'insecte ; il en est ré- sulté que l'épimère n'ayant pas eu besoin de se prolonger vers la ligne inférieure et moyenne du corps , est resté rudimentaire et tout près du dos. Quoi qu'il en soit, et pour ajouter encore quelque chose à ce fait singulier de l'articulation de la hanche avec l'é- pimère et du déjetlementde celui-ci hors de la cavité qui la contient, nous remarquerons que le Bupreste géant nous a offert un état intermédiaire entre ce qu'on voit d'une part dans la Calandre palmiste , et de l'autre dans certains insectes tels que le Dytique. Si on jette un coup- d'oeil sur le mésothoiax du Bupreste, on observera que son sternum ne se contourne pas en dehors du trou de la hanche et que l'épisternum ne se prolonge pas en arrière jusqu'au mélalhorax de manière à fermer ce trou -, mais qu'il laisse un intervalle qu'aurait pu rem- plir l'épimère s'il eût descendu plus bas , et qui est occu- pé par un prolongement de la hanche. Supposons main- tenant que l'épisternum et le sternum du mésothoràx se soient conlinués en arrière jusqu'au métathorax en occupant le petit intervalle qui existe là entre les deux segraens. N'est-il pas évident que, dans ce cas , la por- tion de la hanche, remplissant cet espace, serait cachée par l'acroissement de ces pièces, et que l'épimère relégué hors de la circonférence du trou qui la contient semble- rait en être éloigné extérieurement, mais qu'à l'inté- rieur il conserverait avec elle les mêmes rapports ; enfin ne se produirait-il pas ce que nous observons dans la Ca- landre palmiste P ( La suite dans un pfochain numéro. ) C 433 ) Note .sur l'Histoire naturelle de Terre-Neuve, extrait d'une lettre de M. Cornack. L'intérieur de la grande île de Terre-Neuve est jusqu'à présent l'un des points les moins connus du globe , sous le rapport de sa géographie physique et de l'hisloire de ses productions ; aucun voyageur instruit ne l'avait encore parcouru, et de nombreux obstacles, produits tant par les causes physiques que par la haine des Indiens qui l'habitent pour les Européens, s'étaient opposés jusqu'à ce jour à ce qu'on l'explorât. Le voyageur dont nous ex- trayons les notes suivantes, a été plus heurenx, il a tra- versé entièrement cette île de l'est à l'ouest, dans sa plus grande largeur ; c'est-à-dire de la baie de la Trinité à la baie Saint-George. Une carte sur laquelle il a tracé sa route et les lacs nombreux qu'il a rencontrés , accom- pagne sa relation , il y a indiqué avec soin la nature des roches (i) qui se sont présentées successivement à son examen. Ce voyage d'environ quatre-vingts lieues en ligne directe , a duré depuis les premiers jours de septembre jusqu'au commencement de novembre. M. Cormack n'é- tait accompagné que par un seul Indien Micmac , et les difficultés qu'il a éprouvées dépendaient surtout de la quantité de lacs qu'il a dû. contourner , et de la neige épaisse qui commença à tomber dès le i5 octobre. Ces lacs, d'après l'auteur, couvrent environ un tiers de la superficie de l'île ; à en juger par la carte qui accompagne sa relation , la côte méridionale et la côte orientale com- (i) Ces roclies ont été déterminées par le professeur Jameson , à Edimbourg, d'après les échantillons envoyés par l'auteur. ( 434 ) munîqueraieut eulre elles clans plusiouis points , par des successions non interrompvies de rivières et de lacs. Presque tout le pays que ce voyageur a traversé paraît composé de roclies primitives ou de transition : ce sont principalement des Granités, des Syenites, des Micaschis- tes, des Porphyres, des Schistes argileux, etc. Dans quel- ques points seulement , on observe des Grès secondaires qui paraissent appartenir à la formation houillère ou au Grès rouge-, on y remarque même, dans quelques endroits, des indices de charbon de terre ; vers le centre de l'Ile, près des lacs que l'auteur a nommés lac de Serpentine et lac Jameson j on rencontre plusieurs rangs de colline de Serpentine. Ces roches présentent dans ce lieu des va- riétés nombreuses et très-belles : presque toute la partie occidentale de l'Ile est granitique. Cependant en appro- chant de la côte près de la baie Saint-George, les terrains deviennent très-variés et fort iutéressans : à quelques lieues au sud de cette baie , sur la rivière Barrasway du sud, on trouve de la Houille de très-bonne qualité ; au nord de cette rivière on rencontre plusieurs sources salées et une source sulfureuse 5 enfin auprès de cette même baie on observe une formation gypseuse qui s'étend à quelques milles dans l'intérieur du pays. Le sol de cette île est en général très-mauvais , il est très-humide dans les parties basses , tandis qu'il est nu et aride sur. les sommets j les bords de la mer près de l'embouchure des rivières , sont seuls un peu plus fertiles et susceptibles de culture. La moitié orientale de l'île est basse et boisée 5 elle est traversée du nord au sud par plusieurs rangées de col- lines peu élevées , son aspect est très-pittoresque. La partie occidentale est montueuse , inégale , aride ( 435 ) et souvient dépourvue de bois ^ mais ces montagnes n'af- fectent aucune direction particulière ; les rivières et les lacs ont beaucoup plus d'étendue dans cette partie de nie que dans la partie orientale. La végétation de l'intérieur de Terre-Neuve ne pré- sente pas beaucoup d'intérêt , surtout lorsqu'on a déjà examiné le pays voisin des côtes. Celte ile est cependant assez riche en plantes, surtout en petits arbustes. Les parties actuellement dénudées paraissent avoir été an- ciennement boisées 5 des racines et des troncs d'arbres d'une grandeur supérieure à ceux qu'on rencontre main- tenant dans ce pays, se trouvent sous la surface du sol. Ils ont évidemment été détruits par le feu. Les Sapins , les Melèses et les Bouleaux composent presque tous les bois ; les Pins sont rares et en général si rabougris qu'ils ne fournissent que de mauvais bois de constiuction. On y voit aussi quelques Frênes de montagne (Mon- tain-Ash), Les parties occidentales de l'île étant peu couvertes de bois, nourrissent de nombreux troupeaux de Cariibou , espèce, de cerf voisine du renne , et propre à cette parlie de l'Amérique. On rencontre ces animaux par milliers, de sorte que le pays en parait quelquefois couvert-, pendant l'hiver ils émigrent dans les parties orientales et boisées , et ne reviennent dans les prairies de l'exliémité occidentale de l'île, qu'au commencement du printemps ; leur chair forme presque la seule nour- riture des Indiens. Les Castors étaient autrefois en grand nombre dans les parties boisées, et on les re- trouve encore en quantité dans quelques portions de l'île. Les autres animaux sauvages sont très-peu nombreux, excepté les Renards. Les Oies , les Canards, les Mouettes et autres oiseaux d'eau de passage , sont très-abondans 28' ( 436 ) dans les lacs de rinlérieur. Mais ils les abandonnent aussitôt qu'ils sont gtlés, pour se rapprocher des côtes. (Edimb. Philos., journ. , jani'. 1824. ) Observations sur les prétendus Osselets de l^ouïe trouvés par Ernest-Henri Weber, professeur d'anatomie comparée à Leipzick. Par m. E. Geoffroy Saint-Hilaire. (Lu à la Société d'Histoire naturelle de Paris , séance du 5 mars 1824-) M. Weber s'est occupé de rédiger un ouvrage sur l'oreille des animaux , dont il a déjà fait paraître une première partie , la portion qui est relative à l'oreille des animaux aquatiques, sous le titre : de Aure anima- lium aquatilium; Lipsiœ , 1820. Un des bulletins de la Société Philomatique , année 1821 , page 118, a donné tontes les propositions nouvelles de M. Weber, La plus importante, du moins par rapport à moi et à mes travaux de détermination, est relative à la découverte de certains osselets situés chez la Carpe hors du crâne. M. Weber les nomme étrîer, enclume et marteau. Le bulletin de la Société Philomatique donne comme une heureuse idée de l'auteur allemand , d'avoir attribué ces pièces à la vessie natatoire , et d'avoir en outre considéré ce même appareil comme une dépendance de l'ouïe. L'article du bulletin fait encore connaître que la pointe du marteau adhère contamment à la partie supérieure de la vessie natatoire. Je montre à la société les petits osselets découverts par M. Weber. Si ce sont là le marteau, l'enclume et l'éuier, la conséquence naturelle de ces idées d'analogie ( 437 ) est que je me suis trompé, lorsque j'ai donné ces pièces comme trouvant ailleurs leurs analogues, c'est-à-dire lors- que je les ai déclarées déterminées en leur appliquant le nom des pièces de l'oreille. Je n'ai point dû donner mes énoncés généraux sur le crâne et surtout les présenter comme définitifs à l'égard de tous les êtres , ainsi que je l'ai fait le aS février dernier à l'Académie des Sciences , et comme je crois toujours l'avoir judicieusement établi dans mon tableau lithographie (i), embrassant toutes les existences quant (i) Tableau portant pour titre: Composition de la tête osseuse chez rifoninie et les Animaux , trounée semblable .en nombre, connexions et application usuelle de ses parties. Il aocompagnait un Mémoire que j'ai communique' à l'Académie des sciences le même jour, 23 févrit-r. Je détache de ce travail les faits qui se lient à la question traitée dans ce petit écrit. L'aile temporale forme chez les Poissons une partie séparée du crâne dont toutes les pièces , ailleurs restreintes au plus petit volume , sont au contraire portées chez les Poissons au maximum de composi- tion. C'est ce que je pense en efl'et des deux parties du cadre du tj-m- pan et des osselets de l'ouïe, osselets ainsi nommés dans l'Homme, où ils furent d'abord observés. J'ai fait figurer cette aile temporale, prise chez le Brochet et chez le Mérou, en deux parties et dans deux ou- vrages diflérens: i" dans le premier atlas de ma Philosophie anatomi- que, pi. I ; t-t 2° dans le neuvième volume des Mémoires du Muséum d'Histoire-Naturelle. Mon allas montre quatre pièces pour l'opercule j il n'en existe véritablement que trois : les parties Z et e n'en forment qu'une seule, qui avait été vue aciddentellement rompue. J'applique le nom de Stapéal ou étrier à la pièce o; d'incénloa enclume à l'inférieure notée le; et celui de Mallcal, ou marteau, à l'antérieure rit. Cet ensem- ble de parties, qui compose l'opercule des Poissons, est articulé avec le surplus de l'aile temporale, fig. et Mém. cités, t. 9, pi, vt, Og. 9 et 8. Je suis ces pièces d'arrière en avant. La première, lett. ;;., est le tympa- nal analogue au petit filet circulaire du cadre du tympan ; la deuxième r , est le serrial analogue à la grosse tubérosité du même cailre. J'ai déjà ( 438) au nombre et quant à toutes les modifications des os crâniens , je n'ai , dis-je , point dû me prononcer sur ces faits , sans avoir revu les travaux de M. Weber. J'ai assez long-temps laissé agir toutes les insinuations de la rivalité , et il doit m'être sans doute aujourd'hui per- mis de dire ce que je pense du travail de ce savant anatomiste. M. Weber, qui a réellement découvert chez la Carpe un mode d'association inaccoutumé et vraiment fort curieux d'osselets , n'a cependant , selon moi du moins , nullement procédé quant à la détermination de ces pièces avec la pliilosophie et la logique qu'on ne peut se dispenser d'apporter, quand on se propose de i^endre de pareils jugemens. Il ne connaissait point le système osseux de la Carpe , puisqu'il déclare lui-même adopter publie le fait de cette séparation du cercle auditif rn deux pièces; j'ai consacré celte découverte, faite chez Thomme par M. Serres, en y at- tachant le nom de l'inventeur. Une pièce de l'Hyoïde j , ou le Stylhyal, est articulée avec leserriat ; en arrière est une autre pièce t , VAdorbital, analogue à la portion orbitaire du naaxillaire snpe'rieur; au-dessus de celle-ci est le cotyleal c; c'est la portion analogue chez l'Homme à l'arc osseux posé sur le rocher, et sous lequel passe la carotide interne pour pénétrer dans le crâne. Les deux autres pièces , l'une en dehors , u , et l'autre eu dedans, cl, sont, celle-là Vadgustaf., et celle-ci l'/jens- séal. Ce sont les noms nouveaux que je donne à deux pièces, dont la détermination appartient à M. Cuvier;radguslal répondant à l'apophyse ptérigoïde externe , et Ihérisst'al à l'apophyse ptérigoïde interne. Au contraire , je ne suis point de son sentiment à l'cgarJ des pièces posté- rieures t, c,r : M. Cuvier nomme Jiigal t, ou l'adorbital ; il nomme caisse c, ou le cotyleal, et temporal r, ou le serrial. Le jugal et le tempo- ral, existent, suivant moi, au-dessus : le temporal est soudé au crâne. M. Cuvier a créé, pour les dénommer, les noms de sous-orhilaire et de mastoïdien. Il n'y a , du moins c'est mon sentiment , nulle part de sous- orbitaire, ni de mastoïdien; et j'ajoute, ni de frontal antérieur ni de frontal postérieur , ni d'inlerpariétal. (439) de confiance, quant au crâne de celte espèce, le travail de Bojanus : ainsi ce n'est point à Végard d'os voisins qu^il connaît très-exactement qu'il juge les antres pièces de- venues pour lui les petits os de l'oreille des Mammifères : c'est donc une détermination faite à priori, et tasée sur quelque ressemblance dans la forme et la dimension des parties ; bien mieux , l'auteur semble ignorer qu'il n'est point là sur des considérations , du moins dans son point de vue, propres à tous les Poissons-, et en eflet, hors les genres C/prinus, Siluinis el Cobitis , rien de ce qu'il a vu, et comme il l'a vu sur la Carpe n'existe ailleurs. Je reviens sur les pièces que M. Weber a découvertes chez la Carpe et dans tous ses congénères, et je les trouve chez tous les Poissons ; mais non plus avec les condi- tions d'indépendance et de relations qu'elles ont acquises par suite de leur extension du côté de la vessie nata- toire. Où sont tovites ces pièces? derrière et dehors le ci'âne. Où sont-elles posées -, car c'est à mon principe des connexions à me diriger sur leur détermination.^ Je les vois sur les flancs des trois premières vertèbres : et cette observation faite me porte au pressentiment que ce sont des branches vertébrales. Je les étudie plus spécialement et je ne vois toujours là, on que des périaux ou que des épiaux (i) de la première , de la seconde et (i) Ces noms sont définis dans mes Connileration.i générales sur la yerlèbrc ( l^. Mém. cités; t. 9, p. 89). J'ai donné dans ce trav.iil les conditions générales de toute vertèbre, que je trouve partout composée de neuf pièces, savoir: une centrale, Ou le corps vertébral {cydcal), et quatre pièces en dessus; savoir : les branches pour enceiodre le système médullaire (deux périaux et deux épiaux); et quatre pièces on des- sous; ou les autres branches vertébrales pour le système sanguin (deux paraaux el deux cataaux). ( 44o ) de la troisième vertèbre. Ces branches vertébrales sont alors dans toute la classe des Poissons , car elles ne dif- fèrent de ce qui est partout ailleurs que parce qu'elles se trouvent cliez les Cyprins en liaison avec la vessie natatoire. Mais les mouvemens de celle-ci sont précisé- ment ce qui les a privées du repos nécessaire à leur ossification définitive, soit entre elles, soit avec le corps vertébral. Voilà donc tout le mystère, voilà l'unique fait nouveau concernant ces petits osselets ; ainsi il n'y a plus là de marteau , d'étrier, ni d'enclume , et mon an- cienne détermination , si d'ailleurs elle est fondée sur des motifs a\érés, peut rester toujours acquise aux os de l'opercule. Notice sur la Puce irritante. Par m. Defrance. QuoiQtJE les puces soient des insectes fort com- muns , il reste peut-être beaucoup de choses à connaître à leur égard. L'on sait que de leurs œufs il sort des larves qui filent des coques soyeuses dans lesquelles elles se changent en nymphes et ensuite en insectes parfaits. Lorsque l'on ouvre des femelles prêtes à pondre on trouve dans leurs corps huit à douze œufs oblongs , blancs , arrondis et d'égale grosseur aux deux bouts. Quand ils viennent d'être pondus ils sont lisses , secs , et coulent comme des globules de mercure, cherchant , au moindre mouvement , les lieux plus bas et les fentes où les larves pourront se trouver proté- gées. Si l'on veut se convaincre de ces faits il suffit de visiter , pendant l'été surtout , un fauteuil sur lequel ( 44» ) un chien ou un chat se sera reposé 5 on y trouvera beau- coup d'œufs que ces insectes ont pondus en se plaçant entre l'animal et le corps sur lequel il était couché. Si ces insectes n'étaient pas aussi nuisibles qu'ils le sont, l'on pourrait avoir quelque inquiétude sur le sort de la larve sangumwore qui doit sortir d'un oeuf ainsi abandonné au hasard -, mais la nature a pourvu à la con- servation de toutes les espèces , même de celles qui peu- vent nous nuire. Avec les oeufs on trouve des grains noirs presque aussi roulans qu'eux qui proviennent de l'animal qui a servi de pâture à l'insecte , et qui doi- vent être dévorés par les larves. Jusqu'à présent l'on a pris ces petits coi^ps pour les excrémens des puces -, mais il y a bien des raisons de douter qu'ils aient cette origine. Ils ne sont autre chose que du sang desséché , qui reprend sur-le-champ sa li- quidité , si on lui restitue l'eau qu'il a perdue. Si c'était des excrémens et le résidu de matières digérées , ils auraient une forme régulière , et il semble qu'ils ne pré- senteraient pas une matière aussi disposée à se dissoudre et à reprendre la couleur du sang. D'ailleurs , leur gros- seur est telle qu'elle ne pourrait convenir à l'organe par lequel ils seraient rejetés par un aussi petit insecte. Ces grains affectent différentes formes. Les uns sont icségulièrement arrondis, mais ordinairement ils sont cyhndriqxies et luisans ; quelques-uns qui sont contournés sur eux-mêmes et discoïdes, seraient plus longs que l'insecte lui-même s'ils étaient déroulés. Quand ils n'auraient pas tous ces caractères , qui pa- raissent ne pouvoir convenir à des excrémens, avant pu vérifier que ces corps sont dévorés avec avidité par les larves et qu'ils leur servent de nourriture , il semble ( 440 que ce fait seul pourrait suffire pour penser qu'ils n'ont pas cette origine , car on ne voit pas que des animaux se nourrissent des excrémens de ceux qui les ont procréés. Il reste à découvrir et à expliquer comment ce sang desséché peut se présenter pour la nourriture des larves sans provenir du corps des puces ; mais quoique ce qui se passe à cet égard soit extrêmement fréquent , per- sonne , peut - être , n'a été à portée de l'observer. Je hasarderai cette conjecture : c'est que dans certains cas les puces , et peut-être les femelles exclusivement , au- raient la faculté d'ouvrir la peau non -seulement pour se nourrir du sang qu'elles peuvent pomper, mais en- core d'y faire ( comme les sangsues ) une blessure qui le laisserait couler pendant un certain temps ; ce sang , fluide en sortant de la peau , se dessécherait prompte- ment par la chaleur de l'animal à mesure qu'il décou- lerait de la blessure , et ce serait là la cause de la forme de ceux de ces grains qui sont contournés sur eux- mêmes. Ce qui viendrait appuyer cette conjecture , c'est qu'on ne trouve ce sang desséché et calibré que dans les poils des animaux qui l'ont fourni , et dans les endroits où ils ont reposé , quoique les insectes se rencontrent ailleurs. S'ils provenaient des excrémens des insectes , on en trouverait partout où ces derniers auraient habité , et c'est ce que l'on ne voit pas. Quand ils attaquentla peau des hommes, on remarque quelque- fois des taches du sang qui a dû découler d'une plaie , mais non des grains calibrés. Le 22 août j'ai ramassé des œufs pondus du même jotir, et ils sont éclos cinq jours après. Ayant nourri les petites larves avec le sang desséché que j'avais trouvé avec les œufs , j'ai remarqué qu'elles marchent fort vile (443 ) en élevant la tête, el après l'avoir avancée elles atti- raient leur corps ; mais elles ne pouvaient s'élever contre les parois de la boite. Je n'ai jamais trouvé ces larves ni leur coque sur les animaux qui servent de pâture à l'insecte parfait 5 et n'ayant pas , comme ce dernier, une forme et une peau ferme qui puissent les protéger, il est exrêmement pro- bable qu'elles doivent s'y trouver bien rarement. Je leur ai présenté des mouches , quelques-unes ont paru vou- loir se nourrir de la substance qui se présentait aux en- droits où les ailes avaient été arrachées ou aux fentes du corselet qui avait été un peu écrasé ; mais elles ne les auraient pas attaquées sans ces sortes de blessures. Leur corps transparent laisse voir la nonrriture qu'elles ont avalée. Le 9 septembre elles ont commencé à filer des co- ques ; mais avant de le faire elles ont attendu , comme le font les chenilles , et probablement toutes les larves, que tout ce qu'elles avaient mangé fût sorti de leur corps -, et, dans cet état , elles étaient blanches et lout- à-fait transparentes. Les nymphes qui présentent les pâtes collées contre le corps ont beaucoup de rapports dans leur forme avec les insectes parfiiits ; et ceux-ci percèrent leur coque seize jours après qu'elle eut été formée. La précaution que prennent certaines personnes de baigner les animaux pour les débarrasser de ces insec- tes est bien inutile , puisque ceux que j'ai tenus dans l'eau pendant vingt-deux heures , ont repris la vie après en avoir été retirés ; les femelles pleines d'œufs ont péri à cette épreuve , mais elles ont subi jusqu'à douze heures d'immersion sans périr. ( 444 ) îioTE sur le dégagement d'un gaz ammoniacal pen- dant la végétation du Cheno podium Vulvaria. C'est un des phénomènes les plus piquans de la phy- siologie végétale que le fait bien connu des mouvemens continuels de certains fluides aériformes dans l'intérieur de leurs organes. Une observation d'un haut intérêt vient d'être ajoutée par M. Chevallier, à celles que nous possédons déjà sur cette matière. Il avait annoncé, con- jointement avec M. Lassaigne, l'existence du sous-car- bonate d'Ammoniaque, tout formé dans les feuilles du Chenopodium vulvaria , et cette assertion avait éprouvé quelque difl&culté à passer dans la science, comme fait, et véritablement on ne voit pas trop pourquoi. Cepen- dant il faut se féliciter de la controverse qui en est ré- sultée puisqu'elle a conduit M. Chevallier à la décou- verte d'un fait bien autrement curieux que le précédent. Ce n'est plus maintenant un sel ammoniacal faisant partie des feuilles comme tint d'autres matières salines , c'est une exhalation continuelle d'Ammoniaque libre qui aurait lieu pendaîit la vie de celte plante. Certaine- ment ce premier fait , jusqu'à présent isolé , ouvre une mine liche en résultats importans , et l'on ne peut s'em- pêcher de le rapprocher des idées ingénieuses de M. Ro- biquet sur l'Arôme. Nous ferons observer d'ailleurs que c'est pour la première fois qu'on a observé dans les vé- gétaux l'exhalation d'un gaz contenant de l'azote , et la '^tcililé avec laquelle l'Ammoniaque abandonne ce prin- cipe , pourrait peut-être faire mieux concevoir la forma- lion des produits azotés du règne végétal dont on cher- (445 ) chait plutôt la source jusqu'à présent, dans l'air atmos- phérique et dans les Nitrates ou les Nitrites , qui peuvent se rencontrer dans les terres. Nous rapporterons tex- tuellement l'observation de M. Chevallier : « Voulant obtenir l'acali volatil de la Vulvaire sans employer l'ac- tion du feu , et par-là éviter des objections qu'on eût pu me faire , j'ai placé dans un grand pot à fleur une motte de terre contenant deux pieds de Chenopodium. Quand je fus assuré que cette transplantation n'avait en rien influé sur la vitalité du végétal , je plaçai sur le pot un entonnoir de verre, et je lutai le tout de manière que la vapeur qui se se dégage continuellement de la Vulvaire, fût obligée de passer par la partie supérieure de l'entonnoir. J'adaptai à cette partie supérieure un tube qui allait se rendre dans un flacon contenant de l'acide hydrochlorique étendu d'eau. Toute communication avec l'air extérieur était d'ailleurs inteirompue par un second tube plongeant dans l'eau. A peine le premier fut-il en présence de l'acide hydrochlorique que des vapeurs blanches se firent apercevoir et se répandirent à la sur- face du liquide où elles disparaissaient. Ce dégagement étant très-fort , le soir du jour même je fis l'analyse du liquide, et je trouvai qu'il contenait de l'hydro-chlorate d'Ammoniaque. Je répétai plusieurs jours de suite la même expérience qui toujours me donna les mêmes résultats. » D'après cette expérience, je crois pouvoir être con- vaincu que le Chenopodium Vulvaria laisse dégager spontanément de l'Ammoniaque libre pendant l'acte de la végétation. » J'ai reconnu d'ailleurs, il y a quelques années, conjoin- tement avec M. Boullay, qu'un grand nombre de fleurs. ( 446 ) même de celles dont l'odeur est très-agréable, laissent dégager spontanément du gaz Ammoniaque. » On ne peut s'eni pêcher de lecommander cette obser- vation à l'attention des personnes qui s'occupent de phy- siologie végétale. Et puisque M. Chevallier a été assez heureux pour découvrir cet important phénomène, il serait bien à désirer qu'il poussât plus loin ses recherches et qu'il les dirigeât vers l'influenee que les rayons so- laires peuvent excercer sur ce dégagement , en ayant soin , bien entendu , d'exclure la terre végétale, dont la présence peut troubler les résultats. Extrait d'une lettre de M. Berzelius, du 17 février 1824. J'ai analysé l'Uranite d'Autun , et le résultat raisonné de mon analyse, diffère de celui de M. Laugier. Oxide d'urane 59,4q Chaux 5, go Baryte i,55 Magnésie 0,20 Acide phosphoiique v i5,02 Eau ; i4,33 Trace d'Ammoniaque et d'acide fluorique, gangue. 2,5o Total 98190 L'uranite est composé de sous-phosphate de chaux et de sous-pliosphated'oxide d'urane, dans un tel rapport que le j dernier contient le double d'oxigène et d'acide en cojn-S paraison du premier. — J'ai aussi analysé celui de Cor- ( 447 ) nouaillos. Il est composé de manière que l'oxide de cuivre remplace la chaux et la baryte de celui d'Autun. C'est donc un sous-plaospliate double de cuivre et d'u- rane qui a la même forme cristalline que celui de chaux et d'iirane , puisque la chaux et l'oxide d'urane sont isomorphes d'après M. Mitscherlich. J'ai proposé pour celui de Cornouailles le nom de Chalcolilhe , qui lui était donné par Werner, pour le distinguer de l'uranite d'Autun. Note sur le feuillage des Cliffortia. Par m. De Candolle. Le feuillage des jolis arbustes du cap de Bonne-Espé- rance, auxquels Linné a donné le nom de Cliffortia, présente des bizarreries remarquables 5 il a été décrit jusqu'ici d'ime manière fort incorrecte, tandis qu'en le considérant sous le point de vue que j'ai exposé dans la Théorie élémentaire ( éd. 2 , §81-110), il devient fort clair, et présente un exemple piquant de l'application des lois combinées de l'adhérence et de l'avortement ou non développement des organes végétaux. Les auteurs systématiques divisent les Cliffortia en es- pèces à feuilles alternes fasciculées , ou opposées, mais elles ont toutes les feuilles alternes ; on a^nommé fasci- culées celles à trois folioles bien distinctes , et qui ont en outre de petites feuilles qui naissent à l'aisselle des feuil- les ordinaires ; on a nommé opposées celles qui ont en eftet deux lames appliquées l'une contre 1 autre , mais sans faire attention que ces lames partent du même point de la tige , ce qui n'a jamais lieu dans les feuilles véri- ( 448 ) tablement opposées. Puisque ces termes sont fondés sur de simples apparences , examinons la réalité des carac- tères. Les CllfTortia appartiennent à la famille des Rosa- cées et à la tribu des Sanguisorbées ^ comme la plupart de leurs analogues , elles ont des feuilles alternes à pé- tiole court, munies à leur base de deux stipules adhé- rentes au pétiole, et formées de trois folioles tantôt li- bres tantôt soudées ensemble , tantôt égales tantôt iné- gales entre elles. Elles présentent cinq combinaisons, qui me servent à diviser le genre en cinq sections très- naturelles. 1°. Dans les Clifforties que je nomme Multinetves , on trouve des feuilles en apparence simples portant à leurs côtés deux stipules , munies à leur base de plu- 1 sieurs nervures saillantes , et divisées vers le sommet en trois lobes aigus et inégaux. Ce sont des espèces où les , trois folioles sont soudées en une jusque près des som- 1 mets 5 les nervures propres de chaque foliole sont visi- bles à la base : les parties non soudées des folioles for- ment les trois pointes , et les stipules sont visibles aux deux côtés vers la base. Cette organisation se trouve dans les Cliffortia ilicifolia Lin., cordifolia Lam. , et ruscifolia Lin., où je l'ai observée, et paraît exister aussi, d'après les descriptions, dans le C. hidendata Willd. 2°. Les Clifforties que j'appelle Dichoptères ressem- blent en apparence aux précédentes, et semblent com- me elles avoir des feuilles simples à une seule nervure et des stipules biQdes , mais la réaliié est bien difle- rente; ici, ce qui semble la feuille n'est autre chose que la foliole du milieu, qui est grande et bien développée; ce qui semble une stipule bifide est composé de la sou ( 449 ) Jure incomplèle des stipules proprement dites, avec les folioles latérales de la feuille. J'ai observé celte organi- sation dans le C. cuneata d^ Alton , et j'ai lieu de croire, d'après les descriptions , qu'elle existe de même dans les C. odorata, serrata, ferruginea , et probablement dans le C. graminea de Linné fils. La 3* section , celle des Clifl'orties à feuilles menues (Tenuîfoliœ), répond à peu près aux Clifïbrties fasci- , culées des auteurs. Les feuilles, lorsqu'elles sont bien développées, présentent trois folioles grêles, oblongues, linéaires ou en alêne-, les deux latérales sont quelque- fois plus courtes que celles du milieu , mais de nature et de forme semblables -, les stipules sont simples , or- dinairement distinctes entre elles , mais soudées ensem- ble dans le C slrohilifera\ les feuilles de la tige avor- tent fréquemment dans cette section , et il ne reste alors que les stipules , à l'aîsselle desquelles se développent des faisceaux de petites feuilles , pliénomène analogue à ce qui se passe dans l'épine-vinette. J'ai observé ce mode de foliation dans les Cliffortia strobilifera , juniperîna , saimentosa et falcata de Linné ^ il est probable, d'après les descriptions, qu'il se rencontre aussi dans les C. eri- cœfolia, te rétif olia eljilifolia, qui peut-être ne sont pas sufl&samment distinguées entre elles. Les ClitTorlies à larges feuilles (Latifoliœ) forment la quatrième section ; elles offrent trois folioles ovales ou en cœur renversé^ bien distinctes, souvent dissembla- bles de façon que les latérales qui sont les plus petites semblent être des stipules: mais les vraies stipules exis- tent au-dessous , de sorte qu'on ne peut les confondre. Cette section représente avec le moins d'aberi\'ition pos- sible l'état normal des Cliffortia. J'en ai observé les 6^ 1. 29 ( 45o ) ternala et obcordain, et j'y rapporte sans aucun doute , d'après les descriptions , les C. trifoliata de Linné, obli- cjua de Sprengel , et dentata de Willdenow. Enfin la cinquième section , celle des Clifforties à deux folioles (Bifoliolœ), correspond aux Clifforiies à feuilles opposées -, on y remarque de très-petites stipules et des feuilles sessiles qui ont les deux folioles latérales grandes, arrondies et appliquées l'une contre l'antre : mais la foliole impaire ou terminale manque tout-à-fait. C'est ce que j'ai observé dans le C. pulchella, et ce que je crois exister dans les C. crenûta et cinerea\, mais ces deux dernières sont décrites de manière â laisser du doute sur leur vraie organisation. Outre l'avantage de classer ainsi les espèces de Clif- forties en sections claires et naturelles , on trouvera peut-être dans ces faits et un exemple curieux du jeu des adhérences et des avorteméns ^ et un indice que ce que nous appelons feuilles simples pourrait bien réelle- ment être des feuilles dont toutes les parties sont inti- mement soudées ensemble , tandis^que ce que nous nommons feuilles composées sont celles dont les folioles restent distinctes les unes des autres. Je me propose de revenir sur cette question générale , en l'éclairant par quelques autres exeïnples. Essai sur la constitution géognostique des Pyrénées. Par J. De Charpentier. Ouvrage couronné par Tlastitut royal de France (i). Dans la première partie de son ouvrage l'auteur exa^ ' (i) A Paris, chezLevrault , rue des Fossés-M.-le-Prince, n, 19 (7j5i ) mine la slruclure physique extérieure des Pyrénées , fait conuaitre successivement l'étendue de cette chaîne, la forme qu'elle présente, ses vallées avec leurs lacs et les cirques remarquables appelés ouïes qui se trouvent à la naissance de plusieurs , ses sommets les plus éle- vés, ses cols ou ports, ses glaciers, etc. La seconde partie est consacrée à un aperçu général sur la nature et la disposition des divers terrains dont les Pyrénées sont composées. « Les masses minérales qui composent la » charpente des Pyrénées, dil-il en la commençant, pa- » raissent appartenir toutes à la classe de roches que )) l'on désigne communément sous le nom de roches nep- » tuniennes. » On n'a jamais trouvé dans ces montagnes de roches » volcaniques , ni aucune substance minérale dont la » nature ait été changée par l'ftclion des feux souterrains. » Les basaltes même, qui sont si répandus dans certains » pays, et dont l'origine ignée a donné lieu à tant de » discussions, ne s'y rencontrent point. Cependant on » trouve dans ces montagnes de grands dépôts de roches )) amphiboliques modernes, dont le mode de formation » nous paraît encore extrêmement équivoque ; et nous » ne croyons pas que dans l'état actuel de nos connais- )) sances géologiques on puisse rien décider sur leur ori- )> gine. » Les divers terrains qui composent les Pyré- nées forment des bandes parallèles à la direction géné- rale de la chaîne cpù est en tnéme temps la direction la plus ordinaire de leurs strates. L'inclinaison de ces der- nières est extrêmement variable. Il n'y a que le terrain de trapp secondaire qui échappe à ces lois. « Ce singulier » terrain ne forme pas précisément des bandes comme » les autres roches des Pyrénées , mais des monticules 29* ( 45^- ) » ou masses isolées , placées en général vers le pied de » la chaîne et à l'entrée des vallées. » Cette partie se termine par l'exposition des idées de l'auteur sur le mode de foi'mation et la forme originelle des Pyrénées et sur les dégradations qui ont produit leur forme actuelle. Elle est ornée d'une planche qui repré- sente ces divers objets. La troisième partie dont la seconde forme en quel- que sorte l'introduction , et qui constitue à elle seule plus des deux tiers du volume, « contient la description » détaillée des différentes espèces de terrains qui consti- » tuent les Pyrénées. » L'auteur les divise en trois classes, le terrain primitif, le terrain intermédiaire et les terrains secondaires. Le terrain primitif des Pyrénées , extrêmement simple dans sa com- position, consiste principalement en Granité , en Schiste micacé et en Calcaire ; le Granité est la roche dominante, et avec celles qui lui sont subordonnées il foi^me peut-être les huit dixièmes de ce terrain. Après lui vient le Schiste micacé qui dans les Pyrénées est identique avec le Schiste argileux et le Schiste talqueux. Il n'y a pas dans cette chaîne de formation indépendante de Gneiss, mais cette roche se trouve fréquemment subordonnée ou asso- ciée aux parties supérieures du Granité. Quelques-unes de ces associations présentent des apparences très-re- marquables. Le Gneiss semble former d'énormes frag- mens anguleux au milieu du Granité. Le Granité des Pyrénées se distingue de celui de beau- coup d'autres contrées en ce que le Mica passe générale- ment à l'état de Talc. Il présente un grand nombre de couches subordonnées parmi lesquelles on distingue des couches de Calcaire grenu passant quelquefois au Cal- ( 453 ) caire compacte. D'après les passages qu'il oiTre et les mé- langes qu'il contient , ce Granité paraît se rapporter au moins ancien des Granités primitifs. M. de Charpentier ne repousse même pas l'idée qu'il pourrait appartenir à l'époque intermédiaire. Il dit lui-même qu'il s'est formé sur ces roches des idées analogues à celles que M. Bro- chant de Villiers a émises sur les roches Granitoïdes des Alpes. La formation du terrain de Schiste micacé paraît avoir suivi immédiatement celle du Granité, et on observe même un passage de l'une de ces roches à l'autre. Ce terrain est composé de Schiste micacé, de Schiste argileux et de Schiste talqueux , et renferme des couches de Calcaire , de Quarz , d'Amphibole , de Graphite , de Granité , de Grunstein commun , de Grunstein à base de Porphyre , et de feldspath compacte. Le Ti'app primitif subordonné au Schiste micacé et le Calcaire avec lequel il alterne fréquemment sont les deux roches des Pyrénées dans lesquelles on observe le plus grand nombre de minéraux étrangers et d'espèces peu com- munes. Il y a peu de contrées qui dans un espace aussi borné que celui que ce terrain occupe dans les montagnes qui environnent Barèges , offrent un aussi grand nombre d'espèces minérales. M. de Charpentier n'élève aucun doute sur l'origine neptunienne de ceTrapp. Le Calcaire qu'on trouve intercalé dans le Granité et dans le Schiste micacé des Pyrénées forme un des traits les plus mar- quans de ces terrains. M. de Charpentier cite entre au- tres dans les parties supérieures du Granité , qui en ce point passe en (jnciss , une couche Calcaire de quinze toises d'épaisseur qui présente de petites couches su- bordonnées de Granité et de Gneiss et qu'on peut suivre ( 454 ) sur une longueur de plusieurs lieues. Il décrit parmi les terrains primitifs une formation de Calcaire le plus sou- vent saccharoidc , et qui , tant par ce caractère que par les minéraux accidentels qu'il contient , présente de grands rapports avec celui qu'on voit subordonné dans le Granité et le Schiste micacé. Cependant il repose sur le Granité en stratification discoi'danle, et ses rapports avec le Schiste micacé ne sont pas connus , non plus que la discordance de stratiGcation qui doit exister entre lui et le terrain de transition, si réellement il est primitif. Le terrain de transition incontestable occupe un grand espace dans les Pyrénées ; il parait constituer 1rs deux tiers de toute la chaîne et forme presque partout le faîte de la chaîne centrale ; il présente une très-grande épais- seur. Il se compose principalement de Schiste argileux et de Calcaire. La dernière de ces roches est plus fréquente dans la partie supérieure du terrain et la première dans la partie inférieure. Celle-ci contient principalement dîi»s-sa partie inférieure des couches de Grauwacke or- dmaîre et Grauvs^acke schisteuse. Le Calcaire qui se dis- tingue en grenu , schisteux et compacte renferme des couches de brèche calcaire. Ce terrain présente un as- sez grand nombre de couches de Quarz compacte. On y observe aussi entre autres couches subordonnées des couches minces de Feldspath compacte qui contient quelquefois des restes d'animaux marins. Ces débris sont assez fréquens dans les Calcaires ; le Schiste argileux ainsi que la Grauwacke schisteuse présentent des em- preintes végétales. L'auleur n'a pas cherché à établir de rapprochement particulier entre le terrain de transition des j P-y rénées et les terrains de transition observés dans d'au- ( 455 ) très pays. Cependant il indique un grand nombre de rap- ports entre ce terrain et celui qui s'observe dans un grand nombre de points des Alpes centrales, et que M. Brochant a caractérisé le premier. M. de Charpentier n'a distingué dans les terrains secondaires des Pyrénées que trois formations , le . Grès rouge (roihe îodte liegende'), le calcaire Alpin Çzechstein') et le terrain de Trapp secondaire (ophite). Cependant il annonce qu'une pai'tie du Calcaire qu'il nomme Alpin lui paraît se rapporter au Calcaire du Jura (Calcaire oolithique), mais qu'il n'a pu les sé- parer faute d'une limite tranchée , soit dans leurs mas- ses soit dans leurs caractères. Peut-être même pour- rait^on soupçonner que les parties dans lesquelles il in- dique des couches de combustibles au pied septentrional de la chaîne seront un jour rangées à côté de ces terrains long-temps problématiques de la Provence, qui d'après les savantes recherches de M. Brongniart se rapportent aux premiers dépôts tertiaires. Quant aux masses auxquelles M. deCharpentier applique spéciajementles noms de rofke todte liegende et de zeschteîn, il nous semble que n'ayant pas observé le terrain houiller dans les Pyi^énées ei n'ayant pas fait une étude suivie des fossiles qu'il y a rencontrés, il n'a pas fixé leur âge géologique d'une ma- nière irrévocable. On sait que plusieurs des terrains rap- portés d'abord par les Allemands au rothe todte liegende ont été regardés depuis comme plus anciens que la houille, et se rapportent au old red sanstone des Anglais. ou comme plus modernes que le ZecJislein et se lappor- tent au Grès hi^Avré (bunfer sandstein, nexv red sanstone). De même plusieurs Calcaires qui avaient été rapportés arij Zeckstein ont été trouvés depuis plus anciens ou plus ( 456 ) modernes que le calcaire qui a suivi Immédiatemenl le véritable rothe todte liegende. Il se pourrait que le l'otJie îodle liegende et le Zechstein des Pyrénées éprouvassent - un jour un sort analogue . M. de Charpentier ayant prouvé que ces deux terrains se sont déposés l'un sur l'autre sans intervalle , il suffirait de fixer d'une manière incon- testable l'époque de formation de l'un d'eux. M. de Charpentier a également laissé indécises plusieurs des questions auxquelles donnent lieu les Ophites et les dépôts de Marnes bigarrées , de Gypse et de Calcaire , et les sources salées qui les accompagnent le plus sou- vent. Il avait cru d'abord que les Ophites étaient su- perposés à ces derniers dépôts ; mais d'après les observa- tions de M. Boue et de M. Levallois qui ont visité les Pyrénées après lui , et avec les indications que M. Bro- chant leur avait fournies d'après le manuscrit de M. Charpentier , dont il était dépositaire , il semble disposé à admettre que ces deux systèmes de roches dont la con- coniittance est un fait si remarquable, sont simplement adossés l'un à l'autre. « Il paraît, dit-il, que cette roche » (l'Ophite) est souvent placée pour ainsi dire verticale- » ment à côté du Gypse , de l'Argile et du Calcaire fer- )) rugineux , de manière qu'on ne peut dire ni qu'il re- » couvre ni qu'il supporte aucune de ces roches. » M. de Charpentier a décrit avec le soin qui se montre dans tout son travail, les divers minéraux répandus acci-j dentellement dans les roches des Pyrénées. Il donne des détails intéressans sur plusieurs variétés de Macles etj sur le Dipyre. On sait déjà combien il a étendu nos! connaissances sur le Lherzolite ou Pyroxène en roche qu'il a le premier rapporté à son véritable type miné-i ralogique. Enfin il décrit un minéral, le Couzeranite, quil (457 ) ne paraît se rapporter à aucune espèce connue et être une espèce nouvelle dont il a enrichi la science. Sur le Pretrea et le Rogeria , deux nouveaux genres de plantes. Dans un mémoire qui sera incessamment publié, M.Gay donne la monograpliie des plantes que R. Brown avait dé- tachées des Bignoniacées sous les noms de Scsaniées et de Pedalinées. Deux nouveaux genres font partie de ce tra- vail 5 le Pretvea qui est intermédiaire entre le Sesasum et le Josephinia , et dont la seule espèce a été décrite par Loureiro sous le nom de Martynia zanguebarica; le Ro- geria qui est voisin du Pedalium, et auquel M. Gay rap- porte trois espèces dont une seule était connue. Ce savant botaniste les distingue de la manière suivante : Rogeria adenophylla, foliis longe petiolatis,trinerviis,trilobis, dentatis, dentibus diglandulosis, fauce coroUinâ latâ obconicâ, drupâ 4-8 acanthâ. Rogeria longiflora, foliis petiolatis, orbiculatis, trinerviis , fauce co- rollinâ gracili conico-teretiusculâ, drupâ diacanthâ. Rogeria hrasiliensis, foliis obovato-spatulatis, in petiolum brevissi- raum attenuatis, margine denticulatis eglandulosis, fauce coroUinâ latâ obconicâ. Sur une nouvelle espèce de Cupania. Par Ch. Kdnth. M. Poiret a décrit dans l'Encyclopédie méthodique une nouvelle espèce de Robinia sous le nom de Robinîa rubi- ginosa. Il n'existe à Paris que dans l'herbier de M. de Jussieu un seul échantillon de celle plante. C'est là que je l'ai vu ^ mais je me suis convaincu que ce Robinia n'ap- (458 ) partient ni à ce genre , ni même à la famille des Légumi- neuses. C'est un Cupania, plante de la famille des Sapin- dacées , auquel je donne le nom de CupaniaPoiretii. Com- me M. Poiret ne parle poiut de rorganisation des fleurs , qu'il dit incomplètes , je vais suppléer à cette omission par la description suivante : Caltx profundé quinquepartitus, externe hirsuto-tooientosus , in- terne pubescens; laciniis subrotundo-ovatis, rotundatis, concavis, su- bœqualibus; ante apertionem floris marginibus sibi incumbentibus. Petala quinque, sub disco inserta, triloba , externe hirsuta, basi cu- neiata et breviter unguiculata, œqualia , calycem subtequantia ; lobo medio ovato rotiindato, lateralibus minoribus, obtusis , cucuUato-in- flexis. Stamika octo, sub ovario inserta, uni-seriata, subaequalia, ca- lyce vix longiora. Filamenta subulata, inferne hirsuta libéra. Anthekje oyato-oblonguB vel ellipticae, basi bifldae, dorso affixse , biloculares , interné secundum longitudinem déhiscentes, glabra;. Discus annularis inter stacaina et petala, glaber. Ovarium superum, sessile, subrotundo- ovatam,apice in stylum desinens , hirsutum, triloculare; ovulum in quolibet loculo, ejus fundo affixum podospermio brevi crasso, suffultum erectum , ovatura , lenticulari-compressum, Sttlds stamina superans apice tri (?)-fidus ; lobis revolutis. Fructds ignotus. FIN DU PREMIER VOLUME. TABLE PLANCHES RELATIVES AUX MEMOIRES CONTENUS DANS CE VOLUME. PI. I. Putois. Organes générateurs mâles. Fig. i. Tï. Testi- cules. EE. Epldydimes. DD. Canaux cléférens. UD. Uretères. V. Vessie urinaire. TJ'. Canal de l'urètre. P'. Pénis recouvert de son fourreau. — Fig. 2. Pénis développé. G. Gland. 00. Os pénial. — Fig. 3. Animalcules spermatiques du Putois grossis mille fois en diamètre. PI. II. Chien. Organes générateurs mâles. Fig. i.TT.Testicules.EE. Epididymes. DD. Canaux déférens. UU. Uretères. V. Vessie urinaire. P. Prostate. U'. Canal de l'urètre. P'. Pénis. — Fig. 2. Vérumontanum ouvert. V. Fragment de la vessie urinaire. PP. Sections de la prostate. DD. Positions des orifices des canaux dé- férens. U'. Portion supérieure du canal de l'urètre. — Fig. 3. Détails du testicule. EE. Épididyme. D. Canal déférent gorgé de semence dont la couleur laiteuse le distingue des téguniens environnans. A. Albuginée soulevée et détachée du parenchyme qui se voit à nu en PP. — Fig. 4. Os pénial. RR. Gouttière lon- gitudinale qui s'y remarque. C. Cartilage qui le termine. — Fig. 5. Globules de la liqueur fournie par la prostate grossis mille fois en diamètre. — Fig. 6. Animalcules spermatiques grossis au même point. PI. III. Lapin. Organes générateurs mâles. Fig. j. TT. Testicules. EE. Epididymes. DD. canaux déférens. UU. Uretères. V. Ves- sie. V'V. Vésicule séminale. PP. Prostate. U'. Uretère. P'. Pé- nis. (Dans cette figure , par. une inadvertance du graveur, tous les signes ' ont été omis. En s'aidant des figures du Putois et du Chien, on y suppléera très-facilement.) — Fig. j. Véru- montanum ouvert. DD. Orificesdes canaux déférens. PP. Petites fentes par lesquelles s'écoule le liquide de la prostate.V. Ouver- ture de la vésicule séminale. — L. Globules observés dans la C46o ) liqueur de la prostate , grossis trois cents fois seulement. — AA. Animalcules grossis mille fois comme les précédens. PI. IV. Analyse des fleurs du Cytinus iiypocistis. PI. V. Analyse des fleurs du Nepenthes indica , et du Nepentiies MADAGASC ARIENSIS . PI. VI. Coupe de terrain contenant le bois fossile à Ecouché et à Fresnay-le-Buffard ( département de l'Orne ). PI. VII. Larve et Insecte parfait du Cochléoctone vorace. PI. VIII. Détails anatomiques sur le thorax du Dytiscus circum- flexus. PI. IX. Chat. Organes générateurs mâles. Fig. i. ÏT. Testicules. EE. Epididymes. DD. Canaux déférens. UU. Uretère. V. Vessie urinaire. P. Prostate. U'. Canal de l'urètre. CC. Glandes de Cowper. L'une d'elles est entière ; l'autre, ouverte , permet de voir dans sa partie centrale le tissu de la glande. P'. Pénis. — Fig. 2. A gauche du lecteur , globules de la liqueur des glandes de Cowper mélangés de gouttelettes de graisse. A sa droite , globules du liquide de la prostate sans aucun mélange de corps étranger. Les objets représentés dans cette figure sont grossis trois cents fois. — Fig. 3. Animalcules spermatiques du Chat , grossis mille fois. PI. X. HÉRISSON. Organes générateurs mâles. TT. Testicules. EE. Epididymes. V. Vessie uriliaire. V'V'. Vésicules séminales. V'V". Vésicules accessoires. U. Urètre. P. Pénis recouvert de son fourreau. G. Gland développé. L. Sa languette vue en avant. — Fig. 2. Vérumontanum ouvert pour montrer les ori- fices des diverses glandes de l'appareil générateur. AA. Sont ceux des vésicules séminales. BB. Ceux des canaux déférens. ce Ceux des vésicules accessoires. — Fg. 3. Animalcules sper- matiques grossis mille fois. — Fig. 4. Corpuscules renfermés dans le liquide des vésicules séminales grossis quatre ou cinq cents fois. — Fig. 5 Globuleset gouttelettes de graisse observées dans la liqueur des vésicules accessoires grossis idem. PI. XI. Cochon d'Inde et Surmulot. Organes générateurs mâles. Fig. 1. Appareil générateur du Cochon d'Inde. TT. Testicules. EE . Epididymes . GG. Appendice graisseux qui accompagne sou- vent le testicule , et qui se montre surtout très-développé dans les Rats. DD. Canaux déférens. UU. Uretères. V. Vessie uri- ( 46i ) naire. VV. Vésicules sëminales. V"V". Vésicule accessoire. ce. Glandes de Cowper. U. Canal de l'urètre. P. Pénis déve- veloppé. — Fig. 2. Canal de l'urètre ouvert. A. L'un des ori- fices des vésicules séminales- On a coupé la languette qui le re- couvrait pour qu'il pût être aperçu. De l'autre côté la languette se trouvant intacte, l'orifice correspondant reste caché. BB. Ouvertures des canaux déférens. D. Petits trous qui livrent pas- sage à la liqueur fournie par le canal excréteur des vésicules accessoires. CC. Canaux excréteurs des glandes de Cowper et leurs orifices. — Fig. 5. P. Gland développé.- O. Os pénial. — Fig. 4. Animalcules sperraatiques grossis mille fois. — Fig. 5. Corpuscules flottant dans l'eau qui a servi à délayer la matière épaisse contenue dans les vésicules séminales. — Fig. 6. Cor- puscules du liquide de la vésicule accessoire. — Fig. 7. id. de la prostate. Ces trois dernières figures sont grossies trois cents fois seulement. Fig. 8. Détails du testicule du Surmulot. EE. Épididymes. D. Ca- nal déférent. A. Albuginée ouverte pour montrer le paren- chyme P dans lequel on distingue très-facilement les vaisseaux spermatiques à l'œil nu. — Fig. 9. Vaisseaux sperraatiques pas- sant au travers de l'albuginée pour se rendre dans l'épididyme. Fig. 10 Vaisseau spermatiquc pris dans l'intérieur du testicule, cl grossi dix fois. La transparence du tissu permet de voir dans son intérieur les flocons épais de liqueur spermatique qu'il ren- ferme. PI. XIL Animalcules de quelques Mammifères, grossis mille fois. T. Ceux du Taureau. C. Id. du Cheval. A. De l'Ane. M. Cor- puscules observés dans la liqueur du testicule du Mulet. S B. Animalcules de la Souris blanche. S G. Ceux de la Souris grise. S. Ceux du Surmulot. B. Ceux du Bouc. O. Ceux du Bélier. — H'. Ceux de l'Homme d'après le baron de Gleichen. H. Id. D'a- près le comte de Buffon. Ces deux dernières figures ne sont point proportionnelles aux précédentes pour le grossissement. PI. XIII. PiLEOLUs (Sow.) Genre de Coquilles fossiles. Fig. 1. PlLEOLTJS LEVIS , SoW. — Fig. 2. PlLEOLUS PLICATUS , SoW. — Fig. 3. PiLEOLUS Neritoides, Desh. PI. XIV. Détails de deux nouveaux genres d'Insectes, Anotia et Otiocerus, de la famille des Cicadaires. ( 46^ ) PI. XV. Fig. 1. Détails des fleurs du SpikjEA hypericifolia. — Fig. 2. Détails des fleurs du Spirjea aruncus. PI. XVI. Fig. 1. Détails des fleurs du Spiiwea filipendula. — Fig. 2. Détails des Fruits du Spiejea ulmaria. — Fig. 3. Dé- tails des fruits du Spir^a sorbifolia. PI. XVIII. Epeïra Curvicauda , Faulh.Yi^. i. Animal entier. — Fig. 2. 3. 4. 5. 6. Détails de son organisation extérieure. Pi. XIX. OiSEAXJX. Organes mâles générateurs et Animalcules. — Fig. 1. Appareil génital du Coq. TT. Testicules. DD. Ca- naux déférens. PP. Papilles qui terminent ceux-ci. R. Rectum. S. Son sphincter. CU. Ouverture des uretères. — Fig. 2. Ori- fice commun des excrémens et des produits urinaires et sperma- tiques. — SS. Vaisseau spermatique pris dans le tissu du Testi- cule et grossi dix fols. — C. Animalcules du Coq. — M. Ceux du Moineau franc. — P. Ceux du Pigeon. — A. Ceux du Ca- nard. — Ils sont tous grossis mille fois. ïl. XX. Animaux a sang froid. Organes générateurs mâles. — Fig. 1. Appareil génito-urinaire de la Grenouille commune. TT. Testicules. P. Panache graisseux dont ils sont surmontés. R. Reins. UU. Uretères. VV. Vésicules séminales ou plutôt repflemens des uretères. P'. Papilles et orifices qui terminent les uretères. Pv. Rectum ouvert, V'V. Vessie urinaire bilobée. — Fig.a.T.Testiculcramené décote. P. Sou panache. R. Reins. SS. Vaisseauxspermatiquespéuétrantdans le rein. UU. Uretère. V. Son renflement. — Fig, 5. Appareil génito-urinaire de la Sa- lamandre à crètc. T. Testicule nu. G. Lobe de graisse au-dessous duquel on voit l'autre testicule. RFi. Reins. DDDD. Canaux dé- férens. UU. Uretères multiples disposés par faisceaux. R". Rec- tum. V. Vessie urinaire. P. Papilles qui terminent les canaux déférens et portent leuis orifices. — Fig. 4. Testiculeanomaldela Salamandre. TT. Portions renferment des Animalcules. O. Par- tic opaline qui n'en contient point. DD. Canal déférent. G. Animalcules de la Grenouille. C. Ceux du Crapaud accou- | cheur. V. Ceux de la Vipère. — Grossis mille fois.— E. Ceux de j l'Escargot des Vignes. S. Ceux de la Salamandre à crête. Grossis cent fois seulement. PI. XXI. CouRATARi de la GmAne.Aubl. Fig. 1. Branche entière. , — Analyse de la fleur, du fruit et de la graine. (463) PI. XXII. NvcTiNOME du Brésil. Fig. i. Animal entier.— fi<^. 2 5. tête en dessous et de côté. — Fg. 4. Crâne. PI. XXIII. Agakicus ivbmfo-rmis, Sckcef.F'ig.^. —Le même avorté ou Cla varia Therm-^lis , De Cand. Fig. 1,24. PI. XXIV. G0UI.EUVRE DE Richard , Boiy. A. Tête en dessus. B. Tête en dessous. G. OEuf de grandeur naturelle, PI. XXV. SpirjEa lanceolata, Poir. PI. XXVI. SpiRiEA flexuosa, Fisch. PI. XXVII. Spir^a betulifolia, Pall. PI. XXVIII. SpiRjîAstipuIata, Mulh. FIN DE LA TAELK DES PLANCHES. TABLE DES MATIÈRES CONTENUES DANS CE VOLUME. Introduclion. Nouvelle Théorie de la génération ; par MM. Trévost ei Du- mas. 1 Observations relatives à l'appareil générateur des animaux mâles ; Histoire et description des animalcules spermati- ques ; par les mêmes. lo Observations sur les genres Cytinus et Nepenthes; par M. Ad.Brongniart. 29 Observations sur le genre Couma à'Aublet; par M. Ach. Richard. 62 Nouvelles Observations sur le terrain qui contient en Nor- mandie (département de l'Orne), le bois fossile à odeur de truffes ; jiar M. J. Desnoyers. 58 Mémoire sur une Laive qui dévore les Hélix nemoralis , et sur l'insecte auquel elle donne naissance ; par le comte Ignace MielzinsJcy . 67 Note sur le Mémoire précédent; ^ja/- j^. Latreille , memhie de l'Institut. 78 Considérations et Rapports nouveaux d'anatomie comparée , concernant les mammifères à sabot ; par M. Geoffroy de Saint-Hilaire , membre de l'Institut. 80 Note sur le genre Bauhinia de Linné; par Charles Kunth. 85 Note sur les bassins tertiaires, par M. Laurent Pareto de Gènes. 86 Note sur le genre Schizopetalon. 98 Extrait d'une lettre de M. de Fréminvllle , Lieutenant de vaisseau. 92 Ptccherchcsanatomiqucs sur le thorax des Animaux articulés •^ /rO^JVKA 4^jn :^^f- i^Mf\ \D Av.' f\7 M